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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 06:31

Le PCF, la France Insoumise, analyses politiques comparées

14 Mai 2017 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #élection 17, #classe ouvrière, #GQ

Sur l'absence d'accord législatif entre PCF et FI, les torts sont partagés.

Le PCF a fait des demandes trop exigeantes, ce qui semble montrer qu'il ne désirait pas un accord, principalement parce qu'il voudrait faire face à ses difficultés financières grâce aux votes comptabilisés aux législatives.

Il a également suscité la méfiance de ses partenaires par la mollesse (pour le dire gentiment) de sa campagne. Un courant important, inspiré par la cellule éco et des notables locaux a même tenté à plusieurs reprises de la saboter : diffusion de messages hostiles (pour continuer à être gentil) sur les réseaux sociaux, campagne pour un candidat communiste fantôme, tentatives de résurrection de l'Union de la Gauche, tentatives de ralliements à Montebourg, puis à Hamon, pression pour l'abandon de la candidature Mélenchon après le vote des primaires socialistes puis demande d'une alliance avec Hamon au prix des points essentiels du programme, rétention des signatures pour semer le doute à quelques semaines du vote, vote Hamon, "vote révolutionnaire" pour Poutou ou pour Macron.

La FI de son coté n'a pas l'air de comprendre que le PCF est toujours une force politique militante, qu'il comporte des débats intérieurs et une opinion interne et qu'on ne peux pas s'allier avec une telle force sans faire la moindre concession, qu'il s'agit d'un parti historique et que ses militants veulent le conserver, pour beaucoup d'entre eux c'est même leur seul but. Il y a même quelques zones en France où le PCF conserve un ancrage populaire, et où un candidat PCF fera mieux, notamment contre le FN, qu'un nouveaux venu de la FI. S'effacer devant le PCF dans trente circonscriptions, ce n'était pas la mer à boire, surtout quand on vise la victoire nationale. S'il a manqué quelques centaines de milliers de voix, c'est aussi à cause d'une certaine arrogance.

Sur le fond, la ligne actuelle du PCF est beaucoup plus droitière que celle de la FI, mais celle ci est essentiellement le reflet de l'opinion actuelle de son dirigeant principal et de quelques conseillers. Le volet institutionnel du programme de la FI, mis en avant en premier dans un discours basiste et ultra-démocratique, est le moins crédible. Si Mélenchon change d'avis sur quelque chose, la FI suivra au quart de tour. Le PCF, sans être un modèle idéal du genre, est en fait plus démocratique que la FI; mais il faut l'avouer, beaucoup moins efficace.

Pour résumer, la FI offrait aux présidentielles deux avantages majeurs sur le PCF :

Mélenchon pouvait gagner, et donc abolir un certain nombre de lois du quinquennat Hollande, ce qui n'était pas à la portée du PCF, qu'il soit isolé ou dans une union de la gauche discréditée. Sur le plan programmatique il avait la volonté, crédible, de sortir de l'OTAN, et celle qui l'est moins mais qui est tout de même fortement affirmée, de tenir tête à l'UE, ce qui ne peut aboutir qu'à la quitter si on le fait vraiment. Le PCF a, lui, baissé pavillon sur ces deux question cardinales.

Le reste du programme de la FI soit ne fait pas partie de mes choix (sortie du nucléaire, constitution parlementariste, végétarisme, etc), soit n'est pas assez courageux pour aller chercher les voix des classes populaires là où elles sont (immigration et sécurité).

Le ralentissement de l'immigration est compris par les classes populaires comme essentiel pour l'intégration des immigrés déjà présents et pour la lutte contre le chômage, et elles ont sans doute raison. Si on veut retrouver leur confiance il faut sortir du consensus libéral sur cette question, partagé avec le MEDEF, qui prône la totale liberté de mouvements de main d'œuvre dans le monde.

Mais ces faiblesses existent aussi dans le programme du PCF ; elle indiquent simplement que les militants de gauche sont massivement recrutés aujourd'hui dans la petite bourgeoisie dont la vie quotidienne est peu impactée par l'insécurité ou qui idéalise l'immigration (qu'il ne s'agit pas non plus de diaboliser, mais d'analyser sobrement).

Il est exact que la FI a réussi à regagner du vote ouvrier, complètement perdu par le PCF à l'exception de quelques circonscriptions (Vénissieux, Martigues, Douai, le Havre, etc), mais c'est sur une base ethnique : environ 25% des ouvriers sont issus d'une immigration récente (deux ou trois générations) et environ 25% aussi des ouvriers votent Mélenchon. Mais des départements ouvriers comme l'Aisne ou les Ardennes votent massivement Le Pen. Au vu des résultats du 23 avril, sans "barrage à" d'un coté ou de l'autre au second tour, il peut y avoir 150 députés de la France Insoumise; et aussi 150 députés FN, ce qui en annulerait arithmétiquement l'effet. Et on ne peux pas d'un coté espérer sans le dire que l'électorat frontiste se reporte sur ses candidats par pur "dégagisme" et mobiliser à son profit un front républicain dans des duels nombreux avec le FN qui ne s'annoncent pas très bien.

Si le FN est un épouvantail et un leurre, qui ne représente aucun danger pour le train-train de la démocratie libérale, il n'en reste pas moins qu'affaiblir son influence sur la classe ouvrière est la priorité stratégique du moment, pour ceux qui veulent représenter légitimement cette classe. Et pour ça il faut arrêter de discourir comme les patrons (ou comme les enfants des patrons quand ils sont encore trotskystes).

Cela dit, Mélenchon n'a pas obtenu son résultat exceptionnel en Seine-Saint Denis (34%, à comparer justement aux 34% de Marine le Pen dans le Pas de Calais), comme voulait le faire Hamon, en flattant les tendances communautaristes, il a au contraire rallié ces votes autour d'un discours démocratique franco-patriotique qui est plus à même, à l'avenir, de surmonter la barrière ethnique et de réunifier le prolétariat en France qui le discours différentialiste en vogue dans la "gauche de gauche".

Fondamentalement, c'est pour le moment un vote patriotique et républicain inter-classiste qui regroupe tout le monde sauf les riches, et qui comme tel provoque la fureur dans les milieux trotskystes. Significativement, Mélenchon, qui avait fait l'erreur, à mon humble avis, de terminer sa campagne dans l'Est parisien, a fait le même résultat, 19%, dans le département le plus "ouitiste" en 2005 (Paris) et dans le plus "noniste" (Pas de Calais). Et on se souvient que ce vote avait été un marqueur de classe très net.

La FI a fait la moitié du chemin dans la reconquête du vote de la classe ouvrière, perdu par le PCF à partir de 1981. Pourra-t-elle aller plus loin? Cela dépend essentiellement de la nouvelle génération de militants qu'elle a su ramener à la politique, et de la bataille des idées qui s'y développe.

Enfin, la campagne de Mélenchon est un succès sur un autre plan, en ce qu'il a pour la première fois proposé un discours écologiste qui quoiqu'on en pense sur le fond touche les attentes populaire, notamment par le biais de la question animale, le retour à la production alimentaire locale, et par son association au thème de la planification, du protectionnisme, et de l'emploi.

 

GQ 14 mai 2017

PS a propos de "bataille des idées" (cette expression est de Fidel), au lieu d'esquiver la question, les militants de la FI peuvent affirmer sans craindre l'opprobre médiatique que "le Venezuela n'est pas une dictature" ! A certains moments Mélenchon donnait l'impression de partager nos idées (une analyse de classe anti-impérialiste), mais d'en redouter (peut être avec raison) le coût politique. Cultiver l'ambiguïté fait partie du savoir-faire politique : on ne la quitte qu'à son détriment. Mais les choses doivent être dites maintenant que les jeux sont faits.

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