Action communiste

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : Yvette Genestal  <action.communiste76@orange.fr>

Environnement

Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 11:56


La lutte contre le réchauffement climatique mérite peut-être qu’on en récompense ses acteurs. C’est ainsi qu’Al Gore partage le prix Nobel de la paix 2007 avec les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais entre les travaux patiemment documentés produits collectivement par le GIEC, et la campagne de communication « climat » de l’homme politique américain, assaisonnée de pathos familial, il y a un monde.

 


AL GORE : LA FARCE VERTE

 

« Une vérité qui dérange »… Après le film, le livre, qui vient d'être publié en France. On attend la comédie musicale à Broadway. Reconnaissons toutefois l’habileté à vulgariser la science, le didactisme, l’esthétique de la couverture où, de cheminées d’usines, jaillit un panache blanc cyclonique. Passons, aussi, sur quelques légèretés dans la démonstration : Roger Revelle (1909-1991), qui inspira Al Gore, aurait été le premier à mesurer le taux de CO2 dans l’atmosphère ! Oubliés, les vrais pionniers comme John Tyndall (1820-1893) et Svante Arrhenius (1859-1927). Par ailleurs, quel est donc le calcul qui permet d’affirmer que chaque litre d’essence consommé produit 5 kg de CO2 ? Enfin, pourquoi ignorer les cycles astronomiques des changements climatiques, qui provoquent une glaciation tous les 100 000 ans environ ?

 

Si une certaine légèreté préside aux développements scientifiques, ce n'est pas le cas du poste « photos de la famille Gore », qui est plutôt lourd. Au point que les images et récits de la vie personnelle de l'ex vice-président des Etats-Unis laissent une sensation de malaise. Ainsi, l’accident du fils d’Al et Tipper, renversé par une voiture à l’âge de 6 ans aurait revêtu au moins un aspect positif : « J’ai reçu (…) l’obligation de me consacrer à quelque chose d’important » déclare carrément l’auteur (il n’était jusqu'alors que membre du Congrès des Etats-Unis…). Même utilisation indécente de la mort de sa sœur Nancy, d’un cancer dit « du fumeur ». Il aurait fallu le drame pour que les Gore cessent la culture du tabac. Morale de l’histoire, transposée au réchauffement climatique : n’attendons pas qu’il soit trop tard…

 

Tout cela serait de peu d’importance si le propos général était à la hauteur des intentions de l’auteur : dire « une vérité qui dérange ». Hélas ! nous baignons dans les bons sentiments gnan-gnan et l’air du temps. Ainsi, Al Gore met beaucoup d’espoir dans le « capitalisme de marché », tout comme George Bush. Et que les droits à polluer par les grandes entreprises soient négociables dans le cadre d’un système apparenté aux bourses des valeurs est perçu, et affirmé, comme une panacée. Gore préconise aussi l’achat de « compensations-carbone » pour compenser l’impact écologique des voyages par avion. Plus généralement, l’auteur ne jure que par les changements de comportements individuels : pratiquer le télé-travail (pas facile pour les cheminots, les salarié du secteur des BTP, les cuisiniers, etc.), recourir aux biocarburants (au risque des cultures vivrières) ; acheter « local » (souvent impossible), agir « politiquement » en faisant pression sur les élus ou en se présentant soi-même au Congrès [sic], consommer moins (un classique de l’écologisme nanti très à la mode dans le Lubéron), manger moins de viande (les vrais écolos seraient-ils ceux qui n'en mangent pas par nécessité ?), et limiter les déplacements « inutiles ». Chiche, sur ce dernier point ! Mais hélas ! Les conditions matérielles de cette recommandation, subordonnée à l’aménagement des territoires et à la sécurisation du travail ne sont évidemment jamais prises en compte par la jet-set écologiste (ces acteurs californiens qui roulent dans des voitures hybrides pour se rendre sur le tarmac de leurs jets privés). On attendait des Français qui s’extasient, de se rappeler par exemple que préférer les transports en commun n’est pas forcement simple dans un pays dont le réseau ferré a été diminué de moitié depuis 1930.

Pascal Acot

 

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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 19:33
LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATO-MEDIATIQUE

Pascal Acot


Depuis quelques mois, nous assistons à une floraison de rapports sur le réchauffement climatique, dans lesquels il est fait assaut de prévisions catastrophistes. J'en retiendrai ici deux exemples seulement. En octobre 2007 le « rapport Stern », élaboré par un ancien ancien économiste de la Banque Mondiale à la demande du futur premier ministre de la Grande-Bretagne Gordon Brown est publié. Il y était indiqué que si nous ne faisons rien contre le réchauffement climatique, l'économie des pays industrialisés, donc l'économie mondiale s’effondrera, qu'un effondrement de 20% de la production économique et la multiplication de conflits de survivance meurtriers étaient à prévoir. Ce rapport indiquait aussi, et c'est l'idée centrale dont il est porteur, que la lutte contre les émissions de GES pourrait coûter l'équivalent de 1% des richesses produites dans le monde, mais que si l'on ne faisait rien, les catastrophes économiques, sociales, politiques, pourraient coûter 20 fois plus (5500 milliards de dollars).

Le 4e rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Changement Climatique, IPCC pour l'acronyme en anglais) à été présenté le 2 février 2007. Il y est indiqué que le XXe siècle aurait « probablement » connu le réchauffement le plus important depuis un millénaire. Qu'il est « très probable » (90%), mais non « quasiment certain » (99%), que ce réchauffement est dû « pour partie » aux activités humaines par rejets de gaz à effet de serre. Pourquoi « pour partie » ? Parce qu'il existe aussi et surtout des facteurs astronomiques du changement climatique, lesquels conduisent à une glaciation tous les 100 000 ans environ et nous permettent d'affirmer avec certitude que nous n'entrerons dans une phase de glaciation que dans 20 000 ans environ. Le GIEC prévoit d'ici à 2100, un réchauffement compris entre 1,8 et 4° C et une hausse du niveau des mers comprise entre 18 et 59 centimètres d'ici la fin du siècle. Le GIEC a également annoncé que le réchauffement se poursuivra inexorablement pendant plusieurs siècles, même si nous stabilisions dès aujourd'hui les taux de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. De la même manière, la hausse du niveau des mers devrait se poursuivre pendant au moins mille ans. La presse ne s'est pas intéressée à ces colossales inerties biosphérales. Et alors que, selon l'Institut Français de l'Environnement, les ménages et les véhicules individuels sont responsables de 27 % seulement des émissions nationales de GES, les médias ne cessent de stigmatiser l'« empreinte écologique » des individus, invités du même coup à « sauver la planète » sous la bannière du WWF, gigantesque organisation nord-américaine de collecte de fonds. fondée, notamment, par Russell Train, qui fut responsable «Sécurité-Environnement » de la transnationale Union Carbide, laquelle provoqua la catastrophe de Bhopal en 1984 (12 000 morts). Russell Train a toujours nié toute responsabilité de son entreprise dans cette tragédie.

La presse dont il vient d'être question a, semble-t-il, oublié que dès mai 2004, Lorents Lorentsen, directeur de l'Environnement à l'OCDE déclarait : « (...) il est déjà trop tard pour contrer certaines modifications du climat causées par les activités humaines. Autrement dit, les politiques visant à réduire les émissions de GES devront s'accompagner d'autres mesures pour nous aider à nous adapter aux effets du changement climatique ». En fait, nous devons faire face à deux problèmes, souvent confondus : celui du réchauffement climatique et celui de l'épuisement prochain des combustibles fossiles. On voit que le premier problème pourrait être réglé par le second. Et qu'en conséquence, l'urgence véritable est de repousser le moment de l'épuisement des combustibles fossiles afin d'aménager la transition vers les énergies alternatives, aujourd'hui insuffisantes, le nucléaire civil mis à part.

Hélas ! les mesures à prendre seraient très douloureuses pour le monde des transnationales : suppression radicale des transports (aériens, maritimes et routiers) non absolument nécessaires, c'est-à-dire la démondialisation de l'économie et la relocalisation des activités industrielles et agricoles. Suppression du tourisme (aérien, maritime et routier) mettant en oeuvre l'usage de combustibles fossiles. Développement des transports en commun (songeons que le réseau ferré français est aujourd'hui revenu à son niveau de 1875) et que la SNCF organise sa propre concurrence avec ses filiales de transport routier Calberson et Bourgey-Montreuil, entre autres. Avec, en attendant le solaire, le développement de l'électronucléaire dans le monde entier puisque cette forme de production d'énergie ne rejette pas de GES. L'urgence est pourtant grande puisque rien n'a été fait depuis la Convention-cadre sur le changement climatique de la Conférence de Rio (1992), sinon la mise en place d'une Bourse de droits à polluer et du feuilleton à épisodes du stérile protocole de Kyoto. Au lieu de quoi, les politiciens roulent des yeux en évoquant le réchauffement. Ah ! Les candidats à l'élection présidentielle, en chemise et la corde au cou, venant signer le « Pacte écologique » de Monsieur Hulot ! Le GIEC a bon dos, dont les travaux scientifiques servent le plus souvent à préparer les opinions publiques à plus d'austérité énergétique, à de nouvelles taxations «écologiques », au déclin industriel de l'Europe par redéploiements vers les pays émergents et les PVD, et à la mise en place ou au renforcement d'instances supranationales afin de légitimer l'ensemble.

Pascal Acot, membre fondateur d'Action Communiste, historien de l'écologie scientifique (CNRS) a récemment publié «Histoire du climat », Perrin, 2003, et «Catastrophes climatiques, désastres sociaux », PUF, 2006. Cet article a été initialement rédigé pour le journal "Le Manifeste".
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 18:33
A voir absolument ce reportage qui n'a pas pu passer comme prévu sur Canal+.
A on peut comprendre pourquoi il y a une censure sur ce thème sur le fond mais aussi sur le rôle des institutions


 http://video.google.fr/videoplay?docid=-8996055986353195886

Cette vidéo, a été apparemment interdite de diffusion sur Canal+ (qui a pourtant produit le reportage...), elle évoque une étude faite sur des rats à qui on fait manger des OGM...

Intéressant.


A voir avant qu'elle disparaisse du web... donc haut débit conseillé.

A faire diffuser le plus largement possible.
Par Action communiste - Publié dans : Environnement
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Mardi 11 avril 2006 2 11 /04 /Avr /2006 22:58

Histoire du climat Historien des sciences au CNRS, Pascal Acot nous présente de façon imagée et vivante l'évolution de la Terre depuis ses origines. Il a l'immense mérite de mettre à la portée de tous un sujet difficile où se mêlent sciences naturelles et sciences humaines.
(Perrin, mars 2003, 310 pages, 20 ?)

 

 

Emmanuel Le Roy Ladurie avait ouvert la voie avec son Histoire du climat depuis l'an mil.
Historien des sciences au CNRS, Pascal Acot remonte quant à lui jusqu'à la formation de la Terre, il y a 4,6 milliards d'années ! Cet allongement radical de la perspective ne l'amène toutefois pas à remettre en cause une des principales conclusions de son illustre prédécesseur : le climat est certes une composante importante de l'Histoire, mais il ne la détermine pas (ou, du moins, il ne la détermine plus depuis quelques milliiers d'années...).

Tandis que chacun s'inquiète d'un éventuel réchauffement de notre atmosphère, voici un ouvrage bienvenu qui nous rappelle les rapports étroits entre l'Homme et le climat.

L'auteur, dans une démarche à la fois historienne et scientifique, a interrogé l'Histoire en se demandant dans quelle mesure notre destin collectif pouvait être influencé par les variations climatiques.

En se tenant soigneusement à distance de la "théorie des climats" chère à Montesquieu, il a pu montrer comment des événements tels que les campagnes de Napoléon et Hitler en Russie avaient peu à voir avec de prétendus déterminismes climatiques.

Pascal Acot fait également un sort aux accidents climatiques prétendument à l'origine de la Fronde ou encore de la Révolution française.

En remontant à la formation de l'atmosphère terrestre ( !), Pascal Acot raconte les révélations scientifiques avec un sens profond de la pédagogie. Ainsi, il ne manque pas d'éclairer les mots savants par leur étymologie.

Un monde changeant

L'étude des périodes qui ont précédé l'apparition de l'être humain passionne ordinairement peu de monde au-delà d'une poignée d'initiés.

La lecture de l'Histoire du climat peut renverser ce constat. Pascal Acot commet en effet l'exploit de parler avec clarté du précambrien et des ères paléozoïque, mésozoïque et néozoïque (nouveaux noms des ères primaire, secondaire et tertiaire durant lesquelles s'est développée la vie (de zôon, animal en grec ancien).

Le titre d'un chapitre (La vie façonne le climat) donne à réfléchir en montrant que dès le paléozoïque, le pullulement de la vie a pu modifier le climat en faisant notamment varier la composition de l'atmosphère ou la densité du couvert végétal. Comment ne pas penser à la situation actuelle, avec les craintes relatives à l'effet de serre et à la biodiversité ?

Autre motif de réflexion : l'auteur rappelle que toutes les périodes de réchauffement atmosphérique, aussi loin que l'on remonte, se traduisent par un palier de plus dans le développement de la vie et par un surcroît de bien-être pour les êtres humains !

Il n'empêche que Pascal Acot s'inquiète de la modification actuelle du climat, d'origine anthropique. Il est pour l'heure difficile d'imaginer que cette modification puisse déboucher sur un mieux-être pour l'humanité.

André Larané

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