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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:41

Publié par Michel El Diablo

Assemblée Nationale - "Accord européen sur la Grèce" qui a voté CONTRE ?

Mercredi 15 juillet 2015 après-midi, l'Assemblée a entendu une déclaration du Gouvernement sur l'accord européen relatif à la Grèce puis, à l'issue d'un débat, a approuvé cette déclaration. 412 députés ont voté pour, 69 députés ont voté contre et 40 députés se sont abstenus.

 

Les députés qui ont voté contre:

Groupe socialiste, républicain et citoyen:

Christian Hutin

Jean-Luc Laurent

Groupe Les Républicains :

Julien Aubert

Sylvain Berrios

Étienne Blanc

Olivier Carré

Jean-Louis Christ

Éric Ciotti

Philippe Cochet

Bernard Deflesselles

Nicolas Dhuicq

Christian Estrosi

Laurent Furst

Sauveur Gandolfi-Scheit

Franck Gilard

Charles-Ange Ginesy

Henri Guaino

Jean-Jacques Guillet

Christophe Guilloteau

Michel Heinrich

Valérie Lacroute

Guillaume Larrivé

Charles de La Verpillière

Dominique Le Mèner

Jean-François Mancel

Thierry Mariani

Hervé Mariton

Franck Marlin

Alain Marsaud

Philippe Meunier

Yannick Moreau

Jacques Myard

Jean-Frédéric Poisson

Axel Poniatowski

Didier Quentin

Éric Straumann

Alain Suguenot

Lionel Tardy

Michel Terrot

Jean-Marie Tetart

Patrice Verchère

Philippe Vitel

Michel Voisin

Groupe de l'union des démocrates et indépendants:

Francis Hillmeyer

Groupe écologiste:

Isabelle Attard

Sergio Coronado

Noël Mamère

Groupe de la gauche démocrate et républicaine:

François Asensi

Bruno Nestor Azérot

Huguette Bello

Alain Bocquet

Marie-George Buffet

Jean-Jacques Candelier

Patrice Carvalho

Gaby Charroux

André Chassaigne

Marc Dolez

Jacqueline Fraysse

Alfred Marie-Jeanne

Jean-Philippe Nilor

Nicolas Sansu

Gabriel Serville

Non inscrits :

Véronique Besse

Gilles Bourdouleix

Gilbert Collard

Nicolas Dupont-Aignan

Jean Lassalle

Marion Maréchal-Le Pen

Philippe Noguès

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 16:55
Transmis par courriel par le réseau "Faire vivre le PCF"

Publié le : 14 juillet 2015

Appel urgent aux communistes, intervenez auprès de vos directions fédérales, auprès de vos élus, de vos députés et sénateurs. Le PCF doit porter le NON des peuples grecs et Français dans l’enceinte du parlement. C’est un vote historique !

Euro ou refus de l’austérité, il faut choisir !

 
Déclaration du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF
Le diktat de la commission européenne s’est refermé sur la Grèce.

Non seulement, elle doit accepter une nouvelle étape d’austérité, sans aucune garantie de refinancement à long terme de sa dette, mais elle doit accepter une tutelle encore plus étroite, jusqu’à livrer une grande part de son patrimoine public à une privatisation directe confiée à la Troïka et ne plus pouvoir consulter son peuple sans l’autorisation de la commission européenne.

L’audit de la dette avait pourtant montré que les plans européens cherchaient d’abord à sauver les banques européennes. Le fonds de privatisation sera bien évidemment dans les mains des mêmes banquiers et de leurs oligarques européens préférés qui se partageront les dépouilles de l’état grec.

L’urgence n’est pas de savoir si le gouvernement Tsipras pouvait faire mieux. Il a bien expliqué qu’il se contraignait à défendre la dignité du peuple grec dans le cadre de l’Euro. Mais il faut dénoncer l’arrogance des élites européennes, des médias dominants, leur diktat inacceptable, la guerre qu’ils mènent contre un pays ayant perdu 30% de son PIB en 5 ans ! Il le faut, quoi qu’on pense du débat politique en Grèce, même s’il est important de connaître les analyses faites avec constance par les communistes grecs.

L’urgence politique pour les communistes en France est de tirer pour eux-mêmes toutes les conséquences de cette offensive contre le peuple grec. Elle concerne notre combat contre l’austérité, pour la défense des services publics, des salaires, des retraites, de la protection sociale, des droits du travail. Elle concerne la crédibilité de tout projet de rupture avec le capitalisme.

Car François Hollande en se présentant comme le défenseur de la Grèce face à l’Allemagne nous refait le coup de la "pédagogie du renoncement" de François Mitterrand en 1983, à une échelle bien plus grande. Il soutient la Grèce « comme la corde soutient le pendu », défendant sa place dans la zone Euro en échange d’un renforcement violent de l’austérité.

En votant Oui, la direction du PCF porterait une terrible responsabilité

Pierre Laurent a raison de dénoncer l’attitude de l’Allemagne qui menace du Grexit pour imposer "une véritable humiliation politique" au peuple grec. Il a raison de dénoncer le choix du Luxembourg, "champion du monde de l’optimisation et de la fraude fiscale" pour gérer les privatisations grecques. Mais en se rangeant du côté de François Hollande, en défendant la nécessité de cet accord austéritaire, Pierre Laurent prend une responsabilité terrible. Les questions politiques qui se jouent en Grèce sont au cœur de toutes les batailles en France, de la défense de l’emploi, des services publics, des droits du travail, des protections sociales, de tout ce qui reste des conquis du Conseil National de la Résistance dont le Gouvernement Hollande/Valls/Macron termine la destruction à vitesse accélérée. Si ce qui est accepté par le gouvernement grec est une bonne issue à la crise, alors, face à la dette, au "trou de la Sécu", au "déficit des retraites", il n’y a pas d’autre solution que l’austérité renforcée, la baisse des protections sociales, le recul de l’âge de la retraite, les réformes des collectivités territoriales, et l’éclatement de la nation, la fin de toute souveraineté populaire.

Il faut donc dire avec force si oui ou non, il est possible de mener une autre politique que l’austérité dans le cadre de l’Union européenne et de l’Euro. Si l’accord imposé au peuple Grec, malgré la force des 61% du non au référendum, est un accord nécessaire, alors la souveraineté des peuples européens n’existe plus et le maintien dans l’euro justifie toutes les politiques d’austérité. Alexis Tsipras a le mérite de le dire en toute clarté. Il n’a pas été élu pour mettre en cause la zone Euro ou l’Union Européenne. Il cherche donc une issue à la crise terrible qui frappe son peuple dans ce cadre. Il doit donc accepter plus d’austérité.

Nous devons proposer une perspective de rupture au peuple français

C’est toute la question qui nous est posée. Comme le dit Varoufakis, pour l’Allemagne, l’humiliation du peuple grec est un message aux autres peuples européens, entre autres au peuple Français.
Devons-nous dire au peuple Français que l’allongement de l’âge du départ en retraite, la hausse de la tva, un nouveau plan de privatisation et d’autres mesures d’austérité peuvent être nécessaire pour maintenir un euro fort et la cohésion européenne ? Si une vague populaire porte Pierre Laurent ou un autre au pouvoir en 2017, devront-ils proposer face à l’Allemagne un accord du même type ? Si nous l’acceptons pour les Grecs aujourd’hui, pourquoi le refuser pour la France demain ? Sans une perspective de rupture progressiste avec l’austérité, la voie est libre pour l’extrême-droite. Les guerres, le fascisme sont à notre porte….

Au cœur de cette crise se trouve l’Euro et la construction de l’Union Européenne.

Depuis des années, ce débat n’a pas lieu dans le PCF. Toutes les tentatives pour débattre des alternatives à l’Union Européenne sont écartées et toutes les analyses et projets s’inscrivent dans le cadre d’une seule certitude : il peut exister une « Union européenne sociale », un « Euro solidaire... ». Le contenu de l’accord accepté par le gouvernement grec démontre avec force le contraire !

Il est urgent d’ouvrir le débat avec les communistes. Pourquoi une politique contre l’austérité semble impossible en Grèce ? Qu’est-ce qui l’interdit dans le cadre de l’Euro ? La seule agressivité allemande ? Les banques françaises ne sont-elles pas impliquées elles-aussi ? Pourquoi la force des 61% du OXI n’a pas bousculé les rapports de force dans l’UE ? Qu’est-ce que les peuples doivent faire pour imposer leur dignité et faire respecter leurs choix politiques ? N’est-il pas urgent de reparler de souveraineté populaire ? Quelle est cette contradiction apparente entre les intérêts US et allemands ? Quel rôle joue la place de la Grèce dans l’OTAN dans une région frappée par la guerre ?

Il est nécessaire de mener une grande bataille populaire d’explications contre la pédagogie du renoncement à l’œuvre. Le PCF doit dire qu’il n’accepterait pas l’accord humiliant imposé aux grecs. Il doit être porteur de propositions qui permettent réellement de sortir de l’austérité liant propositions et projet de société, s’appuyer sur les luttes qui se déroulent dans tout le pays. Il doit affirmer que face à la même alternative, il peut rompre avec la dictature de la commission européenne. Ces débats sont essentiels à notre capacité à faire vivre et partager notre projet, le projet d’une sortie du capitalisme, qui suppose de s’affronter aux bourgeoisies européistes, au MEDEF qui demande "de l’aire" se considérant trop à l’étroit en France, qui suppose d’affirmer que nous défendrons la souveraineté populaire de la France, que nous appelons à une nouvelle république sociale, reprenant la longue histoire des insurgés de 48, de la commune de Paris, du Front Populaire, du conseil national de la résistance, et des luttes sociales et anticoloniales du siècle passé, et que le peuple de France est légitime à dire NON une nouvelle fois, et à imposer son propre destin, son propre projet de société, dans la solidarité et la coopération avec tous les autres peuples, d’Europe et du monde.

Les parlementaires communistes doivent refuser avec force et détermination l’accord ! Ils ne peuvent mêler leurs voies aux forces qui imposent l’austérité à notre peuple, ils ont l’occasion, après le vote des motions de censure, d’un acte politique historique qui réaffirme la place du point de vue communiste dans la vie politique Française.

Avec le peuple de 2005, avec le peuple grec, ils doivent dire NON !

14 Juillet 2015

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 20:56
Peu avant 9 heures, un accord a été trouvé et adopté à l'unanimité des pays membres de l'Eurozone pour débloquer la situation en Grèce. Il permettra la mise en place d'un troisième plan d'aide
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Selon les déclarations du président du Conseil européen Donald Tusk, la Grèce bénéficiera d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre par Athènes de réformes importantes.

«A l'unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a déclaré Donald Tusk sur Twitter.


Si le texte soumis ne prévoit a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, il risque d'être difficile à accepter en Grèce où le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras avait promis qu'il ne se laisserait pas imposer de nouveaux sacrifices.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
L'humiliation du peuple grec

Les créanciers exigent du premier ministre grec qu’il fasse adopter d’ici à mercredi une première série d’actions prioritaires, notamment sur un changement du régime de la TVA (et la hausse de cette dernière) ou sur la réforme des retraites (allongement de l’age de départ).

Lors de ce premier vote se dessineront certainement les nouveaux équilibres politiques révélés par le vote de samedi au Parlement grec. Car, si une large majorité de députés avaient alors décidé de soutenir l’effort de négociation d’Alexis Tsipras, de nombreuses défections dans son propre camp sont apparues au grand jour. Dix-sept députés du parti de la gauche radicale Syriza avaient refusé d’accorder leur soutien au premier ministre (2 non, 8 abstentions et 7 absents).

Il y a également de fortes pressions à Bruxelles pour que des changements politiques interviennent le plus rapidement possible. Alexis Tsipras doit, au minimum, opérer un remaniement ministériel pour se défaire des éléments les plus radicaux de son gouvernement. Notamment ceux issus de la plate-forme de gauche (un mouvement situé à l’aile gauche de Syriza) qui se sont désolidarisés ces derniers jours de leur premier ministre. Premiers visés, le ministre du redressement productif Panayiotis Lafazanis et le ministre de la sécurité sociale Dimitris Stratoulis, qui se sont tous deux abstenus lors du vote de samedi.

Les créanciers, inquiets qu’un gouvernement Syriza refuse d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité, même adoptées au Parlement, veulent aller encore plus loin. Et font pression sur Alexis Tsipras pour qu’il accepte de faire entrer dans son gouvernement des ministres issus d’autres formations politiques et notamment du parti centriste To Potami.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Alexis Tsipras de nouveau au bord du gouffre

Le chef du gouvernement grec n'a plus de majorité au Parlement. C'est grâce aux partis d'opposition, le Pasok (socialiste), la Nouvelle démocratie (droite) et La Rivière (To Potami, centre) que ses dernières propositions d'économies, pourtant jugées insuffisantes par l'Eurogroupe, ont été adoptées samedi 11 juillet (251 voix sur 300). Près de 32 députés de Syriza sur 149 ont fait défection ou ont juré de le faire bientôt.

Syriza, coalition hétéroclite, est au bord d'une implosion qui était largement prévisible. Parmi les "rebelles" abstentionnistes se trouve deux ministres, dont celui de l'Energie Panagiotis Lafazanis, adversaire déclaré de l'euro. Mais on compte aussi la présidente du Parlement, Zoé Kostantopoulou, passionaria de la gauche radicale et "épine" dans le pied du Premier ministre à cause de sa grande popularité, estime Kathimerini.
Nicolas Maury
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 09:53
Pour information.  Nous ne partageons pas toutes les positions de Jacques Sapir.  Notamment son étonnant attachement à l'Union européenne.  Puisque, comme il le dit lui-même, l'Union européenne n'est pas l'Europe. AC
L’Europe aux périls de l’Euro

Par sur Russeurope - 12 juillet 2015

La crise grecque est devenue désormais une crise de l’Union européenne. Quelle que soit son issue, les fondements mêmes de l’UE ont été durablement ébranlés. La prolongation de la réunion de l’Eurogroupe, censée se terminer samedi 11 juillet et qui a été étendu au dimanche 12, l’annulation du sommet européen des chefs d’Etats et de Gouvernements, sont des signes évidents de l’ampleur et de la profondeur de cette crise. Elle n’aura probablement pas de vainqueur, à moins que l’on en passe par les conditions posées par l’Allemagne, mais les vaincus seront nombreux. Et, au premier plan, les fanatiques de la construction européenne, les talibans de l’Euro. Car, la cause réelle, la cause évidente, de cette crise ce n’est pas le problème de l’endettement de la Grèce, mais c’est le fonctionnement de la zone Euro, qui dresse les peuples les uns contre les autres et qui ranime les pires des souvenirs de l’histoire européenne. Si l’Union européenne et l’Europe sont deux choses différentes, aujourd’hui, ce qui se joue à Bruxelles n’est plus seulement la Grèce ou l’Euro, c’est l’avenir de l’Europe et l’existence même de l’Union européenne.

 

La responsabilité de l’Euro

Il est désormais évident pour l’ensemble des observateurs que la cause profonde de cette crise est à chercher dans le fonctionnement de la zone Euro. On l’a déjà écrit à de multiples reprises dans ce carnet. Le projet de création d’une monnaie unique, sans assurer dans le même temps les conditions tant économiques qu’institutionnelles de la viabilité de cette monnaie, ne pouvait qu’entraîner un désastre. Il fallait se résoudre à une « union de transfert ». On ne l’a jamais fait. Si, dans des pays fédéraux comme l’Inde, l’Allemagne ou les Etats-Unis une même monnaie fonctionne en dépit des divergences parfois extrêmes qui existent entre les territoires composant ces pays c’est avant tout parce qu’existent des flux de transfert importants. Ceci n’a pu être mis en place au sein de la zone Euro, en raison de l’opposition de nombreux pays mais, par dessus tout, en raison de l’opposition totale de l’Allemagne.

Beaucoup de ceux qui écrivent en faveur de l’Euro se lamentent alors sur ce qu’ils appellent « l’égoïsme allemand »[1]. Ils ne prennent jamais la peine de chercher à mesurer ce que coûterait à l’Allemagne le financement de ces flux de transfert. Le calcul a été présenté dans ce carnet[2]. Il se montait alors autour de 260 milliards d’euros par an, sur une période de dix ans, et ce uniquement pour aider les 4 pays du « Sud » de la zone que sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce. Sur cette somme, on peut penser qu’environ 85% à 90% serait fourni par l’Allemagne. On aboutit alors à un prélèvement sur la richesse produite en Allemagne compris entre 8% et 9% du PIB. Une autre source estimait même ce prélèvement à 12%[3]. Il est clair qu’imposer un tel prélèvement à l’Allemagne détruirait son économie. La question donc n’est pas que l’Allemagne ne veuille pas (ce qui est un autre problème) mais avant tout qu’elle ne peut pas supporter de tels prélèvements.

Confrontés à l’impossibilité de mettre en place une union de transfert, les gouvernement de la zone Euro ont cru trouver leur salut dans une combinaison de cures d’austérité dont les effets récessifs ont fragilisé les économies européennes, et de politique monétaire relativement expansionniste, telle qu’elle a été menée par la Banque Centrale Européenne. Mais, cette politique monétaire, si elle a permis de faire baisser les taux d’intérêts n’a pas résolu le problème. C’est comme de vouloir soigner une pneumonie avec de l’aspirine. L’aspirine fait un effet bénéfique en permettant à la fièvre de baisser, ce que fit la politique de la BCE à partir de septembre 2012, mais elle ne soigne pas.

Dès lors, l’Euro a entraîné les économies des pays membres de la zone dans une logique de divergence de plus en plus forte. Cette logique a conduit à des plans d’austérité de plus en plus violent, qui exaspèrent les populations et qui dressent celles des pays ayant moins de problèmes contre celles des pays souffrant le plus. Loin d’être un facteur d’unité et de solidarité, l’Euro entraîne le déchaînement des égoïsmes des uns et des autres et la montée des tensions politiques au sein de l’Union européenne. L’Euro, de par son existence même est bien la source de la crise dont les péripéties bruxelloises de cette fin-de-semaine sont l’illustration.

 

La responsabilité des politiques

Si la responsabilité première de cette crise incombe à l’Euro, et au système institutionnel que l’on a construit pour le faire perdurer, cela ne vaut pas non-lieu pour le personnel politique. Au contraire ; leur comportement a tendu à exacerber cette crise en provoquant une perte massive de confiance des peuples de l’Union européenne dans cette dite union.

Il est de bon ton de se déchaîner à présent contre Mme Merkel et M. Schäuble. Leur responsabilité est immédiatement engagée. Le plan présenté par M. Schäuble ce samedi 11 juillet, et qui prévoit soit l’expulsion de la Grèce soit la mise en gage d’une partie du patrimoine industriel de ce pays, est parfaitement scandaleux. Ces deux dirigeants se comportent comme des petites frappes cherchant à terroriser le quartier. Mais, il faut ici dire qu’ils ne sont sans doute pas les pires. De plus, il faut reconnaître à M. Schäuble une certaine cohérence dans sa position.

Parmi ceux dont les responsabilités sont certainement plus importantes il faut citer le président de l’Eurogroupe, M. Dijsselbloem. Ce triste personnage a ainsi exercé des menaces et un véritable chantage sur le ministre grec des finances, M. Yanis Varoufakis. Ce dernier l’a décrit de manière très explicite[4]. Il montre que ces détestables pratiques ne sont pas le produit de la crise (ce qui sans les justifier le moins du moins du monde pourrait les expliquer) mais ont commencé dès les premières réunions datant du mois de février 2015. Ces pratiques, ainsi que celles de M. Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, témoignent d’un esprit profondément anti-démocratique qui règne dans les instances de l’Union européenne. Les pratiques de ces dirigeants, et avant eux de personnes comme M. Barroso, ont largement contribué à la perte de crédibilité des peuples dans ces institutions. En novembre 2012, un sondage réalisé sur l’ensemble des pays européens montrait que le pourcentage de personnes disant ne pas faire confiance dans l’Union européenne était de 42% en Pologne, de 53% en Italie, de 56% en France, de 59% en Allemagne et de 72% en Espagne[5].

Mais, les bons apôtres de la construction européenne, comme M. François Hollande, ne peuvent – eux non plus – espérer sortir indemne de cette crise. Leur responsabilité est en réalité tout autant engagée que celle des autres politiciens. Si M. Hollande avait été fidèle à ses engagements de la campane présidentielle du printemps 2012, il aurait affronté immédiatement et directement la chancelière allemande. Au lieu de cela, il a accepté d’entrer dans la logique austéritaire qu’elle proposait et il a cédé, en tout ou partie, à ce qu’elle exigeait. Il est alors logique que Mme Merkel se soit sentie confortée dans ses choix et les ait poussés jusqu’au bout de leur absurde et funeste logique concernant la Grèce. M. Hollande cherche depuis quelques jours à faire entendre une musique différente. Mais, il n’est que trop visible que l’homme est déjà en campagne pour sa réélection. Sur le fond, il est un bon représentant de ces fanatiques de la construction européenne, de ces « eurobéats », dont l’attitude va aboutir à faire éclater l’Union européenne.

 

Il faut agir

Au point où nous sommes dans cette crise, il faut prendre ses responsabilités. Ce qui est en jeu n’est pas seulement le sort de 11 millions de personnes, ce qui est déjà beaucoup. C’est en réalité le sort des 510 millions d’habitants de l’Union européenne qui est aujourd’hui jeté dans la balance. Derrière le sort de la Grèce, que l’on laisse seule pour gérer un flux de réfugiés de 1000 personnes/jour, c’est la réalité de l’Union européenne qui est en jeu.

Il faut aujourd’hui admettre que l’Euro n’est pas viable dans le cadre actuel, et que changer de cadre, passer au « fédéralisme » comme l’invoquent certains, est impossible. Dès lors, il faut en tirer les conséquences et procéder à un démontage coordonné de la zone Euro. Réfléchissons-y bien ; ce démontage, s’il est réalisé de manière coordonnée, sera un acte d’union. Il n’y a aucune honte à reconnaître que les conditions nécessaires n’ayant pas été remplies, la monnaie unique ne peut être viable. Il n’y a aucune honte à cela, sauf à faire de l’euro un fétiche, une nouvelle idole, une religion. Et c’est bien ce qui est inquiétant. Pour de nombreux dirigeants dans les pays de l’union européenne l’Euro n’est pas un instrument, c’est une religion, avec ses grands prêtres et ses excommunications. Car, l’alternative à cela, c’est le « Grexit », soit en réalité l’expulsion de la Grèce hors de la zone Euro, acte inouï de violence, mais dont tout le monde comprendra qu’il n’est que le début d’un processus. Une fois la Grèce mise dehors, les regards se porteront sur le prochain, puis sur le suivant. On aboutira, alors, à une lente implosion de la zone Euro, dans un vacarme de récriminations et d’accusations réciproques, dont l’Eurogroupe du samedi 11 aura été une timide annonciation. L’Union européenne, il faut le savoir, ne résistera pas à cela. Elle pourrait certainement résister au démontage coordonné, sous le contrôle du Conseil européen, et avec la participation des institutions européennes. Mais, il en ira tout autrement si on s’abandonne à la facilité et si l’on laisse la zone Euro se déliter à la suite d’une expulsion de la Grèce.

Aujourd’hui, le temps presse. Les dirigeants de l’Union européenne peuvent faire le choix salvateur d’une solution coordonnée. S’ils reconnaissent que la zone Euro n’est pas viable, tout est possible. Si, par contre, ils s’enferrent, que ce soit par idéologie ou par intérêt de court terme, dans des tentatives désespérées pour tenter de faire survivre cette zone Euro, en y sacrifiant un pays, puis un second, puis un troisième, ils mettront en marche la machine infernale de l’explosion de l’Union européenne, et ils porteront devant l’Histoire la responsabilité de futures affrontements intereuropéens. L’Union européenne peut périr, ou se transformer. L’important est de sauver l’esprit européen, un esprit de fraternité et de solidarité. C’est cela que menace désormais l’existence de l’Euro.

[1] Voir Michel Aglietta, Zone Euro : éclatement ou fédération, Michalon, Paris, 2012.

[2] Voir Sapir J., « Le coût du fédéralisme dans la zone Euro », note publiée sur le carnet RussEurope, 10 novembre 2012, http://russeurope.hypotheses.org/453

[3] Patrick Artus, « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de l’Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La réponse est oui », NATIXIS, Flash-Économie, n°508, 17 juillet 2012.

[4] VAROUFAKIS: POURQUOI L’Allemagne REFUSE D’ALLÉGER LA DETTE DE LA GRÈCE, http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/120715/varoufakis-pourquoi-lallemagne-refuse-dalleger-la-dette-de-la-grece

[5] Sondage EUROBAROMETER


 
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