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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 09:21
Thomas DUBOIS
 
Publié 29/04/2018
 

Georges Trébot défilera "évidemment" demain dans les rues de Dieppe (photo TD)

1er mai 1968 - 1er mai 2018 : en ce jour de fête du travail, mais aussi en cette année de commémorations du « printemps ouvrier » dans la région, l’ancien responsable de l’union locale CGT de Dieppe dresse le parallèle à cinq décennies d’intervalle. Un parallèle, mais pas un rapprochement. Pour l’ancien militant, les tensions sociales actuelles n’ont rien de comparable. En raison, notamment, d’un front syndical beaucoup plus puissant. Or, à l‘occasion des traditionnels défilés et rassemblements organisés demain, les syndicats afficheront une fois de plus leurs divisions.

Georges Trébot défilera « évidemment » dans les rues de Dieppe, demain, à l’occasion du 1er-Mai. En a-t-il seulement séché un seul, depuis le début de sa longue vie de militant ? Après quelques secondes de réflexion, l’ancien secrétaire de l’union locale CGT (de 1969 à 1979), âgé de 77 ans aujourd’hui, sourit. « Je ne vois pas, non. Ou alors très peu. » Même les vacances en Ardèche, voire à l’autre bout du monde, ne furent jamais un obstacle. « Le 1er-Mai, cela représente tellement de choses, c’est la reconnaissance d’un large mouvement international. C’est aussi une contribution à la paix : car savoir unir les travailleurs, c’est faire en sorte qu’ils ne se fassent pas la guerre. »

Parmi toutes ces fêtes du travail célébrées, il y en a une dont il se souvient encore très bien. Un certain 1er mai 1968, où « nous étions à peu près 150 personnes réunies dans la salle Paul-Eluard, à Dieppe ». Rien de folichon, alors que les principales usines du secteur s’apprêtaient pourtant à basculer dans la grève, dix jours plus tard. Le 13 mai, alors que les appels à cesser le travail sont lancés dans toute la France, le coup d’envoi est donné par l’entreprise La Cellophane (appartenant au groupe Rhône-Poulenc), à Arques-la-Bataille, qui compte parmi ses représentants CGT... Georges Trébot. « Personne n’a pris son poste ce jour-là, on ne s’attendait pas une telle réaction dans l’entreprise, se souvient le septuagénaire. Le lendemain, les gens ont repris le travail, mais au bureau syndical, nous nous sommes dits : là, il faut y aller ! » Trois jours après, les salariés organisent le blocage de l’usine : il durera cinq semaines, « sur la base d’un cahier de revendications précis et argumenté ».

« Les chefs roulaient sur le passé »

Loin, très loin de la Sorbonne, dans une province qui « sortait depuis peu de la paysannerie », souligne Georges Trébot, la contestation n’a rien d’une éruption spontanée. Comme le rappelle le militant CGT, elle résulte d’une « prise de conscience qui s’installait peu à peu chez les ouvriers ». Une prise de confiance, aussi. Ainsi à La Cellophane, près de deux ans avant mai 68, les débrayages sont déjà devenus monnaie courante, pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail. « On s’apercevait que ça grossissait à chaque arrêt de travail. » En face, « les chefs roulaient sur le passé, ils ne concevaient pas qu’on remette en cause leurs directives », se remémore le Dieppois. « Le directeur de l’usine, à l’époque, a ainsi forgé mon militantisme. »

À partir de cette mi-mai 1968, beaucoup d’entreprises du coin suivront l’exemple de La Cellophane, le tout sur fond d’immenses manifestations - « environ deux par semaines » - dans les rues de Dieppe. « Il fallait que les gens prennent conscience de leur force. »

Dans son entreprise, cette force obtiendra des résultats significatifs, raconte Georges Trébot : « entre mai et décembre 2018, les salaires ont doublé pour certains ». Sans parler de ces cinq semaines exaltantes de blocage, dont le syndicaliste retient « l’ouverture du premier restaurant d’entreprise », la solidarité des commerçants et de la petite commune tout entière d’Arques-la-Bataille pour soutenir l’effort de grève, ou encore le concert du chanteur Leny Escudero dans les murs de l’usine...

« L’histoire ne se répète pas »

Un souvenir ému, mais pas nostalgique pour autant. Car Georges Trébot garde aussi en tête les manques et les désillusions qui, pour lui comme pour ses camarades, auront laissé inachevées les grandes aspirations de 68. La « solidarité, dans une période où la guerre n’était pas si loin », a laissé la place à une société individualiste. La « puissance » des syndicats, elle, s’est effacée derrière les divisions qui pointent toujours aujourd’hui (lire ci-contre), au profit « du patronat ». Vous avez dit lutte des classes ? « Plus que jamais ! », affirme Georges Trébot.

Est-il bien utile de le préciser ? Non, le militant CGT ne porte pas vraiment Emmanuel Macron dans son cœur. Mais comparer les colères de 1968 à celles de 2018 relève de « l’illusion », juge-t-il. « L’histoire ne se répète pas. Cela ne veut pas dire qu’une convergence des mécontentements n’est pas possible : cela peut se faire sous d’autres formes. » Pour cela, « il faut que le niveau politique des gens s’élève », estime notamment l’ex-syndicaliste. Pour cela, il faudra peut-être encore patienter de nombreux 1er-Mai. [...]

L'intégralité ici sur le site de Paris-Normandie : http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/1er-mai-1968-1er-mai-2018--les-souvenirs-de-georges-trebot-militant-cgt-a-dieppe-GC12890574

 

 

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