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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 14:27
L’éditorial du Monde (09/10/21) était bien inspiré en concluant, non sans fureur contenue : « il faudra bien un jour crever l’abcès et décider ce qu’adhérer à l’Union européenne veut dire ».

L’éditorial du Monde (09/10/21) était bien inspiré en concluant, non sans fureur contenue : « il faudra bien un jour crever l’abcès et décider ce qu’adhérer à l’Union européenne veut dire ».

Après leurs collègues allemands l’année dernière, les juges constitutionnels polonais lâchent une véritable bombe

Branle-bas de combat à Bruxelles – et ce terme doit être pris au pied de la lettre. Il n’a fallu que quelques heures à la Commission européenne pour réagir à l’arrêt rendu le 7 octobre par la Cour constitutionnelle polonaise. Il est vrai que celui-ci constitue une véritable bombe. Jamais en reste d’une surenchère, Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français à l’Europe, a même tonné : « c’est gravissime ».

La plus haute instance juridique polonaise avait été sollicitée en mars dernier par le premier ministre de ce pays. En effet, la Cour de justice européenne (CJUE) avait, à plusieurs reprises, mis en cause un certain nombre de réformes décidées par Varsovie, en particulier la restructuration du système judiciaire. Les griefs bruxellois s’étendent par ailleurs à d’autres domaines, comme le pluralisme de la presse, ou les lois jugées discriminatoires envers la « communauté » homosexuelle.

La Pologne doit-elle se soumettre en toute matière aux juges suprêmes de l’Union européenne – telle était donc la question soumise au Tribunal constitutionnel du pays. L’affaire est tellement sensible que cette instance a par trois fois différé sa décision. L’arrêt n’en est pas moins net. Pour les gardiens de la loi fondamentale, « la tentative d’ingérence de la CJUE dans le système judiciaire polonais remet en cause le principe de la primauté de la Constitution polonaise ainsi que de sauvegarde de la souveraineté dans le processus d’intégration européenne ». Les juges estiment pouvoir et devoir vérifier la conformité à la constitution polonaise du droit européen, mais aussi des verdicts de la CJUE. [...]

La suite sur le site de Ruptures :

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 15:16

jeudi 8 juillet 2021 par Bruno Drwresky et Monville Aymeric

Certains d’entre vous connaissent Michal Nowicki, un ouvrier habitant la région parisienne qui anime en France le site polonais basé en France "Odrodzenie komunizmu" ("Renaissance du communisme"), dans sa version polonophone et anglophone, et dont l’objectif est de promouvoir le communisme, en particulier en Pologne, et le Parti ouvrier polonais.

Étant en vacance dans son pays, il vient d’être arrêté, puis relâché (?) par les services de sécurité de l’État polonais ABW (souvent tourné en dérision sous l’appellation "ABWehr") lors de son jogging matinal.

Son épouse qui l’attendait à son retour n’a pas été prévenue, en revanche des monsieurs à la triste mine se sont rendus chez sa mère, par ailleurs députée de gauche libérale, pour la prévenir que son fils se trouvait à la fameuse, en Pologne, prison de la rue Rakowiecka où il doit être interrogé.

C’est la poursuite des répressions répétitives organisées depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement polonais et qui vise les personnes accusées de sympathies pro-russes, pro-chinoises, pro-iraniennes ou pro-communistes alors que les activités violentes des groupes d’extrême droite bénéficient de la tolérance des autorités malgré leur caractère illégal. [...]

Lire la suite ci-dessous :

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 23:28
Ce ne sont pas les premiers soldats américains accueillis par la Pologne.  Ici en Avril 2014, des soldats américains arrivent sur le sol polonais.

Ce ne sont pas les premiers soldats américains accueillis par la Pologne. Ici en Avril 2014, des soldats américains arrivent sur le sol polonais.

Si quelqu’un avait le moindre doute sur le statut de laquais de la Pologne vis-à-vis des États-Unis, alors après avoir lu les conditions de stationnement des soldats américains dans notre pays, il devrait finalement les perdre, c’est la réflexion amère mais non dénuée d’humour du Polonais auteur de ce constat désabusé (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Les Américains ont posé des conditions difficiles: le transfert du commandement du corps à la Pologne ne sera possible que si la Pologne renonce à son État souverain en retour. L’armée américaine bénéficiera donc d’un statut spécial, dont la caractéristique la plus importante sera l’exclusion du personnel américain de la juridiction polonaise. Par conséquent, tout ce que les soldats américains feront ou ne feront pas avec les biens polonais et les citoyens polonais en Pologne, notre État n’aura rien à dire à ce sujet. Après avoir franchi les frontières de la base, aucun service de l’Etat, des représentants des autorités polonaises et même les plus hauts fonctionnaires de l’Etat n’auront accès à ses locaux. À moins que la commande de base n’ait gracieusement autorisé leur entrée. Et l’expérience du stationnement de soldats américains, par exemple au Japon, montre que ce n’est pas la fin bien sûr. 

En revanche, conformément aux nombreux mois de demandes en ce sens de la Pologne , celle-ci a été autorisée à payer la construction de la base avec l’argent des contribuables, les États-Unis ont gracieusement accepté.

[...]

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:33
La Pologne de l’espérance autogestionnaire à la sauvagerie capitaliste. Entretien avec Bruno Drweski

Dans son dernier opus, Une solidarité qui a coûté cher ! Histoire populaire de Solidarnosc*, l’historien Bruno Drweski nous plonge au cœur d’une décennie-charnière de l’histoire de la Pologne. En 1981, le syndicat Solidarnosc mobilisent dix millions de Polonais autour d’un programme autogestionnaire d’ « amélioration du socialisme ». Dix ans plus tard, convertis au néolibéralisme, les dirigeants de cette organisation engagent le pays dans la voie de la restauration du capitalisme, avec le soutien d’une partie de l’appareil du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) et les encouragements de l’Occident ! En cette fin de siècle, Leszek Balcerowicz, ministre des Finances, impose la « thérapie de choc » aux allures de « choc de la thérapie » pour les citoyens polonais. Des grandes grèves d’août 1980 à la proclamation de l’état de siège de décembre 1981, jusqu’à la « table ronde » de 1989, prélude au changement le régime, Bruno Drweski analyse les ressorts d’une évolution sociétale avortée et les mécanismes qui ont conduit à la restauration d’un capitalisme pur et dur. Rencontre.

 

Comment vous est venue l’idée de cet ouvrage ?

Observant ce qui se passait en Pologne, quand j’y étudiais dans les années 1970 puis ensuite, quand j’ai vu monter la colère populaire devant un régime de moins en moins efficace, il y a eu un moment l’espoir d’une démocratisation des institutions socialistes existantes. J’ai d’abord cru dans la naissance de Solidarnosc comme outil de réparation du socialisme, mais au bout de quelques semaines d’existence, j’ai perdu confiance dans cette organisation à la vue des courants réactionnaires qui s’y développaient et cohabitaient avec des partisans trop romantiques d’un socialisme autogestionnaire et de conseillers intellectuels manipulant dans l’ombre ce jeune syndicat dans une direction pro-occidentale. Mais en raison de la dégénérescence de l’appareil central du Parti ouvrier unifié polonais (POUP/ PZPR, communiste) tombé largement aux mains d’une nouvelle bourgeoisie émergente, la lutte de classe en Pologne a été déviée, puisque dans les deux camps, on trouvait à la fois des partisans d’une refondation du socialisme et des partisans d’une contre-révolution capitaliste. Au final, après plusieurs péripéties dont l’instauration de la loi martiale en décembre 1981, a entraîné le coup de force au sommet de 1988/89. Il a décidé la politique de privatisation accélérée. Aujourd’hui, après trente ans, le temps d’établir un bilan est arrivé, d’où ce livre. L’époque veut aussi que beaucoup de secrets des années 1980 sortent au fur et à mesure que les anciens de Solidarnosc se combattent et se salissent mutuellement. Par ailleurs, en France Solidarnosc a donné naissance à un mythe qui a facilité le développement surtout chez les intellectuels et les médias d’un « anticommunisme de gauche » qui a progressivement évolué vers la droite. Là encore, le temps de faire le bilan de cette génération anticommuniste est arrivé. [...]

La suite ci-dessous :

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 15:18
Pour en savoir davantage

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Lundi, 27 Janvier, 2020

L’État polonais entend garder son récit national. Aucune collaboration n’a été commise, les crimes de la Shoah ne sont l’œuvre que des forces nazies. Celui qui dit le contraire peut faire l’objet de poursuites.

Des survivants de l’Holocauste et une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement seront ce lundi à Auschwitz pour célébrer le 75e anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination nazi. À la veille de ces célébrations, le président polonais s’est fendu d’une pleine page dans le Figaro du 23 janvier au nom d’« une mémoire qui ne doit pas mourir ». Il ose affirmer qu’il est « défendu de dénaturer » et « d’instrumentaliser » la mémoire de la Shoah pour quelque motif que ce soit. Des déclarations surprenantes de la part d’Andrzej Duda, candidat à un second mandat pour le parti Droit et Justice (PiS, extrême droite), et fervent défenseur d’une loi négationniste adoptée en 2018. Ce texte condamne l’usage du terme « camps de la mort polonais » et tout propos accusant « publiquement et contrairement aux faits, la nation ou l’État polonais de responsabilité ou de complicité dans les crimes nazis commis par le IIIe Reich, ou de tout autre crime de guerre, crime contre l’humanité ou crime contre la paix ». [...]

Pour les abonnés, la suite sur le site de l'Humanité :

https://www.humanite.fr/en-pologne-parler-de-collaboration-est-passible-de-poursuites-683733

Un "blanchiment de l’histoire" pour les historiens

"Pour le dire plus explicitement, le sauvetage des Juifs en Pologne par la population ne fût pas inexistant, mais il représente l'exception et non la règle. "

Lire l'article entier sur le site de France Culture : https://www.franceculture.fr/histoire/interdire-les-camps-de-la-mort-polonais-comprendre-la-controverse

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 14:59

 

 

 

 

Joseph Pilsudski, un autre moustachu…

 

 

 

L’écrivain russe qui écrit cet article moqueur est comme la majorité des Russes convaincu que la résolution du parlement qui assimile URSS et Allemagne nazie, Hitler et Staline est le produit du délire russophobe des Polonais. Il s’adresse donc à eux pour rétablit l’histoire et leur parle du pacte Hitler Pilduski, le dictateur polonais de l’époque (1934) et leur clause d’agression commune contre l’URSS. Amusant et tout à fait historiquement vérifiable, mais lisez plutôt, je suis sûre que vous ignoriez cette histoire-là. (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société)

13 décembre 2019

https://vz.ru/opinions/2019/12/13/1013526.html

Même en Russie, toute une génération d’enfants a déjà grandi, convaincue qu’Hitler et Staline, deux moustachus, ont offensé une Europe si bonne et si paisible et ont pourri la vie à tout le monde. Ben voyons.

Le 26 janvier 1934, a été signé le Pacte Hitler-Pilsudski, le dictateur polonais de l’époque, qui était lui aussi, soit dit en passant, moustachu. Le pacte Hitler-Pilsudski avait une clause autorisant les deux États à mener conjointement une guerre d’agression contre un pays tiers, à savoir l’URSS.

Le pacte Hitler-Pilsudski a donné à l’Allemagne la possibilité, sans crainte d’être attaqué par l’est, de se préparer à la guerre avec le monde entier. D’instaurer le service militaire universel, de recréer une aviation militaire, la Luftwaffe, interdite après la défaite dans la Première Guerre mondiale, produire d’immenses bataillons de chars, une puissante Wehrmacht et militariser l’économie. Et seulement après cela, en 1939, de commencer la guerre.

Mais les Polonais aujourd’hui commencent à étudier l’histoire seulement à partir de cet endroit. A partir du 1er septembre 1939. Et avant cela, ils gomment les événements. Le 1er septembre, l’invasion allemande de la Pologne a commencé et le 17 septembre, le gouvernement polonais a quitté le pays. 16 jours pour toute une guerre. À ce stade, l’URSS apparaît, qui attaque soi-disant la Pologne, la partageant avec l’Allemagne, comme nous le disent aujourd’hui les Polonais, aux quels les libéraux russes font écho de manière touchante.

Mais attendez une seconde.

Qu’avons-nous fait? En 1939, nous avons seulement récupéré les terres ukrainiennes et biélorusses d’origine, arrachées par la Pologne en 1920-1921. Nous avons pris ce qui nous appartenait. Déjà au X-XIe siècle, ces terres faisaient partie de la Russie antique. Dans ces territoires vivaient de 67% à 90% de population ukrainienne et biélorusse. Depuis mille ans, la population principale de ces territoires parle le russe ou un de ses divers dialectes.

En 1939, les Ukrainiens, les Biélorusses et les Juifs ont organisé des détachements partisans sur leurs terres, attaquant les unités polonaises qui fuyaient devant les Allemands. La population non polonaise transformait les drapeaux polonais, en arrachant les bandes blanches, en rouges et accueillait avec enthousiasme l’Armée rouge.

Vous avez retenu, les enfants? Les Allemands et nous n’avons rien partagé.

Et rappelez-vous, les enfants. Le pacte Hitler-Pilsudski a été le premier à être signé par l’Allemagne d’Hitler avec un grand pays européen. Le pacte avec Staline était le dernier. Et ensuite, pendant la Grande Guerre patriotique, l’URSS a libéré la Pologne de l’occupation nazie au prix de la vie de plus de 600 000 soldats soviétiques.

Au lieu des régions qui étaient retournées à l’URSS à l’est, et que les Polonais pleurent secrètement à ce jour, la Pologne a reçu des territoires allemands très développés et un large accès à la mer Baltique. Staline a persuadé Churchill de transférer la Silésie aux Polonais.

On raconte cela aux enfants polonais? Non. Hélas, non.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 16:53
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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 10:58

Jacques KMIECIAK

11/12/2018

Depuis le retour au pouvoir du parti Droit et Justice (PiS), l’accélération du processus dit de « décommunisation » via des débaptisations de rue est de mise au-delà de l'Oder. Cette campagne de diabolisation du passé récent de la Pologne suscite de vives réactions, notamment, dans le nord de la France.


Inauguration de la rue Edward Gierek, à Auby, le 13 juillet 2018

Dès 1990 et la restauration du capitalisme en Pologne, la « décommunisation » revêt divers aspects, tant économiques (privatisation des entreprises, des logements), stratégiques (adhésions à l’OTAN puis à l’Union européenne), administratifs (lois de lustration de 1997 et 2006 visant à interdire l’accès à la fonction publique d’anciens « collaborateurs du régime ») que politiques (interdiction des symboles communistes en 2009). Le souci de réappropriation de l’espace public par les tenants du libéralisme se traduit aussi par une première vague de débaptisations de rues et places évoquant le mouvement ouvrier. Exit les rues portant le patronyme de Rosa Luxembourg, militante féministe et pacifiste, théoricienne du marxisme ; déboulonnées les statues de Lénine, le père de la révolution d’Octobre. Fleurissent alors les artères à la gloire de Jean-Paul II, le chef de l’Église catholique, du général Władysław Anders, héros de la bataille du Monte-Cassino et croisé de l’anticommunisme, ou encore du maréchal Józef Piłsudski, « père » de l’indépendance recouvrée en 1918 et dirigeant, de 1926 à sa disparition en 1935, d’une Pologne sombrant dans l’autoritarisme.

Réécriture de l’Histoire

Depuis le retour au pouvoir, à l’automne 2015, du parti Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość, PiS) de Jarosław Kaczyński, cette campagne dite de « décommunisation » gagne en intensité. Même si ce concept doit être mis entre guillemets tant « le mot communisme n’a pratiquement plus été utilisé en Pologne depuis la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 1980 puisque le régime était ‘socialiste’. À ce moment, les courants d’opposition les plus pro-libéraux ou nationalistes l’ont repris pour désigner ‘le régime’ et ses partisans sous un angle péjoratif. Ce terme a constitué après 1989 un élément de légitimation et de recherche d’un ennemi pour le nouveau régime, toutes orientations confondues. Simultanément a commencé une réécriture de l’histoire, dans les manuels scolaires notamment, et de la symbolique visuelle du pays (monuments, noms de lieux, etc.) », précise l’historien Bruno Drweski(1).

Le jusqu’au-boutisme du PiS

Désormais, le PiS imagine parachever l’œuvre amorcée il y a près de trois décennies. Ainsi en septembre 2016 entrait en vigueur une loi interdisant toute référence au « communisme » dans l’espace public. Les collectivités locales ont alors un an pour changer les noms des rues et places évoquant des « personnes, organisations, événements ou dates qui symbolisent le communisme ». Il s'agit de bannir de l’espace public toute référence à la Pologne populaire (1944 – 1989). Mais pas seulement. Opposants au tsarisme au début du XXe siècle, combattants du fascisme en Espagne, résistants à l’occupant nazi, pour peu qu’ils aient été porteurs d’un idéal d’émancipation, aucun militant n’échappe à la stigmatisation du PiS et de son bras idéologique, l’Institut de la mémoire nationale (Instytut pamieci narodowej, IPN) qui a établi sur son site Internet une « liste noire » d'indésirables. Comme s’il s’agissait de « nier toute la tradition de la gauche radicale polonaise », souligne l’universitaire Pawel Sekowski de Cracovie(2). Fonctionnant comme un véritable « ministère de la Mémoire », selon la terminologie empruntée à l’univers orwellien, l'IPN ambitionne la réécriture de l’histoire de la Pologne dans un sens ultranationaliste et clérical.

Écho hexagonal

Rien d’étonnant cependant à cette offensive sans précédent à l’heure où « une majorité de citoyens polonais continue à considérer que le bilan de la Pologne populaire est positif » et où la crise « économique et sociale commence à être de plus en plus mal supportée », poursuit Bruno Drweski.

Moins attendue peut-être, cette campagne de démonisation du passé socialiste de la Pologne a suscité une levée de boucliers dans le nord de la France. Et pour cause : en effet, dès l’entre-deux-guerres, des liens privilégiés y ont été noués avec le pays de Mickiewicz. Au cœur d’un bassin livré, jadis, à l’exploitation charbonnière et où vivent des milliers de descendants d’immigrés polonais venus dans l’entre-deux-guerres relancer la production charbonnière(3), des voix se sont élevées contre la volonté des autorités polonaises de revisiter l’histoire. Ici, l’attention de la population s’est portée sur la Silésie où, dès 1945, ont été rapatriés des centaines de mineurs polonais soucieux de participer au redressement d’une Pologne meurtrie par six années d’occupation nazie et les combats de la libération(4).

La mémoire de la Résistance affectée

Sous l’impulsion de l’IPN, la municipalité de Walbrzych (Basse-Silésie) a d’emblée envisagé de débaptiser la rue de la Famille Burczykowski, du nom de résistants de Sallaumines (Pas-de-Calais). Le père est mort à Sachsenhausen (Allemagne) où il a été déporté en raison de sa participation à la grève patriotique des mineurs de charbon de mai-juin 1941. Trois de ses fils ont été assassinés par les nazis qu’ils ont combattus les armes à la main. Sur la sellette également, Bronislaw Kania des Francs-tireurs et partisans (FTP), décapité à la prison de Cuincy, près de Douai, en 1943. Idem pour le syndicaliste de la CGT Thomas Rabiega qui, du temps du Front populaire, s'était illustré sur les carreaux de fosse en grève. Au cœur du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, le choc est immense. Et l’incompréhension totale. « Comment osent-ils toucher à la mémoire de héros de la lutte antinazie ? », se demande-t-on.

Le maire (PCF) de Sallaumines, Christian Pedowski, écrit alors à Roman Szelemej, son homologue de Walbrzych, pour lui signifier qu’ici le nom des Burczykowski « symbolise la résistance à l’occupant nazi dont votre pays comme le nôtre ont eu tant à souffrir. L’engagement de ces Francs-tireurs et partisans était un modèle d’abnégation. Il a largement facilité les conditions de la libération de notre territoire. Prétendre débaptiser cette rue, ce serait faire offense à la mémoire commune franco-polonaise de la résistance au nazisme, mais ce serait aussi s’attaquer au prestige de la France en Basse-Silésie ». En février 2017, l'association Les Amis d'Edward Gierek lance l’Appel des 133(5), signé par des parlementaires, d’anciens résistants et autres syndicalistes et envoyé à l’ambassadeur de Pologne en France. Il lui est demandé de « bien vouloir signifier aux autorités compétentes notre volonté de conserver intacts ces témoignages de la France combattante au cœur des Sudètes ». Celui-ci restera cependant silencieux.

La suite ici : http://regard-est.com/pologne-les-effets-paradoxaux-delanticommunisme?fbclid=IwAR23gSVEJaZ_41KfrXKZ0TRfxtbtKbfdpsZ9sRVy5xsWTTcncFYhaiblaCQ

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