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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 19:28

OUI AUX COOPERATIONS INTERNATIONALES

NON A TOUTE CONSTITUTION

EUROPEENNE



Un traité pour les profits

Déjà l’économie de marché réglemente tout, y compris les services de l’Etat et la gestion publique. Tout est soumis à la règle de la concurrence et du profit : les salariés, les protections sociales, l’environnement, la santé, l’éducation …90% des lois françaises sont la transposition de lois européennes. La SNCF, privatisée partiellement, a supprimé des milliers de kms de voies ferrées. Des économies dangereuses sont faites sur la maintenance : jamais on a connu autant d’incidents dûs au mauvais entretien sur la ligne Rouen-Paris. La Poste n’achemine le courrier rapidement que pour ceux qui paient le prix fort. L’EDF-GDF est mise en concurrence. Bientôt ses tarifs augmenteront et aucun usager ne paiera son électricité au même prix.

Les délocalisations se multiplient en Europe. C’est le chantage à l’emploi :« Acceptez d’être moins payé et de travailler plus longtemps », disent les patrons  « ou nous irons ailleurs ». EADS restructure en délocalisant comme le fait Boing qui sous-traite 80% de sa production.


Le mépris du « non » français et néerlandais

Laurence Parisot admoneste les candidats aux élections présidentielles : «  Nous les chefs d’entreprises nous sommes européens […] . Au cours des dernières décennies nos entreprises ont profité du marché unique [ …] . Le travail est loin d’être achevé. Préparer un nouveau texte constitutionnel est une priorité et une urgence ». Royal, Voynet, Bayrou, Sarkozy et tous les chefs d’Etats européens sont en parfait accord avec la présidente du Medef pour imposer un traité constitutionnel qui enlèverait tout pouvoir de décision aux peuples. La souveraineté populaire, la souveraineté nationale sont niées. Les Néerlandais et les Français ont dit « non » : ils veulent les faire voter jusqu’à ce qu’ils disent « oui » !


L’illusion sociale

La plupart des partis de gauche et d’extrême-gauche, et même les syndicats (comme la Confération européenne syndicale) parlent d’Europe sociale. Mais comment faire une Europe sociale avec 27 pays aux histoires politiques et sociales si différentes ? Avec l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie, l’UE a basculé à droite et un groupe d’extrême-droite a pu se constituer. Cette Europe-là se constitue contre les droits des salariés et le seul changement social qu’elle propose est la casse du code du travail.


Des coopérations internationales

Nous voulons que la France s’engage dans un processus de sortie de cette Europe. Nous proposons des coopérations engagées par les peuples, basées sur la prise en compte des intérêts de chaque peuple. Seules des coopérations internationales, contrôlées par les Etats peuvent servir les salariés et les petites entreprises.




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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 23:30

La crise politique et sociale pose un problème pratique aux grands partis politiques: comment organiser les élections s'il n'y a personne pour organiser les bureaux de vote, le dépouillement... ?

Difficile de payer des fonctionnaires... Très vite, la tendance naturelle à exclure l'acteur humain des décisions conduit à chercher des solutions informatiques. Cà tombe bien, l'informatique a réponse à tout, ceux qui la font sont le plus souvent dans l'illusion idéologique d'une technologie qui serait neutre et efficace... Enfin, la puissance
marketing des intérêts privés de constructeurs fait le reste... Les ordinateurs de vote arrivent...

Ce printemps, plus d'un million d'électeurs voteront obligatoirement à l'aide d'ordinateurs de vote : dans une grande partie des Hauts de Seine, à Amiens, Brest, le Havre,  Reims, Le Mans, Mulhouse, etc... Or, les risques de fraude sont transformés par ces outils et leur contribution au résultat final peut devenir significative. L'urne transparente et le dépouillement public sont remplacés par un ordinateur dont il est impossible de vérifier les résultats et dont on ne peut rien savoir pour cause de secret industriel.

Ce sujet est évidemment très politique, et tout est fait pour que les risques techniques et politiques de ces ordinateurs de vote ne soient  pas discutés. Pourtant, ces risques existent. Une démonstration frappante (i-Télé, 6 min): http://ordinateurs-de-vote.org/dn#itele

Sur le fond, il ne s'agit évidemment pas de refuser une modernisation du vote et notamment de la consolidation des résultats, mais pour maintenir la nature démocratique de l'élection, celà doit se faire dans le cadre d'une organisation locale du vote, de la possibilité pour tout électeur de contrôler lui-même de visu la sincérité du vote, de la participation la plus large possible des citoyens à l'organisation concrète du vote... Enfin, dans un monde d'inégalités culturelles et techniques, le vote doit reposer  sur une pratique non discriminante.

Une pétition a été lancée pour demander le maintien du vote papier et des états généraux sur l'organisation des élections.
http://ordinateurs-de-vote.org/vp

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 23:35
Face à la concurrence des pays émergents, un "protectionnisme européen raisonnable" s’impose, estime l’historien. Pourquoi l’économie n’est-elle pas au centre du débat électoral ?

Serait-il en voie de devenir le gourou des politiques ? Rappelez-vous sa fameuse note de l’automne 1994, Aux origines du malaise politique, qui permit à Jacques Chirac de mener campagne sur la « fracture sociale ». Peu se souviennent que, dès 1976, à l’âge de 25 ans, le jeune démographe Emmanuel Todd avait prédit dans la Chute finale la décomposition de l’Union soviétique.
En 2002, il règle aussi
le sort des Etats-Unis (Après l’empire) et continue de guetter leur effondrement. Et voilà qu’à l’automne dernier, il est parti en guerre contre les  « candidats du vide » que sont à ses yeux Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Son nouveau combat ? La création d’une aire protectionniste européenne, afin de soulager les classes laborieuses des maux du libre-échange. A voir la virulence des réactions qu’il suscite, il semble que le petit-fils de l’écrivain Paul Nizan et le fils du journaliste Olivier Todd gratte à nouveau là où ça fait mal…

Le 13 septembre 2006, vous déclariez dans une interview au Parisien : « Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont “les candidats du vide”. » C’est toujours votre opinion ?

A ce jour, je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’avis. Je les appelle comme ça non pas pour leur côté people, la brume autour de leur vie de couple, mais pour une absence de discours sur la seule chose qui intéresse et angoisse les Français : le système économique qui a engendré la pression sur les salaires et l’insécurité sociale. Toutefois, il serait injuste de jeter l’anathème sur Sarkozy sous prétexte qu’il dit tout et n’importe quoi, et sur Ségolène Royal parce qu’elle ne dit rien sur l’économie, sans ajouter que François Bayrou les a malheureusement rejoints. Je persiste à dire que s’ils ne mettent pas la question du libre-échange au cœur de leur programme, ils seront à côté de la situation réelle du pays, des souffrances des gens. Cela explique que la campagne ne démarre pas, et que le corps électoral ne suive pas.

Vous dénoncez un « système médiatico-sondagier » qui aurait « imposé » le binôme Sarkozy-Royal...

Dans les phases pré-électorales, avant que les thèmes aient été présentés par les candidats ou les partis, l’électorat populaire est inerte. Les sondages qui ont été réalisés à ce moment-là représentaient l’opinion des classes moyennes, et plutôt des classes moyennes supérieures, parmi lesquelles on trouve les journalistes, les sondeurs… Ces derniers le savaient mais, au lieu de reconnaître que leur boulot ne valait rien, ont préféré dire : « les sondages sont une photographie de l’opinion à un moment donné ». C’est une escroquerie !
Ils suggèrent que l’opinion change, alors qu’on assiste en réalité à un phénomène de formation, de cristallisation d’une opinion populaire qui n’existait pas et qui émerge dans le courant de la campagne.

Mais ce ne sont quand même pas les sondeurs qui ont choisi Ségolène Royal !

Il est vrai que les adhérents n’étaient pas obligés d’écouter les sondages qui leur disaient que seule Ségolène Royal avait des chances. Beaucoup plus qu’il n’a désigné sa candidate, le PS s’est révélé indifférent aux questions économiques. C’est dommage, lorsque l’on voit qu’un Fabius, dans ses derniers discours, a mûri sa réflexion et propose une vraie vision de l’Europe.

Un peu tard…

Oui, mais il ouvre aujourd’hui la voie à une contestation efficace du libre-échange. Et le premier candidat majeur qui abordera le sujet cassera la baraque !

A quoi le voyez-vous ?

A l’automne dernier, j’ai fait quelques interventions radio en faveur de ce que j’appelle « un protectionnisme européen raisonnable ». La montée d’un prolétariat chinois sous-payé a un effet gravement déflationniste sur les prix et les salaires des pays industrialisés et elle n’est pas près d’être enrayée, car la Chine est un pays totalitaire. Il faut donc des barrières douanières et des contingentements provisoires. J’ai été très frappé de la réceptivité de la société française à cette remis  en question du libre-échange. Puis Dominique de Villepin m’a demandé d’ouvrir la conférence sur l’emploi par un topo sur le sujet. Lorsque vous intervenez, non plus à la radio, mais au cœur du système, en présence du Premier ministre, du ministre de l’Economie, des syndicats, du Medef, c’est la panique. Tout le monde sent en effet qu’un candidat qui arriverait avec un projet protectionniste européen bien ficelé serait élu, d’où qu’il vienne. Et personne ne peut rire d’une Europe protégée de 450 millions d’habitants, d’autant moins qu’elle pourrait réaliser l’impossible, c’est-à-dire, à l’intérieur de chaque pays, la réconciliation des dirigeants et des groupes sociaux.

Vous avez déclaré que l’émergence du thème protectionniste viendrait plutôt de la droite…

Le Parti socialiste et l’UMP sont tous deux décrochés des milieux populaires et probablement d’une bonne partie des classes moyennes. Ce sont des superstructures qui flottent dans les classes moyennes supérieures. Mais cette oligarchie est coupée par le milieu : le PS représente l’Etat, et l’UMP, le marché. Ceux qui sont bien logés dans l’appareil d’Etat – fonctionnaires de catégorie A, j’en fais partie – ont une indifférence encore plus grande aux maux du libre-échange. A droite, c’est vrai que le capitalisme financier s’en contrefout. Mais ce n’est pas le cas des secteurs de production. N’oubliez pas que le premier théoricien du protectionnisme, l’économiste allemand Friedrich List, était un libéral. Les protectionnistes sont des adeptes du marché, à condition de définir la taille du terrain…

La régulation du marché ne serait pas qu’une histoire de gauche ?

D’abord, il faut rappeler que les socialistes ont une arrogance de bons élèves que n’ont pas les gens de droite. Ils oublient facilement que dans l’histoire des idées économiques, les basculements sont transpartisans ; au début des années 70, la gauche et la droite étaient en faveur d’une économie régulée par l’Etat. Le basculement dans l’ultralibéralisme a fini par toucher tout le monde. Si l’on en vient, comme je l’espère, à l’idée que la protection européenne est la bonne solution, au final, gauche et droite seront d’accord. Reste à savoir qui va démarrer le premier.

Vous avez eu des mots très durs pour « la petite bourgeoisie d’Etat », qui « ne comprend pas l’économie »…

L’une des forces de la France, c’est son égalitarisme, et la capacité de sa population à s’insurger. Cet esprit de contestation explique dans notre pays la suprématie de la sociologie. En revanche, la France n’a jamais été en Europe l’économie dominante, elle a toujours été, depuis le Moyen Age, en deuxième position. La pensée économique française est donc restée à la traîne. Il se trouve que notre unique Prix Nobel d’économie, Maurice Allais, un vieux monsieur, est protectionniste ! Alors on décrète que notre vieux Prix Nobel ne vaut rien en économie… Ne soyons pas naïfs, toutes les rigidités ne sont pas intellectuelles, car deux nouvelles catégories de soi-disant économistes sont apparues : des types issus de la haute fonction publique, d’autant plus adeptes du marché qu’ils ne savent pas ce que c’est, et des économistes bancaires, qui sont en fait des commerciaux dont les intérêts sont imbriqués à ceux du système.

Vous avez prédit en 2003 le déclin américain, qu’on ne voit toujours pas venir…

Je maintiens que si une économie est puissante, cela s’exprime dans l’échange international. Or, les Etats-Unis, avec 800 milliards de déficit commercial, sont déficitaires avec tous les pays du monde, y compris l’Ukraine. Les Etats-Unis, c’est le pays des mauvaises bagnoles, des trains qui vont lentement, où rien ne marche très bien, où il est difficile de faire changer un compteur à gaz en dehors des grandes villes, où la mortalité infantile est la plus forte du monde occidental. Où l’informatisation et la robotisation – c’est masqué par l’essor des ordinateurs individuels – est faible. Là-bas, le discours sur l’économie virtuelle, sur « l’immatériel », est un discours délirant. Parce que l’économie, ce n’est pas l’abolition de la matière, mais sa transformation par l’intelligence.De temps en temps, l’état réel de l’Amérique apparaît : face à un événement comme l’ouragan Katryna, l’économie virtuelle, les avocats, les financiers, pas terrible, hein…

C’est cette Amérique-là qui fascine Nicolas Sarkozy...

Ce n’est pas tant le bushisme de Sarkozy qui est scandaleux, que sa mauvaise maîtrise du temps, son manque d’à-propos, puisqu’il est allé faire allégeance à Bush juste avant que l’énormité de son échec en Irak ne soit reconnue aux Etats-Unis mêmes ; quant à Ségolène Royal, elle a manifesté une vraie rigidité de pensée en refusant pour l’Iran le nucléaire civil aussi bien que militaire. Je ne vois pas comment ces deux candidats pourraient penser le protectionnisme européen, question qui suppose intérêt pour l’économie, mais aussi maîtrise de la politique étrangère, car la première chose qu’il va falloir faire, c’est négocier avec l’Allemagne !

L’économie allemande est repartie. En quoi l’Allemagne aurait-elle besoin du protectionnisme ?

Pour les idéologues du libre-échange, l’Allemagne est le pays qui réussit le mieux. Mais de mon point de vue, c’est celui qui arrive le mieux à se torturer lui-même. Au prix d’une terrible compression salariale, l’Allemagne a abaissé ses coûts de production et gagné des parts de marché en Europe, contribuant à l’asphyxie de la France et de l’Italie.
Elle aurait maintenant tout à gagner à un marché européen prospère, où l’on protège nos frontières, augmente les salaires, gonfle la demande intérieure. Tout cela, il faut le penser, être capable de le négocier. Et je ne ressens pas dans notre binôme cette compétence diplomatique…

Le système libéral peut-il se régénérer ?

Le libre-échange intégral et la démocratie sont incompatibles, tout simplement parce que la majorité des gens ne veut pas du libre-échange. Donc, soit la démocratie gagne et on renonce au libre-échange, soit on supprime le suffrage universel parce qu’il ne donne pas les résultats souhaités par les libéraux. Le seul pays à avoir jamais inscrit dans sa Constitution le libre-échange a été les Etats américains sudistes, esclavagistes. Le Nord, industriel et démocratique, derrière Lincoln, était protectionniste. Normal, puisque le protectionnisme définit une communauté solidaire et relativement égalitaire, alors que le libre-échange suppose des ploutocrates et une plèbe. La Chine a résolu le problème : c’est un modèle totalitaire qui pratique le libre-échange. Avec la Chine, on parle d’un modèle capitaliste imparfait, alors que c’est peut-être le modèle achevé !

Si l’Europe se décidait pour le protectionnisme, comment la Chine réagirait-elle ?

Elle s’écraserait parce qu’elle a trop besoin des machines-outils allemandes. Le rétablissement d’une souveraineté économique aux frontières de l’Europe renforcerait nos capacités de négociation. Le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie, on définit des zones de protection, tout peut se négocier. Ce n’est pas un univers idéologique, contrairement au libre-échange qui prétend avoir une recette universelle pour tous les produits.

Autre sujet polémique, l’Iran, que vous déclarez depuis 2002 être engagé « dans un processus d’apaisement intérieur et extérieur »

En octobre, dans Marianne, je disais : Ahmadinejad et ses horreurs sur l’Holocauste, ce n’est que la surface des choses, il faut faire le pari d’un Iran avec de vraies virtualités démocratiques, associé à sa spécificité chiite, parce que le chiisme, culture du débat, de la révolte, est une bonne matrice pour la démocratie. Or, que s’est-il passé ? Ahmadinejad s’est pris une claque électorale. Vous remarquerez d’ailleurs que l’Iran, où l’alphabétisation des femmes a fait chuter la fécondité à 2,1, où les étudiants sont en majorité des étudiantes, est un pays qui n’arrête pas de voter ! Il faut donc continuer à dire tout le mal qu’on pense d’Ahmadinejad, mais résister aux provocations, ne pas se laisser entraîner par les Etats-Unis dans une confrontation.

Pourquoi l’Europe devrait-elle se rapprocher de l’Iran ?

L’objectif des Etats-Unis n’était pas seulement de faire la guerre en Irak mais d’entraîner Français et Allemands dans cette guerre, et ils feront de même avec l’Iran. Par ailleurs, l’intérêt des Iraniens est d’importer des machines-outils européennes, celui des Européens, inquiets de la prédominance de la Russie dans leurs approvisionnements énergétiques, est d’avoir un deuxième partenaire. Ma position traduit un désir de paix mêlé d’une géopolitique raisonnable. Mais je crains que les Américains n’attendent la présidentielle française pour déclencher leur attaque sur l’Iran, une fois débarrassés de Chirac. Il faut donc absolument contraindre nos deux candidats à dire ce qu’ils feraient en cas d’attaque américaine.

Le goût de la prospection, d’où vous vient-il ?

De formation, je suis historien. C’est normal de vouloir connaître la suite de l’histoire non ? Je ne suis jamais allé en Iran, et je n’étais pas allé en Union soviétique avant d’annoncer l’effondrement du système, mais je ne suis pas davantage allé dans le XVIIIe siècle. Sur ces pays, je travaille en historien, à travers des documents, des paramètres, des statistiques. Et je prolonge des tendances… Tous les historiens ne se promènent pas dans le futur immédiat… On va souvent vers l’histoire pour échapper au présent, pour se réfugier dans le bruit et la fureur des événements d’autrefois. Mais quand on parle à des médiévistes, on s’aperçoit qu’ils ont une vision aiguë du présent. Simplement, ils n’ont pas le goût de faire ça. Il faut dire que le présent est très inquiétant. En ce moment, je travaille sur les systèmes familiaux du passé, et quand j’essaie de dater l’émergence de la famille communautaire en Chine, dans mon petit bureau, avec mes petites cartes, je me sens protégé.

Propos recueillis par Vincent Remy

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 23:31

Dans le contexte actuel, les communistes auront du mal à se déterminer à l'élection présidentielle.

Le “programme” de Marie-George Buffet est d'une platitude telle que l'on reste confondu. La candidate de la “gauche populaire et antilibérale” se propose de “vivre mieux”. “On y a droit”, proclame la deuxième partie du slogan. Un slogan qui laisse rêveur sur les conceptions du Parti communiste. Est-ce que nous voulons conforter une attitude passive, consommatrice - “On y a droit” - ou inciter les classes populaires à se battre pour conquérir, arracher des droits aux classes dirigeantes ? Est-ce que dans l’Histoire, à aucun moment, le peuple a pu se contenter de dire : “On y a droit” pour obtenir quoi que ce soit ? La lutte de classe n'est pas morte, sauf pour le Parti communiste manifestement.

Quoi de plus démobilisateur qu'un candidat sans parti - communiste s'entend, car Marie-George lorgnait sur la minorité de la LCR et les groupuscules d’extrême gauche jusqu'à la rupture avec les collectifs - et sans programme ?

En terme de programme, Marie-George ne fait que décliner un ensemble de vœux pieux et de mesures en demi-teinte, de tonalité chrétiennes de gauche. De quoi mobiliser les troupes, et surtout ne pas effrayer qui que ce soit.  C’est le leitmotiv de nos dirigeants : surtout, ne pas montrer que nous sommes communistes. Surtout ne pas aborder les sujets qui fâchent : l’Europe, le PCF la veut “sociale” ; la cinquième République, il faudrait la remplacer par une sixième plus démocratique ; le salaire minimum, 1 500 euros bruts, à condition de trouver les financements... On croit rêver...

Si la candidature “populaire et anti-libérale” atteint plus de 2 % de suffrages, c'est qu'il reste dans notre pays des électeurs soucieux de protéger les espèces en voie de disparition…

Au Comité national, certains posent déjà des jalons : “Les communistes veulent porter haut et fort les aspirations populaires, au plus haut sommet”. C'est une manière détournée d'affirmer que le Parti a bien l'intention de retourner au gouvernement. La direction nationale n'en fait pas mystère, même si elle se drape dans une réserve qui ne doit pas faire pas illusion : “Nous appellerons à voter pour la gauche au 2e tour sans rien demander en échange”. Une manière élégante de faire passer le message au Parti socialiste : nous sommes prêts à vous apporter nos voix contre remerciements.

Est-ce à cela qu'est réduit le Parti communiste ? A cacher son identité communiste et à mendier auprès du Parti socialiste des circonscriptions, un groupe parlementaire, voire un ou deux postes de ministres contre bons et loyaux services ? La direction nationale va-t-elle une fois de plus mentir aux adhérents du Parti en négociant dans leur dos un accord avec la social-démocratie ? A n'avoir qu'une stratégie de survie à court terme, le Parti communiste est en train de se détruire. Et que se passera-t-il si au lieu de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy était élu ?

janvier 2007
[source = gauche communiste du PCF]
par El diablo

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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 19:42

Le patronat, le gouvernement, les chantres de l’économie capitaliste et de l’Europe des multinationales n’ont qu’un objectif : torpiller les systèmes de  retraite actuels.

Ils prédisent le pire : les retraites en cours, celles à venir, seraient condamnées à se réduire ; quant aux jeunes, ils ne devraient même plus espérer un avenir plus tard.

Selon eux, pour assurer l'avenir il faut reculer l'âge du départ en retraite pour les générations qui arrivent à 20 ans sur le marché du travail et transformer le système par répartition en le complétant par des fonds d'épargne, des fonds de pension.

En réalité, ce sont les problèmes d'emploi et de salaire, c'est utilisation de l'argent qui sont la cause des problèmes de financement actuels de la retraite.

Le chômage de masse affectant 3 millions 500 000 personnes freine le nombre de cotisants, tout comme le développement du travail à temps partiel. Dans le même temps les allégements de "charges sociales" et exonérations décidées par le gouvernement Jospin et amplifiées par celui de Raffarin aboutissent à ce que les entreprises ne participent plus au financement de la protection sociale et des retraites.

Environ 70 % des salariés du secteur privé sont dans des zones de salaires exonérés. La faible progression des salaires soumis à cotisation entraîne une baisse des cotisations, la substitution au salaire proprement dit d'éléments de rémunération, comme les primes d'intéressements, la participation, l'épargne ne sont pas soumis à cotisations sociales.

Notre pays à les moyens d'assurer une retraite convenable à chaque salariés.

La France est une des six premières puissances économiques mondiale. Le taux de productivité du travail est un des plus élevé du monde industriel.

Les entreprises françaises ont engrangé 2000 milliards de francs de profits en 2000, les valeurs boursières du capital ont progresse de 30 % en un an. Il est donc faux de dire que le pays n'aurait pas les moyens de maintenir le système de retraite actuel, mis en place à la fin de la deuxième guerre mondiale afin de ne  plus laisser personne sans ressources après soixante cinq ans.

Malgré les insuffisances et les inégalités, le résultat est que la France est au premier rang des pays développés pour son système de retraite.

Evidemment cela ne convient pas au patronat, qui aspire à mettre la main sur les  1000 milliards de francs versés par les cotisants, afin de spéculer.

Ne pas baisser les bras intensifier les luttes

Les salariés et retraités d◊EDF GDF ont montré la voix à suivre en rejetant par référendum le projet du gouvernement sur leur système de retraite et la privatisation de l’entreprise. C’est aussi un avertissement à tous ceux qui se préparent à plier devant l’offensive de régression sociale du pouvoir et du MEDEF.

Il faut agir afin

                    de mettre en échec la stratégie gouvernementale et patronale et imposer un mode de financement garantissant le maintien de la retraite à 60 ans d’un montant de 75 % du salaire ainsi que le retour à l’indexation des retraites sur les salaire.

                    d’obtenir l’extension des cotisations à toutes les rémunérations (intéressements, participation etc...), le prélèvement sur les revenus financiers du patronat qui aujourd’hui échappent à tous prélèvement de nature sociale, l’augmentation du financement patronal, qui stagne depuis 1979 à 8,2% alors que celui des salariés a augmenté dans le même temps de 40%.

La prise en compte dans l’avenir des périodes d’études, d’apprentissage, de recherche d’emploi dont les annuités ouvrent droit à la retraite.En développant ainsi la solidarité entre les générations d’une part,  les salariés  du secteur public et privé d’autre part, nous mettrons en échec  les Chirac- Raffarin et Sellières.

 

Serge LALOYER

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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 18:30
La semaine dernière la presse annonçait Le départ de Laurence DANON, PDG du groupe Printemps suite à la vente du groupe par son propriétaire à l’Italien Maurizio Borletti. Mme Danon n’a pas souhaité travailler avec les nouveaux propriétaires. Elle a empoché en partant 2,6 millions d’euros d’indemnités .
 
« Les indemnités de la PDG créent un malaise » titrait « Le Parisien ». Et pour cause : 84% des salariés du printemps gagnent moins de 1.500 euros brut par mois et la direction du Printemps n’a lâché que 1,6% d’augmentation pour les bas salaires en juillet dernier. Une misère ! Récompensée pour ses bons et loyaux services au patronat :
 
Le 5 février L. Parisot, patronne du MEDEF, était l’invitée de « France –Inter » de 8h.15 à 9h.00 pour commenter son livre « Besoin d’air » et l’actualité.
 
Interrogée sur ce qu’elle pense de ce nouveau « parachute » doré pour une patronne, elle répond :
 
« C’est normal, il faut récompenser le talent et la performance pour l’entreprise, la rémunération doit être en lien avec la création de richesses ».
 
Ça oui, Madame Danon a du talent, elle a même permis au ¨Printemps d’accroître ses profits, en réduisant les emplois de plusieurs centaines (les effectifs du Printemps ont fondu de 12,2% sous sa direction) et, disent les salariés : «  avec elle les salaires n’ont jamais été aussi bas ».
 
Mme Parisot ajoute à propos de ceux qui « commentent l’ampleur de la somme » : « derrière tout ça il y a beaucoup de jalousie ».
Ouh sur les vilains salariés jaloux ! De quoi se plaignent-ils ?
 
Elle dit encore, sérieusement : « La richesse, c’est quelque chose qu’il faut faire croître en permanence, c’est en faisant progresser la richesse que ce sera mieux pour les salaires et l’emploi ».
 
Et enfin, non sans cynisme : « « L’enveloppe de départ de Laurence Danon reste modeste comparée au pactole touché par d’autres grands patrons : 12 millions d’euros pour Jean-Marc Espalioux écarté d’Accor, et 13 millions pour Antoine Zacharias ex PDG de Vinci . Pas mal.
 
Au fait Mme L. Danon est responsable de la commission nouvelles générations du MEDEF.
 
 France Inter a évoqué aussi l’âge du départ à la retraite. Mme Parisot veut supprimer la retraite à 60 ans et instaurer un système « à la carte » sans limite d’âge. Mme Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, a cité l’exemple d’un salarié d’Areva qui a… 74 ans. C’est formidable dit-elle, il est très content et nous aussi. (sic)
 
Voilà ce que veut faire le patronat.
 
Seule la lutte, des salariés, des étudiants, des chômeurs, des retraités, permettra de modifier tout ça.
[source : « communistes »]
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 22:42

A lire de nombreux blogs "anti-libéraux", on observe que le débat fait rage autour de la candidature de José Bové qui, en quelque sorte et sans jeux de mots, "couperait l'herbe sous le pied" de Marie-George Buffet...d'autres s'indignant de la candidature de la secrétaire nationale du PCF, peu rassembleuse parce que "communiste"...

Il est parfois bien utile, dans de telles circonstances, de prendre un peu l'air ambiant. Ainsi, pour peu que l'on soit à l'écoute et que l'on lance la discussion sur ce terrain, qu'entend  t-on sur les lieux de travail ? D'abord que de nombreux salariés sont totalement déboussolés et ne savent plus à quel saint se vouer : 25 ans d'alternance droite/ gauche (y compris avec des ministres PCF) çà laisse des traces...

D'autre part que, pour beaucoup, il ne s'agira pas de voter pour un candidat et son programme mais d'utiliser un bulletin de vote, soit pour exprimer une colère (pas toujours bonne conseillère...) ou un rejet du candidat favori de la grande bourgeoisie capitaliste. Je connais des électeurs potentiels, disons, de la « gauche du PS », qui sont prêts à voter Royal ou même Bayrou dès le 1er tour pour barrer la route à Sarkozy. 

 On voit bien, qu’avec cette Constitution, la démocratie est bafouée et que le vote du 22 avril ne traduira pas réellement les aspirations populaires.  Avec l’expérience acquise, tant sur le plan national qu’international, je pense qu’un communiste aujourd’hui doit s’interroger sur l’attitude la plus efficace à avoir, pas tant pour battre la droite que pour définir une politique et une stratégie qui ouvre la voie à des changements progressistes.

En effet : à quoi sert de battre la droite si 5 ans après elle revient au pouvoir encore plus réactionnaire et anti-sociale ? ( à ce compte là si l’on a pas Sarkozy en 2007 nous aurons peut-être Le Pen en 2012 !).

Sincèrement, il faut réfléchir à forger un autre outil que le PCF actuel qui soit l’outil du monde du travail, sortir du discours riches/pauvres et renouer avec l’analyse théorique autour d’exploiteurs/exploités. Très franchement en polémiquant autour des candidatures Buffet , Bové et autres, les blogueurs "anti-libéraux" sont, à mon humble point de vue, très largement hors sujet !           

 

EL DIABLO

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 20:23
Malgré ses lamentations, Renault fait des profits.  En 2005 les dividendes des actionnaires ont augmenté de 33,33% !  Mais ses salariés n’ont eu que 1, 6% d’augmentation.  Comme beaucoup de salariés du public et du privé qui voient leur pouvoir d’achat régresser année après année alors que grimpent les prix à la consommation : produits frais, médicaments déremboursés, essence, gaz…Il faut y ajouter le nombre grandissant de travailleurs pauvres qui ne peuvent s’offrir une voiture neuve : ils sont 7 millions de travailleurs pauvres à moins de 722 euros par mois.  Et 4 millions de chômeurs  qui ne peuvent même pas envisager une telle dépense !

Pas étonnant alors que les ventes de voitures qui sont une grosse dépense pour un ménage diminuent en France. A force de tout faire pour être compétitifs, licencier, réduire les salaires le patronat français a réussi un tour de force : les Français n’ont plus les moyens d’acheter ce qu’ils produisent!

Or comme tous les autres patrons, les patrons de Renault veulent augmenter encore leurs profits déjà grands.  Ils choisissent donc d’investir dans des entreprises à taux de profit plus élevé, de s’implanter dans d’autres pays et de faire pression encore plus sur les salaires et sur les achats d’équipements automobiles.  Renault entend encore baisser de 14% ce qu’il paie aux équipementiers.  Les conséquences, on les connaît : délocalisations en Pologne, en Tchécoslovaquie …et menaces sur les emplois :  Autolive, EMT, la FAC de Cléon sont en danger.

Dans ces conditions  le credo de la direction : « un salarié engagé c’est un salarié qui adhère aux objectifs et à la stratégie du groupe et qui est prêt à se dépasser pour assurer le succès de l’entreprise » revient à demander au condamné à mort de tresser lui-même la corde avec laquelle on va le pendre !

C’est pourquoi nous saluons les salariés qui aujourd’hui refusent cette logique du tout profit qui les sacrifie.  Seule la lutte peut faire reculer les patrons. 

C’est par les luttes que nous pourrons obtenir une augmentation des salaires qui permettent une vie digne pour les salariés et une relance de l’industrie en France.  C’est par les luttes que l’on peut refuser la logique de mise en concurrence des travailleurs entre eux et la relocalisation des industries de consommation en France.  Ce qui aura en outre l’avantage de réduire la circulation des camions, des avions, des bateaux et la production de gaz carbonique…

 

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 20:13

Le Pen, Sarkozy, Royal sont redevables de l’impôt sur la fortune.  Riches, sont-ils les mieux placés pour connaître les besoins des gens aux fins de mois difficiles et trouver des remèdes à la précarité et au chômage ?

Le Pen, Sarkozy et Royal s’engagent, la main sur le cœur, à réduire la fracture sociale face à l’explosion des inégalités.  Fait-il les croire quand aucun d’entre eux ne se propose de taxer les profits des grandes entreprises et de la finance ?  Dans ce cas qui va payer ?  Alors la fracture sociale ne risque-t-elle pas de se creuser ?

Le Pen, Sarkozy, Royal n’ont pas un mot pour s’opposer aux délocalisations, aux privatisations, à la mise à mal des services publics.  Sont-ils crédibles quand ils promettent la baisse du chômage, des moyens pour :l’éducation, les transports ou la santé ?

Et pourtant tous trois sont donnés favoris par les médias pour le second tour des élections présidentielles.  Est-ce à croire que ça n’est pas l’opinion publique qui fait les sondages mais plutôt les sondages qui font l‘opinion publique ?

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 13:10

Vous lirez, ci-dessous, le texte d'une tribune libre de Georges Hage adressée au quotidien "l'humanité". 

la partie du texte soulignée en jaune n'a pas été publiée par le quotidien du PCF.  
*
L’heure n’est pas à la dissolution du PCF mais à son ressourcement
*
 La mascarade des collectifs antilibéraux n’a que trop duré. Le spectacle donné, les 9 et 10 décembre derniers, à l’Ile St Denis, est affligeant. Nous voulons réconcilier la population avec l’action politique ? Que peuvent penser ceux qui souffrent du chômage, de la précarité, de l’incertitude du lendemain, des délocalisations et des plans sociaux de ces palabres stériles entre boutiquiers d’officines groupusculaires coupeurs de cheveux en quatre ? L’ambition, nous dit-on, est de rassembler celles et ceux qui ont œuvré à la victoire du non au référendum sur le projet de Constitution européenne. Parfait ! Mais où sont les forces qui ont permis ce succès ? Les socialistes partisans du non sont (presque) tous rentrés au bercail. Ils se sont rangés derrière la bannière de la candidate du oui, Ségolène ROYAL. L’extrême gauche –LO et la LCR– a ses propres candidats. Que pouvons-nous d’ailleurs espérer de ces organisations, dont la raison d’être a toujours été de diviser le monde du travail et de le conduire dans des impasses ? Alors que reste-il ? Une multitude de chapelles ne représentant qu’elles-mêmes. Et nous leur courons après en leur proposant un marché de dupes. Rassemblons-nous, leur disons-nous, mais il va de soi que la mieux placée pour représenter ce mouvement est Marie-George Buffet. Ils hurlent à la duperie. Le pseudo-rassemblement est donc au bord de l’explosion et sa crédibilité auprès de l’opinion publique est évidemment nulle. Dans cette tempête dans un verre d’eau, où sont donc nos concitoyens, ceux-là mêmes qui ont fait la victoire du non, qui rejettent la mondialisation capitaliste et ses ravages et qui voudraient bien voir enfin se dessiner une perspective fiable ? Ils n’y sont pas et ils se moquent comme d’une guigne de ces collectifs fantoches. Le désarroi, dans lequel nous les plongeons, ne peut que les conduire soit à l’abstention par écœurement, soit à des votes défouloirs ou nauséabonds par dépit, soit à un vote utile au 1er tour par crainte d’un second 21 avril. Il est donc temps d’en revenir à quelques « fondamentaux ». Pourquoi le Parti Communiste Français a-t-il vu le jour ? Parce que la classe ouvrière et le monde du travail avaient un urgent besoin d’une organisation, qui leur soit propre pour défendre leurs intérêts de classe face au capital et préparer la nécessaire transformation sociale. La social-démocratie s’était fourvoyée dans la collaboration avec la bourgeoisie et le désastre de la première guerre mondiale. Le peuple était démuni. Il lui fallait cet outil de résistance et de conquête. Autre époque ? Sans doute. Mais dans quelle situation sommes-nous ? Le Parti socialiste, à l’épreuve du pouvoir, n’a-t-il pas sombré dans l’acceptation d’une société capitaliste indépassable et tout juste réformable à la marge ? Jamais son programme, les déclarations de sa candidate n’ont été à ce point marqués du sceau du renoncement au changement de société. Evidemment, nous avons un problème : notre Parti a plongé dans le même gouffre, en participant à des gouvernements de reniements. Pensons-nous nous en sortir en nous diluant dans un agglomérat de groupuscules inopérants ? Ce serait signer notre disparition. Ce ne serait pas rompre avec la période précédente, car si la question de ministres « communistes » devait se reposer, je suis convaincu que nous y retournerions, notre présence sous les ors de la République palliant notre inexistence politique et l’absence d’un projet révolutionnaire clairement défini (la notion de « visée communiste », que nous employons, est à ce point floue que l’horizon du changement parait inatteignable). Le non a ouvert ou, plutôt, révélé un vaste espace politique, de même que les mobilisations contre le CPE, pour la retraite ou la Sécurité Sociale, il appelle à ce que les millions de nos concitoyens disposent à nouveau d’une organisation pour combattre le capital dans ses mutations destinées à prolonger sa domination et construire une société de transformation sociale. L’heure n’est pas à la dissolution du Parti communiste mais à son ressourcement. Le vide politique est béant. Qu’attendons-nous pour le combler ? Cela implique de rompre clairement et visiblement avec nos stratégies de compromission d’hier avec la social-démocratie et de marginalisation d’aujourd’hui. Il nous faut retrouver le terrain des luttes sociales – le champ est vaste -, notre rôle d’éveilleur des consciences et de porteur d’une société alternative au capitalisme. Le premier geste réside dans l’entrée en campagne sans plus aucun retard d’un(e) candidat(e) communiste aux élections présidentielles et de candidat(e)s communistes dans chaque circonscription pour les élections législatives. 
Georges HAGE
 Vétéran du Parti Communiste, Doyen de l’Assemblée Nationale.



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