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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 20:58

Nuits Debout

par · 12 avril 2016

Le mouvement « Nuit Debout » a pris une ampleur surprenante en France, et ce en dépit des pressions policières constantes et multiformes dont il fait l’objet. A partir de Paris, où il fut lancé, il s’est étendu à près de 50 villes dans le pays. Issu du mouvement de protestation contre la « loi El Khomri », il assure une forme de pérennisation de la mobilisation. Mais, il dépasse cette dernière. On voit bien que dans ce mouvement s’exprime une immense frustration politique, qui est à la hauteur des trahisons du P « S » (pardon du DPMP ou Deuxième Parti Du Patronat) mais aussi un immense espoir. Au-delà du nombre de personnes concernées, c’est bien le signe que quelque chose est en train de se produire. Ce mouvement qui est dit « inorganisé », et qui est clairement « a-partisans » mais pas apolitique, et au sein duquel circulent des militants bien identifiables, constitue un phénomène politique qui pourrait être majeur dans les mois à venir. Ceci impose de poser un certain nombre de questions.

 

  1. Quelle extension pour le mouvement ?

Ce mouvement est surtout notoire pour son extension géographique. C’est en cela qu’il est actuellement impressionnant. Il se produit, de quelques dizaines à plusieurs centaines, voire à des milliers de participants, dans des villes de France qui ne sont pas seulement des grandes métropoles ou des villes universitaires. Ce mouvement n’est pas sans rappeler les « assemblées générales » des grands mouvements sociaux que l’on a connus des années 1960 à la fin du vingtième siècle. Il s’en diffère néanmoins parce qu’il se construit dans le contexte d’un désastre politique affectant tant les « Républicains » (à droite) que le P « S » qui n’aura jamais mieux que maintenant mérité son véritable nom de Deuxième Parti Du Patronat. Mais, si l’extension géographique de ce mouvement est une bonne chose, elle ne doit pas masquer le problème de l’extension sociale.

Le nombre de personnes pouvant venir chaque soir et passer une partie de la nuit est nécessairement limité. Le mouvement va devoir se poser le problème de son extension à des couches sociales plus défavorisées. Pour l’instant ces dernières sont beaucoup moins présentes que les étudiants (chômeurs ou non) et les classes moyennes. De ce point de vue, il est bon de ne pas se fonder uniquement sur la composition sociale du mouvement à Paris et des quelques grandes villes. Mais, la capacité de ce mouvement à faire la jonction tant avec les couches populaires des grandes métropoles qu’avec les exclus de la France des petites villes est l’une des conditions de sa survie.

 

  1. La question du débouché politique

Au-delà de cette extension sociale se pose, et se posera toujours plus, la question du débouché politique de ce mouvement. Le mouvement est politique, mais il n’est pas politicien. Il est nait aussi de l’impasse actuelle où à conduit le gouvernement dit « de gauche » présidé par François Hollande. On comprend parfaitement que le naufrage de la soi-disant « gauche de gouvernement » (et qu’il vaudrait mieux appeler la « gauche de pouvoir », celle qui copine avec les milieux d’affaires et se met plein les poches à chaque fois qu’elle peut) est l’un des moteurs du mouvement. On devine que ce même mouvement n’a rien de commun avec les propositions des différents candidats à la candidature des « Républicains », c’est à dire de l’ex-UMP ou de ses satellites centristes. Les propos scandaleux d’un François Fillon, appelant à couvrir du manteau de Noé la fraude fiscale, ne font que confirmer ce que l’on peut deviner dans les discours d’un Alain Juppé, ancien homme à tout faire (y compris le pire) et qui est en voie de passer de la rigidité à la momification, d’un Le Maire, d’un Wauquiez, d’une NKM…

De fait, le mouvement « Nuit Debout » se veut un double refus et de la politique actuelle et du retour à une politique passée. Car, il y a dans ce mouvement le constat, implicite chez certains, explicite chez d’autres, que ces deux politiques n’en font qu’une. Elles ne sont que la traduction du cadre disciplinaire qu’imposent l’Euro, mais aussi l’Union européenne actuelle, à la France. On en a un parfait exemple avec la « Loi El Khomri ». Mais, ce constat ne suffit pas. Un mouvement ne peut s’en contenter. Il lui faut trouver une perspective, tant à court qu’à moyen terme. Les exemples de l’Italie (avec le M5S de Beppe Grillo) et de l’Espagne (avec PODEMOS), montrent que la création de nouvelles forces politiques peut constituer un débouché pour ce mouvement. Mais, en même temps, les incertitudes politiques qui pèsent sur PODEMOS ou qui parasitent le M5S, montrent aussi qu’un minimum de clarification est nécessaire.

 

  1. Quelle organisation ?

Une dernière question doit être posée. Si ce mouvement veut pouvoir durer, la question de sa structuration et de son organisation se posera. On entend beaucoup faire les louanges de la « transversalité » du mouvement. Mais, l’organisation décentralisée ne fonctionne, on le sait, que quand existe une forte homogénéité des représentations parmi ses membres. Cette homogénéité, elle peut être atteinte par une idéologie partagée, ou par ce que l’on appelle une « doctrine »[1]. Or, aujourd’hui, l’homogénéité n’existe que dans le refus d’une situation considérée, à très juste titre, comme inacceptable. Il n’y a pas de « doctrine » capable d’assurer cette homogénéité des représentations qui est nécessaire pour une réelle décentralisation de l’action. Dès lors, le problème se pose du débouché politique du mouvement. Il doit se fixer un débouché à relativement court terme s’il veut maintenir sa capacité de mobilisation. Mais, l’absence d’organisation et de structuration qui actuellement le caractérise, et qui suffisait dans la phase initiale de la mobilisation, risque de lui être fatale dans les semaines à venir. A moins que, progressivement, ne surgisse une forme d’organisation bien mieux constituée. Telle est l’enjeu des semaines à venir.

[1] On lira avec profit sur ce point les derniers chapitres de Van Creveld M., Command in War, MIT press, Cambridge (Mass.), 1985, qui compare les formes d’organisations hyper-centralisées et les formes décentralisées au sein des organisations militaires.

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commentaires

dariokhos 16/04/2016 14:02

Un article édifiant qui montre bien que la "nuit debout" n'est qu'une opération politicienne visant à sauver la social-démocratie. Aucune référence au fait que personne ne bloque en aucune manière la machine de la production. D'ailleurs, plus largement, aucune référence à la lutte des classes, à la socialisation des moyens de production. L'Union européenne est, bien sûr accusée (c'est le fonds de commerce du courant social-démocrate de Sapir, Lordon et cie), mais non pas en tant qu'outil du Capital, de l'impérialisme, mais quasiment comme une entité mythique. Peuplée de petits bourgeois, refuge ultime des politiciens de tout bord qui tentent malgré la réalité de sauver la notion de gauche, elle permet aussi d'empêcher la vraie bagarre, celle qui ne passe que par un seul moyen, la grève. Tellement plus simple d'aller parler dans les salons et de rentrer au boulot au matin... On évoque une recherche. Mais qui a besoin de chercher ? Les Révolutionnaires ? Marx, Engels, Lénine et des tas d'autres ont écrit l'essentiel : nous sommes toujours dans le capitalisme, sa nature n'a pas changé, surtout depuis que Lénine a défini son stade impérialiste. La recherche, et c'est bien celle de Sapir, ne peut concerner que le moyen de rendre vivable et acceptable la société capitaliste, ce qui est d'ailleurs illusoire. Mais justement parce que c'est cela le but, cela nuit à la lutte contre la loi travail, autant sinon plus que l'attituide dela direction confédérale de la CGT qui passe du 31 mars au 28 avril, sans mettre en débat, comme la majorité des cégétistes le demande, la grève reconductible, bien plus à même de gagner que la "nuit couchée devant le Grand Capital". A quand la nuit debout avec les travailleurs, occupant les usines, les lieux de travail et prenant le contrôle des outils de productions et des service spublics, outils idéologiques au service de l'Etat bourgeois ?

dariokhos 16/04/2016 14:01

Un article édifiant qui montre bien que la "nuit debout" n'est qu'une opération politicienne visant à sauver la social-démocratie. Aucune référence au fait que personne ne bloque en aucune manière la machine de la production. D'ailleurs, plus largement, aucune référence à la lutte des classes, à la socialisation des moyens de production. L'Union européenne est, bien sûr accusée (c'est le fonds de commerce du courant social-démocrate de Sapir, Lordon et cie), mais non pas en tant qu'outil du Capital, de l'impérialisme, mais quasiment comme une entité mythique. Peuplée de petits bourgeois, refuge ultime des politiciens de tout bord qui tentent malgré la réalité de sauver la notion de gauche, elle permet aussi d'empêcher la vraie bagarre, celle qui ne passe que par un seul moyen, la grève. Tellement plus simple d'aller parler dans les salons et de rentrer au boulot au matin... On évoque une recherche. Mais qui a besoin de chercher ? Les Révolutionnaires ? Marx, Engels, Lénine et des tas d'autres ont écrit l'essentiel : nous sommes toujours dans le capitalisme, sa nature n'a pas changé, surtout depuis que Lénine a défini son stade impérialiste. La recherche, et c'est bien celle de Sapir, ne peut concerner que le moyen de rendre vivable et acceptable la société capitaliste, ce qui est d'ailleurs illusoire. Mais justement parce que c'est cela le but, cela nuit à la lutte contre la loi travail, autant sinon plus que l'attituide dela direction confédérale de la CGT qui passe du 31 mars au 28 avril, sans mettre en débat, comme la majorité des cégétistes le demande, la grève reconductible, bien plus à même de gagner que la "nuit couchée devant le Grand Capital". A quand la nuit debout avec les travailleurs, occupant les usines, les lieux de travail et prenant le contrôle des outils de productions et des service spublics, outils idéologiques au service de l'Etat bourgeois ?

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