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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:34

Lu sur PCF Béziers

 

PÉTITION : BÉZIERS - "SAUVONS LA RUE DU 19 MARS 1962"

Publié le 02/03/2015 à 14:58 par bezierspcf   : béziers rue du 19 mars 1962 robert menard oas

Pour Robert MENARD, maire de Béziers qui se proclame l'héritier de l'OAS par l'action de son père, il s'agit de supprimer le nom d'une date de paix, le «19 mars 1962», pour donner à la rue le nom de Hélie Denoix de Saint Marc, qui a été condamné par la justice française.

 

Ce commandant a été actif lors du «putsch du quarteron des généraux» du 21 avril 1961, avorté par la mobilisation des soldats du contingent et par le général de Gaulle.

 

Au moment où les relations franco- algériennes s'apaisent, où en France, il est plus que jamais nécessaire de réconcilier les mémoires des Anciens d'Algérie qu'ils soient pro ou anti Algérie française, des Appelés qui ont été engagés dans cette guerre, des descendants des «Musulmans d'Algérie» soumis à l’infamant «Code de l'Indigénat», 

Disons NON au colonialisme, révisionniste et raciste! 

 http://www.petitions24.net/sauvons_le_nom_de_la_rue_du_19_mars_1962_de_beziers

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:07
HENRI MARTIN, un communiste contre la guerre d’Indochine

24 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans Front historique

HENRI MARTIN, un communiste contre la guerre d’Indochine La guerre

La guerre d’Indochine a presque complètement disparu des mémoires. Retour sur cette page d’histoire avec Henri Martin, communiste français opposé à la guerre.

 

En 1944, j’avais 17 ans et j’étais dans les maquis FTP du Cher. La libération de Bourges a eu lieu le 6 septembre. J’ai adhéré au Parti le lendemain. Les résistants du Cher avaient formé le 1er régiment populaire berrichon. Nous avons été envoyés sur le front de Royan. Notre capitaine a sauté sur une mine et il est mort le lendemain. Je me suis alors juré de poursuivre le combat contre le fascisme et de m’engager pour la vie. Continuer à combattre le fascisme Pour continuer à combattre, il n’y avait pas d’autre solution que de s’engager : j’ai choisi la marine. En février 1945, j’étais démobilisé mais je n’avais toujours pas de réponse à ma demande d’engagement. J’ai été à Orléans, au Centre de recrutement. Là, on m’a expliqué que ça accélérerait les choses si j’étais volontaire pour l’Extrême-Orient. J’ai signé mon engagement le 1er juin : les Allemands avaient capitulé le 8 mai, mais les Japonais occupaient toujours l’Indochine. En octobre 1945, j’embarque sur un navire de guerre, l’Aviso-Chevreuil. Nous arrivons à Saïgon fin décembre. Les Japonais ont capitulé depuis mi-août. La veille de notre arrivée, le commandant nous a convoqués et nous a expliqué que des déserteurs japonais refusaient de capituler et qu’ils encadraient des pillards. L’armée française venait donc rétablir la sécurité. A peine arrivés, nous partons en opération. Nous transportons des troupes le long des côtés du sud Viêt-nam et nous remontons le Mékong. Dans ces troupes, il y a énormément de soldats allemands engagés dans la Légion étrangère. Ça me fait un choc de me retrouver du même côté que les gens que j’ai combattus. Surtout quand je comprends qu’on incendie des villages comme à Oradour et qu’on s’en prend à une population qui résiste ! Je demande alors ma démobilisation : elle est refusée.

Le bombardement d’Haïphong

Les accords du 6 mars 1946 devaient mettre fin à la guerre. Or, l’armée française poursuit les combats au Viêt-nam du sud. Je vais être témoin du déclenchement de la guerre d’Indochine. Le port de Haiphong était un des rares endroits où l’État vietnamien nouvellement indépendant pouvait collecter des fonds via les droits de douane. Mais, l’armée française s’y oppose régulièrement et lance un ultimatum à l’armée vietnamienne en exigeant son retrait total de Haiphong. L’ultimatum est fixé au 23 novembre 1946 à 10 heures du matin. A 10 heures précises, l’armée française ouvre le feu : navires de guerre, artillerie, aviation, tous bombardent. On nous ordonne de tirer sur les colonnes de l’armée vietnamienne en repli. Mais cette armée ne se replie pas, elle résiste. Ce que l’on bombarde, ce sont des colonnes de civils. Cela dure deux jours. La ville est complètement détruite : il ne reste qu’un gigantesque tas de gravas. Les historiens vietnamiens retiennent le chiffre de 20 000 morts. Après Haiphong, les Vietnamiens décident de résister à toute nouvelle attaque de l’armée française et la guerre se généralise. Moi, je dis à mes supérieurs que je suis opposé à cette guerre injuste. Il ne s’agit pas de combattre le fascisme mais de se battre contre un peuple qui veut son indépendance. Je refuse de prendre les armes et je fais une deuxième demande de démobilisation le 1er juin 1947. elle est également refusée. Retour en France Après deux ans en Indochine, je suis finalement rapatrié en France en décembre 1947. Je suis affecté à l’usine d’essai des combustibles à l’arsenal de Toulon. Je prends discrètement contact avec la fédération du PCF et je continue mon travail de propagande. En juin-juillet 1949, les journaux communistes sont interdits dans les casernes : je suis alors obligé de rédiger mes propres tracts. Durant deux ans, je contacte une soixantaine de marins qui acceptent de distribuer des tracts contre la guerre sur leurs navires. J’amène le matériel à bord et ils le diffusent. Au 2e semestre 49 arrive un quartier-maître mécanicien, dénommé Liebert. Il nous raconte qu’il sort de trois semaines de « maritime » pour s’être engueulé avec un ingénieur. Là, je manque de vigilance : à Toulon, on ne prend que de très bons mécaniciens à condition qu’ils n’aient eu aucun problème de discipline. Il reconnaîtra, devant le Tribunal maritime de Brest au moment de mon procès, s’être engagé volontairement dans l’armée allemande pendant la guerre ! Condamné pour indignité nationale, il ne peut théoriquement pas être incorporé dans l’armée française, sauf en mission policière. Je discute avec lui et je lui dis que je suis contre la guerre. Il se prétend d’accord avec moi. Je lui propose de distribuer des tracts, mais il refuse. Il me met toutefois en contact avec un marin du porte-avion Dixmude, Heimburger, lui aussi opposé à la guerre. Je lui fais connaître les autres marins du Dixmude, et je n’aurai plus aucun contact avec lui par la suite.

L’affaire Henri Martin

Fin 49, on est en pleine guerre froide. Le gouvernement et la police décident de compromettre les partisans de la paix en Indochine. Surveillé depuis plusieurs semaines, je suis arrêté par les gendarmes maritimes le 14 mars 1950. La veille, sept marins qui distribuaient à l’intérieur de l’arsenal avaient été arrêtés. Je n’étais pas avec eux : devant être démobilisé quelques semaines plus tard, je les avait laissés pour qu’ils apprennent à faire sans moi ! Interrogés, ils disent que c’est moi qui leur ai donné les tracts. Après quelques heures d’interrogatoire, je comprends qu’ils ont parlé. Je reconnais donc avoir donné des tracts… à ceux qui ont déclaré en avoir reçus ! Et j’explique que je l’ai fait pour protester contre le caractère profondément injuste de la guerre au Viêt-nam. Le lendemain, l’interrogatoire reprend. Le responsable de la sécurité maritime et les inspecteurs de police veulent me faire dire que c’est la Fédération qui m’a remis les tracts. Je ne le reconnais évidemment pas. Ils me posent également sans arrêt la même question : « Si l’armée russe envahissait notre territoire, que feriez-vous ? » Thorez venait de déclarer que le peuple de France ne combattrait pas l’Armée rouge. Je réponds que jamais l’URSS n’attaquera la France. Je suis mis en « maritime », accusé de participation à une tentative de démoralisation de l’armée française, et un juge d’instruction me demande de choisir un avocat. Je désigne Maître Scarbonchi, un avocat communiste. Trois semaines plus tard, je suis inculpé de complicité de sabotage. Je ne le sais alors pas, mais Heimburger, un mois auparavant, a lancé une poignée de meule émeri dans un bain d’huile, très probablement à l’instigation de Liebert. Il est accusé de sabotage. Mais ce geste a tellement peu de conséquence que même les experts militaires sont gênés. Mon procès s’ouvre en octobre 1950. Là, devant le Tribunal maritime de Brest, Heimburger se rétracte en disant qu’il ne veut pas laisser condamner quelqu’un à sa place. L’opération qui visait à discréditer le Parti a échoué ! Je suis innocenté de l’accusation de complicité de sabotage, mais condamné à cinq ans de réclusion pour « participation en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée et de la nation ». Heimburger, lui, est condamné à cinq ans de prison. Le jugement sera cassé en appel. Le deuxième procès, qui s’ouvre en juillet 1951, confirme la sentence. Je ne serai libéré qu’en août 1953, en conditionnelle. Cette opération, menée dans le contexte de la guerre froide, visait à discréditer le PCF, seule force politique en France à s’opposer à la guerre coloniale.

Actuellement, le capitalisme n’a plus de force organisée face à lui, ni en France ni ailleurs. Il n’a plus aucune raison de se gêner, et effectivement, il se déchaîne. Le PCF se détruit de lui-même, de l’intérieur. Dans les années 50, nous étions une force organisée avec une conviction idéologique. Aujourd’hui, cette force a disparu : on en voit les conséquences sur les luttes. Faut-il baisser les bras ? Non : les forces communistes existent, elle ne sont pas totalement détruites, mais elles sont éclatées. Si elles réussissaient à se reconstituer, à mener la bataille idéologique, à rassembler au delà de leurs forces, cela pourrait changer beaucoup de choses.

 

Témoignage recueilli par Caroline ANDREANI

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 09:15

georges-hage-photos.jpg

Le communiqué de la fédération du PCF du Nord :

Nous avons appris ce soir la disparition de George Hage. Nos pensées vont à sa femme, Odile et à son fils Julien qui ont été à ses côtés jusqu’au bout.


Georges Hage, un bel homme vient de nous quitter, un « honnête homme » au sens entier du terme ; intelligent, pétillant, subtil, éloquent, un homme fait de droiture et d’intégrité , d’engagement sincère et de fidélité à un idéal révolutionnaire qu’il a défendu bec et ongle, tout au long de sa vie, aux côtés des salariés, des ouvriers, des habitants du Douaisis et de notre belle région du Nord Pas de Calais qu’il affectionnait tant et qu’il a représentés jusqu’aux plus hautes marches de la République, sur le perchoir de l’Assemblée Nationale lorsqu’il était député et même doyen de cette noble institution.


« Jo », ses nombreux amis et camarades l’appelaient ainsi avec un mélange de familiarité et de respect ; Jo était un homme simple viscéralement attaché à son Douaisis qui l’a vu naître le 11 septembre 1921. Fils de coiffeur de la rue Fortier à Douai, il a fait ses études à l’Ecole Normale de garçons avant de devenir professeur d’éducation physique et sportive de cette même Ecole. Professeur des professeurs en quelque sorte, un métier qu’il a beaucoup aimé, passionné de sport qu’il était et de handball en particulier. Tout au long de l’exercice de son métier il a exercé une forte influence sur nombre de normaliens ; nombreux sont ceux qui s’en souviennent.


Pédagogue, il avait un art très personnel de transmettre ses convictions et ses connaissances partout où il se trouvait et à destination de tous.


Conseiller général puis Conseiller régional, il était le porte-drapeau du combat des communistes et des républicains du Nord avant de devenir le député qu’il a été pendant 34 ans. 34 années au service de la République et surtout des ouvriers, des salariés, des familles dont il a toujours été si proche et ceux-ci le lui rendaient bien. C’est en 2009, tardivement, qu’il a été élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, une distinction qui l’a questionné.


Ceux qui l’ont côtoyé sont unanimes à dire que Georges Hage était d’abord un orateur de grand talent, plein d’esprit, un défenseur acharné de la langue française qu’il pratiquait avec une verve exceptionnelle. Il cherchait toujours le bon mot, le mot juste et, en fin politique qu’il était, savait à la perfection transmettre son message par l’humour qu’il maniait subtilement.


Georges courait après le temps pour accomplir sa lourde charge de responsable politique et de parlementaire exigeant avec lui-même et aussi avec ceux qui l’accompagnaient. C’était un perfectionniste, humaniste, anticolonialiste, progressiste. Il savait mener et gagner de grands combats. Renault Douai, l’Imprimerie Nationale, Wagon-Arbel, le Régiment d’Artillerie, la réindustrialisation de la région… Et combien d’interventions de haut niveau à l’Assemblée Nationale !


Les communistes du Nord saluent avec beaucoup d’émotion ce dirigeant si singulier, cet élu du peuple, cet amoureux des belles lettres qui a beaucoup donné pour la région et pour l’idée qu’il se faisait de la société des hommes libres, égaux et fraternels dont l’écho résonne si fortement aujourd’hui.


Nous voulons assurer à Odile, son épouse et à Julien, son fils, tout notre soutien et leur exprimons nos plus sincères et fraternelles condoléances.

Le 21 janvier 2015

Fabien Roussel Secrétaire de la fédération du Nord du PCF

 

source

hage-landini-gastaud-alleg.jpg

 

HONNEUR À GEORGES HAGE !…

 

Ancien doyen de l’Assemblée nationale, député émérite de la classe ouvrière nordiste, président d’honneur du PRCF, notre cher Geo Hage vient de mourir à Douai, entouré des soins et de l’affection de ses proches.

 

il est impossible, sous le coup de l’émotion, de dire tout ce que Geo représentait pour les travailleurs, pour les communistes du Nord et pour l’ensemble des militants du PRCF.

 

Georges avait succédé dans sa circonscription ouvrière au légendaire Arthur Ramette.

 

Pendant des décennies, Geo fut l’infatigable, toujours disponible, combatif et souriant député des mineurs, des verriers, des bateliers, des métallos de Renault-Douai, mais aussi des enseignants, des postiers, des personnels de santé de sa circonscription ouvrière du Nord. G. Hage aura été très souvent réélu au premier tour, parfois au second, mais sans vrai suspense tant était grande la popularité de cet homme aimé de tous, à la fois ferme contre l’adversaire de classe, fraternel pour tout travailleur en lutte (qu’il appelait facilement « frère »), avec toujours beaucoup d’humour, de tact, et de respect des formes républicaines : très apprécié du personnel de l’Assemblée nationale, il était respecté par tous ses collègues de l’Assemblée.

 

Sur le plan national, cet ancien athlète de haut niveau, dirigeant du syndicat des professeurs d’EPS et international universitaire de handball, était, au titre du groupe communiste à l’Assemblée nationale, le défenseur attitré des sportifs et des étudiants d’EPS. Ceux-ci lui doivent tous une fière chandelle dans la mise en échec du plan Soisson : ce mauvais coup du gouvernement Giscard visait à supprimer d’un coup tous les postes au CAPEPS en engageant la mise à mort de l’EPS à la française et Geo fut un pilier de cette bataille victorieuse qui se concrétisa par la suite par d’importantes avancées pour l’éducation physique dans le second degré.

 

Indéfectiblement attaché à l’URSS et à l’œuvre de Lénine (nous avons fait ensemble à 7 ou 8 une virée improvisée jusqu’à la Maison de Lénine à Paris quand les contre-révolutionnaires au pouvoir à Moscou voulurent profaner le Mausolée de la Place rouge), ce grand ami de Cuba a été décoré de l’ordre de l’Amitié entre les peuples par un décret signé par Fidel. Cela faisait suite au grand meeting unitaire que, sur proposition du PRCF, Geo avait présidé à St-Denis en novembre 2005, alors même que l’état d’urgence imposé par De Villepin frappait d’incertitude toutes les réunions publiques sur le territoire national…

 

Geo Hage ce fut aussi l’homme qui répondit présent en 1998 à l’appel des Etats Généraux du Communistes, que portait alors la première Coordination communiste, pour mettre en place une opposition communiste unie à la suicidaire dérive (surnommée « mutation ») qui avait alors conduit le PCF emmené par Hue à renier ses fondamentaux idéologiques pour entrer dans le gouvernement social-maastrichtien et privatiseur de Jospin. A contre-courant de la direction du PCF et de la majorité du groupe parlementaire, G. Hage avait dit non d’emblée à la participation du PCF au gouvernement social-maastrichtien de Jospin, mis en place pour installer l’euro et développer l’euro-privatisation du secteur public.

 

Rejetant le sectarisme obtus de certains, Geo Hage a accepté de présider le grand meeting de l’an 2000 qui vit la Mutualité « hisser le drapeau rouge » à l’occasion du 80ème anniversaire du Congrès de Tours. Sur la proposition de la Coordination des Militants communistes du PCF présidée notamment par Henri Alleg et Léon Landini, de la Fédération communiste du Pas-de-Calais emmenée par R. Auchedé, 1000 personnes proclamèrent alors ensemble « nous sommes le parti communiste ». A la suite de quoi Geo anima pendant des années le Collectif National Unitaire des Communistes (CNUC) qui était alors le principal point de ralliement des communistes opposés à la dérive socialo-dépendante et euro-constructive du PCF officiel.

 

C’est donc logiquement que, sans cesser d’adhérer au PCF auquel il était attaché comme à une famille (rompre avec la discipline de parti fut pour celui que Le Monde surnommait « Geo le Bolcho », un vrai cas de conscience, mais il comprit vite que la vraie fidélité impose parfois de désobéir), qu’il accepta la proposition qui lui fut faite par Léon Landini, Georges Gastaud, Jacques Coignard, Jean-Pierre Hemmen et Pierre Pranchère, de devenir le président d’honneur du Pôle de Renaissance Communiste en France dont le but était de fédérer les communistes, membres ou pas du PCF, pour faire vivre de manière organisée une orientation marxiste-léniniste indépendante de la direction dérivante du PCF en voie d’affiliation au Parti de la Gauche Européenne.

 

C’est ainsi que Geo fut notamment le député communiste qui, malgré l’éloignement causé par la maladie, refusa de cautionner le prétendu « élargissement » de l’UE aux anciens pays socialistes, c’est-à-dire en réalité, leur recolonisation et leur paupérisation totale par le capital et leur annexion pure et simple par l’OTAN.

 

Concernant la France, Geo fut au cœur de la bataille contre l’UE supranationale et il porta fermement à nos côtés le mot d’ordre clair du non à TOUTE constitution européenne, là où d’autres se proposaient une « autre » constitution européenne en acceptant le slogan désarmant du Parti socialiste sur « l’Europe sociale ». Profondément patriote, amoureux de la langue française qu’il défendait avec l’association COURRIEL (il connaissait par cœur des milliers de vers, le préféré étant sans doute Ronsard), Geo aimait la France des travailleurs célébrée par Ferrat.

 

Il n’opposait nullement cet amour de notre nation à celui de l’humanité puisqu’il aimait à dire que « jadis, tout révolutionnaire avait deux patries, la sienne et la France, mais que de nos jours, tout progressiste a deux patries, la sienne et CUBA SOCIALISTE ». Au rebours des régionalistes rétros, qui refusent la République une et indivisible, Geo n’opposait nullement la France à sa petite patrie chti et ce fin orateur était aussi à l’aise en français de haut vol, qu’il faisait retentir à la tribune de l’Assemblée, que dans le dialecte des prolétaires du nord.

 

Bon vivant, fait pour être heureux et pour rendre heureux, très attaché à sa famille et à ses camarades, cet homme fraternel était sans s’en douter le moins du monde ce que Hegel appelle un « homme historique ». Bravant comme Henri Alleg la sombre période contre-révolutionnaire que nous n’en finissons pas de traverser, Geo Hage aura su passer le relais et porter la flamme entre le grand PCF d’hier et celui que demain, les communistes « du dedans » et les communistes « du dehors » reconstruiront ensemble en développant leur unité de combat contre la dictature européenne, sous les drapeaux mêlés de la nation républicaine et du prolétariat international, dans la visée réaffirmée d’une France socialiste en marche vers une humanité en marche vers les lumières communes.

 

Tu peux dormir en paix, frère ! Vous pouvez être fiers de lui et de vous-mêmes, Odile, Julien, Monique, Henriette, et vous tous camarades et amis plongés dans le deuil et toi aussi Jean-Jacques, son combatif successeur. Oui nous te pleurons, Geo ; Non, nous ne mesurons pas encore totalement la grave perte subie et nous saluons les électeurs communistes sincèrement affligés du Nord ; mais sois assuré, camarade Geo Hage, que nous continuerons ton combat jusqu’à ce que la nuit sombre de la réaction cède aux lueurs d’une nouvelle Aurore.  

 

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

Vincent Flament, secrétaire du PRCF-59 

Auxquels se joint la direction nationale tout entière du Pôle de Renaissance Communiste en France (www.initiative-communiste.fr )

repris par el diablo

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 13:30

Romain_Rolland-_Meurisse-_1914.jpg

 

Un document d'une valeur exceptionnelle. Quand le comte Coundehove-Kalergi propose a l'écrivain Romain Rolland de prendre la tête de son projet de Paneuropa ( = Union européenne), ce dernier refuse et développe un argumentaire qui reste d´une remarquable actualité.

 

En quelques lignes, la plume de Rolland dévoile les hypocrisies du programme tiraillé entre les idéaux des belles âmes européistes et sa réalité concrète d´instrument entre les mains d´intérêts capitalistes.

 

Romain Rolland était bien un compagnon de route au sens noble du terme : critique sans concessions des duperies adverses, critique juste et bienveillante de nos erreurs, critique lucide de ses propres illusions passées, ici sur l´idée et la réalité d´Europe. A lire.

 

Introduction et texte retranscrit pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Sur Pan-Europa (28 janvier 1930)

 

 

J'ai refusé mon nom au comte Coudenhove et pour son comité d'honneur de Pan-Europa. En dépit des sincères bonnes volontés qui lui prêtent l'auréole de leur candeur idéaliste, je vois tapis sous la robe de Pan-Europa trop d'énormes intérêts et trop de menaces pour l'avenir.  

 

J'ai des raisons de craindre que "ce bloc enfariné" comme disait notre La Fontaine, n'ait pour premier objet l'exploitation du reste de la terre, et pour conséquence finale la guerre contre les autres blocs qu'il aura provoqués. Timeo Danaos...

 

C'est le malheur des temps que nous ayons perdu confiance dans le personnel qui nous gouverne, et - (le plus malheureux) - que cette méfiance soit saine. Car ce personnel est le même que celui qui nous a valu la guerre, et rien ne nous prouve qu'il ait changé. Ses batteries seules ont change. Il se sert aujourd'hui de la paix, comme hier de la guerre, ainsi que de deux sources de profits alternantes.

 

Nous ne devons pas être dupes des mots. Le mot "international" ne vaut pas mieux, en soi, que le mot: "national", si ce sont les mêmes hommes qui s'en encocardent.

Rien n'est plus "international" que le capitalisme oppresseur, et le moindre danger d'aujourd'hui n'est pas une Sainte-Alliance des grands capitaines d'industries et des grandes bourgeoisies fascistes d'Occident.

 

Je mets en garde tous ceux qui m'écoutent contre la montée de la Réaction en Europe et je les invite à en observer toujours, comme premier symptôme, les menaces contre la Russie. Je n'accepte point une Europe qui n'ait point accepté, sans arrière-pensée, l'URSS.

Car, quelles que soient les erreurs de celle-ci - (erreurs trop explicables dans un immense pays, encerclé d'ennemis, miné de trahisons où la Révolution a reçu du monstrueux régime qu'elle a brisé un héritage accablant de misère, d'ignorance, de corruption et de ruines, qu'il faut liquider) - quels que soient les échecs auxquels se sont heurtés les grands rêves du début, la pensée d'un Lenine, pure et tranchante comme un glaive, - l'URSS reste toujours la barrière indispensable contre la Réaction européenne, le contre-pied nécessaire au fascisme qui, sous toutes les formes, s'infiltre dans les veines de l'Occident. N'y laissez point toucher.

 

Veillez ! Et quelle que soit la paix qu'on vous apporte, montez la garde autour ! Ne vous en déchargez pas sur des hommes dits de confiance ! Une saine démocratie n'est jamais mieux gardée que par elle-même.

 

Et souvenez-vous que la guerre dernière a été entreprise (disait-on!) pour être la dernière guerre et fonder la paix ici-bas! J'ai combattu naguère le bellipacisme. Veillez à ce que nous n'ayons pas a combattre maintenant le pacibellicisme !

 

Romain Rolland.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 09:44

holocauste-hitchkock_1.jpg

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Un document exceptionnel, sur l'horreur des camps de la mort nazis. Et pourtant il faut attendre 2015 pour le voir exhumer, 70 ans après son montage par un certain Alfred Hitchcock. Un film victime de la censure « démocratique » de la Grande-Bretagne.

 

La commémoration des 70 ans de la libération du camp d'Auschwitz par les troupes soviétiques est l'occasion de remémorer l'horreur absolue, surtout de comprendre comment le racisme, le fascisme, peuvent s'imposer dans les pays dits avancés pour justifier l'extermination en masse.

 

En ce début d'année, la presse internationale salue le projet « Night will fall » (La nuit tombera), un film britannique inédit de 1945 sur la réalité de la libération de 11 camps de concentration. Un travail exhumé par l'Imperial war museum, chaperonné par le groupe médiatique américain HBO.

L'histoire remonte au printemps 1945 : le gouvernement britannique commissionne le magnat médiatique Sidney Bernstein, qui travaillait pour le Ministère de l'Information, pour réaliser un film intitulé « Enquête factuelle sur les Camps de concentration allemands ».

Bernstein sollicite alors l'aide de deux personnages pour monter les films réalisés par les équipes sur place après la découverte de Bergen-Belsen par les Britanniques, Buchenwald par les Américains ou Auschwitz par les Soviétiques, en tout 11 camps sont intégrés à cette « enquête filmique ».

 

Le premier était le futur Ministre travailliste – anti-communiste – Richard Crossman chargé du script du film. Le second est un certain Alfred Hitchcock, qui débarque d'Hollywood pour aider au montage des rushs accumulés.

Hitchcock aurait été horrifié par les images confiant aux commanditaires que cela « lui donnait la nausée » et ne désirait pas aller plus loin, en voir plus : les corps émaciés de survivants cadavériques voisinant les ossements, les piles de dents, de lunettes, de cheveux.

Il a néanmoins donné des conseils décisifs au réalisateur : la multiplication des plans fixes pour marquer les consciences mais surtout l'usage didactique de cartes et de plans englobant la campagne environnante, pour situer historiquement les camps et ne pas rester dans l'émotion.

Le projet était quasiment abouti au printemps 1945. Les images ont même été utilisées au Tribunal de Nuremberg et à Lüneburg pour identifier, juger et condamner des commandants de camp comme le terrifiant Josef Kramer, dit la « Bête de Belsen ».

 

5 bobines achevées, et 100 bobines compilant des séquences filmées ont pourtant croupi dans les archives britanniques 70 années durant, empêchant ce qui est considéré comme un chef d’œuvre de sortir et connaître le sort d'un Nuit et Brouillard par exemple. Pourquoi un tel gâchis ?

En s'appuyant sur un mémorandum du Foreign office signifiant notamment que « diffuser un film sur ces atrocités n'étaient pas une bonne idée », les historiens pointent le changement de contexte au cours de l'année 1945 et l'installation d'une logique de Guerre froide anti-communiste.

Pour les Britanniques, il devenait dangereux de montrer les Soviétiques comme force de libération, alliée des anglo-américains, et surtout d'accabler l'Allemagne qu'il s'agit de relever – y compris dans son appareil militaire – pour construire une Europe occidentale unie face au monde communiste.

 

Les bobines de Hithcock sont donc remisées dans les cartons. Elles ressortiront sous une forme très incomplète au Festival du film de Berlin en 1984. Avant de connaître une seconde vie en 2015. Il était temps.

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