Le mémorial de Jasenovac le 15 avril 2016 - © STRINGER - AFP
Comme chaque année, Nadir Dedić et sa femme Fatima sont venus à Jasenovac. Les deux octogénaires sont les derniers rescapés du camp de concentration issus de la communauté tzigane.
Aujourd'hui, Nadir est là, mais il reste à l'entrée du mémorial. Pour lui, pas question de participer aux cérémonies officielles : "C'est dommage, mais on ne peut pas mettre ensemble les partisans antifascistes et les racistes, et les nazis. Ici, vous savez ce n'est pas ceux-là qui manquent. Mais que moi j'aille les écouter, jamais !"
Graffitis racistes
Depuis plusieurs mois, la Croatie a pris un virage très à droite, qui rappelle les sombres années 1990, celle du président nationaliste Franjo Tudjman. Des néo-chemises noires paradent dans la capitale Zagreb, des graffitis racistes recouvrent les murs de tout le pays.
Le 22 mars dernier lors du match contre Israël, les supporters croates ont même crié des saluts nazis et ils ont aussi appelé à tuer les Serbes. La seule réponse de la présidente Kolinda Grabar Kitarovic a été de condamner toute forme de totalitarisme, mettant sur le même plan les crimes nazis et les crimes communistes yougoslaves. Comme en 2015, elle a encore refusé de venir cette année à Jasenovac. Zlatko Hasanbegovic, le nouveau ministre la Culture, un historien révisionniste, avait par contre fait le déplacement. Plus de vingt ans après la fin de la guerre, la Croatie n'arrive toujours pas à chasser les démons du passé.
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