dimanche 10 décembre 2017, par
Par Alain Benielli de l’ANC
Pour commencer à comprendre les causes de la disparition du PC en Corse en tant qu’outil de lutte de classe, il convient d’avoir un premier regard sur son parcours.
Avant la guerre, il regroupait une poignée de membres (plus ou moins 300, comme aujourd’hui d’ailleurs). Pendant la guerre, leader incontesté de la résistance, il s’est forgé une solide aura et un potentiel non négligeable d’influence, dans le rapport de force face aux clans.
Dans une région à forte implantation tertiaire et dans une moindre mesure agricole, conduire la lutte de classe exige pour les communistes, d’être dans l’analyse marxiste permanente, au plus près de l’évolution des mondes dans lesquels ils s’ inscrivent avec leurs outils de lutte. Une des conditions permettant d’assoir une stratégie révolutionnaire, passe en Corse, par la prise en compte de ses spécificités : géographique, historiques, culturelles…
C’est exactement ce que le PC n’a pas fait, laissant le champ libre à une bourgeoisie locale, qui, après un temps d’hésitation, s’est drapée dans les plis du drapeau identitaire, dans le sens le plus réactionnaire, pour aujourd’hui , être en situation hégémonique. La coupure entre le PC et les couches populaires, la confiscation de la pratique démocratique par l’appareil de sommet peut s’illustrer par l’ exemple suivant.
A Ajaccio, dans les années 80/90, le PC était fortement implanté dans un secteur très populaire, plus de 150 adhérents, des militants issus de la classe ouvrière, avec la lutte de classe comme boussole de l’ activité politique .
Mais, une direction fédérale embourbée dans le réformisme, l’électoralisme, les pratiques de sommet y a vu le risque que ses orientations sociales démocrates, soient mises en minorité. Elle à tout fait pour saborder ce bastion à forte connotation ouvrière, ou se développait un militantisme populaire de lutte et y a réussi.[...]
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