En 2012, les puissances occidentales ont délibérément écarté une possibilité de paix en Syrie. C’est ce qui ressort d’un entretien récemment accordé par l’ancien président finlandais, Martti Ahtisaari, au quotidien britannique The Guardian (1).
M. Ahrtisaari avait reçu le Prix Nobel de la paix en 2008 pour sa carrière diplomatique au cours de laquelle il mena de nombreuses médiations internationales. Quatre ans plus tard, il participait, comme intermédiaire, à des discussions visant à stopper la guerre qui commençait à faire rage en Syrie entre rebelles armés et le pouvoir de Damas. En février 2012, il prenait ainsi part à des discussions engagées entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.
Dans l’interview au Guardian, le diplomate fait sur ces contacts des révélations pour le moins dérangeantes. Il raconte ainsi que le 22 février, il a un échange poussé avec le représentant russe, Vitali Tchoukrine. Ce dernier lui fait passer trois messages à l’attention des Occidentaux : « premièrement, nous devrions nous abstenir de toute livraison d’armes à l’opposition armée ; deuxièmement, nous devrions lancer sans délai un dialogue entre Bachar el-Assad et cette opposition ; et, troisièmement, nous devrions trouver ensemble une voie de sortie élégante pour le président el-Assad ».
M. Ahtisaari a bien transmis aux dirigeants américains, français et anglais, en insistant sur l’occasion de sortie de crise. A ce moment, le conflit avait causé la mort de « seulement » 7 500 personnes. Réaction de Washington, Paris et Londres : rien. Car, explique le diplomate, les dirigeants occidentaux « étaient convaincus que Bachar tomberait dans les semaines à venir, et qu’en conséquence, il suffisait d’attendre».
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