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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 22:53

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:29

Notre camarade Danièle Trannoy nous livre ces réflexions politiques et appelle de ses voeux un texte commun..

Le capitalisme a besoin de « faire sauter » les Etats-Nations : UE-Euro, Grèce, , Régionales ….. : pour les communistes, garder le cap de la souveraineté nationale et populaire.

Communistes, nous n’entendons pas entretenir d’illusions. Dire que la « lutte contre l’austérité » passe obligatoirement « par rester dans l’UE et l’Euro » (*), est une erreur politique grave au risque de se condamner à l’esclavage !

Le bras de fer contre le peuple grec et sa libre détermination nous interpellent sans nous étonner. Les médias se déchainent comme ils le firent contre le NON en 2005. Au nom de l’intérêt collectif européen, le pouvoir supranational de l’UE serait inexorable et qu’il serait vain de s’y opposer dans le cadre « rétrograde » des vieux Etats-Nations. Exit, les élus du peuple…. Leurs volontés se transforment en leurs contraires...

Les diktats imposés à la Grèce interdiraient toute expression démocratique plaçant les peuples dans une totale soumission au capitalisme puisqu’il vaudrait mieux y rester que de sortir de l’UE et de sa monnaie unique.

Le capitalisme est à un nouveau stade, pour avancer, il lui faut faire sauter les barrières des Etats, des peuples et de ses représentants….. La pleine souveraineté des peuples est dangereusement mise en cause.

La France a, contre la volonté de son peuple (référendum 2005), perdu la maitrise de sa monnaie, confié le crédit à la finance, livré ses entreprises et ses territoires à la loi du marché, abandonné ses travailleurs « à la concurrence libre et non faussée ». Elle s’est mise sous le joug des institutions européennes, elle a lié son armée à l’OTAN, et elle est maintenant sommée d’en finir avec ce qu’il reste de son modèle social.
Le Capital et la finance ont pris le pouvoir. Les institutions internationales et les états ne sont plus que les antichambres des intérêts des puissances d’argent. Les gouvernements à leur service conduisent des politiques d’austérité de plus en plus sévères qui mettent les peuples à genoux sans rien régler de la situation. Elles ont mis les partis politiques dominants à leurs bottes. Après la droite et l’extrême droite, le parti socialiste confirme et amplifie son passage corps et âme dans le camp du Capital. (1)

Peut-on sortir de ce carcan ? La chape de plomb de « l’Europe sociale » ou rien d’autre », est un frein en France, pour les salariés, les citoyens ne leur permettant pas d’avancer des perspectives de réappropriation de la souveraineté, de ruptures avec l’engrenage des offensives du capitalisme, d’ouvrir un projet pour la France, l’Europe, le monde et de véritables solidarités.

Les enjeux des élections régionales (décembre 2015) :

Le PS et son gouvernement veulent aller vite pour exécuter les volontés du Medef.

Le pacte pour les régionales lancé par le PCF (2) est très faible sur le plan politique et ne défendra pas les citoyens. Au mieux, il pourrait être « socialo-compatible » !
Au contraire, les analyses de l’anecr, font percevoir la gravité des modifications faites à l’insu des populations (3) et (4).

1/ Intégration européenne et nouveaux « landers » pour avancer vers une Europe fédérale :

Le contexte de ces élections régionales, après le bouleversement des communes, des départements et des départements, c’est l’éclatement de l’Etat-Nation, des lois républicaines.

Les communistes se doivent quel que soit leur position de porter le débat chez les communistes mais aussi dans la population.

En effet, il faut mesurer la gravité des bouleversements. Avec la loi Notre (qui sera votée en juillet) : « La région est seule compétente pour décider des interventions économiques dans son territoire. Elle détient le monopole des aides directes aux entreprises. Elle dispose d’un schéma régional prescriptif de développement économique, d’innovation et d’internationalisation.
Des prérogatives essentielles dans les domaines de l’emploi, l’aménagement, l’enseignement (supérieur et la recherche), de traiter directement avec des Etats :
Les régions deviennent donc des mini-états, pouvant traiter avec d’autres états … passer par Bruxelles sans demander l’intervention de l’Etat.
C’est la mise en place du fédéralisme européen.
C’est la porte ouverte au Tafta…. La soumission totale aux USA

Ne peut-on pas craindre une stratégie du « chaos », une offensive de l’impérialisme américain qui porte en France et en Europe, la destruction des sociétés et des Etats ? N’est-ce pas la porte ouverte au « fascisme mou » ? N’est-ce pas laisser la voie au FN qui s’approprie pour la dévoyer la souveraineté populaire ?

2/ Une attaque sans précédent contre l’ensemble des services publics : Des régions seront riches, d’autres pauvres : c’est la fin de la République et de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire national français.

Prétendre défendre les services publics alors qu’ils sont directement menacés par les directives européennes sous l’impulsion de l’OCDE et du FMI, est une très grave renoncement à assurer la pérennité de l’Etat-Nation. On le voit déjà avec la mise en place des métropoles et les déstructurations des statuts. Pour accroitre les profits du capital et mettre en concurrence les travailleurs, tous les textes sont en élaboration ou déjà votés :
- concernant l’éclatement du code du travail (ANI, Macron… ) permettront des rémunérations en fonction de la concurrence
- Transports : fin de la SNCF et du statut des cheminots
- Enseignement supérieur : les diplômes n’auront plus de caractère national….
- Recherche (ouverture au mécénat et pilotage par l’industrie : donc casse du CNRS et recherche universitaire…)
- Fonction publique et services publics « à la française » : mis à la casse
- Impôts, ressources : perte de l’égalité entre les citoyens.
- Etc……

Avec la diminution des ressources des collectivités dont les régions feront les frais, la voie est ouverte aux privatisations et aux fermetures de services.

De grandes interrogations traversent l’opinion des citoyens et des salariés :
62 % des électeurs de 2005, revoteraient aujourd’hui « NON » à l’UE
Seulement 8 % des ouvriers votent pour le parti communiste
60-80 % des couches populaires s’abstiennent, y compris l’électorat communiste
Les luttes sociales ne trouvent pas de débouchés, ni relais, ni coordination.

Peut-on bercer l’opinion de slogans PCF-PGE « Europe sociale » ? Des expressions récurrentes et évolutives sur le thème de la Nation parcourent le « Refonder l’Europe » (1) et les déclarations de dirigeants. « … une union des nations et des peuples souverains et associés… » ; Puis, « …. la création d’un nouvel espace.. » ; Récemment, le PCF dit … « … s’engager pour une construction régionale de nations et de peuples souverains, libres et associés, au plan régional… pour le progrès social. » (Communiqué suite au congrès du PGE, le 16.12.2013.

Deux exemples d’interrogation : Deux interventions ont surgi lors d’un dernier CN et qui résument, à mon avis, les deux points occultés du débat UE et projet :
je cite :
- « Qu’est-il possible de faire dans l’UE aujourd’hui ? Notre projet européen empêche notre projet pour la France…. C’est une question maltraitée depuis longtemps….. « 
- Un autre camarade…. « … on ne retrouve pas dans le texte du projet l’affirmation du changement de système, du communisme, un projet sur le temps long avec une dimension nationale, européenne, mondiale… « 

Sans citer d’autres interventions toutes aussi importantes, mais non publiées, nous pensons que ces questionnements traversent les communistes dans et hors PCF et qu’ils ne sont pas travaillés et mis en débat dans le peuple et les salariés en lutte et notamment par les communistes dans leur parti.

Non, vraiment, nous n’entendons pas entretenir d’illusions qu’il n’y a pas d’autre solution que rester dans l’UE et l’Euro ».

(1) Déclaration Réseau FVRPCF : conférence nationale octobre 2014
(2) Elections régionales : http://www.pcf.fr/71824
(3) Anecr : intervention de Ch. Marziani : http://www.elunet.org/spip.php?article86712
(4) Anecr : intervention de D. Adenot : http://www.elunet.org/spip.php?article86711

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 07:00

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 14:02

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 13:55

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 09:18

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 22:22

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 14:38
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 15:14
Mis en ligne sur le blog d'Action Communiste le 13 novembre 2015.  Toujours d'actualité.
"Lettre à mes amis de Marianne"
Lettre de Jean-Pierre Chevènement à l'hebdomadaire Marianne, le 6 novembre 2015.  Paru sur le blog de J.P. Chevènement.  Paru sur "Marianne".

 

Cher Jean-François Kahn, chers amis,

J’avais été choqué et attristé par la parution, le mardi 15 septembre dernier, il y a donc plus d’un mois, de cinq pages du journal « Libération » clouant au pilori Michel Onfray sur le thème : « Comment Michel Onfray fait le jeu du Front National ».
Cette « reductio ad Le Penum », pour parler comme Pierre-André Taguieff qui évoquait, jadis, la « reductio ad Hitlerum », comme moyen de disqualifier a priori l’adversaire, me peinait d’autant plus qu’elle touchait un homme dont la générosité m’a toujours paru évidente. Elle venait de surcroît de l’ancien Rédacteur en chef du « Crayon entre les Dents », « périodique jeunes » du Ceres dans les années 1970 que j’apréciais particulièrement, Laurent Joffrin, aujourd’hui directeur de « Libération ». La reprise d’une interview donnée à un autre journal pour y répondre point par point, en l’absence de l’intéressé, est une forme de dialogue qui restait à inventer.

 

J’observe d’abord que Laurent Joffrin réfutait souvent moins les propos que les omissions de Michel Onfray. Mais l’essentiel était ailleurs : « Le peuple français est méprisé, déclarait Michel Onfray, depuis que Mitterrand a converti le socialisme à l’Europe libérale, en 1983. Ce peuple est oublié au profit de micro-peuples de substitution ». En quoi est-ce pendable ? Que le choix de mars 1983 ait été le choix fondateur des deux septennats de François Mitterrand et ait permis à la fois le grand acte de dérégulation libérale qu’a été l’Acte Unique et la monnaie unique dont nous éprouvons à l’usage les conséquences, n’est plus sérieusement contesté par personne. L’économiste américain Rawi Abdelal a parlé du retournement de mars 1983 comme d’un « combat pour l’âme même du socialisme français ».
Quant à la substitution aux couches populaires de minorités diverses additionnées pour permettre au parti socialiste de rester majoritaire, celle-ci a été théorisée par le « think tank » Terra Nova dont je ne sache pas qu’il soit proche de Marine Le Pen. Onfray, il est vrai, va plus loin : « J’en veux moins, déclare-t-il, à Marine Le Pen qu’à ceux qui la rendent possible ! »
Laurent Joffrin, pour lui voler dans les plumes, lui prête des projets dont je suis bien placé pour savoir qu’ils ne sont pas les siens : supprimer l’aide médicale ou le logement d’urgence aux sans-papiers, renvoyer chez eux les étrangers, etc... Ces attaques sont caricaturales. Onfray propose qu’on se préoccupe du peuple dans son entier, y compris ses étrangers, sans donner le sentiment qu’on oppose le premier aux seconds. Laurent Joffrin veut rejeter dans l’enfer du racisme tous ceux qui ne partagent pas sa propre cécité au tournant social-libéral et à ses effets ravageurs sur notre pays.


Je suis bien placé pour connaître la chanson : Le Pen, le 21 avril 2002, c’était moi ! Ce n’étaient pas les erreurs de campagne du candidat socialiste, encore moins les impasses du social-libéralisme que j’avais été le premier à pressentir en mars 1983, quand Le Pen, alors, n’existait pas. Le pays s’était installé dans un chômage de masse et la courbe du chômage avait repris sa progression depuis avril 2001.
Mais le coupable c’était moi ! Et non pas Christiane Taubira et encore moins ceux qui depuis 1983 avaient cautionné cette impasse décrite comme simple « parenthèse ». Les jugements critiques que je portais sur le capitalisme financier, sur la manière de faire l’Europe en dehors des nations et sur l’abandon du rôle de l’Etat républicain dans l’Ecole et dans la société me désignaient évidemment à la vindicte de la gauche bien-pensante, je veux dire celle qui ne pense pas plus loin que le bout de son nez. Cette gauche bien-pensante eût été mieux inspirée de corriger sa trajectoire ! Elle avait dix ans pour cela. Elle ne l’a pas fait et la voilà prisonnière de la même impasse qu’en 2002 ! Il fallait un bouc émissaire. Ce fut Michel Onfray.


Votre débat n’est plus ce soir Michel Onfray mais est devenu « peut-on encore débattre librement aujourd’hui ? » Ma réponse est non et cela ne date pas d’hier.

A) Je parle évidemment de l’essentiel qu’est la politique économique et la politique européenne de la France qui sont une seule et même chose. En 1983, Jacques Delors me traitait d’« Albanais » parce que je craignais que le choix d’une monnaie forte – alors l’accrochage du franc au mark, aujourd’hui l’euro – n’accélère notre désindustrialisation. Je ne dis pas que la surévaluation de la monnaie soit le seul facteur de notre régression industrielle mais c’est le facteur principal. En 1992, le même Jacques Delors conseillait à tous ceux qui combattaient le traité de Maastricht de prendre leur retraite ou de changer de métier.
Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de traité constitutionnel européen à une majorité de 55 % des voix. Trois ans plus tard, en 2008, par accord de l’UMP et du PS, on lui a fait avaler le traité de Lisbonne qui reprenait – dixit Mme Merkel – la « substance du projet de traité constitutionnel européen ». Et cela, comme à un enfant à qui on fait réingurgiter l’huile de foie de morue qu’il avait recrachée. Même manège avec le TSCG de 2012, signé en mars et ratifié en octobre. Au printemps 2015, M. Juncker, Président de la Commission européenne, a ainsi pu déclarer : « La démocratie ne peut s’exercer qu’à l’intérieur des traités ». Comprenez : « y compris à travers la législation européenne et le droit dérivé. » Il ne reste pas grand chose : moins de 20 % de notre législation.
On a vu ensuite à quoi servait le référendum grec : M. Tsipras a dû plier. Beaucoup s’interrogent à juste titre sur ce que signifie encore une démocratie ainsi réduite à la portion congrue.

B) Sans doute est-il encore possible de faire entendre sa petite musique, à ses risques et périls : il y a au moins les réseaux sociaux. Marianne et, sur les sujets de politique extérieure, le Figaro pour rompre le blocus. Partout ailleurs, ou presque, ce ne sont que grilles de lecture pré-formatées quand ce ne sont pas les procès en sorcellerie ou tout simplement le silence. Alors, il est vrai que par le livre quelques corsaires de talent arrivent encore à se faire entendre, atteignant des tirages souvent impressionnants : Onfray, Zemmour, Finkielkraut, Debray, etc. Ce sont ceux-là qu’il faut faire taire par toutes les techniques de l’insinuation et de l’amalgame car ces quatre là n’ouvrent évidemment pas sur le même horizon.
Je ferai observer au parti socialiste qu’il se nuirait gravement en « dézinguant » des intellectuels comme Michel Onfray ou Régis Debray, dont il ne méprisait pas le soutien, il n’y a encore pas si longtemps. Plus généralement, il n’a rien à gagner à attaquer les intellectuels même qualifiés de « pseudo-intellectuels ». Il vaut mieux discuter, le cas échéant réfuter leurs arguments, mais toujours écouter. Pour changer le monde, la gauche a besoin de le comprendre. Elle a besoin des intellectuels, de tous les intellectuels, y compris de ceux qui la combattent de manière argumentée.

C) Pour l’homme politique, il y a une déontologie qui s’applique, quelque difficulté qu’il ait à convaincre dans l’instant. Pierre Mendès France a écrit une galerie de portraits de grands républicains qu’il a intitulée « La vérité guidait leurs pas ». Pour un républicain qui croit à la République la vérité finit toujours par se faire jour.
Si on pensait que l’euro par exemple était dès le départ, c’est-à-dire 1991, une monnaie mal fichue, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ? Si l’euro comportait par construction ordo-libérale – c’est-à-dire dès 1989 – un gène récessionniste dont on voit les effets dans toute l’Europe, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ? Si c’était une erreur de faire l’Europe sans les nations, voire contre elles, comme si on pouvait la substituer aux trente nations qui la composent depuis mille ans, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ?
Un essayiste, Pierre Manent qui a fondé « Commentaire » - il n’est donc pas de mon bord – écrit dans un livre récent « Situation de la France » : « En dépit des efforts constants conduits depuis près d’un demi-siècle par une classe dirigeante presque unanime, les Européens vivent encore principalement dans leurs vieilles nations, et la perspective d’un saut dans une Europe post nationale a perdu presque toute plausibilité ». Si cela est vrai, faut-il le dire, c’est-à-dire le répéter, ou faut-il le taire ?
Il y a à ces questions deux réponses : Celle donnée dans les colonnes de Libération du 8 août 2015 par M. François Foret : « La monnaie a toujours eu une dimension religieuse, elle repose sur un acte de foi … L’Euro n’arbore pas de dimension religieuse aussi explicitement que le dollar, arborant fièrement sa devise : « In God we trust ». Il constitue pourtant en lui-même un « nouveau sacré européen » justifiant tous les sacrifices. Quitter l’euro, ce serait aussi quitter la communauté des croyants en l’euro … » Si l’euro et la conception de l’Europe qui le sous-tend est une nouvelle religion, il faut en effet brûler les hérétiques et interdire le débat.
Mais il y a une autre réponse que nous connaissons bien, celle de Jaurès : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ».

D) Ce que j’ai suggéré à propos de la monnaie unique à savoir qu’il vaut mieux la réformer par accord mutuel des participants que de s’entêter à conserver une formule qui ne marche pas, j’aurais pu le dire aussi à propos de notre politique au Moyen-Orient. Nous prétendons lutter contre le terrorisme mais nous cultivons le terreau du salafisme où il plonge ses racines. Nous voulons lutter contre Daech, mais nous ménageons Al Nostra, c’est-à-dire une filiale d’Al Quaïda. Si tout cela est vrai, faut-il le dire, ou faut-il le taire ?
Le dire serait – paraît-il – faire le jeu de Le Pen.
Eh bien non ! Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est cette permanente omerta sur ce qu’est le bien public. Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est de lui avoir laissé, il y a déjà bien longtemps, la nation, la Marseillaise et d’autres symboles, et de lui avoir ainsi permis de les dévoyer.
Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est l’oubli de l’intérêt de la France qui ne consiste pas à dresser certains de ses citoyens contre les autres, mais au contraire à fortifier l’amitié civique en soudant la nation derrière des projets dignes d’elle et à la hauteur des défis de notre temps. Ce n’est pas une République décolorée et purement incantatoire qu’il faut opposer à Le Pen, mais une République exigeante et généreuse offrant à tous un horizon de progrès partagé. C’est ce recours qu’il faut préparer dès aujourd’hui par le libre débat, car si la tempête est en vue, le naufrage n’est pas certain.
La seule chose sûre est qu’il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port. Mais le port, nous le savons, c’est le bien commun. C’est le civisme et le patriotisme qui le rend possible. Bref, il nous faut redécouvrir que les droits de l’homme n’ont de sens que s’ils sont garantis par les droits du citoyen. En défendant le libre débat, en préparant une véritable alternative, nous défendons donc ensemble la République et le sursaut qui viendra après les secousses inévitables.
 
Rédigé par Chevenement.fr le Samedi 7 Novembre 2015 à 15:03
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