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À l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires, une journée de grève interprofessionnelle est prévue jeudi 9 avril 2015, avec plusieurs manifestations en Seine-Maritime.
Mise à jour : 07/04/2015 à 13:11 par Fabien Massin
La CFDT et d’autres syndicats seront absents, mais cela faisait longtemps que l’intersyndicale FO-CGT-FSU-Solidaire n’avait pas appelé à une manifestation unitaire à Paris. Avec des départs conjoints en bus « contre l’austérité » ce jeudi 9 avril. Une journée de grève interprofessionnelle et intergénérationnelle. « Un appel à la grève générale », souligne Yannis Aubert de FO Seine-Maritime. « Le pacte de responsabilité, la rigueur budgétaire, nombre de dispositions du projet de loi libéral Macron aggravent la situation des salariés », estiment ces organisations syndicales dans une déclaration commune. Depuis deux ans, toutes les quatre ont déjà battu le pavé ensemble, à plusieurs reprises, notamment contre la réforme des retraites et le pacte de responsabilité.
« Bloquer l’économie du pays ! »
À l’initiative de cette intersyndicale, le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. Un bon accueil par les syndicats contestataires mais pas du côté des centrales réformistes CFDT, CFTC, CFE-CGC ou Unsa qui préféraient « construire plutôt que contester ».
« Monter sur Paris ». Dans l’Eure, les militants iront manifester en bus à Paris, trois rassemblements sont prévus en Seine-Maritime. Sept bus partiront aussi de Rouen, Dieppe et Le Havre avec les dockers et le personnel du grand port maritime. Au plan national, la CGT a affrété 233 bus. « Cela fait du bien cette mobilisation unitaire face à cette politique d’austérité et de restriction que l’on retrouve partout en Europe », souligne Alain Caillot (Solidaires 76). Il travaille à la sécurité sociale et dénonce « le manque de monde pour accomplir nos missions. Il y a par exemple des délais d’attente pour obtenir une carte Vitale... Le 9 est la première étape pour mettre en place un calendrier revendicatif et bloquer l’économie du pays, car du fric il y en a ! »
Pour la CGT de la Seine-Maritime - en congrès départemental du 8 au 10 avril à Lillebonne avec l’élection prévue d’un nouveau secrétaire départemental - « aucune de ces organisations syndicales n’a signé les accords emplois en 2013. L’objectif est de 100 000 participants à Paris. Il y aura 61 rassemblements en province. Nous avons donc proposé d’organiser trois rassemblements, 12 000 tracts unitaires sont à distribuer. Ce qui comptera aussi ce seront les arrêts de travail dans les entreprises », prévient Régis Gasse, secrétaire départemental. « Si on veut mobiliser cela doit se faire dans les entreprises. Aux revendications nationales se greffent des revendications spécifiques. On fera les comptes jeudi soir ! »
FO ne cache pas sa colère : « notre congrès confédéral a décidé de mettre un coup d’arrêt aux lois et projets. La loi Macron est passée ne force avec le 49-3, nous condamnons cette façon de faire passer cette loi mortifère » dénonce Yannis Aubert (FO 76). « Ce n’est pas en faisant des cadeaux aux entreprises comme le CICE que l’on combattra le chômage... Elles s’en servent pour faire des plans sociaux au nom de la compétitivité »
La FSU a rejoint en dernier l’intersyndicale. Nadine Aragona (FSU76) constate que « le chômage touche aussi le public avec les réductions de budget et le nombre de contractuels qui augmente. Il y a un dégraissage dans les collectivités de ces personnels ». L’enseignante déplore une « dégradation des conditions de travail et des services rendus au public. Certains ministères, comme l’Éducation nationale ou l’Intérieur, ont été mieux dotés que d’autres comme la culture. Et dans le département sur les postes qui ont été créées - 31 dont 22 pour les REP + - il n’en reste que 9 pour 294 élèves. L’austérité on la vit au quotidien malgré l’annonce de la priorité à l’Éducation nationale. Le point d’indice est gelé depuis 5 ans dans la fonction publique Depuis 2000, cela représente la perte de deux mois de salaire par an... » Pascal Morel de l’UD CGT 76 voit dans cette journée le besoin « de faire reculer la résignation et l’individualisme ». L’autre grand rendez-vous syndical sera la fête du travail, le 1er mai. « Mais cela ne doit pas s’arrêter là », prévient le futur patron pressenti de la CGT 76.
A. L.
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