Pour Patrick Saurin, du collectif d’audit citoyen de la dette, « la Grèce doit socialiser le système bancaire »
27 janvier par Sabrina Guintini , Patrick Saurin. Interview par La Marseillaise.
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Sabrina Guintini pour La Marseillaise
Rencontre avec un membre du collectif d’audit citoyen de la dette, qui a participé à la commission pour la vérité sur la dette grecque.
Porte-parole du syndicat SUD Solidaires à la Banque Populaire-Caisse d’épargne, Patrick Saurin est membre du collectif d’audit citoyen de la dette et a participé à la réalisation du rapport « la vérité sur la dette grecque » commandé par la présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou. Il était, jeudi, invité par Attac Pays d’Aix, à animer une conférence intitulée « Autopsie d’un meurtre ».
Dans cette affaire de « meurtre », qui est la victime, qui est l’assassin ?
La victime est le peuple grec. Les assassins, il y en a plusieurs, c’est un crime en bande organisée. On retrouve dans le gang de la Troika, le FMI, la BCE et la commission européenne, auxquels il faut ajouter le fonds européen de stabilité financière. Et derrière, les seconds couteaux : les états de la zone euro qui laissent faire les politiques iniques - y compris un gouvernement se proclamant socialiste et dont le président se disait ennemi de la finance... Le mot « meurtre » n’est pas trop fort : il y a eu des morts en Grèce, de nombreux suicides quand des petits porteurs ont été ruinés. Plus du tiers de la population est en situation d’extrême pauvreté, les gens n’ont plus, quasiment, de couverture sociale. Il y a de la malnutrition chez les enfants, de gros problèmes de santé, un développement de la toxicomanie et de la prostitution... Des économistes du FMI, qui ont étudié 147 crises financières après 39-45, estiment que la crise grecque fait partie des 5% des crises les plus graves.
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Comment expliquer l’échec de Syriza ?
Pour la première fois, un gouvernement démocratiquement élu affirmait sa volonté de rompre avec les politiques néo libérales imposées par les institutions européennes. Mais sa première erreur a été de ne pas suspendre le paiement de la dette en attendant les résultats de l’audit commandé par Zoé Konstantopoulou. Ils auraient dû aussi, mettre en place une socialisation du système bancaire. L’autre erreur date du référendum de juillet, quand plus de 61% de Grecs ont dit être contre le mémorandum. Au lieu d’appliquer la souveraineté populaire, Tsipras est allé négocier avec les autres ministres et est revenu avec un 3e mémorandum pire que les modèles proposés précédemment. Ce dernier ne doit pas être appliqué, ça n’est pas moi qui le dis : un document de décembre, rédigé par le rapporteur de l’ONU, Juan Pablo Bohoslavsky, affirme que les droits humains fondamentaux doivent passer avant le paiement de la dette.
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La suite sur le site de CADTM ( Comité d'annulation de la dette du Tiers Monde )
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