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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 10:17

BRN-titre

Le 12 septembre 2014, l’Union européenne a décrété une nouvelle vague de sanctions contre Moscou . Sur le principe, la menace ou l’application de sanctions illustre l’arrogance dont croient pouvoir faire montre les puissances à l’égard de pays qu’elles voudraient leurs vassaux. Une telle punition collective est aux antipodes de relations qui devraient prévaloir entre pays souverains et – théoriquement – égaux en droits.

 

Pour se justifier, Washington et Bruxelles décrivent un Vladimir Poutine planifiant une stratégie aussi machiavélique que brutale : « annexion » de la Crimée, déstabilisation du Donbass, et finalement rattachement de l’Ukraine tout entière à un « empire soviétique » que le Kremlin rêverait de reconstituer. Or un tel conte est fort éloigné de la réalité des faits, pourtant connus et vérifiables.

 

Le président russe n’est certes pas exactement un naïf enfant de chœur, on peut l’admettre (et même, pourquoi pas, s’en réjouir, dans les circonstances actuelles). Faut-il pour autant inverser les responsabilités ?

 

A peine l’URSS avait-elle explosé que les puissances occidentales manifestaient leur ambition d’amener cette ex-République soviétique, géostratégiquement cruciale, dans leur giron. Dès les années 1990, Européens et Américains exportèrent ainsi des ONG, lancèrent des formations d’activistes et de futurs leaders politiques, moyennant de substantiels flux financiers.

 

La « Révolution orange » de 2003 fut un premier aboutissement, qui sombra cependant dans la corruption des nouvelles élites oligarchiques. En 2010, ce fut donc le candidat du Parti des régions, un oligarque, mais issu de l’Est, qui fut élu à la présidence. Alors que Viktor Ianoukovitch était ici caricaturé comme « pro-russe », il négocia volontiers l’« accord d’association » dont Bruxelles rêvait. Ce traité peut factuellement s’analyser comme un engagement unilatéral et léonin d’alignement économique et politique sur l’UE , et donc comme le point de départ du déchirement violent du pays.

 

Peu avant la signature officielle du document, Moscou rappela que le choix de basculer dans l’orbite économique de l’Union européenne ne serait pas sans conséquence sur une économie ukrainienne intimement dépendante de son grand voisin oriental. Le président Ianoukovitch gela in extremis sa signature en novembre 2013. Ce fut l’étincelle qui déclencha des manifestations, sur fond de colère contre la corruption et la situation sociale. Très vite cependant, des groupes fascisants structurèrent le mouvement. Fin 2013, le soutien ouvert des dirigeants américains et européens à une insurrection naissante polarisa l’angoisse puis la révolte de l’Est du pays.

 

Le renversement par la force du président élu accéléra les événements : les nouvelles autorités laissèrent libre cours à leur animosité vis-à-vis des populations russophones, y compris par un projet d’interdiction de leur langue maternelle. Tant cette mise en tutelle vexatoire de la partie orientale du pays que l’intention affichée de rejoindre l’OTAN ne pouvaient laisser Moscou indifférent. Accusée d’interventionnisme, la Russie dut alors subir les sanctions de l’UE et des USA.

 

Si le blocage du commerce et des financements dans des secteurs sensibles est maintenu, l’économie russe en souffrira. Du moins à court terme. Car, sur une perspective plus longue, cela pourrait bien accélérer le rapprochement de la Russie avec des partenaires tels que Chine, et plus généralement avec l’Asie. Pas sûr que cela ait été vraiment l’objectif recherché par les stratèges occidentaux.

 

Et surtout, une économie soumise à sanctions est conduite à évoluer pour les contourner, puis pour s’adapter. Elle peut, à terme, en sortir plus forte, moins dépendante des technologies, crédits et conditions extérieures. Nombre de citoyens russes se disent même prêts à réorienter leur consommation en faveur des productions nationales.

 

On verra. Récemment, un éditorial du Monde remerciait ironiquement le président russe : celui-ci aurait réussi la performance d’unir les dirigeants de l’UE (contre lui). Nos confrères ont peut-être ri un peu vite. Qui sait si, dans quelques temps, ce n’est pas le locataire du Kremlin – en outre désormais crédité d’une popularité record dans son pays – qui, paradoxalement, finira par bénir lesdites sanctions ?

 

 

VANESSA IKONOMOFF

 

source : BRN

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