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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 17:42

par Nils Melzer
rapporteur spécial des Nations unies sur la torture

interviewé par Daniel Ryser. Photos de Yves Bachmann (non publiées dans cette version traduite), traduction (vers l’anglais) Charles Hawley

 

 

 

 

 

Julien Assange

 

 

Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur le cas du fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

 

1. La police suédoise a monté de toutes pièces une histoire de viol

Nils Melzer, pourquoi le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture s’intéresse-t-il à Julian Assange ?

C’est une question que le ministère allemand des affaires étrangères m’a également posée récemment : Est-ce vraiment votre mandat principal ? Assange est-il victime de la torture ?

Quelle a été votre réponse ?

L’affaire relève de mon mandat de trois manières différentes : Premièrement, Assange a publié des preuves de torture systématique. Mais au lieu des responsables de la torture, c’est Assange qui est persécuté. Deuxièmement, il a lui-même été maltraité au point qu’il présente maintenant des symptômes de torture psychologique. Et troisièmement, il doit être extradé vers un pays qui maintient des personnes comme lui dans des conditions de prison qu’Amnesty International a décrites comme de la torture. En résumé : Julian Assange a découvert la torture, a été lui-même torturé et pourrait être torturé à mort aux États-Unis. Et un tel cas n’est pas censé faire partie de mon domaine de responsabilité ? Au-delà de cela, l’affaire a une importance symbolique et touche chaque citoyen d’un pays démocratique. [...]

Lire la totalité de l'article sur le site du Grand Soir :

 

 

 

"Dans la perspective de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, mercredi dernier, Melzer a écrit une tribune libre intitulée «Démasquer la torture de Julian Assange». Il a présenté cet article percutant à des publications de premier plan, notamment The Guardian, The Times, le Financial Times, le Sydney Morning Herald, l'Australian, le Canberra Times, le Telegraph, le New York Times, le Washington Post, la Fondation Thomson Reuters et Newsweek."

Lu sur le site du WSWS

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 00:22
Washington revendique un gravissime assassinat politique : l’UE recommande la « retenue »… à l’IranWashington revendique un gravissime assassinat politique : l’UE recommande la « retenue »… à l’IranWashington revendique un gravissime assassinat politique : l’UE recommande la « retenue »… à l’Iran

Il est sans doute trop tôt pour cerner toutes les raisons qui ont conduit le président américain à ordonner l’assassinat d’un général considéré par les Iraniens comme un héros, et de son adjoint irakien. Il est en revanche possible de pointer un extraordinaire contraste.

D’un côté, un assaut militaire d’une exceptionnelle gravité, tant politique que juridique. Pour mesurer celle-ci, il suffit par exemple d’imaginer Vladimir Poutine diligentant la liquidation du plus haut gradé ukrainien auréolé de gloire sur le front de l’Est, et ce, sur le sol d’un proche allié de Kiev. Ou bien le Guide suprême iranien revendiquant fièrement l’élimination sur le territoire britannique du plus illustre des généraux américains.

On ose à peine imaginer les tirades guerrières, les bruits de bottes et de sabre, sans parler des sanctions apocalyptiques qui n’auraient pas manqué de réchauffer la planète en moins de temps qu’il ne faut pour composer un tweet vengeur.

Le simple terme diplomatique de « condamnation » n’est sorti d’aucune bouche bruxelloise

De l’autre, après le raid ordonné par la Maison-Blanche, les réactions des chancelleries européennes, et singulièrement des plus hauts responsables de l’UE, ont brillé par leur modération, pour ne pas dire leur indulgence.[...]

La suite en cliquant ci-dessous :

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 23:45

Déclaration de l’ANC

mercredi 8 janvier 2020 par ANC

Alors que les hommes et les femmes épris de paix peuvent légitimement s’inquiéter des derniers événements au Moyen-Orient et de leur incidence sur la paix mondiale, l’UE, fidèle à elle-même, continue de s’aligner sur les faucons US.

Notre Président Macron aime à se présenter comme la belle âme humaniste de l’Union Européenne, le chevalier blanc des Droits de l’Homme que tout opposerait à des chefs d’Etat ou politiciens comme Trump, Bolsonaro, ou Orban, (ou Marine Le Pen), méchants autoritaires et xénophobes. Mais cette soi-disant opposition se révèle très vite fausse à l’épreuve des faits. Aucun des cinq ne combat le Capitalisme et son corollaire l’Impérialisme, qui sont la cause des inégalités sociales, de l’exploitation des ressources des peuples d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie (et d’Europe !) par quelques centaines de sociétés transnationales et les Pouvoirs d’Etat à leur service, et des risques de guerre qui en découlent ici ou là. Tous en sont au contraire d’ardents partisans, dans leur style particulier, à commencer par Macron, qui tente en France de livrer le juteux marché des retraites aux investisseurs privés, et qui envoie ses troupes au Sahel protéger ses zones d’influence sous le prétexte fallacieux de combattre l’intégrisme alors que l’occupation étrangère ne fait que le répandre après être parvenu à détruire l’État libyen en état de guerre permanente depuis l’intervention de l’OTAN en 2011 et aujourd’hui menacé d’une nouvelle intervention, cette fois celle de la Turquie, notre « partenaire » au sein de l’OTAN qui collectionne lui-aussi les interventions hors de ses frontières et à qui on semble ne rien pouvoir refuser.[...]

La suite sur le site de l'ANC :http://ancommunistes.org/spip.php?article1730

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 03:44
Sevran (Seine-Saint-Denis), le 19 décembre. Des soldats américains distribuent des cadeaux aux enfants du quartier populaire des Beaudottes. LP/T.P.

Sevran (Seine-Saint-Denis), le 19 décembre. Des soldats américains distribuent des cadeaux aux enfants du quartier populaire des Beaudottes. LP/T.P.

Ce n'est pas la première fois donc que l'ambassade américaine s'intéresse aux banlieues françaises.  Gageons que le maire de Stains, maire communiste, ne serait pas accueilli avec autant d'enthousiasme par les autorités américaines.  Mais c'est surtout l'image de soldats en uniforme étranger qui est scandaleuse.  Quel autre pays pourrait se permettre, hors une cérémonie officielle, de patrouiller ainsi dans un pays souverain ? Un article du Parisien éclaire un peu l'objectif : susciter chez ces jeunes, "une attitude pro-Etats-Unis"... Tout un programme. 

Vous imaginez des soldats russes ou chinois faisant de même ?  Nos médias dominantes s'indigneraient, à coup sûr.  A juste raison.  Quelles autorités françaises ont donc autorisé cette opération de pure propagande idéologique en direction de jeunes enfants ?

YG.

A travers une foule de programmes culturels, l’ambassade américaine à Paris cajole les quartiers populaires d’Ile-de-France. Une générosité qui séduit mais aussi interroge selon Le Parisien…

[…] Globalement, les diplomates sont réticents à aborder le sujet du soft power dans les banlieues françaises. La faute aux Wikileaks — la fuite de documents confidentiels diplomatiques américains à grande échelle — qui, au moment des émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005, révélaient que les USA reprochaient à la France de «ne pas considérer ses compatriotes à la peau sombre et musulmans comme des citoyens à part entière». Une critique acerbe du gouvernement français qui met mal à l’aise les autorités américaines. […]

Il y a aussi l’International Visitor Leadership Program (IVLP), créé après-guerre, qui n’est pas réservé aux Français issus des banlieues ou des minorités… mais ne les en exclut pas. « Des jeunes leaders dans leurs domaines », comme l’essayiste Rokhaya Diallo, le rappeur Ekoué Labitey ou le sous-préfet de Seine-Saint-Denis, Fayçal Douhane, ont ainsi profité de ce dispositif, qui permet de passer plusieurs semaines aux Etats-Unis, de s’y constituer un réseau, d’en appréhender les valeurs et pour, espèrent les diplomates américains, « en rapporter une attitude pro-Etats-Unis », analyse un élu de Seine-Saint-Denis. […]

Le Parisien

« Hey ya ! Merry Christmas ! » Ce lundi après-midi à Stains, le Père Noël parlait anglais et portait un uniforme de militaire américain. Deux soldats faisant partie de l'US Marine Corps (corps des Marines, en français) ont remis un cadeau à cent-dix enfants de toute la ville, fous de joie.

Après avoir tapé un coup de pied au sol et esquissé un salut militaire, Manissa, 10 ans, exulte en découvrant un coffret de poupées Barbie. Sa copine Maria immortalise l'instant avec un smartphone : « Il y a des enfants américains qui rêveraient de rencontrer des soldats américains et nous, ça nous fait encore plus plaisir ! » s'enthousiasme la jeune fille. [...]

La suite ici : http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/a-stains-les-soldats-americains-jouent-les-peres-noel-30-12-2019-8226357.php

 

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 14:34

Source : Consortium News, William Hartung, 20-11-2019

William Hartung passe en revue 50 ans d’histoire de la domination américaine sur le commerce des armes au Moyen-Orient.

Visite du président Donald Trump au roi Salman bin Abdulaziz Al Saud d’Arabie saoudite, en mai 2017, à Riyad, en Arabie saoudite. (Maison Blanche/Shealah Craighead)

Visite du président Donald Trump au roi Salman bin Abdulaziz Al Saud d’Arabie saoudite, en mai 2017, à Riyad, en Arabie saoudite. (Maison Blanche/Shealah Craighead)

Ce n’est un secret pour personne, Donald Trump est l’un des représentants de commerce les plus agressifs de l’histoire concernant le marché des armes. Comment le savons-nous ? Parce qu’il nous le dit dès qu’il en a l’occasion.

Tout a commencé avec son « contrat de 110 milliards de dollars d’armes » avec l’Arabie saoudite, bien surévalué, annoncé lors de son premier voyage présidentiel à l’étranger. Cela s’est poursuivi par une séance de photos à la Maison-Blanche avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, où on le voit brandir une carte [des USA] avec un récapitulatif état par état des emplois américains censés être liés aux ventes d’armes au royaume. Et on n’en a jamais vu la fin. Au cours de ces années au pouvoir, en fait, le président a été un ardent défenseur de ses bons amis de chez Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et General Dynamics – les principaux bénéficiaires privés des ventes d’armes américaines aux saoudiens – à la différence des milliers de soldats américains que le président a récemment envoyés dans les déserts de ce pays pour y défendre les installations pétrolières). [...]

La suite ici sur le site Les Crises : https://www.les-crises.fr/l-addiction-americaine-au-commerce-des-armes-par-william-hartung/

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 16:57

Cet article est reposté depuis Analyse communiste internationale.

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 13:28
 Un soldat américain à la base de Thies, au Sénégal, en février 2016. Seyllou / AFP

Un soldat américain à la base de Thies, au Sénégal, en février 2016. Seyllou / AFP

Quelques mois après l’annonce à la Fondation Heritage de la « nouvelles stratégie pour l’Afrique par le conseiller américain à la Sécurité nationale John Bolton, la nouvelle politique des États-Unis a tué des civils, exploité les ressources de l’Afrique et utilisé le continent comme champ de bataille pour provoquer des tensions avec la Russie et la Chine.

U.S. Africa Command’s “Strategic Posture” — listing 34 military outposts — from a 2018 briefing by Science Advisor Peter E. Teil.

Image: U.S. Africa Command - Paru sur le site "The Intercept"

En février 2011, Robert Gates, alors ministre de la Défense, a déclaré à West Point que « tout futur ministre de la Défense qui conseillerait au président d’envoyer à nouveau une grande armée de terre américaine en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique devrait se faire examiner la tête ». Tandis que le sang était versé en Libye par les forces de la coalition de l’OTAN, tuant des centaines de gens depuis le ciel et offrant une couverture aux extrémistes religieux pour en tuer des milliers d’autres, le conseil de Gates a été sans doute suivi et l’engagement armé a été utilisé à plein, tranquillement et discrètement, en particulier en Afrique.

L’un des projets de la « guerre contre le terrorisme » dont l’administration Obama a hérité de l’administration Bush était le Commandement Afrique des États-Unis, ou AFRICOM. Au moment où Donald Trump a accédé à la présidence en 2016, l’AFRICOM était devenu un monstre de 250 millions de dollars. Une grande partie de la politique de l’AFRICOM consiste à entraîner les forces locales en se concentrant sur la « lutte contre le terrorisme ». Jessica Piombo, rédactrice en chef de The US Military in Africa: Enhancing Security and Development? écrit : « [L’]armée américaine a tenté de créer de nouveau programmes qui incluent une série d’acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux dans des programmes de sécurités qui vont au-delà de la formation et de l’équipement des armées africaines. »[...]

La suite ci-dessous :

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 06:50

par

La main dans le sac ! Lorsque la presse chinoise a publié la photo de quatre dirigeants du mouvement de protestation hongkongais en compagnie du chef du département politique du consulat des États-Unis, on a senti comme un trou d’air dans la rhétorique anti-Pékin. Difficile, tout-à-coup, de nier l’intervention d’une puissance étrangère – à 15 000 km de ses frontières – dans une crise qui ne la concerne pas. Tenter d’occulter ce qui saute aux yeux est toujours un exercice de haute voltige, et l’on sait la propagande occidentale coutumière de ces acrobaties ! Depuis le début des récents événements de Hong Kong au mois de juin 2019, la narration de ces événements par les officines du monde libre offre un concentré de mauvaise foi et d’inversion des signes qui passionnera certainement les politologues du futur. Multipliant les distorsions de langage, en effet, elle fait passer une affaire intérieure chinoise pour un conflit , une décolonisation pour une colonisation et l’ingérence étrangère pour une entreprise humanitaire.

Comme celle de Taïwan – mais pour des raisons différentes – , la question de Hong Kong est le legs historique d’une époque révolue. Héritée du colonialisme bienfaiteur de sa Gracieuse Majesté, la particularité de Hong Kong lui vaut aujourd’hui un « régime d’administration spéciale » que la République populaire de a bien voulu instaurer lors de la signature de l’accord sino-britannique de 1984. Quitte à enfoncer des portes ouvertes, rappelons toutefois que Hong Kong c’est la , au même titre que Pékin ou Shanghaï. Car l’oubli volontaire de cette évidence est la cause de confusions en tous genres et de manipulations sans limite. La conquête coloniale du « port parfumé », au XIXème siècle, s’est déroulée en trois étapes. Les Britanniques ont annexé l’île de Hong Kong en 1842 à la suite d’une « guerre de l’opium » qui a précipité la ruine de l’empire des Qing et livré la à la voracité des prédateurs coloniaux. La presqu’île de Kowloon a ensuite été arrachée en 1860 lors de l’intervention militaire franco-britannique qui a dévasté le palais d’été à Pékin. Enfin, les « nouveaux territoires » ont été cédés à Londres en 1898 pour une durée de 99 ans dans la foulée des nouvelles humiliations infligées à la par les envahisseurs étrangers à l’orée du nouveau siècle.

C’est cet ensemble territorial – aujourd’hui dénommé région d’administration spéciale de Hong Kong – qui a été solennellement restitué à la République populaire de Chine en 1997 selon des modalités définies par l’accord de 1984. Bien sûr, Margaret Thatcher aurait souhaité le conserver, mais Hong Kong n’est pas l’archipel des Malouines, et la Chine n’est pas l’Argentine. Compromis entre une puissance coloniale déclinante qui déclare forfait et une grande puissance émergente qui privilégie la négociation, l’accord sino-britannique de 1984 instaure à Hong Kong un régime de semi-autonomie et prévoit l’application du principe : « un pays, deux systèmes » jusqu’en 2047. Pour Pékin, ce compromis présente un double avantage. Le premier est d’ordre politique. Adeptes du temps long, les dirigeants chinois ont opté pour une transition en douceur. La dépendance croissante du territoire à l’égard du continent favorisera son assimilation progressive, sans préjuger de son futur statut au-delà de 2047. Le second avantage est d’ordre économique. Dotée d’une rente de situation géographique, adossée à la puissance de la City, la place de Hong Kong s’est transformée en plaque tournante de la finance asiatique. En y maintenant un régime spécifique, Pékin pourra l’utiliser afin d’attirer en Chine les capitaux de la diaspora chinoise et ceux des investisseurs étrangers.

Sas d’entrée pour les flux financiers captés par les réformes économiques, ce minuscule territoire de 1 106 km² et 7,5 millions d’habitants continue donc à jouir depuis 1997 d’un statut particulier dont il n’existe aucun équivalent (hormis Macao) en Chine populaire. Le territoire a sa propre législation, sa propre monnaie, ses propres équipes sportives. Mêlant élection et cooptation des dirigeants, son système administratif est plus « démocratique » que celui qu’ont légué les Britanniques. Les manifestants réclament la démocratie en brandissant des drapeaux britanniques, mais les premières élections au suffrage universel ont eu lieu en 1991, c’est-à-dire après les accords de 1984, afin de conformer le système administratif aux objectifs fixés pour le transfert de souveraineté prévu en 1997. Si la crise actuelle devait dégénérer, les principaux perdants seraient donc les habitants de Hong Kong eux-mêmes. Assise sur la finance internationale, la prospérité du territoire serait vite ruinée et la place de Hong Kong détrônée par les mégapoles méridionales, Canton et Shenzen, beaucoup plus peuplées et plus puissantes que la cité portuaire.

Avec un PIB par habitant dix fois supérieur à celui de la Chine continentale, les contestataires hongkongais feraient mieux de méditer sur les conséquences d’un embrasement de leur îlot de prospérité. Au lieu de brandir des drapeaux américains et britanniques, ils devraient aussi réfléchir à ce que signifie la démocratie importée d’Occident, sans parler du destin de ceux que Washington a abandonnés du jour au lendemain après les avoir poussés à l’affrontement. Le statut particulier de Hong Kong, comme son insolente richesse, n’ont rien d’éternel. Son régime spécial est transitoire, même si l’échéance de son éventuelle disparition est lointaine (2047). Aucune règle de droit international ne contraignait la Chine à l’adopter, et elle l’a fait parce qu’elle le jugeait conforme à ses intérêts nationaux. Arraché il y a 187 ans par le colonisateur étranger, Hong Kong revenait de droit à l’État chinois. La restitution a eu lieu de façon négociée, et c’est tant mieux. Mais après cette restitution, la suite des opérations ne concerne en rien le reste du monde. C’est pourquoi la seule réponse rationnelle aux admonestations occidentales est celle qu’on peut lire dans le Quotidien du Peuple depuis le début de la crise : « Mêlez-vous de vos affaires ! ».

Mais chassez le naturel, il revient au galop ! La plupart des dirigeants occidentaux et de leurs porte-voix médiatiques – c’est plus fort qu’eux – prennent leurs désirs pour des réalités. Ils voient dans le statut particulier de Hong Kong une sorte de régime international – qui n’existe nulle part – , alors qu’il s’agit d’un aménagement interne qui relève exclusivement de la souveraineté chinoise. Ce tour de passe-passe donne une apparence de légitimité à l’ingérence étrangère. De façon mensongère, il transforme une question intérieure en conflit international, semblant justifier auprès d’une opinion manipulée le ton péremptoire des dirigeants occidentaux. On entend alors ces derniers, dont on sait d’expérience le profond respect pour le droit international, donner des leçons à Pékin comme si Hong Kong était un territoire occupé par la Chine ! Ils reprennent même la rhétorique puérile des agitateurs hongkongais pour qui Pékin pratiquerait « l’ingérence dans les affaires intérieures du territoire », en oubliant que ce territoire fait partie de la République populaire de Chine. Heureusement pour eux, le ridicule ne tue pas. Dépassés par la Chine sur le plan économique et incapables de la vaincre militairement – pour des raisons évidentes – les États-Unis font feu de tout bois pour déstabiliser leur rival systémique. Le droit-de-l’hommisme à la petite semaine est la seule arme qui leur reste. Ils l’utilisent à Hong Kong comme à Caracas ou à Téhéran, et personne n’est dupe.

À quand une protestation chinoise sur la façon dont le gouvernement des États-Unis gère les crises à répétition qui sévissent sur leur territoire ou sur l’oppression séculaire subie par les Afro-Américains ? Ceux qui dénoncent la répression insoutenable qui régnerait à Hong Kong sont-ils les mêmes que ceux qui organisent des embargos meurtriers contre l’Iran, la Syrie, Cuba ou encore le Venezuela dont un économiste libéral, Jeffrey Sachs, a calculé que les sanctions prises contre ce pays depuis 2017 avaient provoqué la mort de 40 000 personnes dont des milliers d’enfants privés de médicaments ? Les chœurs de pleureuses parisiennes qui réclament notre solidarité avec les manifestants hongkongais soumis à une « violence inouïe » sont-ils les mêmes que ceux qui approuvèrent la délicatesse avec laquelle le gouvernement français a traité le mouvement social des Gilets Jaunes, avec ses 10 000 arrestations, 1800 condamnations et 200 blessés graves dont 25 mutilés ? Ou les mêmes, encore, que ceux qui ne trouvent rien à redire à la participation française à une guerre d’extermination au Yémen, avec ses 50 000 morts, son million de victimes du choléra et ses 8 millions de civils menacés par la famine ? Mais il est vrai que balayer devant sa porte n’est pas l’attitude la plus répandue à Washington ou à Paris. Et dans ces capitales du monde civilisé, on est toujours prompt à s’immiscer dans les affaires des autres en invoquant des principes humanitaires sur lesquels on s’assied tous les jours.

Lu sur le site "Initiative Communiste" : https://www.initiative-communiste.fr/

 

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 16:40

Les parlementaires récemment élus ont-ils eu leur mot à dire ?

Evidemment NON

Et la transition énergétique ? L'empreinte carbone ? Que dit Mr de Rugy ?

"Pour l'interprofession française bétail et viande (Interveb), l'UE manque de transparence. "Comment (la Commission européenne) peut-elle déclarer publiquement exclure toute négociation agricole avec les Etats-Unis... tout en accordant aux mêmes Etats-Unis un nouvel accès élargi au marché européen pour ses viandes bovines ?", dénonce Dominique Langlois, président d'Interbev, dans un communiqué. Il rappelle aussi que ces viandes, garanties "sans hormones", "n’en sont pas moins issues de feedlots contenant 30.000 bovins en moyenne, engraissés de manière industrielle aux antibiotiques activateurs de croissance (une pratique strictement interdite au sein de l’UE)".

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 16:45

Alors que la justice américaine traque des manipulations russes dans l’élection de 2016, Washington s’emploie à renverser le président Nicolás Maduro au Venezuela. Intolérable sur le territoire américain, l’ingérence serait-elle justifiée quand les États-Unis sont à la manœuvre ? C’est ce que suggère l’élection russe de 1996. À l’époque, Washington et ses alliés avaient pesé de tout leur poids pour sauver un président malade et discrédité… au nom de la démocratie.

par Hélène Richard

Extraits

 

"Une ingérence russe s’exercerait désormais dans la vie politique de la plupart des États occidentaux. Pour le président français Emmanuel Macron, le mouvement des « gilets jaunes » s’expliquerait en partie par une tentative de déstabilisation pilotée par une « puissance étrangère ». Chacun a compris : la Russie. L’émergence d’un important mouvement indépendantiste en Catalogne ? La Russie. Le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne en 2016 ? La Russie, encore. La défaite de la candidate Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine de 2016 ? La Russie, toujours. Aux États-Unis, l’idée qu’un pays étranger tente de la sorte d’influer sur le cours des événements politiques suscite l’émoi dans les rédactions et les cercles de pouvoir. Elle a même conduit à l’ouverture d’une enquête sur une éventuelle collusion entre le président Donald Trump et Moscou.

« Ne pas assimiler les policiers aux voyous »

Washington ne s’est pourtant pas toujours montré aussi respectueux de la souveraineté des États que le suggère un tel effroi. « La CIA [Central Intelligence Agency] a manipulé des élections dans l’Italie des années 1940 et dans l’Allemagne des années 1950. Au-delà des manigances électorales, elle a aussi secrètement renversé des dirigeants élus en Iran ou au Guatemala dans les années 1950 », concède M. Thomas Melia, un ancien fonctionnaire du département d’État (1). Mais c’était le temps de la guerre froide, s’empresse-t-il d’ajouter. Depuis la chute du mur de Berlin, les ingérences russes et américaines ne seraient pas « moralement équivalentes ». Il y a, du côté de Washington, « des programmes visant à renforcer les processus démocratiques à l’étranger (sans viser un résultat électoral spécifique) ». La Russie, en revanche, « manipule les élections d’un autre pays dans le but de semer le chaos, de saper la confiance du public dans le système politique et d’affecter la stabilité sociale ». Comparer l’un à l’autre reviendrait à « assimiler les policiers aux voyous sous prétexte que les uns comme les autres portent des revolvers », renchérit M. Stephen Hall, ancien responsable des opérations russes au sein de la CIA (2). L’opération visant à renverser le président vénézuélien Nicolás Maduro illustre ce raisonnement : promotion de la « démocratie » côté américain, soutien à un dictateur « illibéral » côté russe (lire « Le retour du “secrétaire d’État aux sales guerres” »). La réélection de Boris Eltsine en 1996 invite pourtant à nuancer cette thèse".

[...]

En février 1996, lorsque Eltsine annonce sa candidature à sa propre succession, ses chances de succès sont maigres. Son mouvement politique, Notre maison la Russie, n’a rassemblé que 10 % des voix aux élections législatives de décembre. Le Parti communiste, mené par M. Guennadi Ziouganov, est devenu la première formation politique du pays en envoyant, avec près d’un quart des voix, 157 députés à la Douma (contre 42 à la précédente législature). Eltsine, qui est apparu en octobre en survêtement bleu et chaussures de ville dans un fauteuil d’hôpital, est crédité d’à peine 3 % d’opinions favorables dans les sondages. Le 3 juillet, pourtant, il bat au second tour son adversaire communiste avec près de 54 % des suffrages. Que s’est-il passé entre-temps ?

 

« Spinning Boris », film réalisé par Roger Spottiswoode, Licht/Mueller Film Corporation, Showtime Networks, 2003

Sortie en 2003, la comédie Spinning Boris, réalisée par Roger Spottiswoode, a immortalisé auprès du grand public le rôle des conseillers américains de l’ombre dans le sauvetage politique du président Eltsine, et, du même coup, attiré l’attention sur ses aspects les plus croustillants. Cette production hollywoodienne met en scène les aventures de trois spin doctors bien réels — MM. George Gorton, Joseph Shumate et Richard Dresner — débarquant à Moscou à l’invitation d’un membre de l’équipe Eltsine pour enseigner aux Russes les techniques qui leur ont permis de faire élire en 1991 le sénateur républicain Peter Wilson au poste de gouverneur de Californie comme on vend une berline. Tout au long du film, zigzaguant entre les valises de billets et les gros bras, les trois hommes dépoussièrent la communication du président-candidat à coups de sondages, d’études qualitatives (qui permettent de tester ses discours en temps réel auprès d’un panel d’électeurs) et de negative adds — ces annonces télévisées destinées à discréditer l’adversaire —, en ressortant des cartons les archives filmées de bolcheviks brûlant des églises. « Nous avons réussi à créer un sentiment de panique à l’idée d’un retour du communisme (...)  : les files d’attente, les pénuries d’alcool, de cigarettes, de savon. “Vote, sinon tu perdras !” “Dieu nous en préserve !” “Achète de la nourriture pour la dernière fois !” Ces slogans ont marché », se félicitait un membre de l’équipe de campagne d’Eltsine (BBC en russe, 5 juillet 2016). [...]

 

 

« Les Yankees à la rescousse. Révélations sur la manière dont des conseillers américains ont aidé Eltsine à gagner », « Time », New York, 15 juillet 1996.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite sur le site du monde diplomatique ci-dessous :

 

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