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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 14:25
"L'Humanité" 18 août 1836 : Maurice Thorez appelle à un "Front français"

"L'Humanité" 18 août 1836 : Maurice Thorez appelle à un "Front français"

COMITE VALMY

Pour un Front Français,
Maurice Thorez,  17 août 1936
Un lecteur me demande des précisions sur le Front Français souhaité par Maurice Thorez (cf. précédent billet, "L’appel au Peuple"). Voici donc.

L’Humanité du 18 avril 1936 publiait sur une page entière le texte de l’allocution électorale par Maurice Thorez au micro de Radio Paris, dans le cadre de la campagne électorale des législatives de fin avril (une véritable grande première alors : un communiste sur les ondes nationales !).

 

Contre la minorité prédatrice des 200 familles et la dictature des banques, contre les fascistes diviseurs des Français, Thorez non seulement présente, dans le cadre du Front populaire (Communistes, Radicaux, Socialistes) les propositions communistes pour combattre la crise économique, sociale, culturelle, morale dont souffre la France, mais il lance un appel totalement inédit à l’union du peuple de France contre les menaces mortelles, intérieures et de plus en plus extérieures, qui pèsent sur la Nation.

 

" Pour la réconciliation du peuple de France

Et maintenant nous travaillons à l’union de la nation française contre les 200 familles et leurs mercenaires. Nous travaillons à la véritable réconciliation du peuple de France.


Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère, et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis.


Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu, parce que tu es un fils de notre peuple, que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe.


Nous sommes le grand Parti communiste, aux militants dévoués et pauvres, dont les noms n’ont jamais été mêlés à aucun scandale et que la corruption ne peut atteindre. Nous sommes les partisans du plus noble idéal que puissent se proposer les hommes.
 

Nous communistes, qui avons réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances, nous vous appelons tous, ouvriers, paysans et intellectuels, jeunes et vieux, hommes et femmes, vous tous, peuple de France, à lutter avec nous et à vous prononcer le 26 avril.
 

Pour le bien-être, contre la misère ;
 

Pour la liberté, contre l’esclavage ;
 

Pour la paix, contre la guerre.
 

Nous vous appelons avec confiance à voter communiste. A voter pour la France forte, libre et heureuse, que veulent et que feront les communistes. "

 

Si elle avait rencontré un aval populaire évident, la stratégie du Front populaire, qui rompait avec la politique antérieure du PCF (Front commun à la base, dénonciation des dirigeants socialistes réformistes), avait pu déconcerter des militants rompus aux dures luttes et à l’isolement des années 1920.

 

Il est évident que le nouveau dépassement stratégique et théorique de l’Union nationale, promulgué par la direction du Parti, pouvait surprendre une partie des militants encore marqués par le trauma de l’Union sacrée de 1914, sans cesse reprochée aux dirigeants socialistes...

 

Le Parti se lance alors dans une grande campagne d’explications sur "L’union entre Français". La brochure de Maurice Thorez, L’Union de la Nation française, est massivement diffusée. Début août, une fois passée l’immense vague de grèves spontanées qui permirent les conquêtes sociales que l’on sait, Jacques Duclos donne dans l’Humanité,plusieurs éditoriaux explicatifs :

 
« A l’heure où la sécurité de la France est menacée non seulement à l’Est, mais en Espagne et en Afrique du Nord, le Front Français devient une nécessité vitale et nous avons la certitude que cela répond tellement bien aux aspirations profondes du pays que c’est avec espoir et confiance que nous augurons de son avenir ». (L’Humanité, 6 août 1936)

 

Enfin, Maurice Thorez revient sur le chantier de la constitution du Front Français (L’Humanité, 7 août 1936)

 

« le front français doit se réaliser. ‘Le gouvernement issu du Front populaire n’est pas le gouvernement des partisans du Front populaire, mais le gouvernement de la France, et il doit agir avec autorité à l’intérieur et à l’extérieur’.

Maurice Thorez montre que cette politique, qui tient compte des leçons de l’histoire, maintenant l’unité entre le prolétariat et les autres classes populaires ».

 

On sait que le PCF aura suffisamment de mal à maintenir l’unité du Front populaire, immédiatement mise à bas par la non intervention en Espagne, l’absence de réaction devant l’arrogance des Hitlériens et des Fascistes italiens, la prudence (pour ne pas dire plus) des radicaux devant les réformes sociales, et la fameuse Pause proclamée par Léon Blum. La réalisation du Front Français, pour être toujours souhaitée par le PCF, s’éloignait d’autant plus des perspectives concrètes. On sait ce qu’il en advint en 1939.

 

René Merle sur son Blog
 

4 février 2015

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commentaires

Malclès 01/09/2015 11:13

Il est très important de rappeler dans son intégralité la déclaration de M. Thorez à radio Paris d'avril 36. Si le paragraphe sur l'appel au catholique est largement diffusé, par exemple dans le texte du dernier congrès du PCF, le paragraphe suivant sur les "volontaires nationaux" est systématiquement occulté. Il s'adressait aux ouvriers aux exploités tentés par la démagogie de l'extrême droite.
N'y a t-il aucune ressemblance avec la situation d'aujourd'hui ?
R. Malclès

Action communiste 01/09/2015 11:39

Vous avez tout à fait raison de souligner cet aspect de la déclaration et la ressemblance avec notre époque. Situation semblable et différente en même temps. Le problème est qu'aucun parti n'existe aujourd'hui pour lancer cet appel. Le PCF n'est plus le parti de la classe ouvrière et des exploités, et n'est plus capable de lancer un mot d'ordre, qui serait adapté à notre époque, d'"union de la nation française" contre le capitalisme mondialisé et l'UE. Il refuse même de lancer ce mot d'ordre en direction des militants syndicalistes, politiques, hommes et femmes désireux sincèrement de changer la société. Y.Genestal.

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