Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 15:10

Lu sur le blog de Jean Gadrey

Le grand retour de « l’assistanat » : sur quelques idées fausses (1)

Le 7 novembre dernier à Paris, pour son dixième meeting de campagne, Nicolas Sarkozy a fait de la lutte contre « l’assistanat » l’un de ses principaux objectifs. C’était déjà le thème principal de sa campagne de 2006-2007  : “Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.” (Périgueux, 12 octobre 2006)

On ne peut malheureusement pas dire que la gauche au pouvoir ait tout fait pour contrer ces idées, même si elles ne font pas partie habituellement de son fonds de commerce. Ces propos de François Rebsamen à i-Télé à la fin de l’été ont été jugés scandaleux par TOUS les syndicats : « Il n’est pas possible, dans un pays qui est en difficulté […] d’avoir des gens qui [ne cherchent pas de travail] »… « Donc je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles ». Un objectif qui exige « un état d’esprit différent, des convocations et des vérifications […] Sinon on est radié ».

 

C’est sûr, comme me le disait récemment un ami syndicaliste, IL Y A DESORMAIS A POLE EMPLOI PLUS DE RADIATIONS QU’A FUKUSHIMA… « Elles ne font qu’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande: de 492 000 en 2012, elles sont passées à 525 800 en 2013. Un chiffre comparable aux années Sarkozy : 528 600 en 2010, 521 100 en 2011. Pour 2014, elles dépassent déjà allègrement le nombre atteint en juillet de l’année dernière : 351 200 contre 291 200. Ce qui annonce peut-être un record. » (article de l’Expansion/l’Express).

Le seul argument du Ministre est celui du nombre d’emplois non pourvus. Enorme : 350 000, selon lui. Ignorance ou mensonge d’Etat ? Peu importe, c’est un faux grossier. Je vous conseille ce billet de Michel Abhervé sur son blog (voisin du mien) : “Où François Rebsamen a-t-il trouvé les 350 000 emplois non pourvus ? En tous cas, pas à Pôle emploi”, ou un article de Libé du 2 septembre dont voici un extrait : « En 2013, pour les seuls postes dont il a la charge, Pôle Emploi dénombrait seulement 116 000 offres débouchant sur un «abandon de la procédure de recrutement faute de candidat» (Libération du 2 septembre). Certes, Pôle emploi n’est pas le seul organisme à collecter des offres, mais si vous voulez une analyse approfondie de la « machine à fantasmes » des offres d’emploi non pourvues, le mieux c’est… Alternatives économiques.

J’en viens à d’autres idées fausses et dangereuses sur le chômage et la pauvreté. Des idées partagées par certains de nos concitoyens parce qu’une partie des médias et des politiques, PAS TOUS, les reprennent en boucle. Faire peser sur les chômeurs et sur les pauvres la responsabilité du chômage et de la pauvreté, cela en arrange certains. Et pourtant toutes les études et enquêtes sérieuses disent strictement le contraire.

Je me limiterai à trois idées fausses. Je m’appuierai en partie sur une petite enquête par entretiens approfondis à laquelle j’ai contribué, menée par l’association AC ! de ma région auprès de 16 personnes au chômage ou en emploi précaire, en partie sur un excellent petit livre d’ATD « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » (2014), et je complèterai par d’autres sources.

 

PREMIERE IDEE FAUSSE : « LES PAUVRES ET LES CHOMEURS NE VEULENT PAS TRAVAILLER »,

Ils ne veulent pas, ou ils ne font pas grand-chose pour retrouver un emploi. Le travail ne représente pas pour eux une valeur positive, ils n’y sont pas attachés et du coup ils ne sont pas motivés pour prendre un emploi. Ce sont « ceux qui ne veulent pas travailler » selon Sarkozy.

D’abord, que nous disent en résumé les 16 personnes rencontrées à qui l’on a posé la question : « Que représente le travail pour vous ? »

Pour 11 personnes, le travail est vu comme une valeur positive ou très positive, dont deux avec des réserves. Pour 4 personnes, le jugement est nuancé (c’est important pour vivre, mais il y a travail et travail et ce n’est pas tout dans la vie, ou bien : c’est une nécessité, sans plus). Pour une personne, le jugement est très négatif.

Ces constats sont confirmés par des études en France et à l’étranger. Une vaste enquête européenne avait même montré en 2000 que 64 % des chômeurs déclaraient qu’ils souhaiteraient travailler « même dans l’hypothèse où cela ne serait pas pour eux une nécessité sur le plan financier ». Or seulement 48 % des personnes ayant un emploi estimaient qu’elles souhaiteraient continuer à travailler dans la même hypothèse. Et, pour l’ONPES (Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale), « selon les études dont nous disposons, on observe plutôt que de plus en plus de personnes cherchent à travailler pour échapper à la pauvreté ».

Mais attention ! Oui, l’immense majorité des chômeurs et des précaires souhaite travailler, mais dans notre petite enquête nous leur avons posé aussi la question : « Etes-vous prêt à prendre N’IMPORTE QUEL EMPLOI ? ». Et là, les réponses ont été très contrastées : 9 oui, avec parfois une nuance, 7 non assez catégoriques. Exemple de OUI : « Oui car on est obligé de vivre. Il n’y a pas de sous-emploi. La dignité est dans l’emploi » (Farid, 30 ans, alternant petits boulots et chômage). Exemple de NON : « Non pas n’importe lequel. Parce que je travaille avec un minimum de dignité et de respect de la personne… si je suis traitée comme un chien et qu’on m’exploite alors j’arrête » (Fatima, 37 ans, chômeuse depuis 18 mois).

Comment interpréter ces réponses contrastées ? Par deux facteurs qui jouent en sens inverse. Le plus important est la multiplication de petits boulots indignes, mal payés, à temps très partiel, pour des périodes limitées, où l’on est parfois mal traité, voire « traité comme un chien » comme le dit Fatima qui a connu cela. Si on posait cette même question à des gens ayant un emploi stable, il est certain que l’immense majorité d’entre eux répondrait NON.

Mais l’autre facteur, celui qui explique les OUI, est que pour sortir du drame humain qu’est le chômage persistant, en effet, une partie des chômeurs, ici un peu plus de la moitié, est prête à accepter n’importe quoi. C’est pour moi le résultat le plus terrible de cette étude : comment le chômage de masse peut conduire des gens dignes et courageux à accepter des emplois indignes dans une société dite développée. D’autres résistent, c’est une autre forme de courage. Toutes ces formes sont dignes, c’est notre société qui est indigne, et certains responsables politiques indécents.

 

Article publié le 13 novembre 2014

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents