Nous publions ci-dessous des propositions du MODEF à propos de la situation économique et sociale des éleveurs ( sur le site du MODEF mai 2015).
LES ÉLEVEURS SAIGNÉS PAR LEURS CLIENTS
Les éleveurs sont les victimes de l’absence de régulation des marchés et des prix, ils sont devenus les esclaves de leurs clients abatteurs, transformateurs, distributeurs.
Ils ne comptent pas leur temps pour produire des animaux de boucherie de qualité et en retour ils pourraient espérer que le prix de vente des vaches, génisses, boeufs, veaux soit à la hauteur de la qualité de leur travail.
Mais c’est sans compter sur la rapacité des abatteurs, transformateurs et distributeurs qui se comportent comme des charognards. Avec des prix à la production en baisse de 6 à 8% et des prix à la consommation en hausse de 1%, les vautours se nourrissent sur le dos des éleveurs et des consommateurs.
En déclarant aux éleveurs, je vous comprends mais je ne peux rien faire, débrouillez-vous entre vous, le ministre de l’Agriculture se positionne en observateur d’un jeu dont les règles sont définies par l’équipe adverse (pouvoir donné par la loi de modernisation de l’économie aux GMS).
Cela fait des années que le MODEF dénonce cette loi LME surnommée Loi Michel Edouard Leclerc.
Cela fait des années que le MODEF réclame un encadrement des marges de la grande distribution (coefficient multiplicateur) et la fixation de prix minimum garantis qui couvrent les coûts de production et la rémunération du travail paysan.
Qu’on ne vienne pas nous dire que ce n’est pas le rôle d’un gouvernement de fixer des prix quand celui-ci administre les prix du biogaz, de l’énergie solaire et éolienne. L’énergie ou l’alimentation sont porteurs de mêmes enjeux. Tout est question de volonté politique. La LME doit être changée pour équilibrer les relations fournisseurs transformateurs distributeurs.
Il est possible de fixer un prix plancher (voir article L 632 – 2 – 1 du code rural). Il est possible d’encadrer les marges de la grande distribution en étendant l’article L 611-4-2 du code rural à la viande bovine.
Il est inadmissible qu’abatteurs, transformateurs, distributeurs bénéficient du CICE sans qu’en contrepartie ils modifient leurs pratiques vis à vis de leurs fournisseurs que sont les éleveurs.
Il est possible au nom de la souveraineté alimentaire de limiter les importations à bas prix de viande bovine et d’imposer aux produits importés les mêmes règles de production que celles qui sont imposées aux éleveurs français.
Le Président de la République au sommet de l’élevage à Cournon en 2013 avait affiché sa volonté de sauver l’élevage. Si rien n’est fait face à cette chute des cours de la viande bovine, porcine, volailles, lait, il y aura moins d’éleveurs à sauver car ils auront pour la plupart disparu et rejoint les rangs toujours plus nombreux des sans-emploi.
Président du MODEF National,
Jean MOUZAT.
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