« La responsabilité du conflit à la SNCB se trouve chez le gouvernement », dénonce Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et député fédéral. Il demande d’urgence un moratoire sur le Plan Galant : « C’est une condition indispensable pour rétablir la confiance et le dialogue au sein de notre société de chemin de fer. »
La ministre Galant ne se dit toujours pas prête à négocier réellement. « Le bon sens voudrait qu’un ou une ministre dont le plan provoque un tel malaise cherche des solutions qui puissent servir l’intérêt général, les travailleurs de la société et les voyageurs. Pourtant, la ministre de la Mobilité explique dans la presse qu’elle a d’autres dossiers plus urgents à gérer. Incompréhensible », estime Raoul Hedebouw. « Le gouvernement s’est dit prêt à nommer un conciliateur, mais uniquement pour discuter de la mise en œuvre du plan qu’il a décidé, et donc sans revenir sur les décisions imposées par la direction sans aucune concertation le 16 décembre dernier. En réalité, le gouvernement vide la concertation sociale de toute sa substance. Le gouvernement cherche-t-il volontairement à faire pourrir la situation ? Son objectif est-il de détourner l’attention de l’opinion publique sur les responsabilités politiques dans les problèmes que connaît aujourd’hui notre société de chemin de fer ? D’essayer d’incriminer les travailleurs de terrain des maux de la SNCB pour mieux masquer les conséquences catastrophiques pour la mobilité et l’environnement des décisions de dirigeants et du politique ? »
Car le débat de fond est là. De mauvaises réformes ont déjà été effectuées à la SNCB, et on veut continuer plus vite et plus fort sur la même voie. Ces dix dernières années, les retards ont doublé, le degré de satisfaction des voyageurs a chuté et les accidents se sont multipliés, mettant la sécurité des usagers en danger. Le gouvernement veut néanmoins approfondir la politique qui a conduit à cette situation. Comment assurer moins de retards avec 3 milliards d’économies, moins d’investissements dans l’entretien des voies et du matériel roulant, et 7000 emplois en moins ? Comment garantir l’accessibilité du train à tous avec un prix payé par les usagers qui pourrait augmenter de 50 % ? Comment assurer la sécurité dans des trains sans aucun accompagnateur, comme ce serait le cas dans un train sur cinq ? Comment garantir la sécurité du voyageur avec des temps de récupération raccourcis pour les conducteurs de train et des prestations allongées (jusqu’à 12 heures d’affilée) pour les aiguilleurs ? Comment assurer les objectifs de réduction de CO2 avec la suppression annoncée de 800 km de lignes, plutôt que de développer largement le réseau ferré ? Comment assurer plus d’efficacité dans une SNCB toujours plus morcelée en plusieurs filiales qui se marchent sur les pieds ? Telles sont les questions posées par les travailleurs du rail aujourd’hui en colère et auxquelles le gouvernement refuse obstinément de répondre clairement.
« Approfondir une politique qui a prouvé son échec et prétendre que cela va engendrer des résultats, tel est le discours du gouvernement, dénonce Raoul Hedebouw. Cela n’a pas de sens, à moins que le gouvernement ne veuille préparer les conditions pour privatiser une bonne partie de la SNCB, la démanteler comme entreprise publique et empêcher cette entreprise d’offrir un service de qualité à prix démocratique. Si telle est l’intention du gouvernement, qu’il s’exprime clairement. Et qu’il cesse de jouer avec les pieds des voyageurs et des cheminots. »
« Devant l’arrogance du gouvernement, nous ne pouvons que comprendre le ressentiment des cheminots face à ce plan, conclut le député de gauche. Contrairement au gouvernement, ils défendent un projet d’avenir comme entreprise publique pour la SNCB. Nous demandons la transparence dans les objectifs réels du gouvernement et que celui-ci mette tout en œuvre pour rétablir la confiance. Un premier geste d’apaisement indispensable serait l’introduction urgente d’un moratoire sur le Plan Galant. »
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