Par Jacques Sapir · 27 octobre 2015
L’annonce des chiffres du « chômage » pour septembre 2015 a été une bonne surprise pour le gouvernement, ou du moins le prétend-il[1]. Le chiffre des demandeurs d’emploi pour ce qui correspond à la « catégorie A » de la DARES à diminué de 23800 personnes. Encore faut-il comprendre comment on est arrivé à ce résultat. Et les éléments publiés par la DARES, mais qui ne sont que très rarement exploités par les journalistes[2], ne correspondent pas vraiment aux bulletins de victoire qu’un gouvernement aux abois s’est empressé de publier.
On attribue au Premier ministre britannique (sous la Reine Victoria) Benjamin Disraeli la fameuse citation : “Il y a trois sortes de mensonges: le mensonge ordinaire, le parjure et les statistiques.”[3]. Cherchons donc à faire de la statistiques sans tomber ni dans le mensonge ni dans le parjure…
Rappel méthodologique
Il convient ici de rappeler un certain nombre de faits. Tout d’abord, la DARES ne recense pas les « chômeurs » mais les demandeurs d’emplois[4]. Et pour être recensé il faut le demander et satisfaire à toute une série de critères administratifs. Des chômeurs de longue durée découragés ne se réinscrivent pas et ne sont donc pas comptabilisés. Le nombre des chômeurs réels est donc nécessairement plus élevé que les chiffres de la DARES, probablement de 300 000 à 500 000 personnes. Ensuite, la fameuse « catégorie A » comprend les personnes sans emplois, faisant des démarches actives pour reprendre un emploi. Mais, il faudrait logiquement y ajouter la catégorie « D », qui recense les personnes dispensées des démarches de recherche d’un emploi (pour raison de santé ou autres) ainsi que la catégorie « B » qui recense les personnes travaillant à temps très partiel. Le véritable indicateur du chômage est en fait l’agrégat « A+B+D » et le nombre réel de chômeurs s’obtient en rajoutant à cet agrégat les personnes au chômage et qui ne se sont pas réinscrites. Cet agrégat se situe, en septembre 2015, à 4,544 millions de personnes. Suivant les estimations sur le nombre des personnes découragées, on obtient alors entre 4,84 et 5,04 millions de chômeurs réels.
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La suite sur le blog de Jacques Sapir "Russeurope"
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