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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 10:59
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 10:45

Quelques articles relevés dans Franceinfo.fr

L'insolente santé du marché des armes
Le décryptage éco par Lise Jolly vendredi 18 décembre 2015

 

Le marché des armes est en pleine forme. 1 650 milliards de dollars dans le monde en 2015, le chiffre fait tourner la tête, et même l’Europe augmente à nouveau ses dépenses militaires.

Si les russes et les chinois sont ceux qui augmentent le plus leurs dépenses d’armement, pour la première fois depuis cinq ans, l’Europe accroit aussi ses budgets. Mais les Etats-Unis restent indétrônables sur la première marche du podium. C’est ce que nous apprend le rapport de l’institut Jane’s, institut spécialisé qui a fait le tour de 104 pays et épluché 99 % des dépenses dans le monde.[...]

La suite ici

par Jérôme Jadot mercredi 3 juin 2015.  Extraits.
 

Les ventes de Rafale pourraient booster l'industrie française de l'armement en 2015 © Reuters/Antara photo Agency

Le ministère de la Défense a publié les chiffres des exportations d'armes françaises, en forte hausse en 2014. Une augmentation de 18% pour des ventes s'élevant à plus de huit milliards d'euros, portée par des contrats à plusieurs centaines de millions d'euros.

C'est un incontestable bol d'air pour la balance commerciale française. Dans un rapport publié mercredi, le ministère de la Défense se réjouit de la bonne santé des exportations françaises d'armes, en hausse de 18% en 2014. "La meilleure performance à l'export depuis 15 ans", précise le texte.

[...]

La France est aujourd'hui au pied du podium des nations les plus performantes en matières d'industrie de l'armement, derrière les Etats-Unis, la Russie et le Chine. Mais elle pourrait, à la faveur de ces chiffres record, devenir deuxième au classement planétaire.

... mais la transparence laisse à désirer

Une nuance qui s'ajoute à une inquiétude : les clients de la France sont principalement des pays du Moyen-Orient, Arabie Saoudite en tête, et l'observatoire redoute que cela ne contribue encore à la destabilisation de cette zone.

 
par Rédaction de France Info mercredi 21 octobre 2015 07:37

 

La France et le Koweït vont signer mercredi un accord et des lettres d'acceptation portant sur trois volets de contrats d'armement terrestre, aérien et maritime, pour un montant estimé à 2,5 milliards d'euros.

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 23:11

Lu sur Le lien, le journal numérique du PADS ( Parti  Algérien pour la Démocratie et le Socialisme)

 

Le Lien publie une correspondance du Parti communiste d'Ukraine: 

 

Chers camarades, 

 

Aujourd'hui la  Cour d'appel administrative de Kiev a rejeté l'appel du  Parti communiste d'Ukraine sur le jugement  négatif de la Cour du district administratif de Kiev (DACK) sur les quatre poursuites en justice du PCU contre le Ministre de la Justice (MoJ) qui ont été unifiées en une seule affaire. Ce jugement n'a pas d'effet suspensif et devrait être appliqué directement. Il signifie que DACK en sa qualité de Cour de première instance est libre de juger un autre cas - sur l'interdiction du PCU.

 

Rappelons que la première poursuite en justice contre le PCU fut déposée par le Ministre de la justice en Juillet 2014. Cette affaire a complètement échoué, parce que toutes les prétendues "évidences" sur les activités illégales du PCU furent grossièrement truquées. Les charges contre le Parti communiste étaient si absurdes que le juge Kuzmenko responsable de l'affaire, a déclaré que ce procès dont le motif était politique se disqualifiait lui-même. Son action fuit suivie par tous les autres juges du District Administratif de la Cour de Kiev. Ce rejet a conduit au transfert de l'affaire à une autre Cour qui n'était pas la juridiction qualifiée pour de telles affaires. La colère du régime ne tarda pas à venir- les locaux des cours furent recherchés. Des procédés criminels furent employés contre les juges, y compris Kuzmenko. 

 

La Cour administrative du District (DACK) en première instance n'a pas  révisé les évidences, n'a appelé aucun témoin. 

 

Au printemps 2015 la soi-disant nouvelle "loi pour la décommunisation"   fut adoptée en Ukraine et passa en force. Il ne fait pas de doute que ces "lois pour la décommunisation" sont contraires à l'actuele constitution, au droit international, à la Déclaration Universelle des droits de l'homme, à la Convention Européenne pour la Protection des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, les conclusions de la commission  de Venise. 

 

Néanmoins la nouvelle loi pour interdire le PCU sur les bases de ces lois fut transmise par le Ministre de la Justice à la Cour du District Administratif de Kiev(DACK) . 

 

Par une étrange coïncidence, et les "fantaisies" du système électronique de distribution des affaires parmi les juges, cette nouvelle affaire fut encore "accidentellement" attribué au juge Kuzmenko, qui est "chapeauté"  par  la junte. Ce dernier est l'objet de poursuites criminelles. de plus le même juge avait interdit cette année deux autres partis communistes. 

 

La décision du Ministre de la Justice pour interdire le PCU est basée sur les conclusions de la soi-disant commission indépendante. Cette commission est composée de fonctionnaires du Ministère de la Justice dont certains d'entre eux sont des subordonnés directs du Président de la commission- le représentant du  Ministre.  Les représentants du PCU ne furent même pas  informés de l'affaire du PCU à la réunion de la commission. Par écrit nous avons interrogé plusieurs fois sur les inconsistances concrètes du Programme et des Statuts du PCU. Nous n'avons obtenu aucune réponse. Dans la décision de la commission il n'y a aucune déclaration concrète sur l'inconsistance si ce n'est une décision générale. La poursuite en justice ne décrit aucune analyse sur de telles violations. Juste que le Parti n' a pas changé les documents.

 

Le régime insiste afin que le Parti renonce à son appellation "communiste" et à ses symboles: l'étoile, le marteau et la faucille- les symboles universels du mouvement communiste mondial. 

 

Le DACK a commencé à écouter et il a transformé la procédure écrite pour éviter la présentation  et la révision des évidences et la discussion publique sur les mérites de la loi et des faits. Mais maintenant juste après. 

 

Pour contrecarrer les efforts du Ministre de la Justice pour interdire le Parti et pour défendre ses droits et intérêts, le PCU a soumis 4 poursuites devant les tribunaux  contre les actions du Ministre de la Justice, les inactions et les actes. Le DACK a unifié les 4 poursuites et contrairement aux garanties générales de la procédure d'un procès clair et contrairement aussi à la loi ukrainienne a décidé de rejeter cette poursuite unifiée  en justice en utilisant la soi-disant procédure écrite. Aujourd'hui après les auditions de 6 cours de Kiev la Cour Administrative d'Appel de Kiev a rejeté l'appel du PCU à la décision ci-dessus. Même les arguments du PCU que ces "lois sur la décommunisation" doivent être révisées par la Commission de Venise et sa conclusion est attendue à la fin de cette semaine ne doit pas empêcher la cour d'un tel jugement. Évidemment la Cour a été poussée à prendre une telle décision avant la conclusion de la commission de Venise en dépit du fait que sa conclusion devrait être peu positive pour le gouvernement d'Ukraine. 

 

Dans ces circonstances il est impossible de parler au sujet de l'impartialité et de l'objectivité des futures auditions de la poursuite du Ministre de la justice pour interdire le PCU.

 

Nous sommes certains que ce procès a une motivation politique et il a pour objectif de détruire le Parti communiste d'Ukraine- la seule opposition réelle au régime actuel. 

 

Nous estimons que le régime cherche à interdire le Parti communiste, depuis qu'il agit essentiellement comme une force politique d'opposition. Le Parti communiste s'oppose à la gestion extérieure du pays et à sa transformation en une colonie, il s'oppose à la politique sociale et au génocide imposé par le FMI. Contre le gel des salaires et des pensions, contre la hausse des prix, contre le vol et la corruption, qui ont augmenté d'une manière importante après que les acolytes du  Département d'Etat sont arrivés au pouvoir. En faveur de la vérité historique et contre la société fasciste. Pour que jamais les collaborateurs de Hitler soient transformés en "héros" et que soient insultés la mémoire des soldats de l'Armée rouge- les vainqueurs du fascisme. 

 

(Source: Solidnet- traduction de l'anglais par la rédaction du Lien) 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 22:30

Grèce : L’expert des Nations Unies sur la dette recommande que les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque soient poursuivis

Publié le 15 décembre 2015 sur Entreleslignes

Juan Pablo Bohoslavski, expert indépendant du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, spécialiste de l’incidence des dettes contractées sur l’exercice des droits de l’Homme, a récemment rendu visite à notre pays. Il a recommandé que les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque – une Commission instituée par l’ancienne Présidente du Parlement hellénique, Zoe Konstantopoulou – soient poursuivis.

Lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a fait part des conclusions de sa visite en Grèce, M. Bohoslavski, invité à prendre position au sujet de la décision de l’actuel Président du Parlement M. N. Voutsis de supprimer la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque, a déclaré que l’initiative de la précédente Présidence était « extrêmement importante ». « Dans ce contexte, a-t-il dit, je recommande que la Commission poursuive ses travaux ». Lire la suite →

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 17:32

Sur les blogs de Mediapart

Le gouvernement a montré un bien triste visage cette nuit à l’Assemblée nationale alors que se tenaient les discussions autour du reporting public pays par pays, une mesure essentielle dans la lutte contre l’évasion fiscale. Il a manœuvré en coulisses, mobilisé des députés au milieu de la nuit pour obtenir le rejet de ces dispositions.

Cette nuit du 16 décembre 2015, l’Assemblée nationale a envoyé un signal extrêmement négatif dans la lutte contre l’évasion fiscale. Dans le cadre de la deuxième lecture du PLFR 2015, vers 1h30 du matin, les députés ont finalement rejeté le reporting public pays par pays après l’avoir pourtant adopté deux fois. La première fois il y a 10 jours, dans le cadre de la 1ere lecture du PLFR (voir communiqué de la Plateforme du 4 décembre). La seconde, cette nuit à minuit, quand les députés ont voté en scrutin public en faveur de l’amendement concerné à 28 voix contre 24. Mais le gouvernement, défavorable à cette mesure, a demandé une seconde délibération. Au terme d’une suspension de séance qui a duré plus de 40 minutes, et au cours de laquelle le gouvernement a orchestré les conditions d’un nouveau vote en sommant des députés de corriger le tir et en appelant d’autres à la rescousse, il a refait voter l’Assemblée et a finalement obtenu le rejet de cet amendement, à 25 voix contre 21.

Les organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires dénoncent avec la plus grande fermeté ce passage en force. Nos organisations appellent les députés mobilisés contre l’évasion fiscale à poursuivre leur bataille, notamment dans le cadre de la loi Transparence qui sera présentée par Monsieur Sapin en début d’année .

Les organisations rappellent que cette mesure, défendue depuis une dizaine d’années par les organisations de la société civile, aurait obligé les entreprises françaises à rendre publiques des informations sur leurs activités et les impôts qu’elles paient dans tous les territoires où elles sont implantées. Elle aurait ainsi permis à la société civile dans son ensemble de savoir si les impôts payés par les entreprises correspondent à leur activité économique réelle. Sans cette mesure de transparence essentielle pour mettre fin à l’évasion fiscale, les entreprises continueront à construire des montages fiscaux artificiels dans le but d’échapper à l’impôt et donc de priver les pays des recettes fiscales nécessaires au financement de leurs services publics. C’est donc la pauvreté et les inégalités qui vont continuer à croître, notamment dans les pays en développement qui souffrent particulièrement des pratiques d’évasion fiscale des entreprises multinationales.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:13

Les Sidel votent la grève reconductible

Vu sur le site de l'UL-CGT du Havre

Un mouvement de grève reconductible à Sidel près du Havre contre le plan social voulu par les actionnaires.
Octeville-sur-Mer Plan social. Les Sidel, près du Havre, haussent le ton et bloquent l'usine

Le dialogue était jusqu'ici privilégié à Sidel, le leader mondial de l'embouteillage frappé par un plan de restructuration. Après trois mois de combat, le site est bloqué.

Mise à jour : 14/12/2015 à 19:21 par Karine Lebrun sur Normandie-actu.

 

D'après l'intersyndicale, 500 salariés ont voté la grève reconductible et le blocage de leur entreprise, lundi 14 décembre 2015 (©CGT Sidel).

D'après l'intersyndicale, 500 salariés ont voté la grève reconductible et le blocage de leur entreprise, lundi 14 décembre 2015 (©CGT Sidel).

Ils avaient jusque là prôné le dialogue, mais les salariés de Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre (Seine-Maritime), après trois mois de combat pour protester contre le plan de restructuration qui va toucher de plein fouet leur entreprise – leader mondial de l’embouteillage – ont décidé de hausser le ton. Les grévistes – au moins 500 salariés selon l’intersyndicale CGT- CFDT – CFE-CGC – ont voté pour un mouvement de grève reconductible et décidé de faire brûler des palettes devant l’entrée de l’usine, lundi 14 décembre 2015. « Face au silence de notre direction, nous décidons de durcir le mouvement », prévient Reynald Kubecki, le délégué syndical CGT.

> Lire aussi : Plan social chez Sidel. La CGT des agents du port du Havre s’en mêle. Grève annoncée

Des soutiens

Des divergences existaient encore vendredi 11 décembre 2015 dans la manière de conduire le combat, au sein de l’intersyndicale. Les réticences seraient désormais tombées. Les syndicats s’affichent unis, désormais, dans cette volonté de perturber l’activité du site industriel, pour avoir une meilleure écoute. Le plan de restructuration prévoit un peu moins de 200 suppressions de postes, 24 créations, et 80 modifications de contrats. Lundi 14 décembre 2015, le maire de la commune d’Octeville-sur-Mer, Jean-Louis Rousselin, est venu à la rencontre des salariés. À l’entrée du site, le piquet de grève se préparait. « Nous nous sommes bien organisés. Un planning des relèves a été dressé de manière à maintenir une présence, de jour comme de nuit », annoncent les responsables syndicaux. Les salariés de Sidel peuvent compter en plus sur le renfort des hommes de l’Union locale CGT du Havre et de l’Union départementale. « Dès mardi 15 décembre, nous en appellerons à la solidarité financière»,  prévenait Reynald Kubecki.

Les salariés s’invitent à la mairie, à la sous-préfecture, et à l’Agglo

Les grévistes se sont aussi invités dans la soirée au conseil municipal du Havre pour « mettre les politiques devant leurs responsabilités ». Ils souhaitent multiplier les actions. Un rassemblement à la sous-préfecture est programmé mardi 15 décembre 2015, à 16h30. Jeudi 17 décembre 2015, les grévistes en colère doivent s’inviter au siège de la Codah, l’Agglomération du Havre, en ouverture du conseil communautaire, à 17h30.

Karine Lebrun
journaliste à Le Havre Infos - Twitter

Lu sur le site de l'UD-CGT 76 dans Infos-luttes.

Rassemblement et grève du mercredi 9 décembre, actions auprès des pouvoirs publics et stratégie de luttes

Un mouvement de grève reconductible à Sidel près du Havre contre le plan social voulu par les actionnaires.
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 11:11
Commentaires : aux manettes, une fois de plus, Emmanuel Macron.  A croire que c'est le fusible utilisé par Valls et Hollande pour lancer les pires propositions social-libérales. Comme F. Hollande,  Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine ou Fleur Pellerin, il est membre des "Young Leaders", organisme franco-américain qui sélectionne de jeunes Français et de jeunes américains qui sont appelés à occuper des postes à responsabilité.  Cette fondation a pour but de resserrer les liens francos-américains.   Des stages qui réunissent des jeunes des deux nationalités sont organisés en France et aux Etats-Unis.  Rien de tel pour s'imprégner du libéralisme américain et de ses lois. Emmanuel Macron qui a été choisi comme "Young Leader" en 2012 brûle évidemment de mettre en oeuvre les préceptes de ses maîtres américains.  Tout comme François Hollande.

La France prépare sa conversion aux fonds de pension

© ERIC PIERMONT / AFP

 

ARGENT - Le ministre Emmanuel Macron prône la mise en place de fonds de pension "à la française". Avec quelques nuances par rapport au modèle américain. 

Emmanuel Macron est un adepte de la transgression. Le ministre de l’Economie l’a montré une nouvelle fois vendredi en proposant d’autoriser la création de fonds de pension en France. Mais que les Français se rassurent : il ne s’agirait pas d’enterrer le système de retraite par répartition, ni de dupliquer le modèle américain mais plutôt de l’adapter aux habitudes françaises. Mais à quoi pourraient bien servir de tels fonds de pension "à la française" ?

Qu’est-ce qu’un fonds de pension ? Un fonds de pension est un outil d’épargne qui sert à financer sa retraite. Chaque mois, le travailleur, mais aussi parfois son employeur, versent une cotisation qui est confiée à un fonds de pension. Charge à ce dernier de placer l’argent récolté, de le faire fructifier pour qu’il soit disponible lorsque le travailleur arrive à la retraite. A partir de ce moment là, les flux financiers s’inversent : le fonds de pension rend chaque mois une partie de l’argent épargné.

Il y a cependant fonds de pension et fonds de pension : en France, ils sont par exemple facultatifs et permettent aux plus précautionneux de toucher de l’argent en plus de leur retraite. Ils constituent en revanche le système de base dans de nombreux pays anglo-saxons : on parle alors de système de retraite par capitalisation, par opposition avec le système de retraite par répartition propre à la France (les travailleurs actuels paient les pensions des retraités actuels).

Que propose Emmanuel Macron ? Conscient que la moindre de ses déclarations est scrutée, le ministre de l’Economie a tenu à préciser ses intentions. "Soyons clairs, notre objectif n'est pas de modifier les équilibres entre la retraite par répartition et par capitalisation en France, ni de bouleverser le marché des produits d'épargne retraite", a assuré Emmanuel Macron, vendredi en clôture d'une journée organisée par la Fédération française des sociétés d'assurances.

Le ministre ne souhaite donc pas toucher au système de base obligatoire, ni aux régimes complémentaires obligatoires (Agirc ou Arrco par exemple) : seuls les régimes supplémentaires seraient concernés par la réforme prônée par Emmanuel Macron. C’est-à-dire les Plans d’épargne retraite populaire (Perp), Plans d’épargne retraite collectif (Perco), ou encore les contrats Madelin. Les assurances vie ne semblent pas en revanche être concernées par la réforme prônée par le ministre.

Quel est l’intérêt d’une telle réforme ? Emmanuel Macron espère résoudre ainsi un double problème. Il y a d’abord les besoins de financement des entreprises : malgré la baisse historiques des taux d’intérêt et l’abondance de liquidités, ces dernières peinent à convaincre les banques de leur prêter des fonds pour se développer. En face, les fonds de pension supplémentaire français disposent de beaucoup d’argent mais peinent à l’investir : ils avaient  l’habitude d’investir cet argent dans des obligations d’Etat, sauf que ces dernières sont de moins en moins rentables.

Avec sa future loi baptisée "Noé" pour "nouvelles opportunités économiques", Emmanuel Macron souhaite donc que cet argent disponible puisse être investi dans les petites et moyennes entreprises qui cherchent à se développer. Or, l’enjeu est de taille : les fonds relevant de régimes supplémentaires collectifs disposeraient de près de 130 milliards d’euros qui "pourraient être mobilisés, au bon niveau, pour le financement de l'économie, notamment de la transition énergétique". Du côté de l’assureur français Axa, on ne cache pas son enthousiasme et on juge le projet d’Emmanuel Macron "formidable".

Un pari audacieux ? Problème : les organismes de gestion des retraites supplémentaires ne peuvent pas utiliser n’importe comment l’argent collecté. Gérant l’épargne sur le long terme, ils se doivent d’être particulièrement prudents. Or, les règles auxquelles ils sont soumis viennent en plus d’être renforcées : pour éviter une nouvelle crise des subprimes, les pays de l’Union européenne ont adopté un ensemble de nouvelles règles prudentielles baptisé Solvabilité 2. L’objectif est d’obliger les banques et  sociétés d’assurance à mettre plus d’argent de côté pour éviter de devoir à nouveau appeler les Etats à l’aide en cas de nouvelle crise.

Le ministre de l’Economie propose donc que les organismes de gestion des retraites supplémentaires soient exemptés de telles règles. "Nous ne devons pas tomber dans les excès de la régulation", a-t-il argumenté, "sans, évidemment, remettre en cause le niveau de prudence vis-à-vis des assurés". Une prudence qui s’impose : suite à la crise des subprimes, de nombreux retraités américains avaient vu leur pension s’évaporer en même temps que les Bourses s’écroulaient.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 18:29

Publié par Michel El Diablo

L'inspectrice du travail Laura Jourdan-Pfeiffer

L'inspectrice du travail Laura Jourdan-Pfeiffer

Déclaration CGT-SUD-SNUTEFE-CNT-FO – Affaire Tefal :

notre collègue condamnée, un jugement honteux

A la suite de l’audience du 16 octobre 2015 ayant vu comparaître, à la suite d’une plainte de l’entreprise Tefal, une inspectrice du travail (Laura Pfeiffer) et un ancien salarié lanceur d’alerte, notamment pour vol et recel de documents, la décision a été rendue : nous apprenons que l’inspectrice du travail a été condamnée, sur les deux chefs d’accusation, à  3500 euros d’amende avec sursis. De plus l’ex-salarié lanceur d’alerte poursuivi pour vol a été condamné à 3500 euros d’amende avec sursis. Ces condamnations sont inscrites au casier judiciaire. L’ensemble des condamnations est bien au delà des réquisitions déjà fortes du procureur.

Nous sommes indignés et stupéfaits de ce verdict. Si nous attendons de connaître la motivation retenue, nous voulons dès aujourd’hui dire que ce jugement n’est pas audible par les salariés et par l’ensemble de la profession des contrôleurs et inspecteurs du travail : il n’est pas possible de condamner une inspectrice du travail pour n’avoir fait que son travail. Il n’est pas possible de condamner un lanceur d’alerte pour avoir joué ce rôle essentiel d’aiguillon.

Le déroulé de cette procédure et du procès lui-même, constitue une sévère mise en garde à destination des salariés et des agents qui ont pour mission de contrôler les entreprises.

En effet, l’audience du 16 octobre a vu la mise en cause d’un lanceur d’alerte pour avoir mis en œuvre ce droit ainsi que celle d’une inspectrice du travail pour avoir exercé ses missions de base puis dénoncé les pressions visant à faire obstacle à son travail.

Cette audience à sens unique, éprouvante et humiliante pour les intéressés, aura malheureusement été l’occasion d’envoyer un signal fort à tous les travailleurs et travailleuses :

L’inspection du travail dérange et il convient de la mettre au pas ! Selon le procureur, il faut y faire le ménage. Il en est de même pour les syndicats, voire le droit du travail comme ont pu dire ou laisser entendre l’avocat de TEFAL dans sa plaidoirie, le procureur dans son réquisitoire ou encore la juge dans ses questions. Ainsi que l’a relevé l’avocat de notre collègue, Maître Leclerc, lors de sa plaidoirie le 16 octobre,  « certes nous ne sommes pas dans un monde de bisounours, c’est d’ailleurs pour ça qu’il y a des inspecteurs du travail », avant de poursuivre « le problème qui est posé ici c’est la place des syndicats dans notre société ».

Laura Pfeiffer et le lanceur d’alerte de TEFAL ont subi un procès honteux.

Honteux car il est le symbole de la collusion entre le patronat et les hauts cadres de l’Etat.

Honteux car cela fait maintenant 3 ans que l’administration du Travail se complait dans un silence écœurant que l’ensemble des agents de l’inspection du travail, aux côtés de Laura Pfeiffer, ne peuvent comprendre.

Honteux car notre mission, protéger les salariés de l’arbitraire, a été piétinée.

Nous n’acceptons pas ce jugement et poursuivrons le combat en appel pour la relaxe, nous poursuivrons aussi nos combats aux côtés des agents et des salariés. Nous étions en colère le 5 juin, nous l’étions le 16 octobre, et croyez bien que nous le sommes encore aujourd’hui car le mépris décomplexé des différents protagonistes pour l’inspection du travail et la condition des travailleurs est insupportable.

Nous demandons :

  • la relaxe pour l’ex salarié lanceur d’alerte et l’inspectrice du travail
  • la condamnation publique par la Ministre  de l’entreprise TEFAL pour les pressions inacceptables qu’elle a mis en œuvre  à l’encontre de l’inspectrice du travail
  • la poursuite devant la justice des procédures initiées par notre collègue
  • la reconnaissance de tous les  accidents de service de notre collègue
  • le soutien de la Ministre aux missions de l’inspection du travail, à ses agents et tout particulièrement à Laura Pfeiffer.

Nous appelons l’ensemble des collègues et des salariés à organiser des assemblées générales afin de mobiliser sur ces revendications.

Annecy, le 4 décembre 2015

 

SOURCE: CGT Travail emploi Formation professionnelle

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 18:00
Après 51 jours de conflits, salariés et direction vont se tourner vers l'avenir

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Après 51 jours de conflits, salariés et direction  vont se tourner vers l'avenir

Après 51 jours de conflits, salariés et direction vont se tourner vers l'avenir

La grève à la clinique du Pont de Chaume est donc terminée. Après 51 jours de grève, malgré l'intervention de deux médiateurs et des autorités de l'État, cette issue favorable semblait tellement incertaine. Un accord a pourtant été signé vendredi soir entre la direction et le personnel gréviste, mettant ainsi un terme à un mouvement qui fera date au niveau départemental. Lundi matin, les 120 salariés grévistes reprendront le travail. La CGT à la pointe du combat admet qu'il était temps que ce conflit s'arrête . Quant à la direction, elle n'a pas souhaité commenter cet accord, désirant désormais, nous a-t-elle confiés hier soir, «se tourner vers l'avenir. On souhaite un retour au travail dans des conditions les plus sereines possibles et dans l'intérêt collectif. La fin de ce conflit est une bonne chose».


Christophe Couderc: "Une vraie lutte des classes..."

Christophe Couderc, secrétaire CGT de la clinique du Pont de Chaumes revient sur le long combat mené par les salariés et cet accord arraché vendredi soir.

Comment avez-vous vécu ces 51 jours de grève ?

C'est du jamais vu, nous avons vécu un conflit aussi violent qu'au siècle dernier, une vraie lutte des classes. La direction a voulu nous briser, nous sommes debout. Nous ne les laisserons plus nous broyer. C'est la victoire du courage et de l'opiniâtreté des femmes.

Concrètement, qu'avez-vous obtenu lors de cette ultime négociation ?

L'attribution de congés supplémentaires liés à l'ancienneté et de jours pour enfant malade, la création de 3 postes d'aide-soignant, une organisation des services différentes, avec la présence d'un binôme infirmière – aide-soignante, l'annulation de la restructuration en cours, une augmentation de 9 à 30 €/mois pour les petits salaires, une revalorisation des SMIC au bout de 2 ans d'ancienneté contre 8 actuellement, une prime exceptionnelle de 400 €

Sur quoi avez-vous dû lâcher ?

la création d'un poste de brancardier et d'un poste d'agent de sécurité pour les urgences, une grille salariale plus ambitieuse.

Avez-vous obtenu une indemnisation pour vos jours de grève ?

Nous allons toucher 1/3 de notre salaire brut et nous pourrons poser des RTT ou récupérer des heures supplémentaires pour les 50 % des jours restants. Nous sommes loin du compte, la fin de l'année sera difficile.


Du côté de la CGT et des grévistes

Philippe Martinez : «Une belle leçon de dignité»

Philippe Martinez, secrétaire national de la CGT était hier présent sur le site de la clinique. «Ma venue, explique-t-il, était prévue avant qu'une solution au conflit soit trouvée. Je suis heureux d'être présent ce matin pour fêter la fin de ce long affrontement avec le groupe Vedici qui possède 82 cliniques en France. Il faut dénoncer le poids de plus en plus important du secteur privé dans la santé et le désengagement de l'état. La santé n'est pas une marchandise».

Lutte, solidarité, résistance…

Le secrétaire national de la CGT a ensuite pris la parole devant les salariés de la clinique : «Vous avez fait plier le monde de la finance, votre dignité n'a pas de prix, ce succès vous appartient, il n'y a que ceux qui ne luttent pas qui sont sûrs de perdre. Votre lutte, votre solidarité, votre résistance est un symbole pour le monde du travail, vous avez dit halte à la longue dérive du système de santé, vous avez affronté le Medef et les actionnaires simplement pour avoir les moyens de faire votre travail correctement. Une belle leçon de dignité !»


Muriel, Christel, Fanny, Delphine, Luz-Maria... et tous les autres

Muriel, Christel, Fanny, Delphine, Luz-Maria, ont été acclamées dans les pleurs par leurs collègues dès leur arrivée, un moment d'émotion palpable. Elles ont mené une grève de la faim de 10 jours qui a nécessité l'hospitalisation de Muriel. Que représente pour elles, la fin de ce conflit ? «Un soulagement, de la fierté, répondent-elles. Nous ne sommes pas plus exceptionnelles que toutes les autres. La solidarité et le soutien de nos collègues ont été déterminants. C'est la fin d'une tension et d'une souffrance pour nos conjoints et nos enfants qui sont fiers de nous. Nous sommes faibles physiquement et moralement mais nous ressortons grandies, nous avons fait reculer la finance». Elles ont connu des moments de doute, voire de détresse. «Il est difficile de voir passer son directeur qui tourne la tête, nous n'avons pas eu droit à un regard. De plus ils ont laissé les spots allumés jour et nuit, une vraie torture.»

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 22:38
Sur Investig'action

La plupart des gens associent Cuba aux voitures anciennes authentiques, à l'exquise salsa, aux plages de rêve, aux cigares, aux mojitos … Rares sont ceux qui savent que le pays vit depuis 1959 sous un niveau de menace de niveau 4. Comment les Cubains le vivent-ils et que pouvons-nous puiser dans leur expérience de spécialistes ?


 

Au niveau 4 depuis 55 ans

Il y a 57 ans, quand Fidel et les siens l’emportent sur l’armée et chassent le dictateur Batista, les 1 % des Cubains les plus fortunés font eux aussi leurs valises. Il se replient dans leurs résidences secondaires à Miami, à quelque 200 km de l’île. Ils sont persuadés que les rebelles barbus ne tiendront pas plus de quelques mois et qu’ils pourront rapidement récupérer leurs privilèges. Le gouvernement des Etats-Unis lui aussi pense pouvoir bientôt contrôler les « barbudos ». Mais il apparaît bien vite que le nouveau gouvernement rebelle ne se laissera pas mater de sitôt. Fin 1959 le président Eisenhower lance un programme pour saper la révolution cubaine.

C’est le début d’une longue série d’attentats terroristes contre l’île : des crèches, des grands magasins, des hôtels et d’autres bâtiments publics sont la cible d’attaques à la bombe. Le 4 mars 1960 un navire plein d’armes belges saute dans le port de La Havane. Des contre-révolutionnaires armés sèment la terreur dans les campagnes avec le soutien d’une couverture aérienne des Etats-Unis. Ensuite ce sont les actions de sabotage, les explosions par dizaines, les tentatives d’assassinat contre Castro par centaines. Des invasions ont lieu le long de la côte par des commandos armés qui tuent les habitants sans discrimination. Les Etats-Unis n’hésitent pas à utiliser des armes bactériologiques pour anéantir les récoltes et ils répandent certaines maladies comme la dengue, faisant des centaines de morts.

En avril 1961 des bombardiers étatsuniens pilonnent les aéroports cubains pour préparer une invasion militaire par 1.200 mercenaires, dans la Baie des Cochons. L’opération est un ratage total. Les stratèges US parviennent à la conclusion que la révolution ne peut être battue que par l’engagement massif de troupes au sol (1). Les projets sont temporairement mis de côté parce que Washington se prépare entre-temps à la guerre au Vietnam. En 1976 la terreur atteint son point culminant lorsqu’un avion de ligne cubain est abattu. Les 73 passagers au complet y perdent la vie. Les années ’90 connaissent un nouveau pic d’agressions. A ce moment, ripostant à une aggravation du blocus économique, Cuba développe son secteur touristique. Cette fois des hôtels, centres touristiques, autobus, aéroports et autres installations de vacances deviennent la cible d’une série d’attentats à la bombe (2).

L’invasion de l’Irak va de pair avec une authentique hystérie guerrière aux Etats-Unis. La politique à l’égard de Cuba en subit le contre-coup. En effet des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour envahir Cuba après l’Irak (3). En Floride des groupes paramilitaires s’entraînent ouvertement avec des armes lourdes en vue d’une future invasion (voir photo) (4).

Les groupes terroristes opèrent à partir de Miami. Ils sont souvent formés et entraînés par la CIA. Ils avaient été créés autrefois par les 1 % de Cubains partis à Miami, avec la collaboration des services de sécurité américains et le financement des pouvoirs publics. Ils sont encore toujours tolérés aujourd’hui.

Ils ne sont du reste pas seulement utilisés contre Cuba. Le super-terroriste Orlando Bosch qui commet avec Luis Posada Carriles l’attentat précité contre l’avion de ligne sert également dans l’Opération Condor (5). Il s’agit de l’opération CIA qui dans les années ’70 et ’80 du siècle dernier a soutenu toute une série de dictatures en Amérique du Sud dans la répression et les pratiques de torture contre tout ce qui était progressiste. Luis Posada Carriles est actif notamment dans la guerre des Contras au Nicaragua qui fit de dizaines de milliers de victimes innocentes. Bosch, tout comme Posada Carriles, est protégé par les autorités étatsuniennes. Posada Carriles coule toujours des jours heureux à Miami.

 

25 fois Paris

A Cuba le terrorisme n’est donc jamais bien loin. L’ensemble des attentats terroristes a tué 3.478 personnes, soit 25 fois le nombre de victimes des attentats de Paris. 2.099 ont été blessées ou mutilées ou sont restées invalides. (6).

Dans ces circonstances on pourrait s’attendre à une société militarisée avec une forte présence de bleu et de kaki dans les rues. On pourrait aussi s’attendre à ce que les autorités proclament régulièrement l’état d’urgence pour des semaines ou des mois, ou qu’elles mettent régulièrement à l’arrêt les transports publics, interdisent les compétitions sportives, ferment temporairement les écoles, suspendent en permanence les libertés, etc.

Mais ce n’est absolument pas le cas. Pas de tanks ni de véhicules militaires dans les rues, pas de tireurs d’élite ni de paramilitaires près des bâtiments publics, pas même lors de manifestations de masse comme le cortège annuel du 1er mai ou les visites papales. En de telles occasions des centaines de milliers de personnes se réunissent en un même lieu.

Ce n’est pas que Cuba prenne la menace terroriste à la légère ou lâche la bride aux terroristes potentiels, bien au contraire. Depuis ’59 la lutte anti-terroriste est la priorité absolue du gouvernement cubain. Les meilleures forces de tout le pays sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais l’approche est totalement différente de la « war on terror » comme nous l’avons sous Bush ou comme elle est est actuellement menée en France et en Belgique.

 

L’approche cubaine

Les révolutionnaires cubains ont parfaitement compris dès leur lutte de libération que les Etats-Unis ne toléreraient jamais un gouvernement progressiste, encore moins une révolution socialiste, dans leur arrière-cour. Ils savaient qu’après leur prise de pouvoir ils seraient aux prises pendant longtemps avec des agressions et une subversion venues de Washington. Fidel a dit à ce propos, quelque six mois avant la victoire, à l’occasion d’un bombardement sur un village de montagne : « Quand cette guerre prendra fin, une autre viendra pour moi, qui sera bien plus longue et plus grande, à savoir le combat contre eux [les Américains] » (7).

La lutte contre le terrorisme et la subversion est menée de deux manières à Cuba : en s’appuyant sur la population et en infiltrant les réseaux terroristes.

 

L’appui sur la population

En 1960, appuyés par la CIA, des contre-révolutionnaires opéraient dans les montagnes au centre de l’île. Pour les éradiquer le gouvernement n’envoya pas l’armée. En lieu et place, cent mille volontaires furent mobilisés, avec succès.

La même année Cuba connut des attentats à la bombe à La Havane et dans d’autres villes. A nouveau la population fut mobilisée pour écarter le terrorisme. Dans chaque quartier, un CDR (8) fut créé, un comité qui veillait à la sécurité du quartier. Ainsi naquit un grand système collectif de vigilance. Au fil des ans ces comités de quartier s’occupèrent également de problèmes sociaux ou économiques des habitants du quartier, santé publique (éradication de moustiques dangereux, collectes de sang …), organisation des élections, recyclage …

Cuba s’appuie également sur sa population pour défendre le pays d’une éventuelle invasion militaire. Aujourd’hui, aux côtés de l’armée régulière, le système défensif peut compter sur deux millions de Cubains qui sont sur le pied de guerre dans les 48 heures. Ces volontaires reçoivent un entraînement annuel et savent où aller s’armer le cas échéant.

 

L’infiltration

Une collaboration avec Washington n’était guère envisageable jusqu’à présent. Aussi ne restait-il qu’une seule option aux Cubains : l’infiltration. C’est précisément ce que les « Cuban Five », les Cinq de Cuba, ont accompli pendant les années ’90. Ils ont infiltré les groupes terroristes les plus violents en Floride afin de collecter le maximum d’informations et de pouvoir déjouer des attentats. Ils ont ainsi pu empêcher une bonne centaine d’attentats (9).

Ce genre d’infiltrations est tout sauf évident. Les terroristes ne sont pas des mauviettes et n’hésitent pas à assassiner renégats ou infiltrés. S’ils sont démasqués, les infiltrés risquent également de lourdes peines de prison aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’en 2001 les Cinq agents anti-terroristes cubains furent condamnés collectivement à quatre fois la perpétuité plus 77 ans. L’ironie veut que cela se passait juste quelques mois après les attentats contre le World Trade Center à New York.

Lorsqu’en juillet 2004, lors d’une visite en prison, nous demandons à Gerardo Hernández, chef des Cinq, pourquoi il a accepté une mission aussi risquée, il sourit : « Je ne suis pas du tout une exception, vous savez » répond-il. « Si vous vous adressez à 10 Cubains pour faire ce genre de boulot dans l’intérêt de notre peuple, je suis sûr que 7 d’entre eux diront oui sans hésiter. Nous savons tous ce que c’est que perdre des amis ou des parents dans un attentat ».

Depuis le 17 décembre 2014 les USA ont entamé des démarches en vue d’une reprise des relations avec Cuba. Les Cinq sont libérés dans ce contexte, après 16 années de campagnes internationales (10). Mais jusqu’à présent la politique de déstabilisation et le blocus économique des Etats-Unis demeurent intacts.

 

Un autre regard

Dans les médias de masse l’image de Cuba est toujours négative. Le Cuba bashing est de bon ton. Certains faits sont amplifiés, d’autres sont systématiquement occultés ou criminalisés. S’il se produit à Cuba quelques arrestations administratives, cela devient vite une info internationale, alors que dans notre propre pays il y a des dizaines d’arrestations de ce genre chaque année. Inversement les informations traitent généralement le blocus économique – le plus long de l’Histoire – comme un détail, en supposant qu’elles le mentionnent. Pour vous donner une idée, en 55 ans le coût de ce blocus a atteint 11 fois le PNB (11). Pour la Belgique un tel calcul équivaudrait à 400 milliards d’euros et pour la France à 23.000 milliards d’euros. Difficile d’appeler ça un détail.

Le pire est qu’on ne parle jamais de la menace terroriste permanente. Cuba est considéré comme un pays normal, alors qu’il vit depuis 55 ans sous une menace terroriste permanente. Depuis les événements du vendredi 13 novembre nous savons maintenant pour la première fois ce que cela signifie. Une situation de ce genre bouleverse un pays. Pour la première fois nous sommes peut-être en état de nous représenter ce que qu’implique de vivre sous de telles conditions. Ce qui nous permettra peut-être de faire preuve d’une meilleure compréhension à l’égard de Cuba.

Cela nous incitera peut-être aussi à exiger de Washington qu’il en finisse une fois pour toutes avec les groupes terroristes sur son propre sol, plus précisément à Miami. Il n’est jamais mauvais de commencer à balayer devant sa porte.

Katrien Demuynck et Marc Vandepitte ont écrit plusieurs ouvrages sur Cuba.

Notes : (1) Les plans émanaient notamment de McNamara, Ministre des Affaires étrangères de l’époque. T. Diez Acosta : October 1962, The ‘Missile’ crisis as seen from Cuba. New York 2002, p. 86.

(2) Demuynck K. (ed.) : The incredible case of the Cuban Five. Evidence from the International Commission of Inquiry into the Case of the Cuban Five, Londres 2014, p. 39-51.

(3) Hans Hertell, ambassadeur US en République Dominicaine et proche de Bush a déclaré juste après la chute de Bagdad : “Les événements en Irak sont un signal positif et sont un bon exemple pour Cuba où la semaine dernière le régime de Fidel Castro a ordonné l’arrestation de plus de 80 citoyens pour leurs seules idées”. Jeb Bush, actuel candidat républicain à la présidence et frère de, déclarait à peu près au même moment : “Après notre succès en Irak, nous devons regarder vers notre voisin. Nous devons expliquer à nos frères d’Amérique latine et d’ailleurs qu’un régime qui ne respecte pas les droits de l’homme ne peut pas être maintenu”. Cf resp. El Expresso, 13 avril 2003 et www.americas.org/news/nir/20....

(4) Sun Sentinel 6 avril 2003.

(5) Stella Calloni. Operación Condór. Pacto Criminal, La Havane, 2005.

(6) cf http://www.theguardian.com/us-news/...

(7) Dans une lettre à Celia Sánchez in Suárez Pérez E. & Caner Román A. (éd.) : De cinco palmas a La Habana, La Havane 1998, p. 143.

(8) CDR : Comité de Defensa de la Revolución.

(9) Sur les Cinq de Cuba voir : http://www.cubanismo.net/cms/fr/art...

(10) cf http://cubanismo.net/cms/fr/campagn...

(11) cf http://www.elnuevodia.com/noticias/... Le PNB est ce qu’un pays produit de richesses en un an (biens et services).

Source originale : De Wereld Morgen

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

Source : Investig’Action

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