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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 09:05

 Sur le site de  Paris Normandie ( si vous êtes abonné).

Rouen : l’Union départementale CGT, avec à sa tête Pascal Morel, en ordre de marche pour 2017

Salarié de Renault Cléon et ouvrier métallurgiste depuis 1981, Pascal Morel est à la tête de l’Union départementale de la CGT de Seine-Maritime depuis avril 2015.

L’idée syndicale, elle s’est imposée à vous, c’était une évidence, ou était-ce autre chose ?

Pascal Morel : « Je suis à la CGT depuis 1983. Je ne supporte pas l’injustice. Je ne considère pas qu’il faut mettre les gens en concurrence les uns contre les autres ou alors qu’on leur impose des choix. C’est peut-être dans mes gènes, je ne sais pas, mais depuis mon parcours scolaire j’ai toujours été au service des plus faibles. »

Le département est très tourné vers l’industrie, c’est le syndicat qui fédère le plus de salariés : quel est l’état de santé de la CGT ?

« Nous sommes à peu près 23 000 syndiqués, avec un objectif d’augmenter ce chiffre en particulier dans un salariat nouveau, les petites entreprises. Il y a toujours des donneurs d’ordre et des sous-traitants en souffrance. On veut renforcer les collectifs de travail avec des salariés qui créent leur propre base syndicale pour répondre aux besoins de leurs revendications. Il y a des zones industrielles où la CGT est peu ou pas implantée. »

C’est difficile d’être à la CGT ?

« Il y a une répression syndicale féroce, notamment quand de jeunes salariés veulent s’organiser en section syndicale. Il y a de multiples exemples où les élections sont invalidées parce que le patron empêche la CGT de s’implanter, voire des sanctions et des licenciements dès qu’un salarié décide de s’engager. Sur l’agglo elbeuvienne, on a eu Setin [fourniture industrielle et quincaillerie, NDLR], où quand les salariés ont proposé de créer une liste CGT, la première réponse de l’employeur a été de licencier les camarades, en particulier celui qui était l’élément moteur. Chez McDonald’s c’est souvent la même chose, même si ce sont des contrats temporaires. Dans le commerce, les grandes enseignes, la difficulté d’implantation est forte en particulier chez Leclerc, malgré l’image « sociale » de l’entreprise. Les salariés n’ont que le droit de travailler dans les conditions qu’on connaît, souvent avec menace de fin de contrat ou sanction. Toutes les atteintes aux libertés syndicales s’accélèrent. Dans la Constitution il est souligné que chacun a le droit de se syndiquer mais dans les faits, on a surtout le droit de ne pas se syndiquer à la CGT. »

Avec les mobilisations contre la loi travail, la CGT a-t-elle trouvé un nouveau souffle ?

« Oui, pour la première fois on a trouvé un mot d’ordre commun, la mobilisation depuis sept mois a été forte, avec des mouvements citoyens, des associations, des jeunes. C’est un ras-le-bol général de toute cette politique dictée au niveau européen et d’une politique gérée par la finance. »

Justement, 2017, année d’échéances majeures. Les commentateurs annoncent une victoire de la droite. On connaît le candidat.

« La droitisation, elle existe depuis les années 80-90. Bien sûr la CGT ne va pas être en dehors du débat politique. Il faut que les candidats soient à l’écoute des questions sociales portées par les salariés, entre autres l’abrogation de la loi Travail. Il n’y aura pas de consigne de vote. On a des réponses sociales pour les jeunes, les privés d’emploi, les retraités et les salariés, on est porteurs d’un projet de transformation sociale de la société. Les réponses politiques, ce n’est pas une organisation syndicale qui doit les donner. »

Mais dans les programmes des principaux candidats, il y a nécessairement des éléments qui vous font réagir et, pour parler trivialement, on se dit que la rentrée sociale va être chaude.

« On le dit chaque année. On voudrait nous faire croire qu’ils vont mieux gérer le pays en 2017. Leur objectif : tout ce qui a été conquis par les salariés, par les luttes, en particulier tout ce qui a été construit à partir du programme du Conseil national de la Résistance, c’est d’y revenir coûte que coûte. En particulier en disant que le salarié en CDI est plus nanti que le précaire, que le fonctionnaire est mieux loti que le salarié du privé, les étrangers qui prendraient le travail ; c’est toujours vouloir opposer les salariés les uns aux autres. C’est à cause de tous ces maux-là, soi-disant, qu’on n’arrive pas à éradiquer le chômage. C’est un combat permanent pour la CGT. Il s’agit d’avoir des propositions pour que les salariés passent de la résignation à l’engagement, qu’on ne subisse pas ce discours fataliste où le salarié serait toujours trop cher. »

Justement, quelles sont vos propositions ?

« En 2017, on va faire une grande campagne nationale autour des salaires, des conditions de travail et de la protection sociale. Quand on voit un candidat, même s’il fait machine arrière, qui veut casser cette protection sociale... C’est pourtant la meilleure arme pour assurer la santé, avec une vraie notion de solidarité entre ceux qui ont du boulot et ceux qui n’en ont pas, les retraités, les jeunes. »

Mais, puisqu’on parle de François Fillon, il explique vouloir faire une sorte de choc libéral dès le début de son mandat. Dialogue ? Concertation ? Certaines propositions doivent vous irriter, comme la suppression de 500 000 fonctionnaires. Que peut-il se passer s’il est élu ?

« Avec le collectif des services publics, on a programmé une journée le 24 janvier avec la perspective d’une journée de lutte, de grève, de mobilisation. Il y a un appel national au mois de mars. L’objectif c’est de mobiliser les salariés de l’ensemble du monde du travail. Seul le rapport de force qu’on sera en mesure de créer avec les salariés fera reculer les projets. On va être à l’offensive sur la campagne de réduction du temps de travail avec une cible : les 32 heures sans perte de salaire, pour travailler mieux, moins et pour travailler tous. Toutes les exigences patronales sur le CICE [Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, NDLR], les exonérations et aides publiques qui ont été données aux entreprises n’ont pas éradiqué le chômage. Plus que jamais, on est au cœur des préoccupations des salariés. On fera tout pour qu’ils réagissent. Ils ont déjà commencé de le faire, avec le conseil départemental, la métropolisation de la fonction publique et ce que cela implique pour l’emploi. 2017 ? On sera à l’offensive, quel que soit le candidat. Ils ont déjà tous gouverné et ça n’a pas changé la face du monde. Plus que jamais on va se battre aussi pour la paix, quand on voit tout ce qui se passe dans le monde. La classe ouvrière doit se mobiliser pour des questions de paix, de liberté et de fraternité. »

Localement, vous évoquez les regroupements des collectivités territoriales...

« On sait que quand il y a des doublons, ce sont toujours les salariés qui en subissent les conséquences. La précarité se développe de plus en plus : la notion de service public pour le public devient de plus en plus déconnectée de la réalité. Il n’y a pas d’autre solution que celle de réagir face à toutes ces attaques qui sont portées. Quand on dit qu’il faut réduire les budgets, c’est toujours au détriment des salariés, des salaires et de la protection sociale. La CGT va lancer une grande campagne sur la réindustrialisation. La Seine-Maritime est fortement industrialisée. On a vu les dégâts liés à la suppression de la taxe professionnelle : les collectivités en subissent les conséquences. Sur la zone portuaire, de la Chapelle-d’Arblay à Petroplus, et sur d’autres sites, il y a des menaces, on a de fortes inquiétudes. Il y aurait dans les tuyaux un projet d’en faire une zone touristique. On sait que c’est leur objectif. La CGT va mettre en place tout un dispositif pour faire les assises de l’industrie et rassembler à Paris 2 000 militants venus de tous les secteurs du travail. Quand une industrie ferme, cela se répercute sur l’ensemble d’une zone géographique. »

Vous évoquez l’axe Seine. Le projet de canal, tout récemment doté de cinq milliards d’euros, va sans doute détourner des trafics de Rouen et du Havre vers des ports belges. Certains milieux économiques s’en inquiètent, peut-être un peu tardivement. Vous en pensez quoi ?

« On n’a pas encore complètement analysé le dossier mais on a quand même des inquiétudes. On va travailler avec les syndicats des ports et dockers du Havre et de Rouen parce qu’ils sont au cœur de la situation. Lors de la venue de Manuel Valls, le syndicat CGT a fait une déclaration rappelant un certain nombre d’engagements qui avaient été pris dans le cadre du projet Haropa. Aujourd’hui on s’aperçoit qu’il y a moins d’activité, moins d’effectifs. Le personnel est inquiet. On travaille à amener d’autres propositions pour les ports de Rouen et du Havre. Il faut bien faire comprendre qu’à la CGT, on ne se satisfait pas du constat, mais nous avons aussi des propositions, des revendications, et pour les faire aboutir il n’y a que le rapport de force sous toutes ses formes possibles. Nous ne sommes pas contre tout, bien au contraire, nous avons un projet d’épanouissement et d’émancipation humaine autour de ces questions sociales qu’on porte depuis 120 ans. »

Propos recueillis par Benoît Marin-Curtoud

Lu sur : Front syndical de classe. 

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Published by Action communiste - dans La CGT Normandie Luttes de classe
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