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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 15:49

Publié par Michel El Diablo

Alexis TSIPRAS, meilleur ambassadeur du néolibéralisme austéritaire ?

Après le 3ème vote d’un texte demandé par la troïka par le parlement Grec en mois d’un mois, il est plus que temps de faire un bilan de l’expérience Tsipras. Ayant complément renié ses promesses de fin de l’austérité et de la tutelle, il est devenu le meilleur ambassadeur de ce qu’il dénonçait il y a 7 mois.

 
Syriza, pire que Nouvelle Démocratie ?
La question vaut d’être posée, même s’il est vrai que la droite Grecque avait accepté une baisse de 22% du salaire minimum (et 32% pour les jeunes) et une baisse allant jusqu’à 45% des retraites. Mais Syriza, qui promettait de remonter ce salaire minimum, semble avoir oublié ce point, et toutes les mesures fiscales du vote du 15 juillet vont encore réduire le pouvoir d’achat d’un peuple déjà lessivé par plus de 5 années d’austérité. Aggraver une situation déjà épouvantable, n’est-ce pas faire encore pire que ceux qui ont mené à cette situation initiale ? Puis, il y a eu le vote des réformes dites de structure (le politiquement correct pour dire néolibérales), et enfin le vote du nouveau plan, qui prévoit une nouvelle phase d’austérité avec un ajustement budgétaire de 3,75% du PIB de 2015 à 2018.
Bref, ce qu’a proposé Alexis Tsipras, et qu’ont voté une large majorité de Syriza (même si une minorité s’y est opposée, au point de sembler vouloir couper avec le gouvernement) ressemble à s’y méprendre aux politiques menées avant son arrivée au pouvoir, et qu’il dénonçait avec véhémence. Tout ceci pose un vrai problème démocratique puisque Syriza avait promis la fin de l’austérité et de la tutelle et que ces dernières semblent au contraire se renforcer pour les Grecs. Pire encore, en se faisant élire sur la promesse d’un changement de politique, avant d’appliquer la même politique qu’ils dénonçaient, ils semblent indiquer que l’alternative n’est pas possible, puisque même ceux qui semblaient la souhaiter le plus, capitulent une fois au pouvoir. Ainsi, Syriza devient le meilleur agent de l’euraustérité.
 
La double prison mentale de Syriza

Paul Krugman, qui avait pourtant soutenu Tsipras dans le référendum, en a conclu qu’il avait peut-être surestimé la compétence du gouvernement grec. Et il a raison, car capituler de la sorte, sur toute la ligne, après six mois de négociation, démontre bien un problème de compétence (outre un sérieux problème de conviction car il est pour le moins choquant d’accepter aussi largement de mener les politiques que l’on dénonçait dans l’opposition et que l’on promettait de changer). Les cinq années passées ne permettaient pas à Syriza d’ignorer que les créanciers étaient très résolus (au point de refuser un référendum et de faire tomber un premier ministre Grec). Ces derniers mois donnent l’impression d’un amateurisme confondant et d’une absence de préparation sérieuse aux négociations.

Le cas de Tsipras et Syriza montre les ravages de l’idéologie, même s’il faut bien reconnaître, comme je le craignais déjà début 2010, que le contexte Grec ne pousse pas à la rupture avec l’UE (ce que les dernières années auraient dû faciliter néanmoins). C’est parce que Syriza voulait absolument rester dans l’euro, et qu’il préférait de facto conserver la monnaie unique européenne plutôt que de mettre fin à l’austérité et à la tutelle que Tsipras a choisi de renier totalement son programme (si ce n’est le point du maintien dans l’euro, qui était en fait la priorité des priorités). C’est un précieux enseignement pour l’avenir : sans être prêt et s’être vraiment préparé à la rupture, le changement est difficile. Et ceux qui proposent uniquement de changer cette Europe de l’intérieur ne seront désormais plus crédibles.
Malheureusement, cette expérience déconsidère les partisans d’un vrai changement. Les euraustéritaires néolibéraux ont beau jeu de dire que ce n’est pas possible, puisque même Syriza a fini par se rallier. Et si la conjoncture s’améliore légèrement, alors il est à craindre qu’il soit difficile de rassembler une majorité pour un vrai changement, pour le moment. Alors, il faudra utiliser le temps pour se préparer.
 
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