La Finlande vivait un «vendredi noir» dans les transports et les services publics en raison d’un appel à la grève contre l’austérité, ponctuée d’une manifestation de quelque 30.000 personnes à Helsinki.
Une foule importante pour un pays peu habitué à la grogne a bravé le vent et les orages pour se rassembler en fin de matinée sur une grande place du centre de la capitale, dans une atmosphère festive avec ballons de baudruche et musique dans les hauts-parleurs.
«Pas question!», disaient des affiches brandies par les manifestants, dont le nombre a été estimé à 30.000 par la police et les organisateurs.
Depuis sa prise de fonctions en mai, le Premier ministre centriste Juha Sipilä a déroulé comme promis pendant la campagne législative un douloureux programme de réductions des dépenses publiques, destiné à faire sortir le pays de trois années de récession.
[...]Ports et aéroports fonctionnaient a minima à la mi-journée. La compagnie nationale Finnair a annulé 15 vols intérieurs et prévoyait des retards pour l’ensemble de ses opérations.
Une minorité d’écoles ou garderies ont fermé, la Poste a cessé son activité pour la journée, et une cinquantaine des quelque 300 magasins d’État d’alcool ont fermé durant les deux heures de la manifestation.
Retraités, fonctionnaires, allocataires sociaux et salariés du privé: les mesures d’économie n’épargnent pratiquement personne, en particulier ceux qui peinaient déjà à boucler leurs fins de mois, affirment les syndicats.
Ces derniers réclament le retrait des dernières réformes présentées par le gouvernement qui sabrent les majorations salariales pour les heures supplémentaires et les dimanches, suppriment deux jours fériés ainsi que huit jours de congés aux agents de l’État.
Les grèves et les manifestations sont rares en Finlande où la politique sociale est depuis des décennies le fruit d’un consensus entre partenaires sociaux. Mais cette fois, le gouvernement a choisi de légiférer après l’échec de la négociation cet été.
[...]La Finlande, autrefois présentée comme un modèle dans la zone euro, a vu depuis trois ans son économie s’enfoncer dans la récession, avec une population qui vieillit rapidement et des secteurs industriels en crise.
