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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 20:56
Peu avant 9 heures, un accord a été trouvé et adopté à l'unanimité des pays membres de l'Eurozone pour débloquer la situation en Grèce. Il permettra la mise en place d'un troisième plan d'aide
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Selon les déclarations du président du Conseil européen Donald Tusk, la Grèce bénéficiera d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre par Athènes de réformes importantes.

«A l'unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a déclaré Donald Tusk sur Twitter.


Si le texte soumis ne prévoit a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, il risque d'être difficile à accepter en Grèce où le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras avait promis qu'il ne se laisserait pas imposer de nouveaux sacrifices.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
L'humiliation du peuple grec

Les créanciers exigent du premier ministre grec qu’il fasse adopter d’ici à mercredi une première série d’actions prioritaires, notamment sur un changement du régime de la TVA (et la hausse de cette dernière) ou sur la réforme des retraites (allongement de l’age de départ).

Lors de ce premier vote se dessineront certainement les nouveaux équilibres politiques révélés par le vote de samedi au Parlement grec. Car, si une large majorité de députés avaient alors décidé de soutenir l’effort de négociation d’Alexis Tsipras, de nombreuses défections dans son propre camp sont apparues au grand jour. Dix-sept députés du parti de la gauche radicale Syriza avaient refusé d’accorder leur soutien au premier ministre (2 non, 8 abstentions et 7 absents).

Il y a également de fortes pressions à Bruxelles pour que des changements politiques interviennent le plus rapidement possible. Alexis Tsipras doit, au minimum, opérer un remaniement ministériel pour se défaire des éléments les plus radicaux de son gouvernement. Notamment ceux issus de la plate-forme de gauche (un mouvement situé à l’aile gauche de Syriza) qui se sont désolidarisés ces derniers jours de leur premier ministre. Premiers visés, le ministre du redressement productif Panayiotis Lafazanis et le ministre de la sécurité sociale Dimitris Stratoulis, qui se sont tous deux abstenus lors du vote de samedi.

Les créanciers, inquiets qu’un gouvernement Syriza refuse d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité, même adoptées au Parlement, veulent aller encore plus loin. Et font pression sur Alexis Tsipras pour qu’il accepte de faire entrer dans son gouvernement des ministres issus d’autres formations politiques et notamment du parti centriste To Potami.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Alexis Tsipras de nouveau au bord du gouffre

Le chef du gouvernement grec n'a plus de majorité au Parlement. C'est grâce aux partis d'opposition, le Pasok (socialiste), la Nouvelle démocratie (droite) et La Rivière (To Potami, centre) que ses dernières propositions d'économies, pourtant jugées insuffisantes par l'Eurogroupe, ont été adoptées samedi 11 juillet (251 voix sur 300). Près de 32 députés de Syriza sur 149 ont fait défection ou ont juré de le faire bientôt.

Syriza, coalition hétéroclite, est au bord d'une implosion qui était largement prévisible. Parmi les "rebelles" abstentionnistes se trouve deux ministres, dont celui de l'Energie Panagiotis Lafazanis, adversaire déclaré de l'euro. Mais on compte aussi la présidente du Parlement, Zoé Kostantopoulou, passionaria de la gauche radicale et "épine" dans le pied du Premier ministre à cause de sa grande popularité, estime Kathimerini.
Nicolas Maury
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 15:52

Grèce : de l’absurde au tragique

Lu sur contretemps

 

Il faut s’opposer à ceux qui mènent la Grèce et la gauche grecque à la capitulation. Nous publions ici un texte de Stathis Kouvélakis initialement paru sur le site états-unien Jacobin.

Stathis Kouvélakis est membre du comité central de Syriza, et enseigne la théorie politique à King’s College (Londres).

 

Quiconque vit actuellement, ou se contente de suivre, les derniers développements en Grèce ne comprend que trop bien le sens d’expressions telles que « moments critiques », « climat de tension », « rupture dramatique », ou encore « situation-limite ». Compte tenu des événements qui se déroulent depuis lundi, un nouveau mot devra être ajouté à la liste : l’« absurde ».

Le terme peut paraître étrange, ou exagéré. Mais comment caractériser autrement le renversement total du sens d’un événement aussi extraordinaire que le référendum du 5 juillet, quelques heures seulement après sa conclusion, par ceux-là même qui l’avaient initié ?

Comment expliquer que les dirigeants de Nouvelle démocratie et de To Potami, respectivement Vangelis Meïmarakis et Stavros Theodorakis – chefs du camp qui a été battu de manière écrasante dimanche dernier –, soient devenus les porte-parole officiels de la ligne qui est actuellement défendue par le gouvernement grec ? Comment est-il possible que le Non fracassant au mémorandum austéritaire puisse être interprété comme le feu vert à un nouveau mémorandum ? Pour le dire simplement : si le gouvernement était disposé à signer un accord encore plus défavorable et contraignant que celui proposé il y a deux semaines par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à quoi bon le référendum et le combat pour la victoire du Non ?

Le sentiment d’absurdité n’est toutefois pas le simple produit de ce renversement inattendu. Il découle en premier lieu du fait que tout survient « comme s’il ne s’était rien passé », comme si le référendum était une sorte d’hallucination collective qui avait soudainement pris fin, nous laissant reprendre librement nos activités antérieures. Néanmoins, comme nous ne sommes pas tous devenus amnésiques, donnons-nous la peine de nous livrer à un bref rappel de ce qui s’est passé durant les derniers jours.

Dimanche dernier donc, le peuple grec a ébranlé l’Europe et le monde. En répondant massivement à l’appel de son gouvernement, et dans des conditions vraiment exceptionnelles (banques fermées, contrôle des capitaux, retraits plafonnés à 60 euros par jour, retraites et allocations partiellement versées), a voté très largement « non » aux propositions humiliantes et exorbitantes des créanciers. Aussi bien l’ampleur du « non » que sa composition qualitative, à savoir la majorité écrasante obtenue parmi les travailleurs, les classes populaires et la jeunesse, donnent à voir la profondeur des transformations qui sont à l’œuvre, ou plutôt qui se sont cristallisées, en un temps très court, dans la société grecque.

Les mobilisations de masse de vendredi dernier, le climat de mobilisation « par en bas » qui a prévalu la semaine dernière, sans même parler de la vague enthousiaste de solidarité internationale, témoignent du potentiel énorme libéré par le choix de la confrontation plutôt que de la retraite.

Mais dès lundi matin, alors même que l’écho des cris de victoire sur les places publiques du pays s’était à peine tu, le théâtre de l’absurde a commencé. Sous l’égide du président de la République, Prokopis Pavlopoulos, qui avait très activement pris parti pour le Oui, le gouvernement a convoqué les dirigeants des partis défaits battus pour élaborer un cadre de négociation faisant de l’euro une ligne rouge indépassable, et déclarant en particulier qu’il n’avait aucun mandat pour quitter l’union monétaire.

Encore embrumée par la joie de dimanche, l’opinion publique a vu les représentants des 62% se soumettre à ceux des 38% et cela immédiatement après une victoire éclatante pour la démocratie et la souveraineté populaire.

Mardi, le gouvernement s’est rendu à Bruxelles pour une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe sans aucune nouvelle « proposition » dans ses bagages et, comme prévu, il s’est trouvé confronté à un nouvel ultimatum, plus brutal encore que le précédent. Le lendemain, Euclid Tsakalotos a inauguré ses fonctions de ministre des Finances – nous ne nous arrêterons pas ici, par souci de brièveté, sur la démission de Yanis Varoufakis, remarquant simplement qu’il s’agissait d’une exigence des créanciers – en envoyant au MES (Mécanisme de stabilité européenne), l’organisation qui gère la plus grande part de la dette grecque, une lettre demandant un nouveau prêt de 50 milliards d’euros, un prêt qui doit s’accompagner bien sûr d’un troisième mémorandum. Il est ainsi prévu que le Parlement commence à voter lundi les lois d’application des engagements stipulés dans le Mémorandum.

La lettre de Tsakalotos précise par la suite que la Grèce s’engage à « honorer en temps et en heure l’intégralité de ses obligations financières à l’égard de tous ses créanciers ». Il est évident que malgré les assurances, après la proclamation du référendum, selon lesquelles les discussions reprendraient de zéro, les « négociations » continuent au point exact où elles avaient été laissées, la partie grecque faisant de plus en plus de concessions à leurs adversaires.

Le même jour, dans l’attente des nouvelles « propositions » grecques, qui, selon la novlangue des « institutions » européennes se devaient d’être « dignes de confiance » et « détaillées », le Premier ministre Alexis Tsipras s’est adressé au Parlement européen et a déclaré : « si mon objectif avait été de mener la Grèce hors de l’euro, je n’aurais pas, immédiatement après la fin du scrutin, fait les déclarations que j’ai faites et interprété le résultat du référendum, non comme un mandat pour rompre avec l’Europe, mais comme un mandat pour renforcer nos efforts de négociation afin de parvenir à un meilleur accord ».

Cette déclaration revient à reconnaître, d’une manière plus ou moins franche, que le résultat du référendum a été interprété avec un but spécifique en tête, à savoir la négociation à tout prix et l’évitement d’une rupture.

Dans le même discours, le Premier ministre résume la philosophie qui a présidé, durant toutes ces dernières, à la ligne suivie la partie grecque et que le référendum n’a guère modifié :

Avec ces propositions, nous nous sommes évidemment fortement engagés à atteindre les objectifs fiscaux requis par les règles, parce que nous reconnaissons, et respectons, le fait que la zone euro a des règles. Mais nous nous réservons le droit de choisir, le droit d’être en mesure, en tant que gouvernement souverain, de décider où nous concentrerons ou augmenterons le fardeau fiscal, dans le but d’atteindre les objectifs fiscaux requis.

Le cadre est donc posé : il s’agit de mesures restrictives visant à obtenir des excédents fiscaux en vue du remboursement de la dette. C’est incontestablement le cadre tel qu’il a été défini par les deux mémorandums qui ont précédé. Le désaccord porte uniquement sur la dite « répartition du fardeau ». Celle proposée par Alexis Tsipras implique une variante de l’austérité (prétendument) « plus juste socialement », qui sera présentée comme une forme de « redistribution » alors même qu’elle prolongera la récession – toute référence aux engagements interdisant l’acceptation de mesures récessionnistes ayant été effacée – et approfondira la paupérisation du plus grand nombre.

Alors que ces propos suaves achevaient de détruire ce qui restait des engagements programmatiques de Syriza, l’état de siège que subit le pays ne cessait de s’aggraver. Dès lundi, la BCE a maintenu la fermeture du robinet des liquidités et diminué encore davantage la valeur des titres bancaires grecs, ce qui conduit immanquablement à l’effondrement des banques du pays.

Pourtant, malgré la gravité de la situation et en dépit du fait que l’instauration du contrôle des capitaux a permis de parcourir une partie du chemin, personne – à l’exception de Costas Lapavitsas et de quelques cadres de la Plateforme de gauche – ne parle des mesures simples et évidentes d’auto-protection nécessaires en de telles circonstances, à commencer par le contrôle public et la nationalisation du système bancaire.

L’explication est évidemment très simple : toute mesure de ce type placerait la Grèce partiellement en dehors de l’Euro, ce à quoi le gouvernement ne consent en aucune manière, malgré les déclarations d’économistes mainstream comme Paul Krugman pour qui « la plus grande partie du coût [d’un Grexit] a été acquittée », la Grèce pouvant désormais en « récolter les bénéfices ».

Une conclusion évidente émerge de tout ce qui précède : par les décisions prises cette semaine, le gouvernement s’est purement et simplement retrouvé dans le piège dans lequel il était pris avant l’annonce du référendum, cette fois dans une position encore moins favorable, soumis à la pression d’un étranglement financier encore plus impitoyable. Il est ainsi parvenu à dilapider en un temps record le précieux capital politique créé par la victoire du 5 juillet. Il se trouve sous l’emprise de ceux qui s’y étaient opposés et qui ont toutes les raisons de se sentir légitimés, malgré leur déculottée électorale.

Reste que le référendum a bien eu lieu. Il ne s’agit pas d’une hallucination dont chacun serait revenu. Au contraire, l’hallucination consiste dans la tentative de rabaisser le référendum, en en faisant un simple moyen de « relâcher la pression », avant de reprendre le chemin qui conduit tout droit à un troisième mémorandum.

Or c’est bien dans cette voie suicidaire que le gouvernement s’est s’engagé. Hier, tard dans la soirée, il a envoyé par courrier électronique à tous les membres du Parlement un texte d’une douzaine de pages, rédigé à la hâte en anglais par des experts envoyés par le gouvernement français, s’appuyant sur la demande de prêt de 50 milliards d’euros faite par Tsakalotos.

Il s’agit tout simplement d’un nouveau plan d’austérité – en fait un copier-coller du plan Juncker rejeté par les électeurs il y a quelques jours. Ses grandes lignes ne sont que trop familières : excédents primaires, coupes dans les retraites, augmentation de la TVA et autres taxes, et une poignée de mesures visant à lui donner une petite touche de « justice sociale » (par exemple une augmentation de deux points de l’impôt sur les bénéfices des sociétés). Le document a été validé par la plupart des principaux ministres, à l’exception de Panos Kammenos, dirigeant du parti souverainiste des Grecs Indépendants (ANEL), et de Panagiotis Lafazanis, leader de la Plateforme de gauche.

Le Parlement a été réuni pour voter sur ce texte aujourd’hui, suivant les mêmes procédures d’urgence que celle dénoncées avec véhémence par Syriza par le passé. À bien des égards, ce processus peut être considéré comme un « coup parlementaire », puisqu’on soumet au vote du Parlement un texte qui n’est ni une proposition de loi, ni une convention internationale, donnant ainsi carte blanche au gouvernement pour signer n’importe quel accord de prêt, avec le Mémorandum qui l’accompagne. Mais cette validation par le Parlement a été explicitement posée comme condition préalable à toute reprise des négociations par le ministre des Finances allemand Wolfang Schäuble.

Comme on pouvait le prévoir, et tel était bien le but recherché, l’accord proposé a déclenché un tollé au sein de Syriza. Pour l’heure, les réactions les plus virulentes viennent principalement de la Plateforme de gauche et d’autres courants à la gauche de Syriza, comme le KOE, organisation maoïste qui compte quatre députés. Au cours de la réunion du groupe parlementaire de Syriza, qui s’est tenue aujourd’hui, Lafazanis, ministre de l’Energie et chef de file de la Plateforme de gauche, a déclaré que l’accord était « incompatible avec le programme de Syriza » et qu’il « n’offrait pas de perspective positive au pays ». Les ministres de la Plateforme de gauche devraient donc démissionner aujourd’hui.

Thanassis Petrakos, l’un des trois porte-parole du groupe parlementaire de Syriza et figure importante de la Plateforme de gauche a quant à lui déclaré:

Le « non » au référendum est un « non » radical et  un « non » de classe. Certains camarades haut placés insistent sur la logique selon laquelle « il n’y a pas d’autre choix ». Nous devrions nous préparer à quitter l’Eurozone et le dire clairement aux gens. La gauche a un avenir lorsqu’elle déploie ses ailes face à l’inconnu, pas lorsqu’elle se soumet au néant. Ceux qui insistent sur le choix de rester dans l’euro coûte que coûte savent que cela conduit au désastre. Nous avons besoin d’une sortie préparée pour ouvrir une nouvelle voie. Les premiers pas sont le contrôle public des banques et de la banque centrale grecque, ainsi que des mesures sévères à l’égard de l’oligarchie.

Varoufakis se serait également opposé à l’accord, tout comme certains membres du groupe des « cinquante trois » (l’aile gauche de la majorité au Parlement), bien que lors d’une réunion qui s’est tenue hier, un fossé important est apparu entre la base et les cadres intermédiaires, très opposés à l’accord, et les députés, plus enclins à le soutenir. Le vote qui aura lieu en fin de soirée sera certainement crucial pour les développements à venir, mais également pour l’avenir de Syriza.

Quelle que soit la tournure que prendront les événements lors des prochaines heures et des prochains jours, une chose est claire : toute tentative pour réduire à néant la volonté populaire d’en finir avec l’austérité et les mémorandums revient à une forme d’hubris, au sens ancien du terme en grec. Quiconque décide de conduire le pays, et la gauche, à la capitulation et au déshonneur, doit donc être prêt à faire face à Némésis.

 

Traduit par Soraya Guénifi et Ugo Palheta

 

date: 

10/07/2015 - 20:14

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:36

8 juillet 2015  23:12

Les-Etats-Unis-et-lUnion-europeenne-2-4d551Du 20 au 24 avril dernier, les négociateurs transatlantiques ce sont réunis une nouvelle fois.

Ce neuvième cycle de négociations s’est tenu à New-York et a abordé l’ensemble des domaines qui seront couverts par l’accord, notamment la question de la coopération règlementaire. En revanche, la question de la protection des investissements – plus connu sous le terme des tribunaux d’arbitrage – est restée absente des débat car, nous le verrons, elle suscite encore des débats.

ContreLaCour vous propose de faire le point sur les événements de ce printemps.

La revue de presse de l’hiver 2014 est disponible en cliquant ici.

Rappel : Je tiens depuis plusieurs mois un journal en ligne sur Scoop it et partage quotidiennement les articles français (rarement) et internationaux (souvent) traitant des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.

Vous pouvez vous abonner à la newsletter du journal Scoop it en cliquant ici.

Cet article est une synthèse des principales informations relayées sur ce journal.

L’avancée des négociations

Dans son compte-rendu, la Commission européenne indique, qu’en matière d’accès au marché, des discussions techniques ont permis de faire progresser la question des tarifs douaniers, notamment agricoles (vins et spiritueux). Les parties souhaitent également supprimer les derniers droits de douane pour le commerce des marchandises manufacturées et ouvrir l’accès aux marchés publics. En revanche, le secteur des services n’a pas été débattu, les deux parties étant en préparation de nouvelles propositions qui seront présentées en juillet.

En matière de réglementation, le rapprochement des contrôles de sécurité a été discuté pour le commerce des voitures, des produits chimiques, des médicaments, des textiles et des cosmétiques. A ce sujet, il faut noter un infléchissement de la position de la Commission européenne : la « reconnaissance mutuelle » des substances interdites et autorisées dans les produits cosmétiques a été abandonnée au profit d’une collaboration dans les méthodes d’évaluation de sûreté scientifiques. La reconnaissance mutuelle était accusée par les associations de protection de consommateurs de permettre la présence de substances jusqu’ici interdites dans les cosmétiques.

Dans le domaine des règles, toutes les questions ont été couvertes à l’exception du développement durable, du travail et de l’environnement pour lesquels l’UE a pour objectif de présenter ses propositions en juillet. Des progrès ont également été accomplis sur l’énergie et des matières premières et sur le règlement des différends entre Etat.

Cependant, le compte-rendu ne fait pas état des déceptions qui ont visiblement fait suite à ce dernier tour de négociations. D’un coté, les Etats-Unis, déçus d’apprendre que l’Union européenne avance dans la mise en oeuvre d’une nouvelle règlementation permettant aux Etats membres de refuser les OGM. De l’autre, les Européens, déçus de voir que les Etats-Unis se refusent toujours à intégrer les services financiers dans le champ de l’accord.

La Commission européenne semble ainsi chercher à maintenir l’enthousiasme autour des négociations, tandis que le ministre français au commerce, Mathias Fekl, a reconnu qu’elles n’avançaient pas.

Un calendrier serré

[...]  Lire la suite en cliquant ici.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:08

Communiqué de la CGT, lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe.

La déclaration commune de 19 organisations dont le titre est « pour un renouvellement démocratique du CESE », débouche sur l’annonce de la candidature du MEDEF à la présidence du CESE pour la prochaine mandature.

Cette déclaration ne vaut pas tellement pour son contenu mais que par l’alliance de ses signataires pour porter cette candidature patronale. Elle comporte en effet très peu de nouveautés par rapport aux principes de fonctionnement adoptés en début de mandature.

Pour la CGT, le CESE est avant tout un espace de débats entre les différents acteurs de la société. Sa vocation est d’éclairer le gouvernement et le parlement sur des sujets de société qui impactent la vie des salariés et de leurs familles.

Dans un contexte social extrêmement tendu où le patronat n’a de cesse de remettre en cause les acquis sociaux et de freiner le dialogue social, il n’est pas concevable que la CGT soutienne d’une manière ou d’une autre une candidature issue de ses rangs.

La CGT veille à ce que les aspirations du monde du travail s’expriment dans les avis du CESE. Elle poursuit son travail et fera part de ses propositions au moment opportun.

Montreuil, le 7 juillet 2015

Qu'est-ce que le Conseil Economique, Social, et Environnemental ?

C'est la troisième assemblée de la République (après l'Assemblée Nationale et le Sénat)

En 1946, le Conseil économique est instauré par la Constitution de la IVe République. Ses 146 membres ont pour mission d’examiner les projets et propositions de lois.

En 1958, la Constitution de la Ve République maintient le Conseil en le renommant « Conseil économique et social ». Celui-ci s’installe au palais d'Iéna.

Enfin la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 rajoute la compétence environnementale, et permet notamment la saisine par voie de pétition

C'est une assemblée consultative.
Elle est composée de 233 membres:
  • 140 membres au titre de la vie économique et du dialogue social
    • 69 représentants des salariés (dont 17 membres de la CGT)
    • 27 représentants des entreprises privées industrielles, commerciales et de services
    • 20 représentants des exploitants et des activités agricoles
    • 10 représentants des artisans
    • 4 représentants des professions libérales
    • 10 personnalités qualifiées choisies en raison de leur expérience dans le domaine économique, dont deux issues des entreprises publiques ainsi qu'une représentant les activités économiques françaises à l'étranger
  • 60 membres au titre de la cohésion sociale et territoriale et de la vie associative
  • 8 représentants de l'économie mutualiste, coopérative et solidaire non agricole
  • 4 représentants de la mutualité et des coopératives agricoles de production et de transformation
  • 10 représentants des associations familiales
  • 8 représentants de la vie associative et des fondations
  • 11 représentants des activités économiques et sociales des départements et régions d'outre-mer, des collectivités d'outre-mer et de la Nouvelle-Calédonie
  • 4 représentants des jeunes et des étudiants
  • 4 représentants des jeunes et des étudiants
  • 18 représentants des associations et fondations agissant dans le domaine de la protection de la nature et de l'environnement
  • 15 personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence en matière d'environnement et de développement durable, dont au moins trois dirigeants des entreprises ayant une activité significative dans ces matières.
  • 33 membres au titre de la protection de la nature et de l'environnement
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 08:56
Les sociétés transnationales se jouent des frontières pour éluder leurs responsabilités dans les violations des droits humains, des législations sur le travail, dans les dégâts causés à l’environnement et aussi pour échapper à la fiscalité.

par Melik Özden

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies lance cette semaine ses travaux en vue de l’élaboration d’un traité contraignant sur la responsabilité des multinationales en matière de droits humains, suite à la résolution votée l’année dernière sur proposition de l’Équateur. Un tel traité est demandé depuis des années par la société civile internationale, qui organise une semaine de mobilisation à Genève pour soutenir le groupe de travail chargé de le préparer. Melik Özden, directeur du Cetim (Centre Europe Tiers Monde), une ONG basée à Genève et l’une des chevilles ouvrières de cette mobilisation, explique les enjeux de cette semaine cruciale.

Entre les 6 et 10 juillet 2015, un Groupe de travail intergouvernemental ad hoc de l’Organisation des Nations unies, fraîchement créé, se réunira à Genève pour commencer les négociations sur un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales. Même si le mandat a été obtenu avec une courte majorité au sein du Conseil des droits de l’homme [1], l’enjeu n’en demeure pas moins fondamental.

En effet, on observe depuis trois décennies une montée en puissance des sociétés transnationales. De nos jours, quelques centaines de sociétés transnationales contrôlent au niveau mondial l’essentiel de la production et de la commercialisation des biens et des services. Cette position leur confère un pouvoir sans précédent dans l’histoire. De plus, la transformation des activités bancaires et la concentration du capital financier dans les mains de quelques entités transnationales menacent désormais non seulement l’économie réelle mais également la démocratie.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y a lieu à cet égard de déplorer le non respect des principes démocratiques et des droits humains, mais aussi la corruption des dirigeants politiques. Mais il ne faut pas perdre de vue également l’extension progressive d’une économie de marché néolibérale au niveau mondial, qui a abouti à l’abandon du champ économique par les États. Nous savons très bien que sans la souveraineté économique, l’indépendance politique est condamnée à rester théorique.

Affaiblissement des États

Aujourd’hui, nous avons affaire à des États qui sont très affaiblis, politiquement et économiquement. La dette extérieure des États est utilisée, hier comme aujourd’hui, pour imposer des programmes d’ajustement structurel qui englobent sans exception la privatisation des services publics. Les accords commerciaux et sur les investissements, multilatéraux ou bilatéraux, non seulement favorisent les sociétés transnationales mais leur assurent également en quelque sorte l’impunité sur le plan juridique quant à leurs agissement nuisibles, voire criminels, sur le plan des droits humains, de l’environnement ou du travail. Les législations nationales et internationales dans ces domaines sont contournées par les accords en question ou ne sont pas appliquées à certaines multinationales ou encore sont modifiées pour satisfaire les conditions des investisseurs. Les sociétés transnationales se jouent des frontières et ont recours à des montages complexes pour éluder leurs responsabilités dans les violations des droits humains, des législations sur le travail et pour les dégâts causés à l’environnement, mais aussi pour échapper à la fiscalité. Elle ont également recours à la corruption et parfois aux groupes paramilitaires pour faire taire toute opposition à leurs desseins.

Autrement dit, les vœux de M. Percy Barnevik, ancien Président du groupe industriel helvético-suédois Asea Brown Boveri (ABB), exprimés il y a une quinzaine d’années, sont devenus aujourd’hui réalité partout dans le monde : « Je définirai la globalisation par la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant supporté le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales [2]. »

Bataille politique en perspective

C’est dans ce contexte que se réunira à Genève le groupe de travail de l’ONU. Mais le succès dudit groupe de travail n’est pas assuré d’avance vu les pressions et manœuvres multiples en cours pour éviter toute réglementation contraignante à l’égard des sociétés transnationales. Ces milieux semblent compter sur l’appui des États occidentaux (États-Unis et Union européenne en tête), farouchement contre une telle réglementation, mais aussi sur leur capacité de chantage auprès de certains autres États qui craignent le retrait des « investissements ». Ils comptent également sur des arguments fallacieux tels que les droits humains seraient uniquement l’affaire des États et que tenir responsables les sociétés transnationales pour cela reviendrait à « privatiser » les droits humains (sic) - comme si les activités des sociétés transnationales n’avaient aucun impact sur ces derniers ou comme si elles ne sont pas tenues de les respecter. En réalité, c’est le contraire qui est vrai. En effet, ce sont précisément les codes de conduite volontaires qui permettent aux sociétés transnationales d’échapper à tout contrôle légal et qui conduisent à une privatisation des droits humains.

Quant à leur chantage sur le retrait de leurs investissements, il faut se rendre à l’évidence. Les activités des sociétés transnationales ne répondent pas forcément aux besoins des populations locales, mais obéissent à un seul critère : faire des bénéfices, le plus et le plus vite possible, au profit de leurs actionnaires majoritaires. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les sociétés transnationales seraient le moteur du développement, ces dernières sont devenues de nos jours un obstacle majeur dressé devant le développement non seulement économique, mais également social et culturel. En effet, de nombreuses études le démontrent amplement, si besoin est, la stratégie des sociétés transnationales ne consiste qu’à renforcer leur position dominante sur le marché, dans pratiquement tous les secteurs de l’économie et de services (agriculture/alimentation, construction, industrie, finances, loisirs, information...) par des acquisitions et fusions à l’instar de Google ou d’autres géants de l’informatique, pour ne citer que ce secteur à la mode, afin d’étouffer dans l’œuf toute concurrence ou de récupérer toute innovation par des starts-up.

De plus, dans les faits, les sociétés transnationales se sont arrogées, avec la complicité de certains États puissants, tous les droits et avantages alors qu’elles n’assument aucune responsabilité liée à leurs activités, étant donné qu’elles se déchargent bien souvent sur leurs filiales, preneurs de licence ou sous-traitants, quand elles n’appellent pas l’État pour recoller les pots cassés.

Comme déjà souligné, les activités des sociétés transnationales touchent tous les domaines de la vie. C’est pourquoi les travaux du groupe de travail de l’ONU revêt une importance capitale. Certes, les démarches entreprises au sein de l’ONU (ou au niveau international) depuis plus de 40 ans ont échoué et/ou ont été dévoyées jusqu’ici. En effet, ces dernières ont abouti, tout au plus, à des codes de conduite volontaires qui, non seulement sont lacunaires sur de nombreux aspects mais, comme leur nom l’indique, dont l’application est laissée au bon vouloir des sociétés transnationales. Autant dire que ces codes ont prouvé leur inefficacité. D’où d’ailleurs, la création dudit groupe de travail au sein de l’ONU, afin qu’il élabore des normes contraignantes à l’égard de ces entités.

Mobilisation de la société civile

Les mouvements sociaux et organisations de la société civile l’ont bien compris. C’est pourquoi une campagne mondiale pour lutter contre l’impunité des sociétés transnationales a été lancée en 2013 par plus de 200 organisations qui comprennent aussi bien des organisations paysannes (La Via Campesina), des syndicats (Trade Union Confederation of Americas) que celles de défense des droits des femmes (Marche mondiale des femmes) et des organisations des victimes des sociétés transnationales (Chevron/Equateur, Shell/Nigeria, Coca-Cola/Colombie...). Plusieurs dizaines de représentant-e-s de ces organisations seront présentes à Genève la semaine prochaine pour faire entendre leurs voix et revendications afin que ce processus ne soit pas dévoyé comme dans le passé [3].

Dans ce contexte, les organisations de la société civile suisse, dont le Cetim fait partie, ne se sont pas trompées lorsqu’elles ont lancé l’initiative populaire intitulée « pour des multinationales responsables ». En effet, la Suisse a une place particulière dans ce domaine, étant donné qu’elle abrite le siège de nombreuses sociétés transnationales montrées du doigt pour des violations commises à l’étranger. Il s’agit d’une démarche complémentaire à celle de l’ONU, visant à permettre aux victimes des violations des droits humains commises par les sociétés transnationales puissent être poursuivies en justice en Suisse de sorte que les agissements nuisibles de ces entités sur les droits humains ou l’environnement ne restent pas impunis. En effet, pour rendre comptable les sociétés transnationales de leurs actes et pouvoir les poursuivre en justice, il faut des mécanismes juridiques à la fois à l’échelle nationale et internationale. C’est une condition indispensable si l’on veut lutter efficacement contre l’impunité des sociétés transnationales.

Melik Özden, directeur du Cetim

[1] À l’initiative de l’Afrique du Sud et de l’Équateur, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté la résolution 26/9, en juin 2014, par 20 voix pour, 14 contre et 13 abstentions. Lire à ce sujet notre entretien avec Brid Brennan et Gonzalo Beron, du Transnational Institute : « Une opportunité historique de négocier un traité contraignant sur les entreprises transnationales ».

[2] Voir Mondialisation excluante, nouvelles solidarités : soumettre ou démettre l’OMC, coédition Cetim, Gresea, L’Harmattan, octobre 2001.

[3] Voir le programme de la semaine de mobilisation sur le site du Cetim.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 08:41

Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances

Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances (Crédits : © Alkis Konstantinidis / Reuter)

Romaric Godin  |   -  latribune.fr

Le nouveau ministre des Finances grec n'a rien proposé de neuf à l'Eurogroupe de ce mardi dont la réunion a tourné court. Une stratégie qui vise à placer au centre la question de la dette.

Le gouvernement grec tente d'imposer ses propres priorités. Ce mardi 7 juillet, les créanciers avaient une fois de plus fixé leur calendrier en prévoyant un Eurogroupe avant le conseil européen. Autrement dit, la logique financière devait continuer à primer sur la logique politique. L'idée était donc la même qu'au cours des dernières semaines : engluer la Grèce dans des discussions financières techniques qui devront être validées au niveau des chefs d'Etat ensuite. Avec cette méthode, aucun accord satisfaisant pour Athènes n'était possible puisqu'Alexis Tsipras n'entend signer un texte technique qu'après un engagement sur la dette. Or, cet engagement ne peut se prendre qu'au niveau politique. Voilà pourquoi Athènes a annoncé déposer une demande d'aide complète au MES (mécanisme européen de stabilité) demain, incluant sans doute une restructuration de la dette.

Pas de propositions

Le gouvernement grec a donc contourné la difficulté. Le nouveau ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, est arrivé à l'Eurogroupe sans nouvelle proposition concrète, se contentant d'évoquer la proposition présentée le 1er juillet dernier (laquelle, rappelons-le, n'était pas si éloignée de la proposition du 25 juin rejetée par les électeurs grecs). L'Eurogroupe a donc été dans l'incapacité de s'exprimer. Du coup, les chefs d'Etats et de gouvernements ne pourront pas discuter sur des éléments techniques. Et c'est exactement là où Alexis Tsipras voulait en venir : entamer un dialogue au niveau politique, incluant la question de la dette. Le premier ministre grec va ainsi rencontrer Angela Merkel et François Hollande avant le Conseil.

Comment discuter avant de poser la question de la dette ?

Car, en réalité, les discussions techniques sans ce préalable sont absurdes : établir des objectifs d'excédents et des mesures à prendre sans discuter de la dette revient à enterrer la question puisque, précisément, ces objectifs sont basées sur la nécessité de rembourser intégralement la dette. Il faut donc d'abord discuter de ce point crucial, notamment de la question de la dette détenue par la BCE (Banque centrale européenne) qui doit être remboursée en juillet et août de cette année (6,7 milliards d'euros), mais aussi en 2016 (2,3 milliards d'euros) et en 2017 (6,3 milliards d'euros). Athènes propose une reprise de cette dette par le MES, une décision qui relève du niveau politique.

Attentes absurdes des chefs d'Etats et de gouvernements

Evidemment, cette manœuvre peut échouer. Les chefs d'Etat peuvent se montrer irrités et rejeter tout dialogue ce mardi soir. Mais ce comportement semblerait étrange. Comment imaginer qu'un gouvernement qui vient d'être conforté par le « non » massif au référendum arrive sans vouloir parler de la dette et en présentant un plan encore plus strict que le précédent ? Là aussi, une telle attente semble loin de la réalité. Alexis Tsipras va donc, comme il l'a promis dès dimanche soir, mettre la question de la dette sur la table. Il y a fort à parier qu'il ne soit pas entendu. Mais son mandat renouvelé le 5 juillet l'obligeait à agir ainsi.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 23:03
Lu sur le site de Ruptures ( le nouveau Bastille République Nation )

Un nouveau rapport prônant un saut fédéral en deux étapes a été soumis au Conseil européen. Pointant les « défauts » de l’intégration monétaire, le texte propose d’enlever aux Etats de la zone euro leur souveraineté en matière de politique économique, afin de faire converger leur « compétitivité ».

« notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe »

Du traité de Maëstricht jusqu’à la mise en place de la gouvernance économique de la zone euro (semestre européen ; traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et textes associés…) en passant par le traité de Lisbonne, d’immenses chantiers d’inspiration fédéraliste se sont succédé. La monnaie unique, les mécanismes de contrôle budgétaire et l’Union bancaire sont désormais devenus des réalités, et ce, sans que les parlements nationaux aient été, ou si peu, consultés.

Pourtant, les dirigeants européens continuent de déplorer les « défauts de construction » de l’Union économique et monétaire (UEM) qui subsistent, et ne cessent d’appeler de leurs vœux une « convergence accrue » entre les économies de la zone euro.

Depuis trois ans, les groupes de travail et rapports n’ont pas manqué : groupe informel de réflexion sur l’avenir de l’Europe (ministres), projet détaillé de la Commission « pour une Union économique et monétaire véritable et approfondie », feuille de route « vers une véritable union économique et monétaire » de l’ex-Président du Conseil Herman Van Rompuy, communications de la Commission relatives à la gouvernance économique…

C’est dans cette continuité qu’un « rapport des cinq présidents » a été soumis à la réunion du Conseil européen des 25 et 26 juin. Le président du Conseil, Donald Tusk, de l’eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, du parlement européen, Martin Schulz, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi proposent un document visant à renforcer l’intégration économique et institutionnelle de la zone euro. Ce sont surtout les deux derniers cités qui étaient à la manœuvre.

L’objectif des auteurs a le mérite de la clarté. Ils plaident en effet pour que « les Etats membres acceptent de plus en plus de décisions communes sur des éléments de leurs propres budgets et de leurs politiques nationales », ce qu’ils nomment pudiquement le « partage de souveraineté ». Car, selon eux, « la deuxième économie du monde ne peut plus être gérée à travers de simples règles de coopération ».

Ce document propose de procéder en deux étapes : utiliser d’abord les capacités d’intégration « à traité constant », d’ici à fin juin 2017 ; puis, à partir de cette date, engager un processus de réforme desdits traités. Face à l’impopularité croissante de l’Union européenne, envisager d’emblée de nouveaux référendums serait en effet suicidaire.

Dès la première phase, chaque pays serait tenu de mettre en place une « autorité de la compétitivité », instance « chargée de surveiller les performances et les politiques en matière de compétitivité ». Ces instances nationales « indépendantes » auraient pour mandat de « s’assurer que les salaires évoluent conformément à la productivité, et de comparer les évolutions avec celles des autres pays de la zone euro, et parmi les autres partenaires commerciaux importants ». En termes simples : pas trop vite.

L’harmonisation des politiques économiques serait assurée par des « critères de convergence » supplémentaires. Outre les « coûts salariaux », l’amélioration de l’« environnement des affaires » (la « flexibilité du marché du travail », entre autres), ou la « cohésion sociale » seraient également mesurées.

Afin d’accélérer cette « convergence », les pays méritants seraient récompensés par des mécanismes de transferts financiers. Est ainsi suggérée la mise en place d’une assurance européenne des dispositifs nationaux d’indemnité chômage. On retrouvé ici l’idée promue depuis longtemps par Berlin d’un conditionnement plus strict des aides européennes, moyennant un budget communautaire renforcé.

Pour renforcer la convergence des politiques économiques, il est également proposé de modifier le calendrier actuel du semestre européen afin de faire précéder les recommandations spécifiques pour chaque Etat par une phase consacrée à l’examen de la zone euro dans son ensemble. Le document propose aussi de créer une présidence permanente de l’eurogroupe, ainsi qu’une sous-commission propre à la zone euro au sein du parlement européen.

Le rapport plaide en outre pour la création d’un « conseil budgétaire européen ». Par ailleurs, des facilités de prêts sous forme d’obligations émises par la zone euro (« project bonds » associant financement public et investissement privé) seraient lancées. En filigrane se dessine ainsi la seconde phase, qui verrait notamment la mise en place d’un véritable Trésor commun pour les pays de la zone euro.

Saut vers plus de fédéralisme

Car le patron de la BCE, notamment, n’a jamais dissimulé la couleur : seul un « saut qualitatif » vers des mécanismes plus fédéraux est susceptible d’assurer la survie de la monnaie unique à moyen terme. Cela recoupe la vision des dirigeants allemands : pas d’« union de transferts » (financiers) sans prise de contrôle par Bruxelles – et, de fait, par Berlin – des finances et des budgets des Etats de la zone euro.

Cette dernière serait donc le noyau de l’intégration. Les pays n’y appartenant pas constitueraient un ensemble plus lâche, partageant essentiellement le marché unique (biens, services, capitaux, main d’œuvre).

Toutes ces idées recoupent une contribution publiée récemment dans plusieurs quotidiens européens signée par les ministres français et allemand de l’Economie. Les deux sociaux-démocrates plaidaient pour l’amorce d’un budget de la zone euro, et pour un commissaire européen chargé de cette dernière. Et concluaient leur tribune en affirmant : « notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe – ou avec moins d’Union ».

Magali Pernin

Auteur du blog http://www.contrelacour.fr

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 22:52

Crise grecque Yanis Varoufakis, un ministre qui dérange...

Yanis Varoufakis, un ministre qui dérange... (Crédits : © Alkis Konstantinidis / Reuter)

Romaric Godin  |   -sur La Tribune.fr

La volonté de l'Eurogroupe de se débarrasser du ministre grec des Finances ne repose pas sur un "style", mais bien plutôt sur des divergences plus profondes.

Il semble que l'exercice soit devenu le passage obligé de tout journaliste travaillant sur les questions européennes. Depuis quelques semaines, les colonnes des journaux s'emplissent d'articles à charge contre le ministre hellénique des Finances, Yanis Varoufakis. Le dernier en date est celui publié par le journal français de référence, Le Monde, qui titre, avec appel de une, sur « l'exaspérant Monsieur Varoufakis. »

L'agacement européen

Le schéma de ces articles est souvent le même : l'homme est jugé évidemment compétent (il est difficile de lui contester cette qualité, sauf à contester celle des habituels « clients » des journaux économiques), mais insupportable et absolument nul en négociations.

De nombreuses citations issues de Bruxelles suivent pour montrer combien, en effet, cet économiste grec est « agaçant » aux yeux des fonctionnaires et officiels européens, avec ses chemises bariolées, son ton docte et son « fort ego. »

Son crime principal, aux yeux de Bruxelles, est de ne pas avoir changé pour "rentrer dans le rang". Comme le « déplore une source européenne », pour reprendre l'article du Monde daté du mardi 12 mai, il a refusé de suivre le chemin de son prédécesseur Evangelos Venizelos, le président du Pasok, qui, lui avait "changé".

Pour finir, le portrait du ministre est celui d'une "rock star", d'un Icare médiatique attiré irrésistiblement par le soleil médiatique. Entre les lignes, le lecteur comprend que, si ce Yanis Varoufakis est si insupportable, c'est parce qu'il n'est qu'un narcisse superficiel qui fait son "show". Son rôle n'aura été que d'agiter les bras pour rendre les négociations aussi captivantes qu'une série américaine. Bref, ce ministre n'est qu'une sorte de clown, utile un moment, mais qui aurait fait son temps.

Le storytelling européen contre Yanis Varoufakis

Cette image a été construite soigneusement par l'Eurogroupe et la Commission depuis les premiers jours du gouvernement Tsipras. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem n'a jamais caché qu'il n'avait pas digéré « l'humiliation » du 30 janvier, lorsqu'un Yanis Varoufakis, très à l'aise, l'avait surpris en proclamant la fin de la troïka.

L'acmé de ce storytelling a été la réunion de Riga du 25 avril, lorsque le ministre grec a été accusé par ses dix-huit collègues d'être à l'origine du blocage. Ce même storytelling, tissé avec soin par Jeroen Dijsselbloem le soir du 11 mai, a enfoncé le clou en notant les « progrès » des négociations une fois la « rock star » disparue.

Mais tout ceci n'est qu'un écran de fumée. Alexis Tsipras a été soucieux d'ôter rapidement un argument aux créanciers. Depuis, les négociations n'ont en réalité pas véritablement avancé. La situation reste la même : les négociations n'avancent que parce que la Grèce fait des concessions. Yanis Varoufakis ou pas, les blocages demeurent : la Grèce refuse toujours les « réformes » des retraites et du marché du travail que lui réclament ses créanciers.

Yanis Varoufakis n'était, en réalité, pas le problème. Son rejet était le symptôme d'un rejet politique du nouveau gouvernement grec.

Le miroir amer tendu par le ministre à ses collègues

La réalité du « problème Varoufakis » est donc ailleurs. Elle peut se décliner en plusieurs points.

Le premier est la détermination du ministre-économiste à placer ses collègues devant leurs responsabilités. En 2010, Yanis Varoufakis s'était opposé aux « plans de sauvetage », jugeant, non sans raison, comme il le soulignait dans son ouvrage Le Minotaure Planétaire*, que "les remèdes que l'Europe applique sont pires que le mal". Pour lui, il était donc urgent - et c'était la tâche à lui assignée par Alexis Tsipras - de rompre avec la logique du « programme » qui a conduit la Grèce dans une spirale déflationniste et a détruit une grande part de sa capacité productive. D'où les coups de boutoir assénés à ce système lors des premiers jours du gouvernement : le refus de discuter avec la troïka, les demandes de restructuration de la dette, le blocage de l'Eurogroupe sur la question du "programme existant".

Pour les collègues de Yanis Varoufakis, cette remise en cause de la logique en place depuis 2010 est inacceptable. D'abord parce que cette logique est le ciment de l'Eurogroupe, lequel n'a jamais fait de mea culpa sur cette politique. Mais surtout parce que cette politique remettait en cause un autre storytelling européen : celui de la reprise de l'économie grecque grâce aux "réformes qui portent enfin leurs fruits". Or, Yanis Varoufakis, en bon économiste, sait parfaitement que cette « reprise » est à la fois de façade et fragile. Après un effondrement économique inédit en temps de paix, seul un effort d'investissement massif au niveau européen allié à une restructuration de grande ampleur de la dette peut réellement contribuer à redresser le pays. Mais cette vision s'oppose à la pensée dominante de l'Eurogroupe: la purge est nécessaire et doit être menée jusqu'au bout pour qu'advienne "la croissance saine".

Yanis Varoufakis est donc, dans l'Eurogroupe, un corps idéologique étranger qui leur tendrait le miroir hideux des erreurs de l'Europe depuis 2010. En réclamant un changement de politique envers la Grèce, le ministre hellénique prend des allures de mauvaise conscience insupportable venant briser le mythe de la reprise radieuse qui succède à l'austérité.

Et pire, il s'entête. Et c'est là tout le sens de la déploration de la "source européenne" citée par "Le Monde" : en 2011 aussi, Evangelos Venizelos avait tenté de mettre en garde contre ces erreurs. Mais, heureusement, il était rentré dans le rang. Et l'on avait pu continuer cette politique insensée qui a ruiné la Grèce.

Quatre ans plus tard, Yanis Varoufakis ne peut accepter de faire la même erreur. Et c'est pourquoi il fallait l'écarter.

L'obsession de la justice sociale

Pourquoi cet entêtement ? Principalement, parce que le ministre a une obsession - et c'est sa deuxième faute devant les créanciers-, celui de la justice sociale. Sa position est que l'austérité pratiquée depuis cinq ans en Grèce a surtout fait payer les plus pauvres.

Des études sont, du reste, venues lui donner raison. Il sait que la nature de la reprise ne pouvait guère renverser la vapeur et, là aussi, il demande donc une action urgente. D'où son insistance, dans les deux premiers mois du gouvernement, à intégrer aux discussions avec l'Eurogroupe le traitement de "l'urgence humanitaire". Son ambition affichée est politique : le développement de la pauvreté et la paupérisation des classes moyennes font évidemment le jeu des extrêmes.

La position du ministre grec est alors simple : l'Europe doit utiliser la victoire de Syriza comme une chance en écoutant ses propositions « modérées » afin d'éviter d'avoir à traiter avec les extrêmes, du type Aube Dorée. Le 5 février, devant Wolfgang Schäuble, il met ainsi en garde :

« Quand je reviendrai chez moi ce soir, je me trouverai devant un parlement dans lequel le troisième parti n'est pas un parti néo-nazi, mais un parti nazi. »

Mais ce discours est inaudible au sein d'un Eurogroupe qui juge précisément que les Grecs sont déjà aux mains d'extrémistes qu'il faut mater (en avril, un officiel déclarera qu'Alexis Tsipras doit rompre avec son aile gauche). Les ministres de la zone euro n'y voient qu'un chantage à Aube Dorée pour leur arracher des concessions.

Surtout, le traitement « social » de la pauvreté est, pour les Européens, une erreur. Là encore, l'idéologie joue à plein. Dans la vision de l'Eurogroupe, la lutte contre la pauvreté vient naturellement après, c'est une conséquence de l'assainissement et de la libéralisation de l'économie. Ces deux éléments créent de la richesse qui, in fine, se répand dans les couches les plus basses de l'économie. La patience est donc une obligation. Mieux même, tout traitement « social » de ce problème freine la mutation « structurelle » nécessaire en accroissant le rôle de l'Etat et en créant des distorsions sur le marché de l'emploi.

Bref, les demandes de Yanis Varoufakis ne sont que du misérabilisme au mieux, du populisme au pire. On aura la preuve évidente de cette idéologie à la mi-mars lorsqu'un fonctionnaire européen tente de stopper la loi de lutte contre l'urgence humanitaire.

Sur ce plan, Yanis Varoufakis a finalement eu raison des créanciers, la loi est passée. Mais cette victoire n'est que partielle: la lutte contre la pauvreté doit passer par un changement de politique, donc par la remise en cause de la logique du programme.

Un problème personnel qui cache un fossé idéologique

Le troisième point de rupture avec Yanis Varoufakis: il a en réalité payé sa cohérence. Le ministre hellénique n'a jamais abandonné ses objectifs. Jusqu'à ce lundi 11 mai au soir où il a répété que les deux « lignes rouges » d'Athènes étaient la fin du cercle vicieux déflationniste et la meilleure répartition de l'effort. Bref, les deux précédents points de rupture.

A chacune de ses listes de réformes, toutes rejetés par l'Eurogroupe, il a pris en compte ces deux éléments: meilleure justice dans la répartition de l'impôt, lutte contre l'évasion fiscale des entreprises et des plus aisés, facilitation de la reprise par la mise en place d'un traitement des arriérés fiscaux pour les PME et les particuliers...

Le cœur du rejet de ces listes, comme celui de l'agacement que susciterait Yanis Varoufakis, ne réside pas en réalité dans les chemises fantaisie du ministre ou dans son aspect décontracté de rock star. Il repose sur des fondements idéologiques. Les créanciers européens ne veulent pas admettre leurs erreurs passées, car c'est tout le fondement de leur logique économique qui s'effondrerait alors. Ils ne peuvent donc admettre les positions de Yanis Varoufakis. La volonté de le discréditer en permanence n'est donc pas le fruit d'une logique personnelle.

Les leçons du François Hollande de 2012

Beaucoup cependant s'interrogent sur le style trop « agressif » du ministre grec. La critique est fréquente du manque de « sens politique » de Yanis Varoufakis, qui n'a pas accepté les règles en vigueur à Bruxelles pour les contourner.

Ceci s'explique cependant aisément par le précédent français. Comme il l'avait souligné, dix jours avant l'élection, dans un entretien accordé à "La Tribune", Yanis Varoufakis a été marqué par les suites de l'élection de François Hollande qui, selon lui, n'a "rien tenté" contre la logique austéritaire. Du coup, la stratégie du compromis du président français en 2012, qui s'est soldée par un échec patent (le fameux "pacte de croissance" dont l'existence reste à prouver) est devenu la stratégie à éviter par excellence.

Face à un blocage idéologique, le ministre grec a tenté de forcer la décision en prenant d'emblée des mesures fortes, comme la dissolution unilatérale de la troïka. Le succès de cette stratégie n'est pas certain, mais elle a clairement mis les Européens dans l'embarras, les confrontant aux conséquences ultimes de leur propre fermeté.

La réalité de la stratégie européenne

En réalité, derrière ce durcissement, la position de Yanis Varoufakis était une des plus modérée au sein de Syriza. Le ministre grec a toujours été défavorable à la sortie de la zone euro, il a toujours proposé une solution européenne au problème grec.

Alexis Tsipras aurait pu nommer Costas Lapavitsas, par exemple, un économiste de Syriza clairement partisan de l'annulation de la dette et de la sortie de l'euro. Les créanciers auraient alors pu paniquer.

En détruisant Yanis Varoufakis, les Européens ont dévoilé leur but: non pas trouver un « compromis » raisonnable, mais mettre au pas un gouvernement qui ne leur convient pas. Comme le souligne dans la préface à l'édition française du Minotaure Planétaire, Yanis Varoufakis, "l'Union européenne a, de longue date, pris l'habitude de considérer la démocratie comme un luxe et un désagrément".

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 15:06
 
Joseph-Stiglitz-crise-grecque-fMI
Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie, est professeur à l'Université de Columbia

Dans Economie il y a 5 jours

 

Nous devons être clairs: « C’est seulement une partie négligeable de l’énorme somme  prêtée à la Grèce qui a été donnée à ce pays. L’énorme partie de la  somme a servi à rembourser des créanciers du secteur privé- y compris les banques allemandes et françaises. La Grèce a reçu directement un montant de misère mais elle a payé un prix élevé pour préserver les systèmes bancaires de ces pays. Le FMI et les autres créanciers « officiels » n’ont pas besoin du montant qu’ils exigent . Comme d’habitude, le montant exigé sera probablement prêté à nouveau à la Grèce. Encore une fois, ce n’est pas une question d’argent. C’est juste utiliser le prétexte des “délais » pour forcer la Grèce à se soumettre et à accepter l’inacceptable – non seulement des mesures d’austérité, mais d’autres politiques régressives et punitives »

Les institutions et les pays qui forcent la Grèce à adopter des mesures d’austérité   « ont une responsabilité criminelle  »

Ces declarations sont de Joseph Stiglitz à propos des institutions financières qui ont renfloué l’économie grecque en 2010, à savoir le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne.

« Elles ont une sorte de responsabilité pénale qui provoquera une récession majeure, » a dit Joseph Stiglitz au TIME dans une entrevue téléphonique. Joseph Stiglitz à exhorter la troïka (FMI, CE, BCE)  à annuler la dette de la Grèce qui est estimée à près de 300 milliards de dollars – et d’offrir du financement pour la relance

Ne pas le faire, selon Joseph Stiglitz aggraverait non seulement la récession en Grèce – déjà profonde et plus longue que la Grande Dépression aux États-Unis – Cela pourrait également détruire la crédibilité de l’euro, et mettre l’économie mondiale dans un risque de contagion.

Jusqu’à présent, les créanciers de la Grèce ont minimisé ces risques en déclarant que les banques européennes étaient à l’abri d’une contagion. Joseph Stiglitz, qui a servi comme l’économiste en chef de la Banque mondiale de 1997 à 2000 a déclaré qu’aucun pare-feu de protection peut exister dans une économie mondialisée, où les liens entre les événements et les institutions sont souvent impossibles à prévoir. « Nous ne connaissons pas tous les enchaînements, » dit-il.
 

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, est professeur à l’Université de Columbia

via Time , the Guardian

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 17:37

Mis en ligne le 30 Juin 2015

Prise de position du conseil municipal de Gonfreville l'Orcher à propos du secteur du raffinage à  l'initiative des élus communistes.  Elle ne respecte pas les règles européennes de la concurrence libre et non faussée.  Elle dit "nationalisation" du secteur pétrolier si Total s'obstine à liquider le secteur en France.  Nous la reproduisons sur notre blog.

Voici l'intervention de Jean-Paul Lecoq à propos de la raffinerie Total. 

Nous sommes prêts, à participer à une campagne pour une politique nationale du raffinage et pour la nationalisation des entreprises de ce secteur en France afin d'en garantir l'existence, condition de notre indépendance énergétique et de la sauvegarde des savoir-faire et des emplois liés.

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Pour une politique française du raffinage, les élus de Gonfreville l’Orcher sonnent la charge…

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Par un voeu présenté le 8 juin 2015 par les élus Communistes et Républicains, le Conseil Municipal de Gonfreville l'Orcher demande à l’Etat de prendre toutes ses responsabilités en définissant une politique nationale du raffinage basée sur les savoir-faire industriels et les capacités existantes en France, quitte, en l’absence de collaboration du secteur privé à cet objectif national, à prévoir par voie de nationalisation la création d’un secteur public du raffinage.

Dans le même voeu, les élus estimant qu’il est du devoir du groupe Total d’investir en France pour améliorer et pérenniser ses sites de raffinage et les emplois induits, ils lui demandent de prévoir les investissements nécessaires sur sur la Raffinerie de Normandie pour assurer la pérennité de l’appareil de raffinage servi par le savoir-faire de ses salariés.

Vœu présenté par les élus communistes et républicains

Conseil municipalde Gonfreville l’Orcher du 18 mai 2015


 

POUR UNE POLITIQUE PUBLIQUE DU RAFFINAGE EN FRANCE


 

En 5 ans, la France a perdu un tiers de ses raffineries, 2.500 emplois directs, 12.000 en comptant les emplois liés. La liste des fermetures de raffineries ne cesse de s'allonger : 2009 raffinerie de Dunkerque, 2010 Petroplus à Reichstet (Bas Rhin), 2012 Petroplus à Petit Couronne (Seine Maritime), 2014 LyondellBasell à Berre (Bouches-du-Rhône), sans oublier la raffinerie de Normandie àGonfreville l’Orcher qui a réduit de 40% son raffinage avec l’arrêt de la distillation 9 en 2010 etcelui d’une unité de fabrication d’huiles. A Port-Jérôme, Esso se refuse de réaliser les investissements qui permettraient d’assurer l’avenir de sa raffinerie.

Ce mouvement particulièrement inquiétant de forte diminution de la capacité de raffinage de la France, pour l’économie, pour l’emploi, pour l’indépendance nationale en matière d’approvisionnement énergétique, se trouve aggravé par la politique et les décisions du groupe Total qui annonce la suppression de 2.000 emplois d'ici la fin de l'année, l’arrêt de son activité de raffinage à La Mède (Bouches-du-Rhône) d'ici fin 2016 entrainant la perte de 180 emplois (sur 480 actuellement) et environ 700 emplois indirects.

Ici à Gonfreville-l’Orcher, Total se voit contraint de rembourser une aide publique attribuée par la CODAH pour n’avoir pas respecté ses engagements en matière de création d’emplois. Les seuls investissements annoncés (400 millions d’€ en 2015) sont au service de la réduction du raffinage pour le remplacer par une production de biocarburants, véritable aberration écologique et humanitaire.

Tout semble ainsi mis en œuvre par Total pour procéder au ravitaillement du pays en produits raffinés depuis ses raffineries du Qatar et d’Arabie-Saoudite. Cette délocalisation progressive de ses productions dans des pays à faible coût de main d’œuvre et aux normes environnementales bien moins contraignantes, voire inexistantes où les droits de l’homme ne sont pas respectés, les droits des femmes sont ignorés et les conditions de travail des salariés proches de l’esclavage, s’explique uniquement par la volonté du groupe Total de dégager toujours plus de profits et de rentabilité pour ses actionnaires.

A terme, la menace est clairement de voir disparaître les raffineries de France et le gouvernement qui reste muet sur la politique qu’il entend conduire dans ce domaine important de l’économie et de l’industrie,laisse faire. La France importe aujourd’hui plus de 40 millions de tonnes par an de produits raffinés alors qu’elle dispose des infrastructures pour en exporter !

Visiblement ce n’est plus l’Etat qui détermine la politique pétrolière de la France mais Total en fonction des intérêts de ses actionnaires.

Total, 1er groupe pétrolier français, 4èmemondial dégage un chiffre d'affaire de 180 milliards d'euros, fait 10 milliards de profits, distribue 5 milliards de dividendes à ses actionnairesmaisne paient pas d'impôts en France hors impôts locaux.  Il supprime des emplois après avoir bénéficié de 200 millions d’aides publiques à travers le CICE et le Crédit Impôt Recherche, dispositifs d’aide aux entreprises créés par le gouvernement. Il réalise ses investissements à l’étranger et plus en France.

C’est pourquoi :

Considérant l’importance pour l’économie locale et le budget communal, celui de l’agglomération havraise, de la Raffinerie de Normandie dont la fermeture entrainerait des conséquences dramatiques sur l’emploi, l’activité industrialo portuaire du Havre et la capacité de la Ville de Gonfreville-l’Orcher de répondre aux besoins de ses habitants,

Considérant le niveau de son chiffre d’affaires, de ses bénéfices, de la rémunération de ses actionnaires,

Considérant les différentes aides publiques reçues massivement de la nation pour soutenir son activité et rappelées très partiellement dans ce texte,

Considérant notamment le soutien constant qu’il reçoit de l’Etat, en particulier sur le plan diplomatique, pour favoriser son activité à l’étranger,

Les élus de Gonfreville-l’Orcher estiment que le devoir du groupe Total est d’investir en France pour améliorer et pérenniser ses sites de raffinage et les emplois induits. Ils lui demandent de prévoir les investissements nécessaires sur la Raffinerie de Normandie pour assurer la pérennité de l’appareil de raffinage servi par le savoir-faire de ses salariés.

Par ailleurs,

Considérant l’importance pour l’économie, l’emploi et la souveraineté nationale de posséder sur son sol des raffineries nécessaires,

Considérant que la France ne doit pas devenir dépendante en matière de produits finis et énergétiques ce qui représenterait une faute politique grave pour les gouvernements successifs qui contribuent par leur complicité ou leur passivité au mouvement de diminution de la capacité de raffinage en France rappelé dans le texte,

Considérant que les questions liées à la production énergétique demeurent d’intérêt public notamment parce qu’en découlent la manière dont chaque foyer peut s’approvisionner et des coûts pour lui de ces approvisionnements,

Les élus de Gonfreville-l’Orcher demandent à l’Etat de prendre toutes ses responsabilités en définissant une politique nationale du raffinage basée sur les savoirs faires industriels et les capacités existantes en France, quitte, en l’absence de collaboration du secteur privé à cet objectif national, à prévoir par voie de nationalisation la création d’un secteur public du raffinage.

Les élus de Gonfreville l’Orcher s’engagent à soutenir toutes les luttes qui seront menées pour la sauvegarde et la pérennisation des sites de raffinage.


 


 

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