Deux cortèges d'éleveurs se dirigent vers le port du Havre. Ils veulent vérifier la provenance de la nourriture transportée par les camions.
Deux cortèges d'éleveurs bovins, porcins et laitiers se dirigent vers le port du Havre (Seine-Maritime), ce mercredi 29 juillet 2015 en fin de matinée. Le premier, composé d'une vingtaine d'agriculteurs et de six tracteurs, est parti de Montivilliers, à une dizaine de kilomètres du Havre. Le second, qui a quitté le pont de Normandie, est plus important : environ 150 personnes, ainsi que cinq tracteurs et remorques et une trentaine de véhicules légers. Les éleveurs ont l'intention de contrôler les camions transportant de la viande et du lait qui passent par les douanes du port.
Certains éleveurs se sont également rendus dans les locaux de l'entreprise Cap Gel, à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), qui transporte et entrepose des produits surgelés.
Pendant ce temps, des barrages filtrants sont en place sur le pont de Normandie. Ils visent également les poids-lourds transportant de la nourriture importée.
La Chambre de commerce et d'industrie du Havre, gestionnaire des ponts de Normandie et de Tancarville, a porté plainte vendredi 24 juillet après le blocage de ces deux points de passage par les éleveurs quelques jours plus tôt. Elle estime avoir perdu 460 000 euros.
Commentaires :
Alors que la mobilisation des éleveurs a repris, le fossé semble se creuser entre les dirigeants de la FNSEA et les agriculteurs en lutte.
À la tête de la FNSEA depuis quatre ans et réélu en 2014, Xavier Beulin appelle la grande distribution à cesser d’abuser de son « pouvoir démesuré » et demande au gouvernement à respecter son engagement. Cet appel semble vouloir clore le débat et les actions.
Il est vrai que ce céréalier à la tête d’une exploitation agricole de 500 hectares dans le Loiret, et d’Avril (Sofiproteol), un groupe qui pèse près de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires n’a pas le profil de ces agriculteurs qu’il prétend défendre..
On comprend mieux ses appels pressants pour augmenter la compétitivité et la baisse des cotisations sociales ( qu’il appelle « coûts salariaux » ) alors que les agriculteurs sont justement victimes de cette course à la compétitivité, victimes des emprunts forcés aux banques et des importations de produits agricoles en provenance de pays qui pratiquent l’agriculture industrielle et le dumping social. Et les éleveurs, petits exploitants familiaux très souvent –notamment en Seine-Maritime- sont davantage préoccupés par leur salaire réel, par la crainte de disparaître, que par les coûts salariaux d’ouvriers agricoles quasi inexistants sur leurs exploitations. Pour ces derniers on comprend que le contrôle aux frontières et la priorité donnée à l'agriculture française dans les marchés publics soient au moins aussi importants que la réglementation des prix ( réglementation d’ailleurs inexistante en réalité dans l’accord passé entre l’Etat, la FNSEA et la grande distribution …).
Qui est Xavier Beulin ?
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