
La direction de la SNCB a décidé de fermer des guichets dans 33 nouvelles gares. Cette nouvelle décision, c’est un avant-goût de ce qui attend les navetteurs d’ici quelques mois. Ce vendredi 19 juin, en front commun (CGSP-Cheminots et CSC-Trasncom), les cheminots ont décidé de passer à l’action. Pour défendre un service important aux usagers.
Au piquet de la Gare du Midi à Bruxelles, devant les guichets fermés, les cheminots distribuent des tracts aux voyageurs : « bientôt 33 guichets fermés en plus d’ici quelques semaines. Et pour vous, ce sera 7 € en plus pour acheter votre ticket dans le train ! Merci qui ? Merci Galant la ministre de la mobilité » scande un militant de la CGSP-Cheminots. L’accueil des navetteurs est vraiment chaleureux : « ça fait plaisir » nous dit un permanent syndical. Rencontre avec Frédéric Flemal, Liégeois mais travaillant à Bruxelles-Nord. Guichetier, il y est aussi délégué syndical.
Frédéric Flemal. On dénonce la fermeture de 33 guichets de la part de la direction de la SNCB. Il y a environ 500 points d’arrêts SNCB en Belgique. Deux tiers (350 environ) n’ont déjà plus de guichet : tout y est automatisé. Avec la fermeture de 33 guichets supplémentaires, ce seront presque 400 points d’arrêts sans guichets.
Frédéric Flemal. Les voyageurs vont devoir acheter leur billet sur Internet à l’avance, ou se rendre aux automates. Mais il arrive trop souvent que ceux-ci soient en panne ! Alors, les navetteurs n’ont plus qu’à acheter leur ticket dans le train, mais ils devront payer un supplément de 7 €. S’ils arrivent à prouver que l’automate était en panne, ils pourront se faire rembourser, mais après une procédure qui peut prendre 2 mois (trouver les preuves, envoyer une lettre, contacter le service clientèle qui est débordé, etc.). Autant dire que beaucoup de gens ne vont pas réclamer. En plus, les cartes de banque ne sont pas acceptées dans le train. Donc, s’ils n’ont pas le cash ou une carte de crédit, le supplément sera de … 75 € ! Enfin, il ne faut pas oublier que 10 % de la population belge est illettrée. Un guichetier, qui les aide, est crucial pour ces personnes-là.
Frédéric Flemal. Le management voit le guichetier comme uniquement quelqu’un qui vend un billet. Mais c’est faux ! On fait beaucoup plus que ça. Il y a tout un rôle social aussi au guichet : on conseille les gens, on leur indique la formule la plus avantageuse, on peut les rassurer aussi, on leur indique l’horaire des trains, on fait les abonnements. Comme beaucoup de personnes sont illettrées, ça m’arrive très souvent d’écrire le billet (un rail pass par exemple) pour les voyageurs. Avec la fin des guichets, c’est tout ce rôle social qui va être détruit. Un automate ne remplacera jamais ce rôle social.
Frédéric Flemal. Tout à fait. Les 33 guichets qui sont fermés, ce ne sont pas nécessairement des petites gares. Ce sont les gares de Leuze (jusqu’à 3000 voyageurs par jour), Coxyde, Flémalle-Haute par exemple. Au mois de septembre par exemple, quand les jeunes viennent faire leur abonnement scolaire, ils vont tous venir vers les grandes gares. Cela va occasionner encore des plus grandes files. En fait, c’est une stratégie anti-marketing !
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