Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:56

nazis-ukraine.jpg

 

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'instauration d'un gouvernement par la force présentée comme une victoire démocratique, la célébration de l'arrivée au pouvoir d'activistes fascisants comme celle de combattants de la liberté : même nos médias ont de la peine désormais à nous vendre la mascarade ukrainienne.

 

« Maintenant, le règne des banquiers va commencer ». On n'est pas en 1848 mais en 2014, en Ukraine. Derrière la mascarade d'une « insurrection populaire » animée par les groupuscules fascistes, manipulée depuis Berlin, Washington, la réalité d'un gouvernement qui n'a rien de révolutionnaire.

Le nouveau Premier ministre est le banquier Arseni Iasteniouk. Favori des États-Unis, il connaît bien le régime ukrainien pour y avoir occupé tous les postes-clés : président du Parlement, Ministre des Affaires étrangères, Minçistre de l'Economie, président de la Banque centrale. Il y a appliqué alors avec zèle une ligne pro-européenne et de soumissions aux diktats du FMI.

Dans les postes-clés ont été installés des leaders pro-européens, du parti de Timoschenko, très proche de l'Allemagne et de l'UE dans un gouvernement composé essentiellement de bureaucrates, de trafiquants, de banquiers et de voyous fascistes, certains cumulards.

Un mélange hétéroclite mais cohérent : des banquiers prêts à obéir au FMI, de « businessmen » nés de la chute de l'URSS formés aux Etats-unis, des « ministres professionnels » pro-européens, trempés dans les scandales de corruption, proches des clans oligarques. Regardons cela en détail.

 

Aux affaires étrangères, des bureaucrates pro-européens

 

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-européen, il a travaillé notamment dans les institutions internationales. La dernière en date, l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne !

A l'intégration européenne, Boris Tarasiuk, un politicien professionnel, il a déjà servi comme ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, atlantiste, il a déjà été ambassadeur au Bénélux, représentant de l'Ukraine à l'OTAN.  Il est également le fondateur de l'Institut pour la coopération euro-atlantique (IEAC), une fondation qui milite activement pour l'adhésion de l'Ukraine à la fois à l'UE et à l'OTAN.

A la politique régionale, Volodimir Groysman, jeune loup, maire de Vinnitsa. Cet ancien membre du « Parti des régions » de Ioutchenko a fait fortune dans l'agro-business et l'immobilier, c'est aussi un ami de l'oligarque de Vinnitsa pro-européen et pro-américain Petro Poroshenko. Grosyman est par ailleurs réputé pour être proche du gouvernement polonais.

 

A l'économie, des banquiers proches des « oligarques »

 

A l'économie, Pavlo Cheremeta, la vitrine officielle, cet économiste de propagande formé aux Etats-unis est le fondateur de la première « business school » à Kiev, il est à la tête d'un réseau d'universités, écoles de commerces en Europe centrale et orientale diffusant l'idéologie libérale, tout comme la « Kiev school of economics » dont il était le président jusqu'en février 2014. 

Aux finances, Oleksander Chlapak, le vrai homme fort. Successivement vice-président de PrivatBank – la 1 ère banque privée du pays – vice-président de la Banque centrale d'Ukraine et enfin président du Trésor national ukrainien, tout en ayant servi entre-temps comme Ministre de l'économie et de l'intégration européenne !  Chlapak est connu pour être le représentant de l'oligarque Kolomoysky, la deuxième fortune du pays, à la tête d'un conglomérat réunissant banques (PrivatBank), métallurgie, pétrole, médias, finance.

A l'énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous Ioutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l'énergie », censé réguler le marché national de l'énergie, en fait aboutissant à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée. Prodan est également très proche du groupe du millardaire Igor Kolomoisky. 

A la justice, Pavlo Petrenko, spécialiste du consulting privé en droit, il a été pendant plusieurs années Conseiller général de la Caisse des bons du trésor ukrainienne, une des premières banques du pays.

Enfin à l'Intérieur, le businessmen véreux Arsen Avakov, fondateur d'une banque commerciale et d'un fonds d'investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d'Interpol. Un bon garant du respect du droit et de l'ordre juste !

 

Des fascistes aux postes-clés … jusqu'au numéro 2 du régime !

 

Le vice-premier ministre, numéro 2 derrière Iasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ». Il est connu pour ses interventions virulentes au Parlement, sa croisade « anti-avortement », son anti-communisme fervent (sa région Ivano-Frankisvk a fait interdire le PC). 

La présidence du Conseil de sécurité nationale, organe suprême pour la défense et l'intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social (inspiré du NSDAP de Hitler, oui !) ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader.  Dans sa jeunesse para-militaire, il a dirigé les forces d'auto-défense à Maidan, aujourd'hui il se dit membre de l' « opposition modérée » (sic).

Dans un autre poste majeur, le Bureau du Procureur général, on retrouve un membre de Svoboda, Oleg Makhnitsky. Le procureur général dispose du pouvoir suprême sur le plan judiciaire, pouvant notramment lever l'immunité parlementaire pour faire inculper tout élu.

Le ministère de l'Agriculture est confié à Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans … l'agro-alimentaire. Les grands groupes allemands, polonais, américains qui lorgnent sur le « grenier » ukrainien peuvent être rassurés !

Enfin, le ministère de l'écologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk. Lui qui n'y connaît rien à l'écologie est aussi un farouche opposant des énergies renouvelables.  Cela va peut-être décevoir – comme le notent les médias ukrainiens – les multi-nationales qui avaient signé des accords pour ce type d'énergie, mais cela va rassurer par contre les multi-nationales du gaz, de l'électricité, du pétrole qui peuvent être les mêmes.

A l'Education, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux Sports, le voyou Dimitri Bulatov, héros des indignés à crânes crasés pour avoir organisé la logistique sur la place Maidan, est aussi connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ». 

On pourrait aussi ajouter une égérie du mouvement, la journaliste anti-corruption Tatiana Tchornovol à la tête du Bureau anti-corruption qui fut responsable à la communcation de l'UNA-UNSO, groupe néo-nazi se revendiquant du nationalisme ukrainien collaborant avec les nazis, maintenant des relations très proches avec le parti néo-nazi NDP.

 

A noter que si les deux principaux dirigeants des partis d'extrême-droite ne sont pas au gouvernement, ce n'est pas parce qu'on les a exclus mais … parce qu'ils ont refusé les postes, préférant se préserver pour les prochaines élections.

 

Ainsi, le chef de Svoboda, Oleg Tyahnybok s'est vu proposer le poste de vice-premier ministre. Celui du parti néo-nazi « Secteur droit », Dmitri Yarosh a refusé le poste de vice-secrétaire du Conseil de sécurité national, attendant mieux peut-être.

 

Et des bouffons (corrompus) à la pelle, partout !

 

On pourrait continuer la liste des membres du gouvernement, même les miettes lancées aux « manifestants » n'ont pas convaincu même les plus fanatiques ou crédules des dits « indignés de Maidan ».

On peut penser à Olga Bogomolets aux Affaires humanitaires.

Cette millionnaire formée aux Etats-unis a fait fortune dans la création après 1991 de cliniques laser, d'instituts privés de dermatologie et de cosmétologie. Elle investit depuis sa fortune dans des institutions philanthropiques … avant tout destinés à glorifier la nation ukrainienne éternelle, bien ancrée à l'ouest.

Aux affaires sociales, Lioudmila Denisova, elle aussi déjà ministre du même poste pendant trois ans, elle a déjà été dénoncée par plusieurs ONG pour abus de pouvoir, népotisme et détournement de fonds. Une belle figure morale !

On pourrait continuer, pour rire, avec l'acteur raté Yevhen Nischchuk à la Culture, le recteur d'université servile Sergei Kvit à l'Education, ou le docteur formé aux Etats-unis et en Allemagne, Oleg Musiy à la Santé : tous ont suscité au mieux les réticences, au pire la désapprobation générale même des étudiants, milieux culturels et de santé pro-européens !

 

 

Arrêtons le massacre, arrêtons la mascarade. L'Union européenne – en soutenant ce coup d'Etat et ce gouvernement fantoche – a enterré la démocratie, montré l'hypocrisie de son discours, précipité le risque de guerre avec la Russie : que l'on sache enfin à qui nos dirigeants veulent confier le sort d'un des plus grands pays d'Europe.

Repost 0
Published by Action communiste - dans Europe & institutions
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:34

 

Nicolas Maduro reprend l’initiative. Retour de la paix… et du Carnaval.

A la fin de janvier 2014 s’est produit un fait inédit : des leaders de l’opposition et le gouvernement ont commencé à plancher ensemble sur la sécurité citoyenne, à la suite de l’appel de Nicolas Maduro à construire un “agenda commun”. Ce dialogue fut interrompu par la tentative de coup d’État d’une droite qui refuse le choix d’une majorité d’électeurs (1).

Ce 1er mars, tandis que ces groupes violents, bien qu’encouragés par les mensonges des médias internationaux, se désagrègent, la firme privée de sondages International Consulting Services indique que 80,9% des vénézuéliens appuient l’initiative du président Maduro d’avoir renoué jeudi dernier avec la conférence de paix. Dans cette étude (2) réalisée les 27 et 28 février dans 900 foyers des principales villes du pays avec une marge d’erreur de 3%, 85,4 % des personnes interrogées se disent en désaccord avec la poursuite des violences et 91,3% en faveur du respect strict de la Constitution.


Maduro conferencia de paz jueves 27

 

Le 27 février des représentants des mouvements sociaux, politiques et religieux, des intellectuels et des leaders de l’opposition ont donc répondu positivement à l’invitation de Maduro à reprendre les travaux à Caracas (photo). Seule la “Plate-forme de l’Unité Démocratique” (MUD, droite) a refusé d’y participer. 72 % des vénézuéliens sondés par ICS considèrent comme mauvaise cette décision.


image_preview

 

Un refus également critiqué par la présidente argentine Cristina Fernandez qui a dénoncé le samedi 1 mars “la tentative de coup d’État contre la République Bolivarienne” et a recommandé à l’opposition vénézuélienne ”d’attendre les prochaines élections pour tenter sa chance dans les urnes, sans mettre en péril la démocratie, ou de faire usage en 2016 du référendum révocatoire, le Vénézuéla est le seul pays du monde, en tout cas de la région, où existe le droit de demander la révocation d’un président à mi-mandat”.  “Croyez-moi, a t-elle ajouté, il serait fatal pour toute la région, pour cette intégration latino-américaine dans laquelle nous avons tant avancé en résolvant tant de problèmes sans intervention externe, de permettre que des vents extérieurs détruisent un pays frère, c’est pourquoi indépendamment des idées, nous devons défendre la démocratie”. (3)

Comme l’écrit le politologue argentin Juan Manuel Karg (4), “le gouvernement bolivarien semble reprendre fortement l’initiative. Le large consensus sur la nécessité de pacifier la conjoncture politique du pays montre un antagonisme clair avec le cycle de protestations de rue menées contre le gouvernement ces deux dernières semaines.”

Pendant ce temps, la grande majorité des vénézuéliens descend dans la rue… pour fêter le Carnaval.


BhqPedTIgAAA4i_.jpg large

Caracas, 1 mars 2014

BhqCgPPIMAAuxDB.jpg large

Photos : plages des états d’Aragua et de Vargas.

BhqFJynIUAEnhPs

 

On s’attend à un mouvement d’environ 17 millions de personnes  à l’intérieur du  territoire. Tous les billets d’avion (en interne et pour l’étranger) ont été vendus. Alors que l’extrême droite avait affirmé  manifester “contre la vie chère” – une thèse reprise par les médias du monde entier – ce boom s’explique par la hausse des salaires, la baisse du chômage (5) et les subventions au tourisme populaire. Malgré la guerre économique et l’inflation, un nombre croissant de citoyens peut jouir de vacances. Une ambiance très “Front populaire”  - lorsque les premiers congés payés en France (1936) virent les familles de travailleurs débarquer sur la Côte d’Azur, au grand dam de la bourgeoisie.

T. D., Caracas, le 2 mars 2014.

Notes :

(1)  Voir l’article de Maurice Lemoine http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/20/strategie-de-la-tension-au-venezuela-par-maurice-lemoine/

(2)  http://www.avn.info.ve/contenido/ics-809-venezolanos-apoya-conferencia-paz

(3)  Lire http://www.telesurtv.net/articulos/2014/03/01/cristina-fernandez-ratifica-apoyo-a-democracia-de-venezuela-3857.html

(4)  Lire “Nicolas Maduro retoma la iniciativa” de Juan Manuel Karg, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=181465

(5)  Voir http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

Repost 0
Published by Action communiste - dans International
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 14:16

Nous reproduisons une affiche de l'UL-CGT du Havre qui invite à se mobiliser contre la criminalisation des actions syndicales et des militants syndicaux. 

A Kiev, les manifestants ont le droit de tout casser, d'envahir les bâtiments officiels, ce sont pour les journalistes des partisans de la liberté, entendez de l'Union Européenne.  A Quimper, tout est permis quand les patrons sont partie prenante de la manifestation. 

Au Havre les syndicalistes qui défendent les droits des salariés dans une action collective sont traduits en justice et condamnés à 6 mois ferme par un procureur zélé, qui défend la classe au service de laquelle il s'est mis : le patronat. 

A Roanne, 5 militants sont poursuivis pour avoir refusé de laisser prélever leur ADN tout comme les syndicalistes du Havre.  Ils ont été relaxés mais le procureur de Lyon ( même classe, même culture anti-ouvrière et anti-syndicale que celui du Havre) a fait appel !

GOODYEAR : 5 syndicalistes menacés de prison! Même procureur et même justice anti-ouvrière.

Sur tout ceci, silence sur les télés et les radios.  Les patrons de presse veulent bien laisser leurs journalistes s'apitoyer sur le drame social vécu par les salariés, mais pas trop souvent ni trop longtemps.  Et quand ceux-ci se défendent, ils s'indignent et condamnent les syndicalistes qui se révoltent.

Ces condamnations ont un nom : c'est la justice de classe.

Tout comme le rejet de la loi d'amnistie sociale a un nom : c'est un vote de classe.  On y retrouve pêle-mêle des députés socialistes, UMP et FN ...

Et ça c'est une question politique à laquelle sont confrontés les salariés, les militants syndicaux. 

 

 

 

022614 1445 Infoluttesn1

 

 

Repost 0
Published by Action communiste - dans Luttes de classe
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:45

Une35 Une35

Une35

  • Editorial : Depuis deux décennies, et jusqu'à ces derniers jours, les ambitions impériales et l'arrogance provoquent chaos et désolation
  • Analyse : La majorité du peuple suisse a infligé une claque à la classepolitique, au patronat, et à l'Union européenne
  • Infos : Dans une situation qui reste incertaine, l'opposition ukrainienne a renversé le pouvoir en place à Kiev
  • Commentaire : L'Ukraine fait l'objet d'une rivalité de puissances, y compris au sein du camp occidental
  • Entretien : la chercheuse Françoise Morvan analyse les véritables enjeux de la "Charte des langues régionales".

Repost 0
Published by Action communiste - dans guerre idéologique
commenter cet article
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:38

Lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe.  Ils ont entièrement raison!

Les salariés  qui se couchent tôt, se lèvent tôt et sont en repos ou en congé ces matins là  - que de conditions !-  peuvent aller  voir " Les Jours Heureux" à

 

Rouen à l'Omnia République

 

Dimanche 2 Mars, Lundi 3 Mars, Mardi 4 Mars à 11 heures.

 

Nous avons appris que l'UL -CGT d'Elbeuf fera une projection suivie d'un débat autour des "Jours Heureux" au  cinéma   "Mercure" à Elbeuf dans la semaine du 12 au 18 Mai Le jour et l'heure ne sont pas encore fixés.

affiche_les-jours-heureux.jpg 

Enfin... ! Figurez-vous que... Oui ! la télévision programme (enfin !) le documentaire "les jours heureux".... Oui,... mais à 23h30, un lundi, le 3 mars, pour que vous ne puissiez jamais le voir !

Pensez-donc,... "Les jours heureux" !!! C'est ringard ! Il ne faut surtout pas que les salariés en rêvent... des jours heureux ! Aujourd'hui c'est la galère pour eux... alors des jours heureux,  pour soi, pensez-donc ! Un rêve... inaccessible !

C'est ici qu'on voit qu'il y en a qui réfléchissent, ceux qui programment les films: ils pensent pour vous, et à votre place, pour que vous ne vous interrogiez pas sur un possible retour de jours heureux... demain... plus tard... jamais !

Résumé du documentaire: 

Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé par l'armée allemande, seize hommes, appartenant à divers partis politiques, mouvements de résistance et syndicats (dont la CGT, car il n'existait que deux syndicats, clandestins à l'époque: la CGT et la CFTC) et, rédigent le programme du Conseil national de la résistance, un document intitulé "Les Jours heureux", qui va durablement changer le visage de la France à la Libération.

Ce programme est encore, pour l'instant, au coeur du système social français, apportant des avancées décisives en matière de couverture sociale, de prévoyance, mais aussi de libertés. Des avancées que le pays n'avait pas connues depuis le Front populaire.

"Les jours heureux" enfin annoncés à Dieppe.

Le documentaire est programmé, mais pour une seule séance, le mardi 25 mars 2014 à 18h30, et serait suivi d'un débat: avec qui ? Pour le moment la CGT n'est pas invitée.

Les bruits courent qu'on parlerait de donner, peut-être, la parole à la CGT. Mais on ne voudrait parait-il pas qu'elle co-organise la soirée. Nous rappelons à toute fins utiles aux organisateurs anonymes, que Louis Saillant, le représentant de la CGT a présidé le CNR; que "les jours heureux" — le programme — s'est largement inspiré du programme de la CGT. De même, nous rappelons que sur les monuments aux morts de la région, il y a beaucoup de noms de militants de la CGT qui ont donné leur vie pour que "les jours heureux" arrivent.

Repost 0
Published by Action communiste - dans guerre idéologique
commenter cet article
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:01

Nous avons reçu cette lettre ouverte de Charles Hoareau.  Nous la mettons en ligne.  Nous avons ajouté le texte de l'interview de Thierry Le Paon au "Nouvel économiste".

   
 
Lettre ouverte à Thierry Le Paon.

mercredi 26 février 2014
par  Charles Hoareau


 

A Thierry Le Paon
Secrétaire général de la CGT

 

Le panorama de presse que la CGT envoie à ses organisations, nous apprend que tu as déclaré au Nouvel Economiste du 21 02 2014 [1] : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. ».

Comment un dirigeant de la CGT, le syndicat qui dans ses statuts (c’est-à-dire le texte qui fait son identité) se réclame de la charte d’Amiens peut-il faire une telle déclaration en contradiction totale avec elle ?

Faut-il rappeler ce que cette charte déclare ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat… : Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ».

Non nous n’appartenons pas à la même communauté que celle de nos employeurs. Oui il y a « opposition de principe » entre le grand patronat et nous et cela s’appelle la lutte des classes. Celle-ci est plus que jamais d’actualité et elle est toujours moteur de l’histoire.

Que le syndicalisme, en tenant compte du rapport de forces, soit en permanence obligé de se poser la question de jusqu’où la lutte peut mener et quel compromis [2] il peut momentanément accepter, ça c’est le B-a Ba du syndicalisme. Mais ce compromis ne doit pas nous faire lâcher l’objectif – une société sans classe – ni être synonyme de compromission. Sinon nous ne sommes plus syndicat révolutionnaire.

De plus, de par le monde, quel exemple avons-nous de syndicat prônant la cogestion qui ait montré que celle-ci ait eu une quelconque efficacité face à un capitalisme toujours plus vorace et obsédé par le taux de profit, seul critère de gestion à ses yeux ?
Sans compter que le résultat de l’enquête publiée par Le Monde de ce jour et indiquant que 61% des jeunes de notre pays sont prêts à se révolter situe à lui seul l’ampleur du décalage entre ton propos et les attentes...

Il y a quelques années, Jean Christophe Le Duigou (membre du bureau confédéral de la CGT) avait, avec Jean Gandois (président d’honneur du MEDEF), préfacé et post-facé un livre intitulé « Changer le travail oui mais ensemble », hymne à la collaboration de classe. Nombre d’entre nous avions alors parlé de « dérive ». Ton propos d’aujourd’hui montre que tu assumes de passer de la dérive au changement d’orientation….tout seul ?

Car la dernière question que pose cet entretien est : où est-ce qu’un tel changement, à savoir passer de la notion de lutte des classes à celle de « communauté » d’intérêts, a-t-il été débattu ? Venant après l’initiative décidée on ne sait où, de rencontre de l’obscurantiste CRIF qui se « nourrit de l’antisémitisme » (comme le dit l’UJFP) et, fait aggravant, ton refus d’en débattre au CCN [3] cela commence à faire beaucoup.

La CGT est, elle, une véritable communauté où les débats doivent avoir lieu, au risque de provoquer en son sein des colères pouvant conduire à des fractures.

Charles Hoareau
Syndiqué CGT.


[1] Contactée, la journaliste nous a indiqué que Thierry Le Paon avait relu l’article avant parution. L’article est d’ailleurs publié en entier sur le site de la CGT

[2] titre du paragraphe d’où est extraite la citation

[3] Comité Confédéral National, parlement de la CGT

 

 

 

« Pour que le consensus émerge,

 il doit y avoir affrontement »


Il ne croit ni au consensus mou ni aux oppositions de principe. En matière d’emploi, il croit à la vertu de l’action collective et à la force de certaines convictions. Brutal et utile

(Propos recueillis par Caroline Castets, article publié dans l’édition du 19 février 2014)

*****

 

   Il se défend de toute opposition de principe face aux dirigeants d’entreprise, parle compromis et pragmatisme syndical. Pour autant, il est certains sujets sur lesquels Thierry Lepaon a la rancune tenace, le ton dur et les convictions chevillées au corps. Des sujets trop lourds de conséquences pour se satisfaire de la tendance au “consensus mou” qui, selon lui, gagne la société. Des sujets dont la simple évocation pousse le nouveau patron de la CGT à renouer avec sa vision d’un“syndicalisme combatif” et à réaffirmer sa certitude qu’en entreprise comme en démocratie, “il doit y avoir affrontement”.

   En tête de sa liste noire : les accords dits du 11 janvier – qui favorisent “le risque de mise en concurrence des salariés et tirent l’ensemble du marché vers le bas”, la course à l’abaissement du coût du travail – qui, la menace du chômage aidant, permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur et, ce faisant, condamne la croissance et nous conduit “tout droit dans l’impasse” -, le pacte de solidarité – un “deal conclu à deux” sans concertation préalable ni garantie pour l’emploi –, les aides aux entreprises – fondées sur un système de distribution égalitaire et donc, inéquitable car ne tenant pas compte des disparités de profils et de besoins – et surtout, l’actionnaire ; déterminant, invisible et seul, au sein de l’entreprise, à ne consentir à aucun effort. Au point que “l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question soit le montant de sa rémunération”. Au point même qu’être compétitif aujourd’hui signifie “lui verser plus de dividendes”. Autant de sujets qui poussent aujourd’hui Thierry Lepaon à revendiquer l’émergence d’un “syndicalisme utile”,capable non seulement de protéger le salarié mais aussi d’influer sur le monde du travail et d’animer le débat public. De dénoncer, certes, mais aussi de réguler.

   La société française est fragilisée, divisée, fragmentée même. Au point qu’on ne sait plus ce qui nous rassemble ; on ne sait plus ce qui peut encore nous permettre de“vivre ensemble”. 
   Ce qui autorise n’importe quel groupement politique, n’importe quel groupuscule même, à se présenter en rassembleur. D’autant plus qu’il existe une défiance croissante à l’égard des corps constitués, du politique et même de la République qui s’explique notamment par le fait que l’emploi, en dépit des promesses du gouvernement, continue à se détériorer et avec lui les conditions de travail –une enquête de l’INSEE révèle que 70 % des salariés français estiment que les conditions nécessaires pour bien faire leur travail ne sont pas réunies– par la prise de conscience beaucoup plus marquée que par le passé de la répartition inéquitable des richesses dans notre pays faisant que les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvr

  A cela s’ajoutent une dégradation de la qualité des services publics lesquels constituaient jusqu’alors un élément fort de cohésion interne et, enfin, le sentiment grandissant que, pour certains, le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur, ceci dans le public comme dans le privé. Au final cela aboutit à une situation intenable dont la République ressort détériorée.


Accords de compétitivité

   On ne réfléchit pas assez et c’est dommage à la place de l’entreprise dans la société française, à son rôle. Dès que j’ai été élu secrétaire général de la CGT, j’ai proposé au président de la République d’engager un débat national sur la question et notamment sur cette problématique essentielle : le travail peut-il encore payer le hors-travail ? Autrement dit : est-il judicieux de poursuivre cette course effrénée vers l’abaissement du coût du travail ou la vraie question ne porte-t-elle pas plutôt sur la répartition de la richesse créée ? Sur ce plan, deux courbes se sont croisées il y a quelque temps et je trouve cela extrêmement inquiétant : pour la première fois, la courbe des dividendes est passée au-dessus de celle des investissements dans l’entreprise.

   Cela signifie que la rémunération des actionnaires augmente quand le montant des investissements diminue et que, désormais, ce qui va aux actionnaires dépasse ce qui est consacré à l’investissement et notamment à l’investissement industriel. Voilà à quoi servent les accords de compétitivité négociés avec des salariés à qui on demande de faire “encore un effort”. Mais la compétitivité, c’est plus d’investissement, plus de création de valeur ; ce n’est pas plus de rémunération à l’actionnaire !


Pacte de responsabilité 

   Le pacte de responsabilité ne me convainc pas. D’abord parce que, sur la forme, ce pacte n’engage pas la nation représentée par les élus, l’Assemblée nationale, etc. mais se résume à un deal entre deux personnes : le président de la République et le patron du Medef, le second disant au premier : “si tu me donnais 50 milliards je pourrais créer 200 000 emplois par an”. Cette décision prise sur la seule volonté du Président, sans que les ministres concernés aient été consultés, sans que les partenaires sociaux aient été informés, comporte un côté entre-soi qui, selon moi, illustre une conception nouvelle de la politique en France. Ensuite parce que, concernant les termes de l’accord lui-même, je pense, sans être un négociateur averti, que lorsque l’on paye avant que l’autre partie ait rempli sa part du contrat, il y a toujours un risque.

   Or ce risque se confirme aujourd’hui : on fait cadeau de 50 milliards aux entreprises sans exiger qu’elles remplissent au préalable certaines conditions – et ce faisant, on met à bas une partie du principe de financement de la Sécurité sociale en transférant les cotisations familiales sur le budget de l’Etat, on s’engage à diminuer le nombre de fonctionnaires sans préciser sur quel secteur ni sur quelle base, le tout avec des propos si vagues qu’on ignore encore s’il s’agit de 30 ou de 50 milliards puisqu’on ne sait pas si le CICE est comptabilisé dans cette promesse – et on sent le Medef extrêmement critique sur les contreparties demandées. Si les partenaires sociaux avaient été associés sur le montant de l’aide accordée et sur son objectif, nous aurions pu définir des pistes d’application ensemble, contribuer à l’élaboration de solutions. Cela n’a pas été le cas.


Emploi

   Pour créer de l’emploi, il faut de la croissance. Or deux critères sont nécessaires au retour de cette croissance : la confiance – laquelle implique une vision dégagée de l’avenir – et le pouvoir d’achat pour consommer et ne pas se réfugier uniquement dans l’épargne. Aucun de ces deux critères essentiels n’est rempli aujourd’hui. Ce sont pourtant deux leviers qu’il faut actionner. Pour l’heure, les salariés qui pourraient dépenser, investir, etc. ne le font pas parce qu’ils estiment qu’une menace pèse sur leur emploi et donc sur leur avenir et celui de leurs enfants.

   Face à cela ils mettent en place une stratégie d’épargne qui est le pire qui puisse arriver à l’économie nationale puisque cela signifie que les gens renoncent à la consommation. C’est pourquoi j’insiste : le fait de sacrifier du pouvoir d’achat par la non-augmentation du salaire minimum et du point d’indice pour les fonctionnaires pour la quatrième année consécutive empêche de libérer la consommation et condamne la croissance. C’est pourquoi le pacte de responsabilité, sans croissance, je n’y crois pas.


Aides aux entreprises

  Pour faire repartir l’emploi je pense qu’il faut commencer par arrêter d’aider les entreprises de manière égalitaire. En vingt ans, on est passé d’une politique d’aides aux entreprises à une politique de droit pour les entreprises. 
   La CGT, contrairement à ce qu’on pense, est favorable aux aides aux entreprises mais à condition que celles-ci soient accordées à celles qui en ont besoin. Toutes ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés, toutes n’ont pas besoin des mêmes aides. Pourtant le déni politique de ces disparités et le fait que les mêmes montants soient accordés à tous indépendamment des besoins aboutit à un système inéquitable. J’en veux pour preuve le fait que les principaux bénéficiaires des 20 milliards du CICE ne sont pas les entreprises les plus en difficulté mais les grandes enseignes de distribution, les machines à jeux… alors que les premiers bénéficiaires du dispositif devraient être les acteurs du secteur industriel qui sont soumis à la concurrence internationale, les sociétés qui ont du mal à opérer une mutation économique ou sociale, celles dont l’activité est délocalisable… C’est pourquoi le nouveau pacte entre Pierre Gattaz et François Hollande doit être l’occasion d’une remise à plat de l’ensemble des aides aux entreprises : afin qu’on accompagne celles qui s’efforcent de maintenir l’emploi, qu’on pénalise celles qui ne le font pas et qu’on ne donne pas à celles qui n’en ont pas besoin.


“L’actionnaire”

   Aujourd’hui la première menace qui pèse sur l’emploi tient à la place qu’on accorde au travail dans notre civilisation, au fait qu’on l’appréhende comme une contrainte, comme une variable d’ajustement. Et pendant ce temps, l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question, jamais discuté même, c’est le rôle de l’actionnaire et le montant de sa rémunération. Au point qu’aujourd’hui, c’est le grand absent de toute négociation ; on ne le voit jamais alors que c’est lui qui oriente la stratégie de l’entreprise et que, j’insiste, la courbe des dividendes qui lui sont versés progresse pendant que celle des investissements baisse.

   Les entreprises visent toutes à abaisser le coût du travail soi-disant pour être plus compétitives, mais être compétitif aujourd’hui signifie simplement verser plus de dividendes à l’actionnaire. Je pense donc qu’il faudrait contraindre ces derniers à prendre leurs responsabilités. Leur imposer plus de transparence, plus de visibilité et surtout, leur demander un effort comme on en demande aux patrons et aux salariés. Pourquoi ne pourraient-ils pas abaisser leur exigence de rémunération ? Est-il normal aujourd’hui que certains puissent exiger dans l’industrie des taux de rendement de 10 ou 12 % sans que, par ailleurs, l’entreprise ait les capacités d’accroître son outil de production, d’investir, de recruter ? Cette dimension de l’équation n’est jamais discutée et je pense qu’il est temps que cela change.


Le coût du travail

   Nombre de salariés d’entreprises en difficulté ont le sentiment que, même lorsque la santé de leur entreprise s’améliore, leurs conditions de travail et de rémunération ne progressent pas. Sur ce plan, il est vrai que le chômage est une arme : les patrons seraient moins arrogants s’il n’y avait pas cinq millions de chômeurs : cela leur permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur. La peur du chômage est telle que les salariés sont prêts à tout accepter. Y compris en termes de rémunération.

   Il faut savoir que, dans le prix de vente d’une voiture produite et commercialisée en France, le poids du salaire brut est désormais inférieur à la remise accordée au client. Cela signifie qu’on a franchi une nouvelle étape dans l’obsession d’abaissement du coût du travail laquelle nous conduit tout droit dans l’impasse ; tous les pays au monde qui ont eu pour ambition de sortir de la crise en abaissant les conditions de rémunération du salarié, comme l’Espagne, la Grèce ou le Portugal, l’ont payé cher. Or notre politique actuelle a beau prétendre s’inspirer du modèle allemand, elle n’en reste pas moins similaire à celle qui a été mise en place dans les pays d’Europe du Sud et tout laisse à penser qu’elle produira chez nous les mêmes effets.

 

L’Europe 

   Le problème de la construction européenne est qu’elle s’est faite sur des bases économiques et monétaires sans que la question sociale soit réglée. D’où le fait que beaucoup de Français y voient aujourd’hui une contrainte, une instance lointaine incapable de répondre à leurs besoins. C’est pourquoi je crains un net rejet de l’Europe et une montée du FN à l’occasion des prochaines élections européennes. Car en France comme dans d’autres pays membres, on sent monter cette accusation “c’est la faute de l’Europe” face aux difficultés du moment. _ Ce n’est pourtant pas l’Europe qui dicte la rigueur ; ce sont les partis politiques qui composent les politiques européennes.

   Concernant les autres pays et le fait que certains soient décrits comme sortant de la crise, je me méfie des chiffres et du sens qu’on leur donne. L’Allemagne est continuellement citée en exemple et pourtant, je ne suis pas certain que le peuple allemand se porte si bien. Même chose pour la Grande-Bretagne : les contacts que j’ai avec mes homologues des trade unions donnent à penser que la situation y est extrêmement dégradée pour les salariés. Quant à l’Allemagne, on n’y compte plus le nombre de travailleurs pauvres.


Dumping social

   Même si la convention au détachement permet de répondre en partie au risque de dumping social, la possibilité de mise en concurrence de salariés français avec d’autres salariés européens existe toujours. Cela contribue au fait qu’on assiste aujourd’hui à une précarisation de l’emploi via, entre autres, un recours accru à des CDD toujours plus courts. C’est la raison pour laquelle, contrairement à plusieurs syndicats, j’ai refusé de signer les accords du 11 janvier 2013 : parce qu’ils imposaient une flexibilité grandissante pour les salariés, que l’emploi y faisait office de variable d’ajustement et qu’ils permettaient de renoncer à ses droits à titre individuel ou collectif, ce qui accroît le risque de mise en concurrence des salariés et tire l’ensemble du marché de l’emploi vers le bas. C’est pour cela que nous nous y sommes opposés.


Compromis 

   Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose. Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a ; à incarner une forme de régulation sociale.


Syndicalisme utile 

   C’est pourquoi nous voulons une CGT accessible, tournée vers les salariés, mieux représentée. Si l’on veut créer de la solidarité entre salariés il faut leur fournir un outil et cet outil, c’est le syndicalisme. A nous, ensuite, d’incarner un syndicalisme utile. Pas uniquement lorsqu’une difficulté se présente mais de façon permanente, en tant que levier d’action capable d’agir sur le monde du travail au sens large, d’influer sur les politiques de rémunération, sur les conditions d’emploi et au final d’animer le débat public. Pour cela nous devons rétablir un sens du collectif. Le monde du travail, comme la société, en est de plus en plus dépourvu et il est urgent d’y remédier. Trop de salariés en France pensent que le fait de mettre un coup de pied à l’autre leur permettra de pérenniser leur emploi. Cela, c’est la mort du vivre-ensemble et aussi de toute action efficace car c’est une évidence : on n’y arrivera pas les uns contre les autres.


La CGT 
   La CGT incarne un syndicalisme combatif, c’est indéniable. Un syndicalisme porté par une vraie culture ouvrière et dans lequel le mot solidarité a un sens. C’est aussi un syndicalisme qui fait appel à l’intervention individuelle, à la capacité qu’a chacun de se prendre en main, d’agir pour sa propre cause. On ne dit jamais “Votez pour nous, on s’occupe de tout” mais “Votez pour nous et décidez de ce qui est bon ou non pour vous, de ce qui est acceptable ou non”. Un syndicat ne devrait jamais imposer quoi que ce soit aux salariés. C’est leur vie, leur choix. On ne peut les supplanter.


Goodyear 

   Je connais bien le monde industriel pour y avoir passé trente ans et y avoir vécu 17 plans sociaux. Chaque fois que je vois des salariés confrontés à des situations de ce type, je sais ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent : la peur de l’avenir – le leur, celui de leurs enfants, parfois de leurs parents – la honte, le fait que, pour beaucoup, la rupture du contrat de travail soit vécue comme un véritable déchirement. Chez Goodyear ce déchirement a duré 7 ans. L’actionnaire était totalement absent, il a donné l’ordre à l’entreprise d’aller vers une liquidation et on n’a jamais pu discuter avec lui. Les salariés de Goodyear se sont beaucoup investis dans leur travail – preuve en est le montant des dividendes versés aux actionnaires – l’attitude de Titan à leur égard – et à l’égard des salariés français dans leur ensemble – a été révoltante ; tout cela a fini par provoquer des réactions extrêmes.

  Il est bien évident que la séquestration n’est pas un mode d’exécution normal du mandat syndical, les syndicalistes ne sont pas des terroristes et priver quelqu’un de liberté est inacceptable, pour autant je comprends comment ces gens ont pu en arriver là : parce qu’une liquidation, surtout lorsqu’elle s’éternise, c’est beaucoup de souffrances individuelles. C’est pourquoi lorsque j’arrive dans une entreprise je demande à voir le bilan social et le bilan médical : lorsqu’on voit la courbe des arrêts de travail progresser fortement, on comprend que l’entreprise va mal. Beaucoup l’oublient mais le bilan économique d’une entreprise est la traduction de sa politique sociale. Pas l’inverse.



Consensus mou

   Je crois au consensus. Mais pour que le consensus émerge, il faut qu’il y ait affrontement. Or je trouve que nous vivons dans une société où il n’y a pas suffisamment de réactions. Une société marquée par une passivité grandissante, où l’on ne s’affronte pas suffisamment. Sur le terrain idéologique, économique, social, on voit se dessiner une espèce de France molle dans laquelle le bon ton c’est être dans le ton, quel que soit le ton. Je pense qu’il faut sortir de cela. Que pour avancer, il faut savoir confronter ses idées, oser être en désaccord. _ C’est pourquoi il faut qu’il y ait, dans les entreprises, des affrontements sur le sens du travail qui nous est confié, sur la façon de le faire, de le faire différemment, de le faire mieux… On ne peut être toujours dans l’acceptation : le consensus mou nous enterre les uns les autres. C’est pourquoi je trouve désastreux que le monde des intellectuels soit absent du débat public et incroyable que dans un pays comme la France, qui a cette diversité, cette histoire, cette culture, on ne trouve pas une voix pour s’élever et nous parler non pas de ce qui va mal mais de ce qu’il serait possible de faire. Les intellectuels ont le devoir de nous emmener à réfléchir sur ce que signifie le fait de vivre ensemble, sur les contradictions qu’il nous faut résoudre, sur la façon dont toutes ces cellules – professionnelles, familiales, sociales, religieuses… – peuvent s’accorder. Et aussi sur la valeur de l’affrontement qui, pour moi, est la base même de la démocratie. Après tout, tant qu’on ne frotte pas les deux pierres on ne produit pas d’étincelle.


Reculades 

   J’attendais de François Hollande et d’un gouvernement de gauche qu’il fasse une politique de gauche. En clair, j’attendais de lui qu’il mette en œuvre la politique pour laquelle il avait été élu. Ce n’est pas le cas. Lorsque je regarde les engagements pris en campagne et la politique menée depuis l’élection, je mesure des décalages sur quasiment chaque point. Je comprends parfaitement qu’un chef d’Etat puisse modifier certaines positions, en réorienter d’autres en fonction de l’environnement économique, international, etc. Le problème c’est qu’aujourd’hui il ne s’agit pas de réorientations mais de renoncements.

   Deux aspirations nous font généralement voter à gauche : un rapport capital-travail différent et la volonté de voir la société évoluer sur certains points. Or dans ces deux domaines, le gouvernement revient sur tous ce qui avait été promis. Les patrons bretons ne veulent plus de l’éco-taxe, on brûle trois portiques ? Réaction du gouvernement : on remballe tout et on perd 800 millions d’euros. Des groupuscules d’extrême droite crient “Hollande démission” ? Le Président répond “Très bien, je remets la loi à plus tard”. En revanche, lorsque les salariés se rassemblent, manifestent, expriment des propositions et des oppositions, ils ne sont pas écoutés. Un tel écart de traitement me donne à penser que le gouvernement est fort avec les faibles et faible avec les forts. Et cela, c’est tout l’inverse de sa vocation.

 

source : La CGT

 

Repost 0
Published by Action communiste - dans Luttes de classe
commenter cet article
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:59

Nous publions l'appel de l'UD-CGT 76 à la grève et aux manifestations du mardi 18 mars.

 

Emploi-Salaire-Protection sociale


Pour une loi d’amnistie sociale

Pour nos salaires, nos emplois.

Pour notre protection sociale, nos services publics

Grèves, manifestations le 18 mars.



Le 18 mars, nous avons toutes les raisons d’agir, de se mobiliser, de faire grève et de participer aux manifestations prévues dans l’ensemble du pays.

Pour les salaires, l’emploi, les services publics et la sécurité sociale

Pour que les salariés, les privés d’emploi, les retraités soient écoutés, et non le MEDEF et les banquiers :


Tous en grève le mardi 18 mars !

Manifestation :

  • A Rouen à 10 h 30 Cours Clémenceau
  • Au Havre (lieu et horaires à déterminer)
  • A Dieppe, en attente de décision.
Repost 0
Published by Action communiste - dans Luttes de classe
commenter cet article
28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 14:57


Marine Le Pen est à Elbeuf ce 28 Février.
Une réunion s’est tenue pour organiser une manifestation    Cette manifestation aura lieu

Place du Calvaire à 17h 30 pour dire

« Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à Elbeuf »..

 

 

LE FN SE NOURRIT DU DÉSESPOIR ET DE LA COLÈRE ENGENDRÉS PAR LA POLITIQUE DU PS ET DE LA DROITE


Action communiste participera à cette manifestation mais n’a pas signé le texte commun que le PS a signé.  Nous ne l’avons pas signé car si nous partageons la dénonciation des mensonges du FN, il ne dit rien sur les responsabilités du patronat, de la droite puis du PS au pouvoir dans la montée du Front National.  Or ce dernier se nourrit du désespoir engendré par le chômage, la casse du code du travail et des services publics.  C’était la politique de Sarkozy.  C’est aussi la voie choisie par Hollande : celle que droite et social-démocratie votent ensemble à Bruxelles …sous les ordres du patronat européen. 
Un grand nombre de Français n’ont plus de repères  politiques parce que les deux grands partis politiques sont totalement alignés sur les politiques libérales européennes.  Ils sont désorientés parce qu’aucun syndicat, aucun parti politique à gauche n’a de proposition solide contre la politique européenne. Depuis que le PCF, avec Robert Hue a abandonné sa bataille contre l’intégration européenne mais propose de « refonder l’Europe », aucune formation politique à gauche ne porte la bataille de la souveraineté populaire et nationale.  La CES dans laquelle  se retrouvent la majorité des syndicats a appelé à voter « oui » au traité constitutionnel et ne cherche depuis qu’à aménager la version européenne du capitalisme.  Elle prône avec d’autres syndicats et partis politiques une Europe sociale totalement rêvée.  C’est une voie sans issue et les salariés, les Français le savent.  Le PS, lui aussi avait appelé à voter oui à la « concurrence libre et non faussée » et malgré le « non » a voté, avec la droite,  le traité de Lisbonne qui est mis en œuvre depuis.
Le député Bachelay a tenté en 2012 de nous vendre localement cette « Europe sociale » en expliquant que le PS au pouvoir se battait pour faire changer le rapport de force et modifier le traité Sarkozy-Merkel. Or Hollande l’a signé tel que et l’applique.  Comment, au mieux, ne pas se replier sur soi, quand on est un salarié, un chômeur, qui a cru que Hollande allait faire une autre politique que Sarkozy ?
Le FN capitalise tout cela.  Selon un sondage plus du tiers des Français adhèreraient aux idées du FN.  A prendre avec prudence.  Car parmi ce tiers, 64% sont contre la sortie de l’euro et 72% rejettent la préférence nationale en matière d’emploi.  14% seulement adhèrent à ses solutions.  C’est déjà beaucoup.
Mais la réalité du Front National, ce ne sont pas seulement les déclarations de Marine Le Pen relayées par les télés et radios.  Il se cache derrière ce discours une réalité plus dangereuse.

Le Front National cherche à dédouaner les patrons
En imputant à l’immigration les problèmes du chômage , d’insécurité, du déficit de la sécurité sociale, le FN dédouane les patrons et le pouvoir politique de leur responsabilité. Ce ne sont plus les patrons qui sont responsables mais l’immigré.  Ce n’est plus l’exploiteur qui est responsable mais l’exploité !  Le FN cherche à diviser les salariés et à opposer le travailleur immigré et le travailleur français. 
En réalité le FN ne propose pas de solution durable car il ne remet pas en cause l’ordre économique existant mais seulement certains de ses effets. 

Baisser les dépenses et donc abaisser les services publics
Dans tous les programmes proposés aux municipales, le FN, entonne le refrain des chantres de l’austérité : il faut baisser les dépenses car la crise est là.  Ils ne disent rien sur la responsabilité des spéculateurs et des banques, ils ne se battent pas pour l’annulation des dettes.  Au contraire ils proposent de baisser les dépenses et de diminuer les impôts fonciers des entreprises.… De même ils dénoncent le trou de  la sécurité sociale en accusant les immigrés et ignorent les vrais responsables : le chômage de masse, les bas salaires et les exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale de centaines de millions d’euros.

Le Front National n’aime pas les syndicats et applaudit à la criminalisation des actes syndicaux
Marine Le Pen dit vouloir « protéger » les salariés mais elle n’aime pas les syndicats.  Elle veut regrouper les salariés dans des syndicats corporatistes  qui accepteraient les compromis de régression sociale au nom de soi-disant intérêts communs patrons-salariés … .  C’est qu’elle ne veut pas de luttes de classe. Le FN déteste les syndicats, au moins autant que Sarkozy les détestait.  Et plus particulièrement la CGT.  Stéphane Ravier, tête de liste du FN à Marseille réclame de libérer Marseille des « agissements de ces officines et autres syndicats d’intérêts » ( c’est à dire les syndicats des salariés ).  Fabien Engelmann, conseiller politique de Marine Le Pen au « dialogue social » réclame de « nouveaux syndicats libres, autonomes, et non politisés ».  C’est à dire ?  Ce qui est certain c’est que le FN rêve de syndicats qui ne critiqueraient ni les patrons, ni le système capitaliste et surtout pas  le Front National !  Le FN n’a jamais soutenu les luttes sociales. Il a même appelé le pouvoir sarkoziste à s’en prendre aux piquets de grève organisés par les salariés lors du conflit des retraites. Marion Maréchal Le Pen s’est opposée violemment à la loi d’amnistie sociale pour les condamnations subies lors d’actions commises pendant les conflits sociaux. « Les syndicalistes casseurs et violents se trouvent incités à persévérer » a-t-elle dit.  Et elle a voté avec les socialistes et la droite le rejet de la loi d’amnistie.

Anti-atlantiste de fraiche date
Il est vrai que Marine Le Pen s’oppose au traité avec les Etats-Unis.  Mais ce ne fut pas toujours le cas.  Tout d’abord parce que Jean-Marie Le Pen est un admirateur de longue date du libéralisme capitaliste le plus effréné.  Il admirait Reagan, Margaret Thatcher et leur politique.  Plus récemment, Marine Le Pen rendait hommage à celle qui laissa mourir Bobby Sands et se montra si impitoyable dans sa lutte de classe contre les mineurs britanniques. La posture anti-atlantiste de Mme Le Pen aujourd’hui est conjoncturelle.  Tout comme son opposition à l’UE.  Quant à la sortie de l'euro, elle veut la négocier avec l'Allemagne ... On peut attendre.  Il s’agit avant tout pour le FN d’une stratégie de conquête du pouvoir.

Le FN défend le système capitaliste
Son protectionnisme n’est que la défense des capitalistes nationaux dans leur concurrence mondiale.  Il ne propose de nationaliser ( banques, Pétroplus) que temporairement.  C’est-à-dire d’utiliser l’argent de l’Etat pour renflouer pour ensuite rendre aux actionnaires.  Il veut nationaliser les pertes pour mieux reprivatiser les profits.

Les médias valorisent la parole lepeniste et ignore la gauche radicale

Mais ce que retiennent les Français, c’est ce que promeuvent les médias.  Elle apparaît comme la seule anti-système.  C’est pour cela qu’elle se garde bien aujourd’hui de réitérer sa main tendue à la droite.  Elle garde cela pour le deuxième tour.

A gauche, des économistes comme Frédéric Lordon, Jacques Sapir préconisent la sortie de l’euro. Des mouvements comme Action Communiste, le PRCF, Rouge-Midi, Rouges vifs, le M’PEP … le réclament également, tout comme les adhérents du PCF qui se regroupent dans « Faire vivre le PCF ».  Le débat continue à gauche, y compris au Front de gauche. En France et en Europe.   Les propositions de la vraie gauche en ce domaine ont l’avantage d’être crédibles car elles s’appuient sur une  rupture avec l’ordre existant, l’instauration d’échanges équitables et de coopérations mutuellement avantageuses qui échapperaient à la logique capitaliste des profits et de la domination.  Il est grand temps que toute la gauche radicale s’unissent contre les politiques européennes et ses outils : les différents traités, l’euro, les institutions…  Ne laissons pas le FN seul mener la bataille contre le traité transatlantique, l'euro et les institutions européennes.

Tout abandon du terrain nourrit le Front National
En guise de conclusion, ce texte de  Frédéric Lordon ( Mai 2012, Le Front National, mêmes causes, mêmes effets) nous paraît mériter beaucoup d’attention :

« On ne reconnaît pourtant jamais si bien la surdité politique qu’à son empressement à certifier qu’elle a « bien entendu le message » et que « les Français ont envoyé un signal fort». Il faut croire que la force adéquate du « signal », désormais, ne devrait pas viser en dessous du coup de fourche pour que « le message soit entendu » pour de bon. En attendant, de secousse en secousse, le FN fait sa pelote, et toujours pour les mêmes raisons, celles de la protestation antilibérale constamment réaffirmée, et du déni qui lui est constamment opposé. Il faut donc vraiment des œillères pour ne pas voir, ou ne pas vouloir voir, la régularité granitique qui conduit la vie électorale française : quand l’orthodoxie néolibérale pressure les salaires, dégrade les conditions de travail, précarise à mort ou jette au chômage, quand elle détruit les services publics, abandonne les territoires par restriction financière, menace la sécu et ampute les retraites, toute proposition de rupture reçoit l’assentiment, toute trahison grossit le ressentiment, tout abandon du terrain nourrit le Front national ».

 

Action Communiste

Repost 0
Published by Action communiste - dans guerre idéologique
commenter cet article
28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 13:25

Nous republions cet excellent article de Jean Lévy sur "le meilleur moyen de combattre le Front National".

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATTRE LE FRONT NATIONAL par Jean LEVY

Sur le terrain syndical…

 

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATRE LE FRONT NATIONAL

 

par Jean LEVY

 

Les infos, ce matin, nous apprennent que les syndicats s’inquiètent de la perméabilité de leurs organisations aux idées du Front national.

De plus en plus nombreux seraient les syndiqués qui franchiraient la « ligne rouge » de l’adhésion au Front, et même, en deviendraient militants.

 

Face à cette réalité, la CGT, la FSU et Solidaires veulent développer ensemble une campagne d’explications, visant à éclairer leurs  adhérents sur les véritables objectifs du parti de Marine Le Pen, de la démagogie des propos de cette dernière comme ceux de ses lieutenants. Et de mettre en lumière, les contradictions frontistes qui illustrent les thèmes développés par eux, au cours des dernières années, opposants les uns aux autres pour en déceler le caractère mensonger ou profondément réactionnaire.

 

Pourquoi ne pas, en effet, se saisir des positions successives et contradictoires du FN pour contrer sa propagande ?  Cette démarche devrait davantage concourir au but recherché,  que les clameurs sentencieuses de « FN= fachos » ou « FN=nazis », en s’appuyant sur les relations historiques de Jean-Marie Le Pen avec  les ex-collabos  et sur les propos provocateurs de ce dernier.

 

S’il y a, aujourd’hui, une attirance de militants syndicaux vers le Front national, ce n’est pas par sympathie pour cette mouvance factieuse, mais sur la base de l’orientation « nationale » et « sociale » prise par l’équipe dirigeante de Marine Le Pen. C’est donc à partir de ce corpus idéologique que les centrales syndicales doivent orienter leurs réflexions.

 

Celles-ci devraient se poser la question :

« Nos syndicats et leurs dirigeants répondent-ils, dans leur activité et leurs mots d’ordre,  aux questions concrètes que se posent salariés et retraités ? Ceux-ci, dans leur vécu quotidien, trouvent-ils dans les préoccupations syndicales, et l’orientation qui en découle, des réponses en phase avec leur colère grandissante, leur mal-vivre, leur désespérance ? »

 

Non, bien sûr.

 

Le monde du travail, et tous ceux qui en sont exclus ou qui risquent de l’être,  constatent, jour après jour, que le pouvoir politique, aujourd’hui assumé par les soi-disant « socialistes », comme hier par la droite, non seulement trahit ses promesses, mais aggrave  les conditions d’existence du plus grand nombre et fait sombrer dans la pauvreté, sinon dans la misère, des millions de Français.

 

Cette chute s’accentue au rythme de l’enrichissement continu d’une minorité de privilégiés, qui tient le haut du pavé, étale son luxe provoquant, dicte sa loi à tous ceux qui nous gouvernent.

 

Il est clair que cette situation est douloureusement ressentie par la population, qui s’en inquiète et cherche désespérément une issue moins désastreuse.

Malheureusement, elle ne trouve pas dans les syndicats – ou dans le monde politique – des explications, des réponses et des propositions de solution pour sortir de la « crise »,  terme employé par les responsables de celle-ci, pour justifier les « sacrifices » demandés aux victimes.

 

Aussi, cette population se tourne chaque jour davantage vers ceux qui, dans leurs propos,  dénoncent par ;le verbe cette situation. Le Front national est, en effet,  la seule force visible qui semble mettre en cause l’Union européenne, la suppression des frontières, et qui se prononce, en parole, pour le retour à la souveraineté nationale.

 

Certes, Marine Le Pen et les siens se gardent bien de désigner le capital comme le responsable et le bénéficiaire de l’intégration européenne, derrière laquelle se tient BusinessEurope.

 

Le Front national ne cache pas son adhésion au « libre échange »,  au marché et à la « concurrence libre et non faussée », qui constituent le fondement de l’Union européenne.

 

Mais le FN sait dissimuler son choix de société, derrière ses critiques visant « les étrangers », tenus pour responsables des malheurs des Français.  Et il met en avant les effets, mais pas les causes de l’UE.

 

A l’inverse, mettant en avant leur « humanisme », les Centrales syndicales semblent, aux yeux de l’opinion, s’intéresser davantage aux ouvriers immigrés, et souvent sans papiers, qu’aux effets de la concurrence patronale sur les salariés français…

 

 

Pourtant, Il serait aisé, pour une organisation syndicale de lutte de classe, d’éclairer les salariés sur la véritable nature du Front national.

Mais les dirigeants de la CGT, de la FSU et de Solidaires  ont jeté par-dessus bord la lutte des classes comme moteur de la société.

 

Aussi les responsables de ces syndicats se gardent bien de mettre en cause l’existence de l’Union européenne et d’appeler notre pays à s’en sortir  comme de sa monnaie, l’Euro. Ils en sont réduits à réclamer une impossible « Europe sociale », qui n’est qu’en fait que l’adhésion fondamentale à l’idée d’intégration européenne. D’un même mouvement, les directions syndicales condamnent toute idée de protectionnisme protégeant notre peuple, abusivement qualifiée de « nationaliste »…

 

Comment, dans ces conditions être crédible aux yeux des travailleurs ?

Comment ouvrir une voie différente, de véritables perspectives de changement ? Comment combattre efficacement le Front national, en laissant à celui-ci le monopole de l’opposition à l’Union européenne, même si cette attitude n’est qu’apparence ?

 

D’autre part, les Confédérations, en se refusant à la lutte frontale contre le Patronat et le pouvoir politique qui le sert, égarent les salariés sur les enjeux véritables et laissent à ceux-ci la route ouverte aux mirages frontistes.

 

Ce ne seront pas des harangues véhémentes contre « l’extrême-droite », dans des meetings communs, qui réduiront l’audience populaire du Front national.

 

Seule la lutte sociale, avec sa dimension nationale, permettrait aux syndicats - et aux forces politiques – de changer la donne des rapports de force en France.

 

C’est le meilleur moyen de combattre efficacement le Front national.

 

Repost 0
Published by Action communiste - dans Luttes de classe
commenter cet article
26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 13:19

Le PS n'a de cesse de dénoncer l'extrême-droite en France.  Que ne fait-il de même pour les groupes fascistes d'Ukraine ? Ces derniers sont déjà passés à l'acte contre les communistes ukrainiens qui sont soumis à la terreur de rue dans l'Ouest du pays.  Cela n'embarrasse pas Fabius et les représentants de l'UE qui ont dialogué avec leurs représentants à Kiev.  L'extrême-droite, quand elle est pro-européenne, devient fréquentable, voire admirable, pour nos dirigeants européens et les médias dominants.

Le Parti communiste d'Ukraine bientôt interdit ?

Le projet de loi est déposé au Parlement, solidarité avec nos camarades !

Communist Party of Ukraine logo




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Nos camarades ukrainiens subissent des attaques sans précédent depuis plusieurs semaines. La dernière en date, la proposition déposée au Parlement du député de l' « opposition » européiste, Oleg Lyashko, d'interdire le Parti communiste d'Ukraine.



Ce 23 février, un pas de plus a été franchi dans la chasse aux sorcières anti-communistes. Le projet de loi n° 4201, enregistré à la Rada (parlement ukrainien), propose l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.



Un Parti déjà dans la semi-clandestinité à l'ouest, maintenant le projet est porté au niveau national !



Ces dernières semaines, les communistes ont tout connu.

 

Les démolitions de monument en hommage à Lénine, à la lutte anti-fasciste de l'Armée rouge ; les interdictions dans plusieurs régions ; les attaques contre les sièges locaux et le siège national ; enfin, attaque armée contre le lieu présumé de résidence du secrétaire du Parti, heureusement erroné.

 

Cette fois, la proposition votée officiellement dans trois régions d'Ukraine sous contrôle de forces pro-européennes 'radicales', fascisantes, de fait une réalité dans tout l'Ouest du pays, où les communistes sont soumis à la terreur de rue, cette proposition est avancée au niveau national.

 

Son instigateur, M.Oleg Lyashko, est connu pour son populisme à tout crin, son européisme assumé qu'il a conduit à être en première ligne des manifestations pro-européennes, son désir d'exister, y compris dans des provocations parlementaires finissant en bagarre générale.



Interdire le Parti communiste : une preuve de conformité avec l'Union européenne ?



Officiellement, il fait partie d'un petit parti, le « Parti radical » dont il est le seul député. Toutefois, il avait déjà été élu député en 2006 pour le « bloc Timochenko » … bien qu'il en avait été exclu pour « collaboration avec la majorité (pro-Yanoukovitch!) ».

 

Une vraie girouette politique, dont la boussole reste l'adhésion à l'Union européenne, la collusion avec les différents clans oligarques, camouflés derrière une rhétorique populiste !

 

Le seul parti avec lequel il n'a pas flirté, c'est le Parti communiste. Lyashko s'était notamment fait connaître pour en être venu au poings en 2011 avec le député communiste Adam Martynuk, après que Lyasko a insulté le parlementaire.

 

Si dans l'immédiat, cette proposition risque de ne pas être acceptée, elle brise un tabou. Aucun des partis en compétition ces dernières semaines, liés à un clan oligarchique, à un bloc de puissance, n'a exprimé sa solidarité avec le Parti communiste face à ce déni de démocratie.

 

L'interdiction du Parti communiste est déjà une réalité dans plusieurs pays d'Europe – Lituanie, Lettonie, Hongrie –, d'autres mesures du même type ayant déjà été entreprise ailleurs, comme en Pologne ou en République tchèque.



Un Parti qui dérange : la vraie « opposition » de masse aux régimes des oligarques



Le secrétaire-général du KPU, Petro Simonenko, a posé une position ferme de refus de l'intimidation fascisante :

 

« On ne va pas se laisser intimider, cette proposition montrent qu'ils ne veulent pas entendre des opinions différentes, comprendre que l'Ukraine est diverse ».

« En 1991, ils ont interdit le Parti communiste. Après l'interdiction, le pays a été détruit, l'Ukraine a perdu presque toute souveraineté politique. Et maintenant ils essaient de le refaire, parce que nous disons la vérité. Le Parti communiste a un programme clair, donc ils essaient de l'éjecter de la scène politique ».

 

Ce programme politique, le KPU l'a réaffirmé ces derniers jours : il ne participera pas au gouvernement et sera le premier, et seul, parti d'opposition à cette « union sacrée », trêve entre clans oligarques dans leur lutte pour se partager le gâteau.

 

Un parti d'opposition constructifpour le maintien de l'unité et l'intégrité de l'Ukraine, la défense des intérêts nationaux de l'Ukraine, assimilés à ceux des travailleurs ukrainiens.

 

Mais un parti d'opposition inflexiblequi demande dès maintenant le retrait des réformes libérales précédents de Yanoukovitch – notamment dans la santé, sur les retraites – ; le refus de tout agenda décidé par l'Union européenne, la Russie ou le FMI ; enfin, une enquête sur les actes de violence, violation de lois, brutalités non-nécessaires commis par les divers camps ces dernières semaines.

 

On comprend mieux, qu'avec un tel programme, le Parti communiste se soit fait beaucoup d'ennemis en Ukraine dans les clans dirigeants … mais aussi beaucoup d'amis, au sein du peuple, des travailleurs de ce pays.

 

Seul parti à défendre l'unité et l'indépendance nationale, les intérêts des travailleurs, le KPU a survécu à la tentative de Yanoukitch de « plumer la volaille communiste » – cet électorat ouvrier de l'est du pays, russophone – feignant de récupérer certaines positions du parti.

 

Il avait fait le tour de force de passer en 2012 de 5,3 à 13,4 % des voix, doublant son nombre de voix (de 1,3 à 2,6 millions de voix), devenant la première force d'opposition à la « lutte de clans » entre oligarques pro-russes et pro-européens.

 

Les avertissements que nous faisons monter ces derniers mois nous montrent que nous ne sommes pas des Cassandre, la menace est bien réelle en Ukraine. Il est temps maintenant de faire monter la solidarité avec nos camarades ukrainiens : le fascisme ne passera pas !

Repost 0
Published by Action communiste - dans Europe & institutions
commenter cet article

Articles Récents