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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:18

Photo Beurs.com

6 Avril 2016
 
Joris Van Gorp

Le lundi 4 avril, les ministres recommençaient les discussions sur le budget, dont le trou s'élève à 2,3 milliards d’euros. Au menu, ô surprise, de nouvelles taxes, ainsi qu’un plan du ministre de l’Emploi Kris Peeters pour réformer (lisez : flexibiliser) le marché du travail. Mais aucune trace de mesures qui iraient chercher l’argent chez les millionnaires et dans leurs grosses entreprises.

Les partis au gouvernement s’accordent sur certaines mesures :

  1. Les dépenses supplémentaires pour l’accueil des réfugiés et pour la lutte contre le terrorisme, soit 400 millions d’euros, ne seront pas prises en compte dans le budget. Si c'est accepté par l’Europe, on ne cherchera pas de mesures compensatoires.
  2. Le gouvernement maintient les mesures qui avaient été supprimées par le Comité de monitoring (l’institution fédérale qui supervise le budget de l’État) en raison du peu de certitude quant à leur rendement. On parle ainsi de 100 millions d'euros d’économies dans l’administration fédérale, 100 millions d’euros d'économies dans la sécurité sociale et de 250 millions d'euros à trouver en taxes sur les fonds immobiliers.
  3. Le gouvernement veut à nouveau augmenter les accises sur le diesel et le tabac et taxer davantage les entreprises de jeux de hasard (100 millions).
  4. 40 millions seront épargnés en durcissant les conditions pour le chômage économique et en contrôlant davantage les demandes de crédit-temps motivé.

Tensions au sein du gouvernement

Malgré les mesures ci-dessus, il reste toujours un trou de plus d'1 milliard d'euros à combler. Comment ? C’est justement là que ça coince entre les partis du gouvernement. La N-VA veut aller couper dans la sécurité sociale. Mais le MR, l'Open VLD et le CD&V freinent. Pour le Premier ministre Charles Michel, le temps presse. Il veut boucler rapidement le contrôle budgétaire « sans brusquer »1 et « de préférence avant que la commission d'enquête sur les attentats ne crée de nouvelles oppositions entre les partis au gouvernement ».2

Combler le trou du budget par la flexibilité ?

Il y a quelques semaines, le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) présentait sa note sur les « flexi-contrats ».3 Son plan prône une plus grande flexibilité au travail, moins de règles et un assouplissement du marché du travail dans différents domaines. Peeters plaide pour l'instauration du « travail intérimaire à durée indéterminée », pour des contrats zéro heure au lieu de temps partiels, pour l'annualisation du temps de travail… Toutes ces dispositions flexibilisent le marché du travail, démantèlent la protection sociale et répondent aux desiderata des patrons. Pour les travailleurs, elles n'annoncent rien de bon. (Lire ici l’article de Peter Mertens « Les nouveaux contrats à temps partiel transforment (surtout) les femmes en travailleuses-yo-yo »)http://solidaire.org/articles/les-nouveaux-contrats-temps-partiel-transforment-surtout-les-femmes-en-travailleuses-yo-yo

Pourtant, toutes ces mesures n'ont pas d'effet financier direct sur le budget. Certains membres du gouvernement espèrent toutefois inciter la Commission européenne à assouplir sa position sur le budget de l’État en réalisant une grande réforme du marché du travail. La Belgique pourrait ainsi présenter à l'Europe d'ici fin avril un budget comportant un déficit plus grand qu'autorisé. Le temps est certes très limité pour effectuer une grande réforme, mais on part du principe que certaines propositions de Kris Peeters en matière de flexibilité sont sur la table des négociations. De Tijd écrit à ce sujet : « L'Open VLD et la N-VA veulent profiter de ce moment pour réformer. "Nous réalisons que nous ne pouvons pas tout obtenir, mais il faut qu'il y ait au moins une partie de ces réformes", dit-on à la N-VA. »4

Millionnaires et grosses entreprises s'en sortent à nouveau indemnes

Il y a quelques semaines, la Commission européenne décidait que la Belgique devait supprimer son système des Excess Profit Rulings (des petits arrangements fiscaux) pour les multinationales. La Commission européenne exige que la Belgique récupère 942 millions d'euros auprès des quelques multinationales utilisant ces Excess Profit Rulings. Ces 942 millions supplémentaires pourraient combler d'un coup près de la moitié du déficit budgétaire de cette année. Mais le ministre Johan Van Overtveldt (N-VA) a décidé de n'en rien faire. Au contraire : la Belgique a fait appel de la décision européenne pour éviter d’avoir à réclamer cete somme. Le gouvernement fédéral s’inscrit donc clairement dans la ligne de la N-VA : protéger les millionnaires et leurs grandes entreprises et faire porter tous les efforts aux seuls travailleurs et allocataires sociaux. Et ce, alors que le scandale des « Panama Papers » vient encore une fois de montrer comment ces millionnaires et leurs grandes entreprises éludent l'impôt comme bon leur semble.


1. De Tijd, 5 avril 2016.
2. De Morgen, 5 avril 2016
3. http://www.krispeeters.be/sites/krispeeters/files/wwww_tekst_nederlands.pdf
4. De Tijd, 5 avril 2016

 

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