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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:52

Nous reprenons cet article paru sur le site de "Faire vivre le PCF".  Nous avons publié à la suite  trois commentaires: un de P. Brula, le deuxième de l'auteur de l'article.  Nous y avons ajouté un troisième commentaire d'une amie berlinoise à qui nous avions faire parvenir l'article.

 

 

Union européenne et Allemagne
Une nouvelle grande stratégie (?)

jeudi 26 juin 2014

 

Notre camarade allemande Sigrid Krings-Holbach nous a fait passer un texte sur la géopolitique de l’Allemagne, texte écrit par un groupe de journaliste et de professionnels des sciences sociales qui se disent "indépendants". Leur site intitulé "German-Foreign-Policy" (http://www.german-foreign-policy.com/) est consacré, comme son nom l’indique, à la politique étrangère de l’Allemagne. Dans cet article, que j’ai traduit intégralement, il est question de l’existence d’une position différente de celle du gouvernement allemand actuel, vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, suite à la crise en Ukraine, position émergente (?) qui serait portée notamment par des personnes de l’establishment de la politique étrangère allemande. Il est même souhaité que l’UE (ou l’Allemagne ?) mène une politique étrangère indépendante des États-Unis. D’où le titre de l’article : "Une nouvelle grande stratégie". Comme je suis largement dubitatif sur cette nouvelle stratégie (elle sortirait d’où, portée par quel parti et/ou quelle classe sociale ?), j’ai rajouté un point d’interrogation au titre. Je pense en effet que ce genre de développement relève plus d’un doux rêve, que de l’espoir d’une autre politique internationale portée par l’UE… ou l’Allemagne. Ce qui est en tous cas intéressant dans cet article, c’est qu’il montre qu’il n’y a pas forcément unanimité dans ce pays sur les questions internationales, laissant la possibilité de portes ouvertes à la paix en Ukraine, même si cela semble très ténu... Je vous laisse le lire et en juger. J’ai reporté mon point de vue personnel en fin d’article afin de ne pas polluer votre lecture.

Pascal Brula


Une nouvelle grande stratégie

Traduction PB pour Lepcf.fr

Un hebdomadaire allemand influent, "Die Zeit", a ouvert le débat pour une redéfinition des relations entre l’UE et les États-Unis. La politique actuelle de l’Occident envers l’Ukraine serait diamétralement opposée aux intérêts "européens", selon un article publié dans l’édition en ligne de cet hebdomadaire allemand : « L’Europe ne doit pas se priver de la coopération avec Moscou ; elle devrait plutôt l’améliorer ». Si l’UE doit intensifier ses relations avec Washington, elle doit dans le même temps, poursuivre « ses propres concepts » avec plus de détermination. L’objectif devrait être une « grande stratégie transatlantique nouvelle et plus prometteuse ». L’article a été écrit par un associé de l’Institut de Politique Mondiale, groupe de réflexion londonien, mais son point de vue reflète aussi des opinions exprimées au sein de l’establishment de la politique étrangère allemande. En réalité, des points de vue très différents à propos de la politique de l’Allemagne envers l’Ukraine sont discutés en coulisse et sont en train d’apparaître peu à peu au grand public.


Réajustement des relations transatlantiques

Avec cet article intitulé "L’Europe doit réajuster ses relations avec les États-Unis", publié en début de semaine dans son édition en ligne, l’hebdomadaire allemande "Die Zeit" a déclenché une offensive de fond à l’encontre de la politique menée par l’UE et les États-Unis en direction de l’Ukraine. L’existence de cet article est également remarquable car, jusqu’à présent – comme dans l’ensemble de la presse grand public allemande – les commentaires anti-russes prévalaient dans cet hebdomadaire. L’édition en ligne de "Die Zeit" était même allée jusqu’à dénoncer publiquement un de ses collaborateurs free-lance qui avait déjà écrit divers articles pour "Die Zeit en ligne", parce qu’il avait également contribué à un journal co-financé par Moscou. L’article publié en début de semaine et rédigé par l’expert en politique étrangère qu’est Chris Luenen, diffère considérablement de la ligne politique affichée jusqu’à présent par la revue.


Tête de pont contre exclusion

Dans son article concernant le débat actuel sur la politique à tenir vis-à-vis de l’Ukraine et de la Russie, Luenen, tout d’abord, décrit les concepts stratégiques, comme Zbigniew Brzezinski – ancien conseiller à la sécurité pour le président américain Jimmy Carter et influent encore aujourd’hui dans la mise en place de la politique étrangère américaine – l’avait fait dans son rapport bien connu de 1997, "Le Grand Echiquier". Selon Brzezinski, Washington utilise l’UE comme une « tête de pont géopolitique essentielle pour le continent eurasiatique », ce qui doit contribuer à la « mondialisation d’un ordre occidental de style libéral », ainsi qu’à « la sécurité hégémonique des États-Unis pour cet ordre mondial ». La mise en œuvre de ce concept est « d’intégrer l’Ukraine dans les structures euro-atlantiques », afin d’être en mesure d’étendre la "tête de pont" vers l’est. Dans le même temps, cependant, Brzezinski met en garde contre la « possibilité d’une réorientation européenne majeure », qui « pourrait conduire soit à un arrangement germano-russe, soit à une entente franco-russe » – et à « l’exclusion des États-Unis du continent [européen] ». Luenen ajoute que ces craintes inquiètent « les stratèges anglo-américains depuis l’époque de l’empire britannique », craintes clairement perceptibles, par exemple dans "La théorie Heartland de Sir Halford Mackinder, 1904", et « apparemment toujours vivante aujourd’hui » [1].


L’alliance Russie-Chine-Iran

La « décision d’étendre la sphère d’influence occidentale vers l’est, à travers l’expansion continue de l’UE et de l’OTAN », a, en fait, été la plus grave « erreur stratégique que l’Ouest ait faite depuis la fin de la guerre froide », dit Luenen. Cela a simplement poussé la Russie et l’Iran « encore davantage dans les bras de la Chine, dans une alliance anti-hégémonique, anti-occidentale, sous la direction de la Chine ». Toutefois, « une alliance sino-russo-iranienne » obligerait l’Occident « à s’engager dans une politique étrangère encore plus agressive, afin d’assurer l’accès à d’importants stocks – mais en diminution – de matières premières, comme le pétrole, le gaz et les terres rares ». Luenen explique qu’il est pourtant "un peu plus facile" d’assurer les intérêts occidentaux – ce qui signifierait aussi évidemment l’acceptation de "la diminution des matières premières" – par la mise en place d’un partenariat stratégique... avec la Russie (et l’Iran). Par conséquent, il semble particulièrement imprudent d’avoir provoqué la Russie en essayant d’intégrer l’Ukraine dans le système hégémonique occidental.


Ne plus se soumettre aux États-Unis

Luenen plaide avec une rare franchise pour un changement de cap dans la politique mondiale. « L’Union européenne », écrit-il, « ne devrait plus se soumettre à une stratégie "Made in Washington" ». A la place, l’UE devrait « défendre ses propres intérêts », ligne qu’elle a « toujours été faible à maintenir ». Or, les intérêts de l’UE seraient tout-à-fait compatibles avec le « maintien et la consolidation » de ses « liens avec la Russie ». Ce sont des préoccupations que Bruxelles devrait traiter de toute urgence. Bien sûr, il est « aussi naturellement » nécessaire pour l’UE de faire des efforts pour « maintenir », et même « consolider un Occident unifié et fort ». Mais avec une démarche ouverte vers la Russie, elle doit poursuivre « ses propres intérêts beaucoup plus explicitement » – et même montrer aux États-Unis, « si nécessaire, clairement où se situent ses limites ». Parallèlement à la consolidation de la coopération avec Moscou, la question tourne autour de « la redéfinition des relations transatlantiques ». L’UE doit en fin de compte mettre à profit « ses propres concepts concernant l’avenir de l’Occident » comme « base pour la formulation d’une nouvelle et plus prometteuse grande stratégie transatlantique » – comme d’autres l’ont soutenu –, mais « sur un pied d’égalité avec les États-Unis ».


La vieille pendule

Luenen nous mentionne que, dans l’histoire de l’Allemagne, la stratégie géopolitique du pendule, oscillant entre l’Est et l’Ouest afin d’améliorer constamment sa propre position, s’étend aussi loin que l’anxiété des stratèges anglo-américains de perdre toute influence sur le continent européen. Cette stratégie dépend du maintien de relations durables avec les deux centres de pouvoir que sont Washington et Moscou. Certains secteurs de l’establishment de la politique étrangère de l’Allemagne, y compris les personnes situés dans l’entourage politique de l’hebdomadaire "Die Zeit", ont protesté à plusieurs reprises contre la politique actuelle du gouvernement de Berlin envers l’Ukraine, en exigeant que la relation spéciale de l’Allemagne à Moscou soit sauvegardée. Par exemple, depuis le tout début de la crise ukrainienne, l’ancien directeur de l’état-major de planification du Ministère allemand de la Défense, et actuel éditorialiste de "Die Zeit", Theo Sommer, a soulevé de vives critiques sur la politique occidentale. Les anciens chanceliers SPD, Helmut Schmidt et Gerhard Schroeder, ainsi que le chrétien-démocrate spécialiste de politique étrangère, Philipp Missfelder, ont mené campagne en faveur du maintien de la coopération avec Moscou. Dans la lourde ambiance actuelle, dans laquelle les forces transatlantiques appellent sans équivoque aux tirs de la politique étrangère de Berlin, le journal "Die Zeit en ligne" a osé s’avancer avec un article qui donne la parole à un spectre de l’establishment de la politique étrangère allemande, qui a traditionnellement favorisé la "politique du pendule". Bien sûr, cet article est explicitement mentionné – sans doute par mesure de précaution – comme une contribution d’auteur, associé non pas à un groupe de réflexion allemand, mais britannique, lui donnant un certain détachement du débat national allemand.


Deux politiques mondiales

Il y a quelques mois, un chroniqueur du "Frankfurter Allgemeine Zeitung" avait confirmé que cette controverse avait pris de l’importance à Berlin depuis déjà un certain temps. En ce qui concerne les efforts visant à poursuivre une coopération étroite avec la Russie, écrivait-il, « la future constellation mondiale recherchée à Berlin devra être multipolaire, dans laquelle l’UE sera économiquement étroitement liée à la Russie, avec la volonté d’être en mesure de rivaliser avec les États-Unis et la Chine sur le marché mondial. Les approches de Washington devront être constamment examinées pour déterminer si elles sont compatibles avec les meilleurs intérêts de l’Europe… Cela est également vrai pour la crise ukrainienne, où certains à Berlin insinuent que Washington ne peut pas attendre pour imposer des sanctions, car elles se révèleront peut-être plus au détriment de l’Europe que des États-Unis - non seulement économiquement mais aussi d’un point de vue géostratégique » [2]. L’auteur, qui est favorable à une traditionnelle politique transatlantique, explique que, à Berlin, il y a différentes conceptions pour assurer la sécurité de la puissance allemande dans la lutte mondiale – "deux politiques mondiales".


Berlin, 13 juin 2014

Adresse de l’article : http://www.german-foreign-policy.com/en/fulltext/58759


Commentaire de Pascal Brula :

Sur le fond, je pense que les idées qui sont développées par cette "nouvelle grande stratégie" sont largement des idées réformistes que l’on peut qualifier d’idéalistes au sens marxiste du terme, c’est-à-dire ne reposant pas sur la réalité concrète, mais sur un développement de la pensée pure. En effet, cette "nouvelle grande stratégie" est basée sur l’hypothèse que l’UE (ou l’Allemagne ?) devrait mener une politique indépendante des États-Unis afin de servir ses propres intérêts, ce qui, dans le cas de la crise ukrainienne, passerait par le fait de nouer des liens avec la Russie. En dehors du fait que cette théorie est complètement hypothétique et portée par une sorte de nébuleuse allemande sur les plans politiques, économiques et sociaux (en tous cas les deux anciens chanceliers sociaux-démocrates H. Schmidt et G. Schroeder en feraient partie), cela sous-entendrait que l’UE (ou l’Allemagne ?) puisse être indépendante des États-Unis. Pour cela, il faut être clair et net.

Tout d’abord, l’UE n’a aucune compétence pour mener une politique d’affaires étrangères au nom des états-nations encore constitués ; ces derniers n’ont pas encore été dissous, à ce que je sache ! La véritable soumission dans ce domaine relève de l’adhésion à l’OTAN, organisme supranational susceptible de mener une politique belliciste au nom des pays qui le composent. Or qui dirige l’OTAN ? Ce sont les États-Unis ! Deuxièmement, l’UE, depuis sa création que l’on peut faire remonter au cartel de l’acier (année 1926) jusqu’à aujourd’hui, en passant par la CECA, le Marché commun, la CEE, a toujours été poussée et soutenue par les États-Unis qui ont entretenu depuis des décennies, des liens très étroits avec l’impérialisme allemand afin qu’il domine cette UE tout en étant à leur botte. L’UE serait un bon moyen de lutter contre l’hégémonie de l’impérialisme étasunien ? Mais c’est un leurre ! Et le traité transatlantique en est l’illustration concrète et parfaite. L’UE est une création pure sucre du capitalisme contre les travailleurs et contre les peuples et ne sera jamais rien d’autre : les communistes ont le devoir de la combattre et de la faire exploser (faire péter dirait mon camarade Paul Barbazange), notamment en luttant pour faire sortir leur propre pays de cette monstruosité dictatoriale. L’UE est tout simplement la réponse européenne à la mondialisation capitaliste et ne pourra donc jamais se mettre en travers de cette marche destructrice.

Voila pourquoi l’hypothèse d’"Une nouvelle grande stratégie" pour l’Allemagne et l’UE relève d’une illusion absolue, sachant que ce pays, l’Allemagne, est le seul grand maitre à bord de l’UE (l’euro c’est le mark…) et qu’il est complètement inféodé aux États-Unis depuis belle lurette. On peut noter d’ailleurs que l’article entretient une certaine confusion entre la politique étrangère de l’Allemagne et celle de l’UE... Je retiendrai de cet article l’enseignement que l’impérialisme étasunien utilise l’UE en politique étrangère comme une « tête de pont géopolitique essentielle pour le continent eurasiatique » et que l’Ukraine est sa proie actuelle. Seul un rapport de force conséquent, s’appuyant sur les peuples, les travailleurs, les forces révolutionnaires organisées et les contradictions inter-impérialistes (notamment avec la Russie) pourra les faire plier.

Pascal Brula

 

[1] Chris Luenen : "Politique étrangère : l’Europe a besoin de réajuster ses relations avec les États-Unis", www.zeit du 06-06-2014.

[2] Majid Sattar : Zweierlei Geopolitik, "Frankfurter Allgemeine Zeitung", 05-05-2014.

 

Réponse de Sigrid Krings-Holbach

dimanche 29 juin 2014 à 14h23 - par  Sigrid Krings-Holbach

Une analyse similaire à cet article a déjà été faite par le service des renseignements privés américain, Stratfor, qui pose les mêmes questions. Sûrement, une ’nouvellestratégie’ ne représente pas la rupture complète avec les US, c’est pourquoi les négociations sur le traité transatlantique ne sont pas mises en question, au moins pas jusqu’à maintenant.
Mais c’est un fait, que les gouvernements francais et allemand empêchent depuis des années l’accès à l’Otan de l’Ukraine et de la Géorgie, et cela allait même jusqu’à un éclat aux sommets de Bukarest et Strasbourg en 2008/2009. Depuis on a reporté cet élargissement pour un temps indéterminé. A cause des intérêts économiques à l’Est, au moins l’Allemagne a préféré une coopération stratégique avec Moscou. ( Dans ce contexte je rappelle aussi son vote d’abstention à la guerre en Libye.)
Le mouvement du Maidan était l’occasion pour les US de s’impliquer ouvertement en Ukraine, avec l’aide des forces fascistes. Le ’Fuck the EU’ de Mme Nuland montrait, vers quelle solution la stratégie US se dirige. Washington avait réussi à marginaliser le rôle de l’UE, car il cherche une confrontation avec la Russie juste en dessous d’une guerre. ---
Le point de vue de dire, que ’l’Allemagne’ se soumet toujours aux intérêts US, est faux. Les positions dans l’article de german foreign policy ne sont ni un rêve, ni hypothétiques, plutôt minoritaire, mais pour participer à des préparations de guerre autour et contre la Russie, la résistance politique en Allemagne est trop grande, aussi bien que dans les autres pays de l’UE. La pensée de se faire plus indépendant des USA et de coopérer aussi bien avec la Russie traverse tout l’establishment allemand , avant tout le puissant Comité de l’Est de l’économie allemande, et les partis politiques (à l’exception des Verts, qui sont complètement russophobes). Je vous rappelle dans ce contexte la ’Lettre d’un officier allemand et 300 intellectuels au président Poutine’, publié récemment sur ce site. L’opinion publique en Allemagne , malgré l’agressivité de certains médias, est strictement contre une confrontation avec la Russie, et bien sûr toute la gauche avec le mouvement de la paix et les associations des citoyens de l’ancienne RDA. J’ai moi-même entendu et lu les paroles des deux anciens chanceliers.
Mais il y a une autre chose dans le commentaire, qui me fait réfléchir, c’est de donner comme seule réponse à ce conflit UE/US/Ukraine/Russie la sortie de la France de l’UE. A mon avis cette réponse ne suffit pas. Dans ce conflit il ne s’agit pas seulement d’un genre bagarre impérialiste, mais de l’élargissement à l’Est du moyen le plus aggressif du système hégémonial US, l’Otan. Le danger d’une nouvelle guerre, qui menace aussi l’Europe, est devant nos portes. (Je repète ’Fuck the EU’)
Il est temps de créer un large mouvement antifasciste et antimilitariste, y compris avec la part de la bourgeoisie, qui se positionne contre ce développement.

 

Action Communiste : Nous publions à la suite de cet article commenté par notre camarade Pascal Brula le commentaire que nous a envoyé une amie de Berlin, Doris Pumphrey, militante du mouvement anti-guerre :

 

Le site http://www.german-foreign-policy.com publie avant tout des analyses pour démontrer la politique de la classe dirigeante allemande, sa stratégie militaire et économique au niveau international, ses contradictions internes, les discussions et projets du gouvernement, des principaux partis et de leurs fondations, des "think tank" etc.

L'article en question montre et veut montrer ces contradictions. Je crois que Pascal Brula ne l'avait pas bien compris – car son commentaire donne l'impression qu'il veut donner une réponse à la "grande stratégie" comme si il s'agit d'une stratégie venant des forces progressistes. Loin de là.

Les contradictions existent au sein de la classe dirigeante allemande et même au gouvernement et à l'intérieur des différents partis au pouvoir. Ce sont principalement (en tout cas dans ce contexte) les contradictions entre les "européistes" et les transatlanticists", entre ceux qui voient l'intérêt de l'Allemagne (i.e. de son économie) plutôt en bonne relation avec la Russie, et non dans la confrontation que veulent imposer les USA. (Dans son commentaire, Sigrid explique bien ces contradictions.)

Des contradictions toutes à fait normales au vu des intérêts économiques différents des USA et de l'Allemagne. Et c'est dans le contexte de la politique antirusse extrême des USA, que ces contradictions (inter-impérialistes) sont apparues plus fortes et ouvertes.

En plus : L'article veut aussi montrer l'importance du fait, que c'est ce grand journal "mainstream" DIE ZEIT, qui publie une plaidoirie pour une plus grande distance de la stratégie des USA, car en général, les grands journaux et la télé ont fait passé principalement des propos transatlanticists et antirusses dans le contexte de l'Ukraine. Le débat sur ces contradictions a eu lieu depuis pas mal de temps – mais en interne. Le fait que cet article soit paru dans ce journal montre, que les contradictions au sein de la classe dirigeante à cet égard sont devenues plus importantes.

S'agissant des contradictions au sein de la classe dirigeante sur son approche politique pour mieux servir ses intérêts impérialistes très concrètes, n'attendons pas de la bourgeoisie qu'elle s'appuye "sur les peuples, les travailleurs, les forces révolutionnaires organisées".

Cependant, les forces progressistes doivent utiliser ces contradictions au sein de la bourgeoisie, surtout et avant tout quand il s'agit de la question d'agression contre d'autres pays, de la question de guerre et paix.


Doris Pumphrey, militante du mouvement anti-guerre à Berlin

 

 

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