La Marseillaise : Le coronavirus Covid-19 est-il plus dangereux qu’un virus responsable d’une épidémie de grippe saisonnière ?
Didier Raoult : Il ne l’est pas. Il y a eu dans la zone de Wuhan une mortalité relativement élevée que les Chinois ont estimé à 5,6 %. Si vous sortez de cette zone, la mortalité est plus proche des valeurs de 0,5 à 0,6 %, ce qui est la mortalité que l’on observe chez des patients qui arrivent à l’hôpital de la Timone atteints d’une infection virale respiratoire. Lors du début d’une épidémie, on ne détecte, par définition, que les cas graves : ce qui attire l’attention, c’est lorsqu’un patient meurt et que son médecin tombe malade. Cette chaîne de transmission montre que la maladie est contagieuse et qu’elle est grave. Cela justifie que l’on fasse des investigations qui soient extraordinaires, au sens étymologique du terme, c’est-à-dire inhabituelles.
Par ailleurs, la surmortalité pour les formes sévères dans la zone de Wuhan est liée, d’après la Chine, à un niveau d’équipement hospitalier insuffisant,
c’est pourquoi ils ont construit un hôpital en dix jours. Il y aurait donc une surmortalité liée à une mauvaise prise en charge médicale, et il est vraisemblable que ce scénario se soit répété ailleurs. Le traitement d’une telle crise nécessite de porter le plus grand soin au personnel soignant. C’est le personnel de soin qui est le plus exposé aux maladies transmissibles.